LE ROI A M. DE BESMACS
Mons de Besmans. je vous fais celle 4ettrti pour vous dire que vous ayez h recevoir dans mon château de la Bastille la nommée Desfontaines, que le bailli tiu pahis de celte ville y fera conduire, et à l'y tenir sous bonne et sûre garde, jusqu'à nouvel ordre, comme aussi h permettre qu'elle soit confrontée au nommé Hoyau, détenu prisonnier en mon château, lorsque le bailH l'estimera à propos. (Bbitish Muséum.]
Pa>-I>, le 37 octobre IMA.
LORD UOLLIS A SIR H. BENNËT.
Paria, octobre loei.
Monsieur, je n'ai reçu que ce matin de M. le Tellier les ordres nécessaires pour la poursuite de l'affaire des bijoux. J'aurais désiré les avoir eus une semaine plus t^t; mais on ne perdra pas de temps. Je crains que vous ae disiez que celte lettre a été écrite à minuit, puisque je n'ai pas pu commencer du bon cAté du papier; mais il faut que vous me le pardonniez; j'avais écrit un c6té avant de m'en apercevoir. (State paper office.)
(Triduit de l'aagleii.)
Le même au même.
la
Part», noïembro jMt.
Monsieur, j'ai reçu par le dernier courrier votre lettre du 27 octobre, À laquelle ma présente indisposition ne me permettra pas de faire une longue réponse. 11 n'y en a pas beaucoup non plus à faircj soit au sujet de l'affaire du duc de Mazarin , soit de celle du
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iU UOYAU, DEMOISELLE DESFONTAINES.
dac d'Hamilton , si ce n'est qu'en toutes deux je ferai de mon mieux, quand l'occasion s'en présentera. Quant au duc de Mazarin, je crois que, si on savait la vérité, lui et son oncle le cardinal oot et avaient (car ils ont disposé d'une partie) tout autant des biens de S. M., joyaux, tentures et tableaux, que la valeur de l'argent prêté à qui que ce fût, soit au mattre, soit k ses ministres. Quand je suis allé voir l'hAtcl Mazarin, meublé comme il l'était pour le cardinal légat, j'ai vu trois suites de lectures et quantité de tableaux qui ont appartenu à notre feu roi.
Je commence à être certain de découvrir ici beaucoup de bonnes affaires, et que Je pourrai recouvrer une partie considérable de choses de cette nature. L'alHiire se plaide devant le bailli du palais, qui est un juge fort diligent et fort soigneux. Il a déjà un très-beau saphir bleu qu'un riche orfèvre d'ici avait en dépOt. Cet homme avoue, après avoir été interrogé , que Gombleton , le bijoutier, le lui avait confié, et qu'il lui en répondait pour 1.600 pistoles en or; que le fils de Gomblcton, qui était ici il y a quelques mois, lui dit que le saphir avait appartenu au feu roi. Le bailli emporta la pierre pour me la faire voir, ainsi que l'interrogatoire de l'homme dont il me promit une copie, mais elle ne m'est pas encore parvenue, ie l'ai envoyé chercher ce malin, et si on me l'envoie à temps, vous l'aurez; maintenant vous savez ce que vous avez à faire vis-àvis de ûomblelon. Le bailli me dit aussi qu'il espère, sous très-peu de jours, recouvrer un autre objet très-précieux, un vaisseau d'or, monté en perles et en rubis, avec d'autres pierres, et peut-être une riche tenture. Nous faisons un affreux remue-ménage au milieu de ces gens. Cela coûtera quelque argent , et pourtant je n'ai que 46 pistoles d'or, et l'on me dit qu'il en faudra 100 avant d'avoir fini. J'ai remis l'argent entre les mains du bailli, qui me dit qu'il me tiendra un compte exact de chaque sou dépensé pour des exploits, pour des agents qui font des recherches, pour le payement des témoins, etc. Sans cela, on ne peut faire d'affaires ici. Le prix de la justice est une chose honteuse. Un pauvre cuisinier à moi a eu sa fille de six ans enlevée et violée par nn misérable qni joue de la grosse caisse au régiment des gardes. Il lui en a coûté 1,500 livres pour faire punir le coquin, avec toute l'aide et la protection que j'ai pu lui donner en parlant à Madame et aux ministres, et en faisant parler au Roi, qui s'y est très-bien comporté. L'affaire a traîné cinq mois, et le gredin n'est pas encore pendu. Je
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«OYAII, DEMOISELLE Dh'-bONTAINES. 47B
crois pourtant qu'il le sera, étant cftndamné au Chfltelet; il en a appelé au Pariemeni, où la sentence sera sans doute coufirnK'e. Je vous dis tout ceci pour tous iDO,ntrer mon embarras et ce que coûte la justice, afin que vous voyiez que le bien de S. M. ne • pourra se recouvrer gratis. Le bailli parait être un homme d'honneur qui tient à sa réputation et à sa position, et je ne crois pas qu'il nous trompe. Je le surveillerai de mon mieux; mais il me faudra chasser avec plus de fonds , maintenant que nous avons plus de gibier en vue. (Statb faper office.)
