‹ Archives de la BastilleChapitre 15 sur 137 · Cet arGfaeTèqne i» Vtzbmat mirarut ao IQSO · texte numérisé non relu

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70 FOUCQDET.

la fraude de mon f^re l'abbé, car de mon cdté, me voyant contraint & payer, j'avais racheté 5,000 liv. pour 10,000 écus, c'est-&-dire au plus baut denier.

V Que peu de temps après que la détenUon de mon frère le prisonnier fut sue à Paris, mon frère l'abbé pria le P. Rainssant, chanoine régulier, de me venir dire qu'il remettait sa pension et ne me la demanderait plus ; puis il suspendit tout aussitôt sa commission, et enBn s'étant rassuré contre sa conscieuce, en l'état des choses, il la révoqua.

Ma disgrAce arrivée eu 166] , et voyant que j'avais fait la faute en 1656 de ne prendre point mes précautions contre la foi de mon frère l'abbé, je me résolus de payer cette pension surprise, et je la payai, quaud mon frère l'abbé, se sentant à couvert d'une recherche de tant de sortes de choses qui se faisait beaucoup craindre pour lui, et ne se pouvant désaccoutumer de refaire un revenu par ses vexations, comme par là il avait rendu les finances du Roi et les financiers ses tributaires, la haine et la cupidité tournèrent ses pensées contre moi et contre le bien de l'Église que je gouverne.

n alla s'aviser que dix ans auparavant, m'ayant dépouillé de la survivance de la chaîne de procureur général dont j'étais revêtu, et, h la prière de mon frère le prisonnier, m'ayant résigné son abbaye de Noaillé, après que j'en eus le brevet du Roi, je n'en avais pas pris les bulles à leur commune persuasion, me disant tous deux que dans peu, ou mon frère l'abbé me rendrait la survivance, ce qu'il m'avait promis par d'étranges serments, qu'il ne tint pas plus que ceux qu'il fit à mon frère le prisonnier, ou que l'on me prierait de résigner à M. de Rebé celte abbaye, et que l'on me porterait à l'évëché d'Agde ou à la coadjutorerie de Narboone; que cependant j'en pourrais jouir sur la procuration de mon frère l'abbé; il me détourna même, à Rome, d'en demander les bulles gratis. Ainsi sans bulles et sans arrêt du grand conseil, je m'en Uns à sa procuration, el je subdéléguaî son secrétaire qui déjà gouvernait celte abbaye, ne me défiant pas du piège que l'on me tendait dès lors, mais qui n'éclata que dix ans ensuite, bien qu'apparemment c»-ffil alors seulement pour pouvoir faire révoquer ce brevet si cela convenait.

Je nis ainsi pourvu de Noaillé, et à l'instance de mon frère j'allai aussilAt à Rome. On voulut s'ALer de devant les yeux un homme trompé sur la survivance et trompé sur l'abbaye, même en uneau-

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tre maaière maintenant inutile à expliquer. Là on me demanda mon ablMiye de Noaillé ; j'en envoyai de Rome la résignation, et M. de Rennes ne fut pourvu que sur ma démission. M. Joysel, banquier, en fit l'expédition, bien que mon frère l'abbé ait soutenu faussement dans le procès que ce fut sur sa résignation, et que sur ce fondement il ait gagné cet injuste procès, dont avec la pension il se sert pour me ruiner.

Au bout de dix ans donc mon frère l'abbé me demande non-seulement sa pension frauduleuse, mais ce que j'avais reçu de Noaillé. Alofs voyant une nouvelle perfidie si étrange, couvée dix ans durant sans éclat, et une demande si insoutenable sans jamais l'avoir fait ni par soi ni par aucune personne au monde, bien que nous eussions arrêté souvent des comptes de sa pension, que nous eussions eu des démêlés fréquents et longs, et que non-seulement il voulait enlever tout le revenu liquide de mon évècbé par une pension qui revenait à ]3,000 liv., mais aussi, après ma survivance enlevée, me faire tant d'années après son fermier et simple économe à Noaillé, le Roi m'en ayant fait abbé, je délibérai de me défendre, et sur la pension d'Agde et sur le compte de Noaillé, et ayant d'ailleurs d'aulres dettes que j'ai payées, et voyant les procès qu'on me suscitait en tous lieux et par toutes sortes de voies, et que le but de mon frère l'abbé était de me voler à tort et à travers tout le plus qu'il pourrait de mon revenu, de me décrier par la multiplicité de mes procès, et celui de ses cbers et confidents associés, gens connus, et m'Ater le moyen de faii'e des dépenses Irës-ecclésiastiques. Je signifiai mes lettres d'état JL mon frère l'abbé; d'abord il augmenta mes traverses par les habitants de Vézelay, qui ont autant de démêlés avec M. d'Autun, leur évêque propre, et en faveur, qu'ils en ont eu avec moi en disgrâce, ce qui me justifie, outre le gain de mes procès à Dijon contre eux, et il me l&cba le chevalier Dubuissonàquijamaisjenerefusai la pension ni devant ni après la guerre, iqui même j'ai voulu rendre Ham', et je suppliai S. M. de l'agréer, mais mon frère lui avait appris le secret de la doubler en procès, «I frais et vexations , aussi ne voulut-il jamais la reprendre. De même temps mon frère l'abbé, fertile en négociations vagues qu'il ne veut faire aboutir à rien qu'ù cacher ses desseins, m'offrit, à

1. L'ttèque avait acheta aiec l'argent àa iurlat«ndaiit l'abbays et le gouvemeneot de Hun, c'Ml-b-dire una fortereue et utw priwn d'Ëtst. Ce cumul bizarre de* cboiM lacrée* avec lei protanei ne clioquait alora penooaa.

