LE BOI A H. DE BESHAUS
Mons de Besmaus, je vous fais cette lettre pour vous dire que je trouve bon que vous permettiez à la dame de Ouénégaud de voir et de parler en toute liberté au sieur de Guénégaud, trésorier de mon épargne, son mari, détenu prisonnier en mon château de la Bastille, et ce pour une fois seulement. (BniTisn Musbdm.)
A Purii, le 1" JniUet lees.
M. VILETTE A COLBERT.
Monseigneur, on a fait hier malin une seconde séance chez M. d'Aligre pour avancer la procédure des compensations, en laquelle on y a apporté encore 1)eaucoup de formalités, puisque l'ou y désire trois défauts, où entre autres des assignés, madame Catelan*, qui jusqu'ici n'avait dit mot, y est companie pour s'y opposer, alléguant, pour moyen de ses oppositions, qu'elle avait protesté de nullité, lorsqu'on avait assigné son mari pour voir liquider ce qu'il pouvait devoir, faute de lui signifier l'exploit parlant à sa personne, et de lui remettre en ses mains ses papiers pour se défendre, entre autres de ses biens dont j'ai demandé la compensa- ' tion, de 19,â80 liv. de rente supprimée, assignées sur les entrées, sous le nom de deus particuliers, contre et avec lesquels j'avais pris toute sorte de mesures pour les obliger à déclarer devant les sieurs commissaires la vérité et comme lesdites rentes appartenaient audit Gatelan; mais la dame Catelan a fait tant de brigues qu'il n'y en a qu'un qui ait fait la déclaration, encore en biaisant un peu, et l'autre m'a fait entendre qu'il ne dirait mot, et que
1. C'wt-i-dire par FoDunlt, greffler, et l'aotaor de cejODrDftl. 3. SnuuDe BrHctiet, femme de N. C&telan, flD*acier.
je prisse par son silence tet avantage que je voudrais; ce qui a donné courage h la dame Catelao d'assurer devant les sieurs commissaires que soD mari n'avait aucunes rentes nouvelles, et qu'elle s'opposait que lesdites rentes fussent déclarées appartenir à son mari ; si bien que MM. d'Aligre et de Sève n'ont pu se résoudre à rien prononcer, et ont différé d'en parler avec vous au Roi, dans leur voyage. La dame Catelan, chez M. Voisin, devant les commissaires de la chambre, eut de pareilles prétentions dont elle a été déboutée; au .moyen de quoi j'ai fait rendre trois arrêts de condamnation de 11,000 et tant de livres contre lui, en vertu desquels et d'autres ci-devant rendus, l'on a saisi et fait décréter ses biens. Si l'on tenait un autre chemin que celui-là, les afKiires, Monseigneur, seraient bien reculées, car depuis qu'ils voient cette nouvelle procédure, de vouloir compenser leurs rentes et effets, ils veulent tous revenir contre les liquidations qui ont été faites contre eux et les faire recommencer, quoiqu'on y ait apporté toutes les formalités que l'on peut souhaiter; pourquoi. Monseigneur, il est très- nécessaire dans ce commencement de leur recommander la diligence et l'abstention des scrupules et formalités dont ces deux messieurs usent, afin qu'en continuant le service que je dois, je poisse m'acquérîr le titre glorieux de, etc. (B, I.)
Gell Joillet IMS.