{Traduil de Canglaii.)
Le même au même.
Monsieur, voici l'interrogatoire de l'orfèvre dont je vous ai parlé dans ma dernière lettre. Vous agirez cusuile comme vous le jugerez nécessaire. Je suis à la poursuite très cbaude de plusieurs choses de prix, sur lesquelles un peu de temps jettera beaucoup plus de lumière. J'ai fait un billet, signé de ma main , promeftHQt de payer 6,000 livres quand ou m'en remettra au moins six fois la valeuf'en biens appartenant à notre feu Hoi; celui qui me dit cela me parle de beaucoup plus encore. Quand j'en saurai davantage, je vous l'écrirai. (State paper office.)
[Traduit de l'anglait.)
Le même au mime.
ParU, novembre ISSI.
II me tarde de savoir ce que Gombleton dit du saphir. Je suis sûr qu'il appartenait au feu roi, comme l'avoue le fils de Gombleton, et qu'il a été acheté par le roi Jacques. De quelque façon qu'il soit tombé entre les mains de Gombleton, il aurait dû, d'après l'acte du Parlement, le présenter et le rapporter, et il est par là déchu du pardon général, puisque l'acte déclare que le fait de la détention est un délit aussi grand que relui de vol ou de filouterie. J'espère que nous aurons enfin quelques succès dans notre chasse après lout cela. Outre ce saphir, nous avons déniché deux riches tentures, l'une chez un tapissier, l'autre ches un abbé. Celui*ci l'S'-
i78 HOTAU, DEHOrSElLE DESFONTAINES
vait mise en gage, à ce qu'on me dit, pour moins que la moitié de la valeur, et j'espère découvrir les bijoux qu'avait Fontenay, Un des oiseaux eo cage commence à cbanter; la femme qui est à la Bastille avoue maintenant que le bijoutier Hoyau, qui est l'aulre, les avait, et qu'avant Noël elle le fera voir clairement; elle désire coo- , férer avec quelques personnes qu'elle a nommées, et elle demande qu'une servante de Hoyau soit arrêtée et bien interrogée. Ce Hoyau est un homme de néant, fort riche, qui, en peu d'années, a Tait construire quatre maisons, et on l'a entendu se vanter qu'il l'avait fait avec les bijoux du roi d'Angleterre. Je ne vous ennuierai pas plus longtemps cette fois-ci, et J'espÈre que vous m'écrirez le plus tAt possible au sujet de cette alTaire. (State papes office.)
{Traduit dt Canglai*,)
LE PETIT A SIH ;. WlLUAHSOn.
a décembre
3t noTCmbre
Monsieur, la recherche qae mylord ambassadeur a commise à mes soins, d'un vol de pierreries du feu Roi, dont vous aurez sans doute ouï parler, est cause que je n'ai pu vous témoigner la joie que j'ai reçue de votre convalescence. (State papeb office.)
LORU UOLLIS A SIH H. BENNET.