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Embrun, de m'envoyer une cession de sa prétention de l'ordre si je lui faisais payer les deux années de sa pension. Je le fis, aimant mieux que mon revenu fût partagé entre mon frère l'abbé et mes créanciers frustrés. Mon frère l'abbé loucha donc par mon ordre 20,000 liv. pour deux ans ; mes créanciers, à qui jusqu'alors il n'avait pu montrer ni lettre de tonsure, ni brevet, ni signature, mais il a eu le secret de renouveler tout, cela à Paris, touchèrent le reste.

J'aimai mieux me réduire en ecclésiastique d'un rang ordinaire que de demander la moitié ou le tiers de mon revenu à jouir; ce qui est incontestable, et de différer ainsi mes créanciers, qui dès le premier mois de ma disgr&ce eussent été payés, n'ayant jamais rien dû, ni par emprunt ni à marchand, que six mois avant d'être relégué, et j'ai tout payé depuis, hors à un de mes intimes amis. Hais, i° les appointements de mes chai^;es me manquant, je perdis le premier fonds que je destinais aux grandes dettes que je venais de contracter par une charge; 2* le procès criminel de Vézelayque je gagnai à Dijon me coûta 20,000 liv. par diverses descentes des conseillers de Paris et de Dijon; 3' celui du consulat d'Agde, par les mêmes raisons, me coûta autant, et, l'ayant gagné à Toulouse, un arrêt du conseil d'en haut renversa le fruit de mes soius et de mes dépenses ;1° le fermier général de mon évSché', qui me doit encore 35,000 liv, en pensions et en charges, mit è couvert son bien, dès ma disgrâce, sur le conseil de mon frère l'abbé, à qui s'étant adressé d'abord en Bourgogne pour me deftiander diminution, il a publié qu'il te renvoya avec ce conseil, le détournant en effet de me voir à trois lieues de moi, bien qu'il en eût fait cent vingt pour cela, ce qui joint h vingt et tant de mille livres qu'un autre fermier m'avait avancées et que j'acquittai d'abord, et à mes autres dettes payées, à mes divers exils, à tant d'autres procès soufferts, aux ruines des fermes, aux corruptions de mes gens, et à plus de 10,000 écus que des oeuvres ecclésiastiques me coûtent dans mon diocèse, et d'ailteurs n'ayant jamais fait aucune affaire de finance, il est étonnant que j'aie du pain, bien que pourtant le même parti de mes ennemis personnels, après m'avoir ruiné sous main, m'ait Kût reprocher mes richesses en une satire, par celui même qui possède une partie de mon bien.

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FOUCQUCT. 73

Bien loin que mon frère l'abbé donnAt la cession de la prétention de Noaillé si souvent promise, dès que mes fermiers eurent vidé leurs mains, ■'ans que je touchasse un sol de ces deux années, il saisit par avance, et depuis à Monlluçon o& j'allai; il me fit proposer de nouveau, par mon frère, ci-devant écuyer du Roi, pour toucher l'année suivante, que, si je me voulais obliger à lui payer l'intérêt de la pension, soit qu'il eût pudeur en famille de me demander mon propre bien de Noaillé, au bout de dis ans, soit qu'il n'eût point encore recouvré ses lettres de tonsure et autres pièces pour sa pension. Je rejetai cette proposition, la taxant de demande usuraire, et il ne l'eût peul-ètre pas exécutée. Mon frère l'écuyer eut tant de honte de l'avoir faite qu'il dit que, si je la redisais, il la renierait, et, comme il est honnête homme, il n'en disconviendra pas. Depuis, M. le président de Haupeou me proposa de sa part que je cédasse sa taxe de 2,000 livres pour sa part du don gratuit, ou que je m'engageasse à n'en point demander à l'avenir. Je n'acceptai point ces propositions manifestement injustes, ne lui devant rien de Noaillé , au contraire, ayant payé des grosses réparations pour lui à M. de Rebé que je n'ai pas encore demandées, je consentis seulement à payer une pension queje ne devais pas, ne pouvant pas prévoir les suites cruelles qui m'attendaient, et c'est une des adresses de mon frère l'abbé de faire plusieurs propositions par diverses voies pour ralentir la défense, s'en faire honneur et n'être engagé à aucune. Cependant, comme il avait fait casser mes lettres d'Ëtal sur des requêtes à S. M. contre moi, j'envoyai, pour y répondre, exprès à Paris. Mais quelques parents éludèrent les miennes, et précipitèrent le gain du procès delà pension en faveur de mon frère l'abbé, tant afin que j'étouffasse mes raisons après un jugement que parce que je ne suis pas homme à intrigues et que je ne sais pas intéresser li^s gens, et que l'on crut peut-être que par force ainsi je m'accoutumerais.

Anssitût la pension se paya à Agde, il y leva autres 20,000 francs par mes ordres, je ne retranchai pas même la taxe du don gratuit, le grand conseil, sans pouvoir en cela, ayant cassé contre moi seul le contrat libre et volontaire du clergé avec S. M. pour la part des pensionnaires.

