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CHAXBRE SB JUSTICE, A L'ARSENAL

Du mercredi 2Q juillet 4665.

Cejonr, M. Poncet a feit rapport d'une requête da sieur de Gué- Bégaad tendante à surséance de la visite de son proeès, jusqu'il ce que ses défenses aient été dressées par tin axitre avocat que par M* Pierre Beuray, attendu qu'il est arrêté à la fiiistille, et que le temps de la communication avec son conseil lui soit prorogé.

Arrêté le soit montré au procureur général. La requête ayatit été sur-le-champ conclue par un débouté, lecture en a été faite.

L'affaire mise eD délibératiOD, il a été arrCté que, sans avoir égard aux oppositions du sieur de Guéoégaud, dont il demeura débouté, l'arrêt du 24 du présent mois sera exécuté.

Ce fait, M. le chiincelier a dit à M. Poucet de continuer le rapport du procès du sieur de Guénégaud; M. Poocet a représenté que M. de Brilhac était absent et qu'il n'y avait qu'une heure de séance pendant laquelle on ne pourrait faire que bien peu de chose.

M. Pussort a dit que M. de Saint-Hélène avait un procès qu'il pourrait rapporter; M. de Saint-Hélène a dit qu'il était prêt, mais qu'il y en avait pour plus d'une séance.

M. le cbaacelter a dit pour la deuxième fois à M. Poncet qu'il eût à continuer son rapport, à quoi il a répondu que le rapport qui se continuerait pourrait aller à exclure le sieur de Briibac de la connaissance du procès, et a voulu faire comprendre qu'il n'élail pas de cet avis; nonobstant quoi, M. le chancelier ayant dit que l'on verrait ce qu'il y aurait à faire, mais que cependant l'on devait, sans interruption, continuer le rapport du procès.

En conséquence de quoi, H. Poncet a pris la requête donnée par production par le sieur de Guénégaud et l'a mise es mains de M. Feriol pour en faire la lecture; ce qu'il a fait.

Sur les 11 heures et demie, M.deBrilhac' est entré, et la lecture de la requête a été continuée.

Du jeudi ZO juillet 1665.

Ce jour, M. Masnau a dît qu'il fut hier, avec M. Feriol, en la maison de M* P. Beuray, en laquelle ils paraphèrent quelques pièces, mais qu'il ne peut dissimuler qu'entre icelles les informations, les interrogatoires, et généralement toutes les pièces secrètes du procès du sieur de Guénégaud, s'étaient rencontrés; que c'était une inddélité au service du Roi qui ne pouvait procéder que des commis du greffe, de ceux qui travaillent au parquet, ou des autres endroits où le procès avait passé ; que cette prévarication méritait d'être approfondie, et qu'il n'ometterait rien de sa part pour ea tirer réclaircissement.

FOUCÛUET. 437

M. le chaDcelier a dit que l'oa était bien assuré que ce désordre ne procédait pas de ceux qui travaillaient en cbef au parquet ou au grelTe ; à quoi M. Masoau a reparti qu'il ne doutait pas que cela ne rot ezempl de tout soupçon, et a ajouté qu'en exécutant l'arrêt du jour d'hier, il avait fait mettre diverses pièces dans une cassette qu'il avait véritablement paraphées avec M. Feriol, et icelles fait parapher par le procureur de la demoiselle Beuray, mais qu'il y avait plusieurs blancs dans ces écrits, et qu'encore qu'il ne doul&t pas de la Qdélité du greffe, néanmoins il était vrai de dire que ces blancs pouvaient être remplis de ce que boa leur semblerait.

M. Feriol, rapporteur, a dit que tous ces écrits étaient faits d'une môme manière, et qu'il n'y pouvait être rien ajouté sans que l'additiun en parût*. (B. I.)

H. LE TELLIBB A N. DE BESHAUS.

SMDl-GennalD, 30 Juillet 1S6S.

Le Roi ordonne de mettre auprès de M. Puiguilhem un soldat ou une autre personne pour le servir. (B. A.)

L'AUBASSADEUR SAGREDO au doue de VENISE.