Î6 ooteicbra Monsieur, le b'-iilli est allé k quelque trente lieues près d'ici, chez Hoyau, le bijoutier qui est & la Bastille, pour interroger plusieurs personnes, saisir ses biens, y ajiposer les scellés et mettre en prison quelques-uns lie ses domestiques qin- madame Desfonfontaines, qui est à la Bastille, accuse d'être complices du détournement des bijoux, et dit qu'ils peuvent révéler tout de fond eo comble. Je vous envoie ci-joint une copie de l'interrogatoire au sujet des tentures que retii-nl l'archevôque de Langres, abbé de I* Rivière. On doit les faire voir à mylord de Saiol-Albans, qui pourra dire quelque chose là-dessus. On m'apprend qu'une autre suite de tentures, aux armes d'Angleterre, a été découverte chez UD tapissier, du c&té du Pont-Neuf, et oa a donné l'ordre delà
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HOYAU, DEMOlSELLt: DESFONTAIPWS. 477
saisir, ce qui sb fera peut-Ëtre aujourd'hui. Je vous supplie de me répondre sur ce que je dois faire au sujet des tentures qu'a l'évêque, et sur ce que Gombleton dit de son saphir, que nous avons déjà saisi. J'espère que nous obtiendrons quelque chose à la fin. S'il en est ainsi, je pense que je serai remboursé de mes frais; sinon je vous promets que je ne les demanderai jamais, car j'en aurais honte. (Stats p*peb office.)
{Traduit rf« ranglais.)
Le mime au même.
30 novembre
Monsieur, quant à Gombleton, je ne sais si son excuse sera suffisante de dire qu'il croyait que M. Dulton avait ach<!té le saphir du feii Roi. Je crois que d'après l'acte du parlement il aurait dû le représenter, ainsi que le titre en vertu duquel il le possédait. Je désire cependant recevoir des instructions sur ce qu'il faudra faire à ce sujet. le saphir étant entre les mains du bailli du palais, qui l'a saisi chez l'agent de Gombleton.
Le vaisseau en cri^til, qui appaitcnait au feu Roi, n'a pas été vendu par Gombleton, mais par Pargater, à un nommé Dubois ou à LesL'ol, qui l'a vendu au cardinal Mazarin; celui-ci l'a légué par son testament à madame d'Aiguillon, ainsi que m'a dit le duc de Mazarin, l'aulre jour, quand il vint me voir, et il eut alors une longue discussion avec moi au sujet de sa dette. Il me montra la lettre que. le Roi lui avait écrite et celle du lord chancelier. Toutes deux me le renvoyaient pour avoir réponse à sa demande. Il m'a dit que s'il ue pouvait pas recevoir son argent de suite, il priait S. M. de vouloir bien commencer par quelque effet et d'asuigoer quelques moyens actuels pour un commencement de payement, comme plomb, canons, et cœlera, sur une partie de son revenu. Je répondis que je n'avais aucune coanaissance de propositions pareilles, mais que le Roi, mon maître, m'avait dit qu'on réclamiiit de lui iiiie dette ; que lorsque l'argent lui fut prëtË par le feu cardinal, il croyait que c'était l'argent de S. M.; que le cardinal ayant désiré avoir quelque chose comme un reçu signé, S. M. nfusa de le faire jusqu'il ce que le cardinal l'eût tort pressé, lui disant qu'il ne le demandait que comme un mémoii e à consei'voi> du senice qu'il lui
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i7K HOVAU. DEMOISELLE DËSFONTAINES.
