LOUVOIS A MADAME FOUCQUET
A Pari», le l" BTiil 1665.
Madame, en suite de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, par laquelle vous demandiez au Roi la permission de faire écrire à M. Foucquet par un de ses domestiques et de vous rendre auprès de lui, je fis conoaltre à M. le président de Meaupeou' que j'en avais rendu compte à S. M., et qu'elle ne m'atail rien ordonné sur l'un ni sur l'autre point*, et je crus que, pour vous épargner la peine de m'écrire et celle de lire mes lettres, je devais me servir de l'entremise dudit sieur président, mais puisque par celle dont il vous a plu m'bonorer le 31 de ce mois, vous désirez que je vous fasse directement savoir les intentions de S. M. sur vos affaires, je m'y conformerai soigneusement, et cependant je vous confirmerai ce que j'ai dit h M. le président de Meaupeou.
CHAMBRE DE JUSTICE
Du vendredi ii avril 1665.
M. Duverdier, conseiller au parlement de Bordeaux, l'un des
commissaires de la chambre, a été extraordinairemenl travaillé de
diverses maladies, pendant sa commission, et ayant témoigné dans
toutes les occurences le préjudice que recevait sa santé de la lon-
1. René de Uaupeou, préBident à la premiËrs chambre des enquâtei, à Parii, mort le 33 mai 169A, Agé de 83 ans.
Vrai homme d'honneur, d'esprit et d'intelligence, bon juge, bieDfaisaat, sftr et plein de (oi, etc., appartient k H. Foucquet, suirant le tableau du parlemeat.
3. Le Roi avait d£ja fait savoir t M. de Saint-Hara qu'il ne voulait point que Foacquet re(ût des lettres de aa Temme, et avait dârendu de laisser au prlMOiuer ni plume ni encre.
ibyGoogle
FOBGQUET. 409
gue durée de la chambre, et de l'assiduité qu'il était obligé d'y apporter, H. de Fontenay * lui voyant continuer ses plaintes, lui a offert sa médiation auprès du Roi, pour lui obtenir la dispense de continuer ses services à la chambre; à quoi M. Duverdier ayant répondu qu'il ne demandait pas son congé, et qu'il ne manquerait ni de zèle ponr le service du Roi, ni d'affection à bien taire son devoir,' quelques indispositions qui lui arrivassent, M. de Fontenay ne laissa pas d'informer M. le chancelier de ce qui s'était passé entre lui et le sieur Duverdier, de quoi M. le chancelier ayant donné avis au Roi, S. M. ayant donné ses ordres à M. le chancelier sur ce sujet, il aurait mandé le sieur Duverdier, et, en présence du sieur de Fontenay, lui aurait dit que l'ayant souvent oui plaindre du préjudice que recevait sa santé de l'assiduité qu'il apportait au service de la chambre, et des maladies dont il était incommodé, qu'il en avait informé le Roi, que l'intention de S. M. n'était pas d'esiger de lui un service qui lui pût être préjudiciable, mais au contraire de pourvoir à toutes choses à son soulagement, elle lui avait donné ordre de lui dire qu'elle était satisfaite des services qu'il avait rendus, qu'elle le dispensait de les continuer en la chambre ; qu'elle se promettait qu'il rendrait dans son parlement de Bordeaux la même justice, et avec la même intégrité qu'il avait fait par le passé, et que le Roi trouvait bon qu'il se retir&t.
M. Duverdier voulant entrer dans des éclaircissements, M. le chancelier lui dit qu'il n'y avait rien davantage à parler sur ce sujet.
Le Roi ayant été informé de l'exécution de ses ordres, le sieur Pecquot, trésorier de la chambre, en reçut un de porter à M. Duverdier la somme de 3,000 liv. pour le payement de ses appointements et frais de son retour; ce qui a été exécuté.
M. Duverdier ayant ensuite témoigné qu'il aurait désiré saluer le Roi et prendre congé de S. H,, M. le chancelier lui aurait l'ail entendre qu'il n'estimait pas qu'il fût à propos qu'il vil davantage S. M.». (B. f.)