Secrdtaira do duc <le LongneTlIle
a. Et ce o'éuit pu ««ni raison. Forlmnoalt dit que te commerça de Roaen Ait niai, et que ceDt «iw apri» il n'était pM encore remis de ce conp.
lat rembourser, à lui qui répond, une avance qu'il avait faite de 7S0,0OO liv., l'.tssignation était sur un prêt sur la Guyenne; d'Agauri et GJrardin proposèrent de les Tournir en ces droits sur les sucres et cires, ils le pouvaient Taire nonobstant que l'adjudication n'eût pas été faite, parce qu'ils en étaient les maîtres et que te reste n'était plus qu'une simple formalité.
M. le chancellera dit que l'adjudication portait que l'adjudica* taire serait tenu de payer le prix argent comptant, cependant la cession, qui est antérieure à l'adjudication, fait présumer que lui accusé devait avoir payé une première fois, pourquoi payer une autre fois à l'Kpargne?
L'accusé a répondu que c'étaient formalités de l'Epargne, que M. le procureur général pouvait ne pas savoir, qu'il aimait mieux lui imputer ces interrogatoires qu'à lui qui l'interrogeait, parce que lui, qui était ancien ofHcier dans le conseil, savait indubitablement les formes, et qu'il s'en prenait à M. le procureur général pour ne pas manquer au respect qui était dû à M. le chancelier; que cela s'était toujours fait de la sorte, que pour peu que l'on soit versé dans les formalités des finances, l'on peut savoir que le traité précède toujours l'adjudication, en sorte que le Roi se chaîne o^ dinairement par un des articles des droits des commissaires et autres frais de l'adjudication, laquelle n'est qu'une formalité pour la facilité du débit, et pour mieux dire, l'exécution du traité auquel elle n'ajoute rif a, et ainsi le traitant ayant payé une première fois, il ne s'ensuit pas qu'il paye une seconde, quoiqu'il le paraisse ainsi par la quittance de l'Epai^ne,
M. le chancelier, interrompant l'accusé, lui a dit qu'il ne disait pas que le Roi eût toucbé deux fois.
L'accusé l'a supplié de lui permettre de continuer, et de lui dire que ceux qui traitent sont ceux qui payent le Roi, et moyennant ce les deniers qui procèdent des adjudications leur appartiennent, et ce qui se fait est qu'ils font convertir les billets en quittances sniis le nom de qui bon leur semble, qu'il ne sait pas oùpeutéire ladif- Hculté dans un usage si universellement reconnu.
M. le chancelier a dit que cela n'avait pas besoin d'explication, mais qu'il y avait davantage en ce que le trésorier de l'Bparpe avait dit qu'il avait expédié sa quittance en conséquence du payement fait en 1633.
L'accusé a répondu qu'il était vrai, que c'était ce qu'il venait de
dire, que le traité était consommé dès ce temps-là, que cela s'était trouvé dans les registres de l'Epargne, que M. le procureur général l'y avait TU, qu'il n'en avait pu disconvenir, et conséquemmeot que le reste n'était plus que Tormalité.
M. le chancelier, continuant, lui a dit qu'il prétendait qu'il avait pris cela pour son remboursement.
L'accusé a répondu qu'il le disait encore, et qu'il avait payé en aident ou en assignations, que c'était la même chose ; que cela s'appelait proprement circonvention; que d'avoir payé en billets ou en argent, cela n'y faisait rien; que le vendeur était satisfait, et que, par ce moyen, renonciation de la quitlance demeurait inutile.
M. te chancelier a répliqué que Rémy avait fait sa cession moyennant bon payement; que, par ce moyen, la chose avait passé au profit de lui accusé, et qu'il en était devenu propriétaire.
Sans difficulté, a répondu l'accusé, cela m'a été proposé, cela m'a fait peine, mais j'ai passé par-dessus, et je me suis accommodé de ce que l'on a voulu.
M. le chancelier lui a demandé s'il n'eût pas été séant que lui, étant ordonnateur, se fût abstenu de semblables choses.
L'accusé, élevant sa voix au delà de son ordinaire, a répondu qu'il mettait sa bienséance à bien servir le Roi; qu'un général a bonne grâce de faire te goujat dans le besoin; qu'il s'était misa tout, et que jamais personne n'avait servi avec un pareil zèle; qu'il s'était mis au-devant de tous les accidents, et qu'il n'avait fait aucune considéralion sur ces sortes de bienséances que présentement l'on lui opposait; qu'au surplus, il fallait entrer nécessairement dans quelques accommodements avec ces traitants, qui étaient gens forts, et qui voulaient faire toujours leurs conditions avantageuses; que M. le cardinal lui avait écrit qu'il était plein de zèle, et que Leurs Majestés étaient bien satisfaites de ses services; que ces droits lui avaient été à chaîne, qu'il avait cherché à s'en défaire et qu'il ne l'avait pu; qu'il avait bien voulu prendre une chose que les traitants n'eussent pu vendre; que Varangeville le pressait d'ailleurs, qu'il avait voulu le contenter; que sa vue principale avait été d'avancer le service; que l'on l'a toujours assez connu; que son intérêt ne lui était de rien, et que personne n'avait jamais été plus désintéressé en toutes choses.