Mais k Vézelay (que mon frère l'abbé veut avoir à toute force], il ne s'en tenait pas à la pension, il fallait satisfaire sa coutume de piller le bien d'autrui, me faire bien du mal, et que je lui offrisse

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74 FOOCQUET.

mon abbaye qu'il m'a souvent fait demaDder. Il avait eu quelques dépens eonlre moi : il envoie ses gens, et quelles geus ! de hauteur forcer la maison abbatiale, prendre meubles, papiers, tout ce qui leur plut, en vendre ce qu'ils voulurent, au prix qu'il trouva bon, dans une ville où je suis seigneur et abbé, en pleine place, et son cbariot de triompbe avec ses livrées remporta cette noble conquête sur son nom, unique et ancienne matière de ses lauriers; il les a encore malgré un arrêt dn parlement qui le lui défendait ; et bien que de mon cûté j'aie eu de petits arrftts avec dépens contre lui, je suis encore à les lui demander depuis sept à huit mois, de sorte que ce qui est défendu contre les moindres prêtres, et même pour deniers royaux, de saisir de leurs meubles, sera permis à un clerc sans cléricature, contre un évêque dans son bénéSce, après avoir pillé sa maison comme il a voulu ; je m'en plaignis, mais comme mon frère l'abbé vit qu'il ne plut point alors à S. M. d'en vouloir faire prendre connaissance, ni nommer des gens qui décidassent sur DOS différents, sans des formalités auxquelles de loin je ne puis parer, et qui arrosassent la fureur de mon frère l'abbé, ce torrent n'a plus eu de bornes.

Car il m'a mis maintenant en un état que tout le bien de mes églises, par le chemin qu'il prend, est entièrement en proie à son inhumaine cupidité, que je me vois au premier jour sans pain et sans lit', et que ma vie déjà attaquée, comme je dirai ensuite, n'est pas en sûreté, la morale de ses bons amis lui donnant tant de pouvoir sur elle.

Outre ces 40,000 francs pour la seule pension depuis quatre à cinq ans, outre dix autres mille, outre de très-fréquents cahiers de frais imaginaires payés & Paris, comme il lui a plu, voici sa pratique, contre laquelle, si j'avais aussi bien 100,000 écus de rente comme je n'en ai pas dix, quoi qu'on ail publié, je serais également ruiné.

Le Roi a fait le code ou l'ordonnance nouvelle pour diminuer les frais et les procès, mon frère l'abbéa trouvé le secret de s'enrichir par elle, les dépens Étaient défendus entre parents à cause des aigreurs, et maintenant de ce qu'ils sont permis cela lui vaut mieux qu'une abbaye. Quand mon frère l'abbé veut récompenser un valet ou payer quelqu'un, il l'envoie témoin d'un acte, et lui fait payer

s lai donaerii nul rtplt Mut quM « ' ■

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ce voyage plusqu'ua voyage ne vaudrait à un valet de pied du Roi'; les sergents qu'il emploie dans les affaires de madame de La Boulaye ne se payent qu'en commission contre moi, et mes dépens ji Paris défrayent son huguenot Girard.

Nouvellement il s'est pris aussi à faire payer sa dernière pension ; il envoya de Tournus en Bourgogne un buissier général pour faire un simple commandement de payer, bien qu'il eût son procureur résidant sur les lieux, et il suffisait de lui mander de se servird'nn huissier du pays.

Au premier commandement mes gens payèrent, non en rescriptions sur des fermiers comme ils n'étaient tenus qu'A cela, mais en argent comptant, et pour le voyage de l'huissier ils le refusèrent : 1* je ne dois que la pension et non pas la réquisition de la pension ; 2* dots-jepayerim huissier venu du bout du royaume pour me vexer, en pouvant prendre dans la ville même, où tous les jours on s'en sert contre moi, ou tout au plus dans la prochaine? Mes gens donc refusent d'eux-mêmes, n'osant, en mon absence, donner mon bien. Voil& mon frère l'abbé ravi: procès au grand conseil; il m'annonce que je serai heureux si j'en suis quitte à 2,000 francs; en effet, je suis condamné, et il est sûr par l'état où je suis et par les autres raisons susdites que je perdrai tous mes procès h Paris, Quiconque ne m'en fait pas sur tout ce qu'il voudra me fait grâce, comme il est sûr que je les gagne tous è Dijon et à Toulouse ; en récompense, avant ma disgrâce je n'avais presque point de procès, je n'en perdis point à Paris et j'en perdis en province. Non-seulement le grand conseil me condamne au voyage inutile de cet huissier étranger qu'il devait punir, mais luiadjuge 1,000 écus de Tournus à Agde, cet acte de commandement est cher, et le reste en frais de chicane. Ce même homme, qui se trouve bien de têts voyages, reçoit nouvel ordre de mon frère l'abbé de revenir à Villefranche, et comme s'il n'y avait nonseulement nul huissier, mats nuls témoins à six vingts lieues à la ronde, mon frère l'abbé envoie deux chaudronniers, c'est la qualité que les témoins prennent dans leurs actes, et ils se font donner encore 330 liv. Ainsi voilà 650 liv. et les frais de justice de pure vexation, très-punissable, et où il y aurait eu un écu de frais contre tout autre; que je m'en plaigne au grand conseil, il m'en coûtera 1,000 francs en nouvelles condamnaUons, en voyages et exécutoires,

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et se^ents et témoins : ainsi, si ces chaudronmers m'eussent demandé davantage i)s l'auraient eu, je leur aurais donné jusqu'à ood dernier sol, car, quand ils m'eussent mis à la rue, le grand conseil m'aurait encore condamné assurément aux dépens de m'y avoir charitableinent mis; cela se passe le 17 octobre J669 à Villefranche.