avait rendu eu lui fournissant cette somme. Néanmoins que, puisque depuis lors on la réclame comme une detle, S. H. était décidée à payer toutes les siennes aussi vile qu'elle le pourrait; qu'elle payerait celle-ci et ne demandait qu'un peu de patience pour sortir dos besoins pressants qui l'accablaient et qui l'avaient toujours loui^ mentée et pressée depuis qu'elle était en possession de sa couronne, ce qui ne lui avait pas permis encore de payer toutes ses dettes, bien que, pour quelques-unes qu'elle avait à son avènement, elle ail été contrainte de faire maison neuve, car elle avail trouvé la sienne dépouillée, tous ses biens, son mobilier et les bijoux de la couronne disparus; quune grande partie était venue en France et un grand nombre entre les mains du feu cardinal, dont ledit seigneur avait profité. Que S. M. désirait, quand elle payerait ses dettes (ce qui -serait prochainement), d'en venir avec lui h un compte , et qu'elle espérait alors donner et recevoir satisfaction. Le duc répondit qu'il avait encore quelques tentures (ce que j'ai dit être vrai, puisque je les avais vues ainsi que quelques tableaux) et qu'où le trouverait fort raisonnable quand on viendrait à traiter ce sujet; mais il insista toujours sur la réponse à sa proposition. Je lui dis que je n'avais pas reçu d'ordre et que je n'en savais rien. Alors il me pressa d'en écrire. Je lui répondis que je rapporterais certainement ce qui s'était passé entre nous, mais que je ne voyais pas ce qu'il pouvait attendre Ac plus, S. M. lui ayant dit qu'elle compterait avec lui dès qu'elle serait en mesure de le faire, ce qui n'était pas maintenant le cas, etqu'ellelepriait d'avoir patience jusque-là; mais que si je recevais d'autres instructions je lui en ferais part, sans qu'il se doan&t la peine de se déranger; car il m'avait dit, il y a trois semaines, qu'il reviendrait. (Statb fapeb office.)
(Traduit àt l'onj/aù.)
Le mime aa mérue.
Pkrii, décembra IMt-
Monsieur, on fera bien d'interroger tiombleton à fond, nonseulement au sujet du saphir, mais sur tous les autres bijoux et les biens du feu Roi, car on m'a donné avis certain qu'un grand nom> bre a passé par ses mains et par celles de Pargeter. Je ne sais si l'acte d'indemnité permet de les en rendre responsables, sauf de
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HOVAU, DEMOISELLE DESFOtNTAlNES. 47»
ce qai a été remis comme payement ides serviteurs et àdescréaaciers du feu Roi. Je crois qu'ils ont tous deux vendu beaucoup de choses à un nommé Lescot, bijoutier, mort depuis. Je n'ai pas encore pu obtenir l'ordre de faire examiner-ses livres, parce qu'il a revendu les bijoux au feu cardinal et k d'autres grands personnages. J'espère pourlant obtenir cet ordre et cela révélera taetea choses.
Vous ne m'avez pas encore réponds au sujet de ce que mylord de Saint-AIbans avait dît des tentures qu'a l'abbé de la Rivière, ni de ce que je dois faire. On dit qu'elles valent dix fois plus que la comme pour laquelle on les a mises en gage.
(State vapeb office.)
{Tmdail de fangiaii.)
Le même au même. ■
Paris, dticembre 1001.
SI
' Monsieur, si on a vendu les tentures à l'évéque de Langres leur
juste prix, il n'y a plus rien à dire; mais je suis surpris qu'il nie
es avoir, ainsi qu'il l'n fait au bailli du palais, quand celui-ci est
allé chez l'évfique pour voir ce qu'il en était.
Si vous désirez qu'on rende aussi le saphir, on le fera; mais Gombleton est ici gravement calomnié si c'est le seul bijou du Roi qui ait passé par ses mains, et il me semble qu'il ne donne qu'une pauvre justification en disant qu'il l'a eu de M. Uullon. On dit que lui et Pargetcr ont été les principaux distributeurs de la plupart des biens du Soi, non<seulement des bijoux, mais des autres choses.
Nous prenons demain le deuil pour la petite Madame, qui est morte dans la nuit de vendredi. On me l'a dit samedi pendant que j'écrivais ma lettre, mais on en avait si souvent fait courir le bruit, que je ne le croyais pas, c'est pourquoi je n'en ai rien dit. C'est maintenant certain, et je pense que je devrai avoir une audience de condoléance. (State papër office.)
(Traduit de ranglaii.)
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