M.>le chancelier lui a demandé comment il paraissait que ces
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droits lui eauent élé donnés pour son remboursement, et làdessus ii a repris ce que M. Foucquet venait de dire. L'accusé a répondu que cela paraissait.
M. le cbancelier lui a demandé quelles décharges l'on avait données au Roi, et comment il paraissait que le Roi fût quitte.
L'accusé a répondu qu'il ne demandait rien; que ses ordonnances ne subsistaient plus; qu'il ne concevail pas où était la dit- Bculté; que, par exemple, lorsqu'on porte à l'oilraordinaire de la guerre une assignation de 100,000 livres, l'argent se compte, le billet demeure entre les mains du trésorier qui paye, que cela lai suffi I.
M. le chancelier lui a dit qu'il u'allAt pas de l'un à l'autre; qtt11 disait que le Roi élail quitte, mais qu'il était bon de savoir quelle forme avait été observée.
L'accusé a répondu que le R4)i ne pouvait pas Être mieux quille, qu'il avait donné son billet, qu'il avait reçu son remboursement, et partant quitte ; qu'un assigné à l'extraordinaire des guerres j portait son billet , qu'il était acquitté ; que le billet demeurait ponr la décharge du trésorier, qu'elle était suffisante, et ne lui en fallait point d'outre.
M. le chancelier a demandé pour combien il avait reçu de ces droits, et qui les lui avait donnés.
L'accusé a répondu que c'était d'Agauri. Répliqué, par M. le chancelier, que ce n'était donc plus Rém;. L'accusé a répondu que ces noms n'étaient qu'un; que cela ne se faisait pas autrement; que, s'étant dessaisi de son billet, il n'avait plus rien à demander au Roi , n'ayant plus le titre de sa créance; que son remboursement lui avait été fait sur un prêt fait sur les cinq grosses fermes; qu'il avait rendu son billet et n'avait plus rien à prétendre ni à demander.
M. le chancelier lui a dit que, suivant ce qui paraissait parles pièces, le remboursement devait être fait aux intéressés en trois payements égaux, avec intéi'ét au denier quatorze; que cependant il avait avancé les payements par son intérêt particulier.
L'accusé a répondu que l'assignation était comptant, que lu qui répond y ajouta en interiigne 61 et 63 également; que H. Talon avait dît, en dogmatisant des préceptes pour la surintendance, qu'il avait levé des billels en 60 , 61 et 62 , et que cela Était ainsi dans le comptant arrêté de la main du Roi; qu'il demeurait d'ac-
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cord que cela aurait dù se faire, mais que la manière qu'il avait tenue n'était pas moins innocente; que les intéressés l'avaient pressé d'avancer leur remboursement; qu'il avait bien voulu avoir cette condescendance, mais sans préjudice quelconque pour les intérêts du Hoi; le remboursement se devait faire en trois années; au lieu de faire le premier en 1660 et le dernier en 62, il recule un payement et avance l'autre, et assigne le tuut en 61 , et le billet payable en bvis années est réformé sur 61 ; tout le monde est content; oii était en cela la faute?
M. le chancelier lui a dit que, pour se défendre de cette augmentation de 250,000 livres, il avait dit que d'abord il s'était luimême traité durement, et avait réduit et liquidé le remboursement à 500,000 livres, maïs que, pressé par les ordres de H. le cardinal, qui Ini furent portés par l'abbé son frère , il avait augmenté cette somme jusqu'à 250,000 livres mais que de ces ordres il ne paraissait rien au procès, et qu'il eùl à dire ot ils étaient.
Je ferai voir cet ordre le plus aisément du monde, a dit l'accusé, si l'on me fait rendre mes papiers; mais l'on m'a tout supprimé et tout diverti, et, après m'avoir lié les mains, Ton me dît que je me défende ; que le sieur Roussereau le dira ; que les secrétaires de M. le cardinal le diront si l'on les veut entendre, qu'ils ne doivent point être suspects; qu'il nomme les hommes; que c'est tout ce qu'il saurait faire en l'état oîi il se trouve réduit; qu'il parait visiblement dans l'ordonnance et dans l'arrêt qu'il avait premièrement employé 500,000 livres, qui est la somme à laquelle il s'était fixé; que depuis il avait réformé cette somme et augmenté de 50,000 livres ; que ce changement marquait qu'il fallait qu'il fût survenu quelque chose de nouveau, que M. Varangeville en savait la vérité ; qu'il le citait pour la dire, qu'il était son ennemi, qu'il parl&t néanmoins et qu'il expliquftt l'affaire, et qu'il prouverait bien d'autres choses lorsqu'il lui serait permis d'informer.