Or cela n'est rien, ces 700 francs ne sont que pour un acte. Villefranche est à une lieue et demie de Sorrëze ; si mon frère l'abbé y eul affaire, il fallait du moins y envoyer te même huissier général et les deux témoins chaudronniers, puisqu'ils venaient de si loin; il s'en gardera bien : de mf me temps il fait partir un huissier deChalonqui se qualifie premier huissier audiencier, pour faire payer sa qualité, avec un laquais à récompenser pour témoia et quelque autre et ses satellites ; et ont donné le 12 d'octobre et jours suivants 20 à 90 assignations différentes, à Paris, sous prétexte de Noaillé, avee des violences, des insolences et des intimidations aux fermiers, qui passent l'imagination ; à peu près autant à Agde, de de même à Vézelay, de même à Ham Chacune de ces assignations, dont il y en a environ SO à juger entre les mains de son huguenot, fait un procès différent, comme mon frère l'abbé l'a déjà pratiquée Agde, puis une taxe séparée contre moi, ou le fermier poursuivi séparément, puis cette taxe produit un autre voyage exprès du plus loin qui se peut, puis les frais de l'rxécutoire recommencent ce funeste cercle, et au bout etaprès ton) il reste une saisie générale, et je ne trouve plus de fermiers qu'à peine, depuis cette étrange guerre, qui de leur cAté font les frais qu'il leur platt. Encore si les ordres de ces gens se terminaient à l'argent en quittance, mon bien (car aussi bien l'on me le consumerait tout de même en frais de justicci sous le prétexte de baux communs), la moitié ou le tiers que je demanderais en justice et en vivant des aumônes de quel< ques-uns de mes confrères qui m'en donneraient, j'en serais quitte ; mais la commission des salelliles de mon frère l'abbé est bien plus intolérable, et en vérité inouïe. Si j'eusse rien refusé à cet huissier général, son ordre et sa procuratiou de mon frère l'abbé, que j'ai en original, étaient: contraindre messire, etc., évoque d'Agde, etc., si l'on ne les veut payer on s'il trouve des effets qu'il puisse vendre jusqu'à concurrence, etc.; mon frère l'abbé a menacé de même à révêché. Mais, comme maintenant tous ces exécutoires sont jugés comme il a voulu, ce sera pour le premier, de sorte que si je n'avais

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pas eu, comme par bonheur j'avais, cette somme, j'élais à l'hftpital, chose assez rare de frère à frère, et d'uo tonsuré à un évèque. Ce ne sont pas tous mes maux que ces vols iosolenls du bien des églises et des pauvres; ni l'humeur de mon frère l'abbé, ni ses associés qui haïssent et qui craignent l'Eglise et sa discipline ne s'en tiennent pas à m'ôter le moyen d'entretenir mes séminaires, mes pauvres, et les corrections juridiques des clercs (ce qui par le malheur des appels comme d'abus ne se fait point sans grands frais) et les poursuites des criminels en mes terres; ils me consument tout mon temps destiné à la prière et à l'étude en écritures inutiles et en lettres que souvent ils prennent, ouvrent, retardent comme il leur plaît, et eu soins de me défendre des autres procès qu'ils me suscitent, et appuient avec une application prodigieuse, tant pour me décrier et ruiner que pour cacher, embarrasser et m'ôter les moyens de poursuivre leurs propres oppressions; et j'avoue que quand, il y a plus d'un an, je demandai au Roi d'aller servir les pestiférés de mou abbaye de Ham ', ce qu'un homme puissant à la cour blâma, et quand j'ai prié maintenant M. le maréchal de Bellefonds, dès que je sus son dessein et notre malheur, de me procurer l'agrément de la cour d'aller avec lui en C»ndie * pour y servir de mon ministère, selon qu'en toutes les croisades il y a eu des évèques, ce n'était pas le seul éloignemeot de mon église que j'aurais préféré à ces désirs qui me causaient ces desseins où je pouvais n'être pas tout è fait inutile à l'Église, l'étant à la mienne, mais, en vérité, l'enuuide tant de maux y avaitquelque part obscure dans mon cœur, et c'est plutôt accablement que courage, et amour de repos qu'inquiétude, qui pourrait pourtant fiire autrement nommée sans disgrâce; peut-ôtre que ma vie y eût été plus en sûreté qu'en exil, car, outre que mon frère l'abbé m'a déclaré â Auxerre que j'avais couru beaucoup plus de risque dans mes démêlés avec lui que je n'avais cru, me faisant entendre quels risques, c'est que depuis quinze jours un cordonnier, voisin que je n'avais point oCTensé, ni de paroles ni d'effet, me voulut assassiner la nuit, ou du moins tira sur moi dvec de très-mauvais indices; Dieu me garde d'en accuser mon frère l'abbé, même de l'en soupçonner;

1. Au mois de Jaillet 1668, une épidémie ineurtrlËrc ravage» toute la Picardie, et l'on eot nn inïlantdcs crainCro férieucs poor Pwis.

3, Le aecours donné aui astiégéa, i CaudJe, n'avaii pas réuaai, at le Roi avait été obligé de rappeler aes troupes; ainsi l'évSque ne cnurait pu de risque en faiunt cette proposition.