Sérénissime prince, M. de Puyguilbem, colonel-général des dragons, a été conduit à la Bastille par ordre du Roi. On dit que cela peut avoir, rapport A la prison du marquis de Vardes, mais d'autres prétendent que le lieutenant de la compagnie colonelle ayant été envoyé avec SO cbevaux dans le Bêarn pour réprimer la témérité d'un des principaux chefs des rebelles, nommé Audijos, et l'ayant rencontré dans une forêt, ù pied, seulement accompagné de douze brigands, cet officier lui laissa le temps de se retirer dans une maison, à quelque distance de là; après l'y avoir assiégé, le lieutenant fut obligé d'abandonner son entreprise, en y laissant beaucoup des siens, tant morts que blessés, et on dit que le Roi reprocha cette action à Puyguilbem, en faisant presqu'un crime au lieutenant de n'avoir pas tué ce misérable ou de ne l'avoir pas au

1. • Ce qu'il y avait de surprenant, dit d'Ormesaon, c'Mt qn'niie de cet cv^es At^t écrite par le lecr^taire de H. de Chamillan. ■

438 KOUCtKJET.

moins Tait prisonnier dans la fbrfit : Puyguilhem paria avec quelque chaleur pour justifier son officier, et le Rot irrité en serait venu à dofiaer ledit ordre. Je me tiens à cette version pour exclure l'idée généralement répandue que Puyguilhem aurait reçu l'ordre de se rendre en Béarn sous les ordres d'un lieutenant général, et qu'aveuglé par une colère effrénée, il se serait emporté au point de briser son épée ', au lieu de remercier le Roi de la bienveillante nomination dont il l'avait honoré de sa propre bouche.

(Traduit de rUalitn. — A>Ch. de Vbniu.] P&riB, 31 Juillet 1665.

H. DE LA BEfiTONNiÈKK A COLUtlHT.

A Pigaerol, le l^ aoQt 166S.

Monsieur, je me suis donné l'honneur de vous rendre compte du désastre que le lonnerre a fait à la citadelle de cette ville, et la diligence que j'avais apportée en toutes choses selon le dû de ma chaîne, tant pour la sûreté de la place, que pour la garde de M. Foucquet, où je vous puis assurer, Monsieur, que je m'y rendis tout le premier, et lorsque le sieur de Saint-Mars y fut arrivé j'avais disposé déjà la garde pour la sûreté de M. Foucquet. Je fis offre audit sieur de Saint-Mars de tout ce qui dépendait de moi, comme j'ai toujours fait par le passé, et voyant qu'il n'y restait point de couvert pour y pouvoir loger, je lui fis offre, en présence de plusieurs gens d'honneur, du logis de M. le marquis de Piennes, et de tous les autres de la ville, à son choix, pour y loger et garder H. Foucquet. Il fut visiter celui de M. le gouverneur, où personne ne loge, étant bien meublé, et fort spacieux et éommode; il a mieux aimé, Monsieur, par des raisons que peut-ëlre il ne mande pas, se loger chez le sieur Damorézan, commissaire ^ où il y sera encore quelques jours, que le logement du fort la Pérouse soit en

1. Tout celï est exact t peu près, et la querelle de Laniua »ec le Roi réelle, m^s DD ftvftit répimdu cette histoire iBn de cidier aa public te motif qui aToJt fût metire Laniun k la Butilla. L'ïmbanulear crut devoir Iranimettre k ses niRlUw le rëcit ofBciel, au lieu de la vérité vraie.

]. Ce commissaire dei guerres était une clôture de H. Le Tellier, et on avait une entière confiance dant u Sdéllté. La Troideur de H. de L.a Bertonnière, lieutenant de Roi i. Pignerol, vlt^vls de 6aint-Han, lui attira ans réprimande aaaei

étal, et moi-mdme, Monsieur, j'irai conduire M. PoQcquet avec cent hommes de cette garnison, et le rendre en sûreté dans ledit fort. Je vous supplie très-humblement. Monsieur, d'être, s'il tous plaît, persuadé que je n'ai jamais manqué ni ne manquerai jamais & Taire ce que je dois sur ce sujet. (B. 1.)

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