M. le chancelier a ajouté que, puisque M. le cardinal était informé de toute l'affaire , il semblait qu'il n'y avait plus de nécessité de se cacher ni d'en faire faire le remboursement sous le • nom de Rémy,
L'accusé a répondu qu'il semblait donc que les affaires ne se fissent que pour M. le cardinal.
M. le chancelier a ajouté que, puisque l'affaire avait passé jusque-là, l'on n'avait plus besoin du nom de Rémy.
L'accusé a répondu que l'on avait toujours pris les tnénies noms et suivi la ni6me conduite de l'affaire, que cela ne faisait rien du toDtausujel; queHM. Colbcrt et Berrier savaient la chose, comme il était prouvé au procès par les lettres de Bruant et les apostilles de lui qui répond; que cela étant, lui qui parle aurail-il pu manquer d'en parler à M. le cardinal, ne pouvant douter qu'aussi bien elle Tiendrait à sa connaissance? Qu'en effet, il en parla, à Saint- Jean de Luz, à M. le cardinal, qui approuva la chose; pouvant dire avec vérité qu'il ne se présentait d'affaire de conséquence qu'il ne lui propos&t, et sur laquelle il ne prit ses ordres; que jamais les affaires d'adjudication de droits, ni les autres de cette nature, ne se mettent que sous des noms de valets, pour ne pas être obligé de faire soi-méine les sollicitations, et une infinité d'autres choses qu'il est nécessaire de faire pour l'établissement des aETaires de cette qualité, même pour n'être pas exposé aux taxes qui suivent ordinairement cette sorte de biens.
M. le chancelier lui a dit qu'il avait paru, lors de la liquidation, qui était le point principal et qui regardait essentiellement son intérêt, et qu'il pouvait bien sans scrupule paraître en toute autre chose.
L'accusé a répondu qu'il n'en avait jamais parlé à personne, mais que toutes ces petites observations ne concluaient rien ; qu'il avait dit ce qui était de son fait, qu'il avait même expliqué ce qui était du fait des autres, qu'il n'avait rien omis de ce qui était de la vérité; qu'il n'y avait rien en tout cela que d'innocent; qu'il avait toujours eu devant les yeux le service du Roi; que c'était cela qui l'avait conduit, qu'il avait passé sur toute autre sorte de considération et même sur la sienne propre.
M. le chancelier a dit à l'accusé de se retirer; ce qu'il a fait après avoir fait de profondes révérences à tous ses juges, et les observant tous fort curieusement.
M. Foucquet, en se retirant, m'a demandé si je croyais que MM. ses juges fussent satisfaits de ses réponses ; qu'il appréhendait fort que cela ne fût pas , ayant tant de faits à éclaircir ; qu'il était bien difficile qu'il pût satisfaire avec ordre à tant de choses; et tout cela d'un ton de voix si affermi, et d'un visage si riant, qu'il paraissait bien qu'il était fort content de lui-même, qu'il se félicitait et cherchait des applaudissements; c'est ce qui m'a obligé de lui répondre qu'il sentait assurément ce qui en était , et que
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tous messieurs étaicot forl éclairés, et apportaient une fort grande attention à ses réponses.
Pendant l'inlerrogatoire, qui a paru faible, et plusieurs faits proposés si hors de propos que M. Voisin et plusieurs de MM. les commissaires ont fait paraître sur leur visage beaucoup de dégoût, et l'accusé même a souri par plusieurs fois lorsqu'il croyait avoir bien satisfait *, il a dit à M. le chancelier des paroles de civilités, mais lorsqu'il s'esl senti pressé, il a élevé son ton de voix, l'interrogeant lui-môme, et passant avec beaucoup de cbalear sur le respect qu'il s'était proposé de garder.
Madame Foucquet, la bonne mère, a aussi tenu sa partie en cette aO^re; car, la Reine ayant été réduite à l'extrémité par de mauvaises couches, chacun proposa des remèdes; l'on parla d'emptàtres et d'onguents; M. Valot * dit qu'il en avait un qui n'était pas mauvais ; quelque autre dit que la dame mère Foucquet en avait un qui était souverain, et que l'expéneace en avait été faite par une inUoité de cures; l'on ordonna de la faire venir; et cependant celui de M. Valot ayant été appliqué, la Reine, peu de temps après, se trouva soulagée, soit par la vertu de ce remède, soit d'uue saignée du pied en l'eau ; quoi qu'il en eflt été, le bruit courut dans Paris que l'empl&tre de madame Foucquet avait guéri la Reine. (B. I.)