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mais comme je n'en ai point voulu de poursuites, qu'il s'est sauvé et caché; et la ville et la justice seules le poursuivant contre ma prière et mon intention, après avoir vu les coups qui ont brisé mes fenêtres, à minuit, s'étaut relevé du lit et porté des fusils étrangers du bas de sa boutique oii ils étaient au faite du logis <, après quelques discours des méchants desseius peu de jours auparavant, je o'ai formé nul jugement quel qu'il soit, mais aussi je n'ignore pas ce que peut ou pourrait une haine connue dans un homme qui ne s'est signalé qu'à persécuter le monde, une morale homicide et détestable dans ses associés, et la rage des huguenots du voisinage (dont j'ai reçu à abjuration une trentaine, j'ai bien servi ici contre eux nos catholiques voisins), de ceux de Vézelay et de tous les lieux conlrr moi, que dans l'assemblée du clergé, l'année 1660, où j'étais commissaire contre eux, je poussai fortement; me voyant donc pressé de tant de maux, et exposé aux extrCmes, à la faim, à l'opprobre, et peut-être à la mort ; ayant prié les personnes qui pouvaient ou devaient faire toutes choses pour étouffer la persécution de mon frère l'abbé, ou du moins la contenir sourdement, en famille, les unes sans réponse, les autres y connivant, je me vois contraint à regret de recourir pour jamais aux derniers remèdes, et conser^ vant pour lui toute la charité chrétienne dans mon cœur, le regarder et me précautionner de lui et de ceux qu'il a associés à sa conduite contre moi, comme du plus dangereux ennemi du monde; et c'est ce qui me fait oser enfin très-humblement supplier le clei^é, par l'intérêt de notre ordre si mal traité, et le conseil du Roi, comme protecteur des églises et des ecclésiastiques, d'intercéder à son trône pour m'obtenir les choses suivantes, toutes pleines d'équiLé et que je ne puis omettre de demander sans prévarication : 1* Je ne demanderai rien pour ma sArelé personnelle, bien que l'état où je suis m'oblige d'y veiller avec prudence et sans crainte, car la providence divine en disposera selon son bon plaisir; mais que pour l'honneur de mon caractère il plaise à S. M. de défendre àmonfrèreTabbéde me continuer, pour quelque cause que ce soit, des insultes inouïes avant lui aux évêques, qui est d'attenter à mes meubles en quelqu'une de mes maisons ou de ma résidence qu'ils soient, et lui ordonner de renvoyer à l'abbaye de Vézelay ceux qu'il en a enlevés et volés avec les dommages. Cette entreprise est si honteuse que je rougis de m'en plaindre, car enfin, eslril tolérable

1. B C'est on cardonnier k qui mon TrËre deiail dei Kulieni, répond l'âbbé. s

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que si je n'ai pas d'argent, à sa moindre chicaae, il an'enverra couchera l'hôpital? Nul siècle ni nul pays catholique n'a vu encore ce traitement à des évèqoes, et des évëques ont eu et ont tous les jours des dettes; j'ai payé les miennes et je ne dois pas être plus mal traité par un frère demi-clerc' que mes confrères par les étrangers lorsque, par impuissance ou par de grandes dépenses, ils n'acquittent point les leurs; et cela est assurément indigne et de notre religion, et de notre nation, j'ajoute encore du règne de S. M., que les évoques y soient ainsi outragés, car le moindre év6que n'est pas si peu considérable que ce grand et divin caractère ne manifeste à toute l'Europe les traitements estraordinaires qu'ils reçoivent. Les grands jours punissent du dernier supplice, comme concussions palliées, ces voies du seigneur au vassal, du juge au justiciable et du sergent à l'exploité, et un évèque absent et disgracié sera pïUé eo tout son bien, en tous ses meubles (car je n'en ai presque plus, mon frère m'en ayant pris une partie, s'en étant vendu à soi-même une autre, et moi ayant été contraint de vendre et vaisselle et meubles pour parer un peu à ses violences], sous prétexte de voyages faits exprès de 150 lieues, et quelquefois de six différents hommes à la fois, qui se promèneront un mois durant, comme maintenant, et de centaines d'écus pour quinze jours, qui vont d'abord aux lieux oi!i je ne suis pas ni personne pour payer, et où ils savent qu'il y a d'autres saisies qu'on m'attire, ou point d'argent, pour mettre tout au pillage de leur part, à l'abandon du mien, et en chaos pour l'Église, BOUS prétexte que c'est le cours de la justice, oui, mais entre ceux qui sur les lieux doivent y remédier, et peuvent payer d'abord sans ces voyages ; le Roi, établissant les dépens entre parents, n'a pas voulu que le code fat la meilleure abbaye de mon frère l'abbé, et que mon bien lui tint lieu de ses finances passées, et que ma personne fût le champ de bataille de son humeur guerrière, et qui a faitinsulte ou pièce à tous les honnêtes gens de la cour tant qu'il a pu, réunissant maintenant contre moi seul tout son savoir-faire et sa longue expérience, d'ailleurs bien secourue; l'honneur de l'Église et l'obligation en laquelle je suis de défendre son bien, mon repos et ma sfireté m'obligent par force et à regret de recourir aux remèdes les plus efficaces, tout état me valant mieux qu'être toujours occupé, et inutilement, contre un fi'ère si injuste et si cruel, versé

1. On TfliTft plai loin que l'abbé Poucquet o'âtaJt pu ordonné prêtre «t qu'il atiit «ealeccent reça U lonture, c'cwUi-dire une prépirUiaa aux ordre».

