Le nol quitta Paria le 18 mal iMS
Qa'ïl n'y a personne qai puisse jamais présamer que celui qui parle eût été assez hardi pour retarder, à la vue du Roi et du ministre, et de toute la cour, la conclusion d'une affaire autant affectionnée, pour un intérêt aussi sordide que celui de cette pension, et de retarder le voyage du Roi, que l'on Taisait dépendre de la conclusion de cette affaire, pour se procurer cet avantage particulier; que cela tombera d'autant moins dans le sens, que lui qui parle avait assez d'autorité, par celle que sa charge lui donnait, pour se faire accorder cette pension en tout temps, sous divers prétextes, sans retarder la sortie du Roi hors Paris, et faire cette négociation honteuse à la vue de toute ta terre; qu'il aurait été assez puissant pour se procurer cet avantage dans l'absence du Roi, et l'aurait fait avec beaucoup plus de facilité et de sûreté, plutôt que de s'exposer inconsidérément à la connaissance et aux reproches du ministre qui pénétrait tout, jusqu'aux moindres circonstances des affaires.
Que l'on pouvait nécessairement conclure qu'il fallait que cette pension fût pour M. le cardinal, qui était le tout-puissant, qui n'avait à rendre compte à personne de ses actions, et qui n'appréhendait ni la censure ni le reproche de qui que ce fût dans le royaume. Que Girardin était l'homme de M. le cardinal, son receveur, et celui par les mains duquel passaient ses affaires plus particulières, qu'il n'eût osé avancer une proposition de cetle qualité sans la participation de son maître. Que ce mot de personne puissante marquait bien plus celle de M, le cardinal que de tout autre; qu'en effet, tout ce qu'il avait près de lui de plus considérable s'en était mêlé. Qu'en 1655, qui était le commencement de son avènement dans les finances, quand il aurait été capable d'une telle bassesse, il se serait bien gardé d'en donner connaissance à M. le cardinal, ayant intérêt de se conserver, dans son esprit, dans l'opi- ^nion de personne désintéressée ; que dans une affaire en laquelle les noms sont obscurs, il en faut venir à la probabilité qui se tire des circonstances ; que les examinant, elle se trouveront toutes en sa faveur, n'y ayant rien qui lui puisse convenir en cette affaire; que si la preuve était permise, il prouverait bien plus clairement les faits qu'il propose que l'on n'a fait ceux que l'on a avancés contre lui. Que la supposition de ce papier était constante; que si M. Benard n'avait pas visité tous les papiers, M. Lallemant, qui l'avait déclaré, les avait pu voir; que M. Benard pouvait parler de
son Tnit, etM. Lallemant de même du sien, qu'il D'avait assurément pas porté son jugement sur la qualité de ces papiers sans les avoir tus; que cela n'avait rien de contraire, que M. Lallemant ait vu les papiers, et que M. Benard ne les eût pas examinés, mais qil'il s'en faut rapporter aux choses écrites qui portent positivement que ces papiers épars ont été jugés de nulle conséquence; et que cette déclaration s'y étant rencontrée , il faut qu'elle y ait été apportée depuis ; que UM. les commissaires qui ont ensuite travaillé aux inventaires n'en pouvaient pas cerlifler la vérité. Que cette déclaration des fermiers ne s'étant pas trouvée avec le mémoire qui en faisait mention dans sa petite cassette , c'était un signe qu'elle devait avoir été rendue. Qu'aussi il demeurait d'accord, si l'on voulait, que ces mots de déclaration des fermiers des gabelles, insérés dans son petit mémoire, trouvé dans sa cassette, signi* fiassent cette déclaration des fermiers, mais que cela ne concluait pas qu'elle fût à lui, y ayant inséré plusieurs effets qui ne lui appartenaient pas, et qu'en effet, il l'avait depuis rendue, que la chose n'était pas en soi plus crimiaelle, pour y avoir été ou n'y avoir pas été.
Midi sonnant, M. le chancelier a dit à l'accusé de se retirer, ce qu'il aurait fait après de grandes révérences comme il avait fait à l'entrée. L'accusé retiré, M. le chancelier, se levant, a dit qu'encore que le sieur Foucquet alléguât son défaut de mémoire, néanmoins il n'omettait aucune des circonstances de son aifaire, et a remis la séance de la chambre à lundi prochain, au même lieu.
Remettant M, Foucquet à M. d'Arlagnan, M. Foucquet m'a dît en souriant qu'il me voulait faire son consultant, el me priait de lui dire s'il n'avait rien fait d'indécent, s'il avait paru avec assez de respect devant ces messieurs, et si l'on n'avait point trouvé à redire à la manière de proposer ses défenses. A quoi je lui ai répondu qu'il n'avait pas eu beaucoup besoin de consultant jusqu'ici et qu'il savait assez qu'il s'en passerait bien encore.
M. le chancelier a quelquefois appelé l'accusé du nom de Monsieur et lui a 6té son bouoet; il lui a fait la révérence en se retirant<. (B.I.)
8*6 FOUCQUErr.