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depuis loDglemps dans l'art de fatiguer le monde par toutes voies. et en qui l'intérêt, la haine, le loisir et la politique de plaire à us corps puissant, et d'en fitre servi, ont ramassé toute sa vaste capacité en ce genre contre moi, mise en œuvre en détail par un trèshabile huguenot qui, ayant été longtemps baigneur et perraqiûer, trouve mieux maintenant son compte à me plaider et à partager les fréquents exécutoires, en exécutions notables, voyages surtaxes saisies, entre lui et mon frère l'abbé et ses grands valets, ce qui leur sert d'enlt'L'lien et de récompense.

S° Qu'il jtlaise à S. M., attendu que je n'ai pu et n'ai voulu, eo l'état des chuses, nm défendre de loin dans le procès de la pension sur Agde, et que nn^me, ayant recouru à elle pour daigner en faire connaître, quelqncs-uns de mes parents, par un prétendu intérêt de famille, en pressèrent le jugement et la perte, donner elle-même des commissaires ecclésiastiques qui lui fassent rapport si je dois payer une pension établie par Fraude manifeste, et quand elle ne serait point frauduleuse, si le bien de l'Église ne veut pas que S. M. l'applique, par esemple, à la guerre sainte', mon frère en ajaot usé pour me persécuter, et d'ailleurs ayant renoncé à sa pn>fessi(»i depuis plus de vingt ans, par port d'armes et par désertion de toute apparence cléricale, bien que ses abbayes et ses bulles l'aient obligé, à peine de les perdre, à être prêtre, loi qu'on ne devrait pas négliger, et un bénéficier du chapitre de Saint-Martin de Tours, à résider depuis Irente-cinq ou quarante ans qu'il le possède, ce qu'il n'a jamais fait, et ce que je ne dis point en ennemi, Dieu m'en est témoin, mais en êvèque qui aime et l'Ëglise qui me nourrit et un frère qui me persécute et se blesse lui même.

3" Si toutefois, par un excès <le bonté, S. H. veut que mon frère l'abbé, n'étant plus ni clerc (car, outre que mon seul procès lui a fait chercher et renouvelerdes lettres de tonsure expédiées enl667, signées Petit, c'est que la tonsure n'étant point un ordre mais une offre à l'Église; qui relire son offrande doit eo perdre le privilège), ni chevalier de Malte, ni soldat servant l'Église ou la pouvant servir et l'État, que toutefois il jouisse de si immenses biens ecclésiastiques, comme les pensions sur les bénéfices à charge d'ftmes ne doivent point excéder le tiers, celle-là y soit réduite.

Or Agde ne vaut d'affermé que près de iO,000 écus, les charges

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parcommane année en ôtent 5 à 6,000 francs, restent 24,000; le tiers de 24 est 8, sur qtioi il y a 2,000 liv. de pension ancienne k M. l'abbé de la Victoire, qui la lève avec une extrême modération et honnêteté, aussi bien que M. l'abbé de Castelan celle de 3,300 Trancs qu'il a sur Ham ; reste donc 6,000, dont ayant acheté S,000 friincs, je n'en dois plus porter que 4,000, mais si elle est attribuée à la Candie j'en payerai tout ce qu'il en plaira à S. M. , et s'il avait à restituer ce qu'il a pris ce recours sérail assez considérable.

4* Qu'il plaise à la bonté et à la justice de S. M. , quelque portion qu elle accorde à mon frère l'abbé, si elle ne la veut pour Candie, de lui faire ordonner qu'il en iisera comme tous les autres pensionnaires de la chrétienté, se contentant de rescriptions sur des fermiers qui doivent, ou d'argent comptant sur le lieu, le jour de la réquisition par acte [afin de n'en point supporter de verbale), sans que je sois tenu ni à voyages ni à frais d'huissiers, et même, ce qui serait juste en l'état des choses, surtout que j'assigne certaines fermes que mon frère l'albé affermera et gouvernera à sa mode, n'étant pas juste que je sois son receveur et fermier, et qu'il soit toujours payé à l'avance.

5*Qu'en exécution âa contrat passé avec S. M. par notre assemblée mon frère l'abbé paye le cinquième de sa pension, pour taxe, sans autre discussion qui donne lieu à des procès nouveaux et que l'assemblée a sagement exclus, soit pour favoriser les titulaires qui ont toute la peine, soit pour empêcher les frais de tout autre pied de taxe, et qu'ainsi il .restitue 'ou précompte ce cinquième pour une année de ce qu'il a levé, qui sont 2,000 francs; le grand conseil n'ayant nul droit d'innover rien à nos contrats avec S. M., surtout eu donnant une ouverture qui serait si féconde en procès, et cette entreprise étant une grave infraction aux droits de l'Église, à l'honneur dû an contrat de S. H. et aux assemblées du clergé.

6' Attendu que j'ai été pourvu de Noaillé par le Roi, et que partant mon frère l'abbé a cessé d'en être abbé commendataire ', ce qui ne regarde que les fruits, depuis que le Roi a admis sa résignation en ma faveur, je sois dispensé de compterdes fruits depuis mon brevvt, qui appartiendraient plutôt au Roi qui a dépossédé mon frère l'abbé de cette abbaye qu'à lui, mais qui apparUennent

1. L'ibbe litalkire était pourra en titre dn MnéBce; Il Jooltsait des bonnaon M dn tcnno ; le coau)Mnd*t*lra proBtait aenlement des Trulu, et taat qD'il était en

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sa FoucQUEr.

icetoi qu'il en a rerfitu, bien que le parlement de Pari* en ait

autrement jugé.

Or, de cet arrêt qui fait un droit nouveau et inconnu contre les (droits du Roi même, par les intrigues de mon frère l'abbé, que je puis convaincre avoir ofTert à des présidents au mortier mes abbayes, comme me devant pousser et me réduire à les quitter k son ^ré, à Force d« vexations, et de l'arrêt du grand conseil qui le dispea&e de sa taxe du cinquième de sa pension contre le contrat du clei^, et de celui qui m'oblige à payer les voyages d'un huissier à Àgde pour requérir sa pension, qui fut payée dans le moment, et qui le taxe à 100 écus pour l'huissier seul, on peut voir quelle justice je dois attendre de Paris dans ma disgrâce, dans mon éloignement, ayant les jésuites pour agents et mon frère l'abbé qui sèment mille bruits et mille intrigues avant les jugements, et Gbarenton pour solliciteur passionné contre moi ; aussi je supplie MM. les agents généraux du clergé de vouloir demander au conseil de S. M. une évocatioa à Toulouse, à Grenoble ou à Bordeaux, dont je suis moins éloigné que des autres cours, et le demandeur devant m'attaquer devant les juges naturels du défendeur, d'Eiiileurs mon frère n'ayant point de vrui privilège de committimus ', et outre cela nous ayant trop de parents aux cours de Paris qu'il sait ménager et engager contre moi par des voies et des moyens que je ne dois ni ne veux divulgoer.

7* Que quand, nonobstant l'intérêt du Roi et la justice évidente de ma cause, l'on voudrait que je comptasse des fruits de mon abbaye de Noaillé, comme mon frère'l'abbé Aété dix ans sans m'y préparer, que le sienr Cbocls son secrétaire, à qui il me fit sobdéléguer ma procuration, a tout géré, que je ne puis d'ici obliger le dit sieur Ghoels à compter et à me rendre les papiers sur lesquels il m'a fait donner une quittance de 10,000 livres, ni recouvrer les preuves des décimes payés, des réparations, descbai^esdel'abbaye acquittées, que je n'ai jamnis été sur les lieux, et n'avais jamais parlé aux fermiers, ce secrétaire de mon frère l'abbé faisant tout cela, escompte soit différé, par ordreduRoî, jusqu'à ce que j'aie liberté d'aller sur les lieux, que mes lettres d'Ëtat * tiennent à cet é^ard sans saisies de mon frère l'abbé, ou qu'en toute extrémité, ce qui

1. C'étaii le privilège de pUider aui reqafltea du pal^i ou de PhCtel, c'm IPirii.

3. C'étaient des leltrci contre-sigDéeB d'an «ecréialre d'Aut, par leiqulle» le tto( ordoaakit df aarawilr, pendant an tempi détarmlné, k tantM paarenitei en meUAre Civile.

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POUCQUBT. S8

n'est pas ménie tolérable en l'état des choses, je fasse ce compte selon le code Louis, devant an juge du lieu où jesnia, et non devant nn conseiller du Parlcmentde Paris, oiljenepuisètre en personne, et D& j'ai un si fort parti contre moi.

Et ce qui marque d'une manière surprenante comme je ne dois pas attendre de justice maiulenant à Paris, c'est qae, pour avoir différé un mois de rendre ce compte impossible, mon frère l'abbé ayant e^osé une quittance de 10,000 francs de moi aux fermiers qui est la seule somme que j'nie reçue (en papiers pourtant] que son secrétaire réduit à cette quittance pour ces fermiers qui la voulaient ainsi générale, le parlement a adjugé 10,000 francs à mon frère l'ahbé, comme si ce n'était pas mon bien, comme si cette abbaye était sans décimes, sans charges, sans réparations et sans tnis, comme si un bien qui avait été reconnu lors à moi, maintenant qu'il y a seiie ou dix-sept ans, eût changé de nature, mon frère l'abbé changeant de finances, et, pour mon tort de n'avoir pas obéi à cette cour, elle me condamne aux frais et k l'amende sans voir mes comptes impossibles à rendre, ce qui est évident ; certes, on pourrait dire qu'élre évoque et être exilé sont de grands obstacles k avoir justice quand on est loin des juges ordinaires, en un pays d'intrigne et de crédit; aussi ai-je attendu l'extrémité avant que de me résoudre de m'en plaindre au Roi et à son conseil, et d'en donner part au clergé et d'implorer son appui.

8* Et ce qui certes ne se peut refuser au moindre homme qui serait exilé d'autorité que, puisque je ne puis être sur les lieux lorsqneje soie condamné (ce qui est immanquable par les raisons susdites et par les exemples allégués), ni avoir avis sitdt des taxes des dépens que l'on fait faire comme l'on veut en corrompant un procureur, comme souvent les deux mêmes, pour les pièces, et qnll n'est pas juste que cette absence involontaire cause des saisies, des voyages, des exécutions, de nouveaux procès, et mille dommages par les parties et par les fermiers mêmes, ce qui ne peut manquer k une mauvaise volonté, si l'on ne veut m'accorder l'usage libre de mes lettres d'État contre tontes ces choses, qu'an moins il plaise au Roi d'ordonner que j'aurai trois mois, depuis la signature de la taxe, à faire tenir de l'argent, soit à mon frère l'abbé en son domicile élu, soità mes autres parties, presque toutes soulevées par lui et par ses associés susdits, j'aurai assez de peine à le recouvrer. Si j'aviis des maisons de 100,000 écus dans Paris, et des maisons

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84 FOUCQUËT.

de grand prix de plaisance dans le voisinage, comme mon frère l 'abbé, que j'eusse plus de 400,000 francs de celle survivance qu'il m'avait enlevée, et tout ce bien, par la force de la vexation, comme il traite maintenanl le bien de l'Église, je pourrais aisément avoir et faire tenir de l'argent ù Paris; mais n'ayant jamais fait aucune affaire avec nul financier, par honneur et par conscience, et ayant consommé ma vaisselle et mon bienft me défendre contre ses menaces, il n'est pas juste qu'il me réduise à l'impossible et que le bien de l'Église soit aussi sa proie, et la personne d'un évëque le jouet des officiers de justice qui mellent leur élévation dans l'avilissemenl de notre digoîté, qui est pourtant la première de l'Ëglise, et la première du premier ordre de TEtat. ^

9* Et qu'il soit défendu à mon frère l'abbé et à tous autres d'envoyer des buissiers de loin, des témoins de loin, des saisies en plus d'un lieu, k peine de ce qui plaira à S. M.; et je prie très-bumblement MM. les ageuts généraux du clergé de solliciter au conseil que les frais et les dommages de quatre ou cinq voyages faits ainsi me soient restitués, et que la liquidation en soit faite par-devant un commissaire à ce député par le Roi.

10" Et qu'ainsi, pour.mes meubles, ils me soient tous restitués en l'état qu'ils étaient, et s'il y a du dommage qu'il soit réparé, et défense de plus commettre une telle insolence, dont l'iatroduclion est due à M. l'abbé Foucquel contre les évêques.

Que si l'on trouve ce mémoire long et les demandes multipliées, il m'est aisé de faire voir que je supprime la moitié de mes jusies plaintes et quelques-unes des plus inconcevables, et que pour être affiigé de toutes sortes de persécutions il suffit d'avoir mon frère l'abbé et les jésuites pour ennemis, et un célèbre huguenot pour le promoteur général à gages de leurs persécutions concertées, surtout étant évèque, et ne pouvant espérer ni repos, ni subsistance, ni sûreté sans le bras tout-puissant du Hoi ; il est vrai que leur inimitié honore aulant mon caractère qu'elle oppresse ma penonae, mais pourUnt, comme disent les Canons, affticio non est iMda afflictio, et chacun concourt à m'en donner. . (B, I.)

nE LOUVOIS A N. DE SAIRT-HARS.

Avril leTO.

Monsieur, j'ai reçu avec votre lettre du 20 de ce mois le mémoire

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FOUCQUBT. M

delà dépense de votre second prisonnier', des deux valels de M. Poucqaet et du sienr de Va)croissant. Ceux qui tous ont codsallé de dresser votre mémoire en la [forme qu'il est n'ont pas biea fait, et il est si haut que je n'ai osé en parler au Roi ; ce qui se fait à la Bastille n'est pas un exemple pour Pignerol; je vous le renvoie afla que vous m'en adressiez un autre qui contienne à peu près la dépense que ces gens-là ont faite, et au mâmc temps que je proposerai au Roi votre remboursemeot je m'emploierai auprès de S. H. pour vous faire avoir par gratification quelque chose au delà. . (A. G.)

Le même au même.

Aa CBtein-Cambrteis, ce 0 mal lOTO.

Monsieur, j'ai reçu votre lettre du 2G du mois passé, par laquelle j'ai été informé de la condamnation qui a été rendue contre le sieur de Valcroissant*. Je mande au sieur de Loyauté^ de l'envoyer h Marseille et d'écrire à H. AmouM qu'il ait soin d'empêcher qu'il oc se sauve; maïs il faudra que, pour le conduire, vous fournissiez audit sieur de Loyauté un des plus sages officiers^ de votre compagnie, avec un sergent et dix soldats, dont je lui mande de payer la dépense. (A. I.)

Le même au même.

A Saint-Germkln, Iti 30 Juin 1070.

Monsieur, vos lettres des 17 et 20 du mois passé m'ont été rendues; je suis bien aise de voir qu'il ne se. passe rien de nouveau touchant vos prisonniers, mais îl ne faut pas se relâcher d'aucune précaution ; le Roi trouve bon que vous fassiez babiller d'été H. Foucquet*, et que vous lui donniez & lire les livres qui vous

1, BuiUcliB Diager, conduit de Dunkerqae à Pignerol au mois de Jaitlet lâSB.

I. VBlcroiuftDt, iTCC QDiincien écu;erdeFaucquet, nommé Laforesr, dtkIi gagné de* «oldau de la garniion. Laforeit Tnl peada et Valeroisssnt condamnii i cinq an* da galërei. ■ Celui-ci était un bon gentilliomme et proprii am galèns, dit madame de Sérigné, comme à prendra la lune avec lea dents. ■ Tout le monde intercéda pour lai, ta peine fut bienlAi commnte; en 1071 il était déji libre, ot LooTois, qui avait ordonné la condamnation, remploya plus lard comme Inapecteur.

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