H. DE SAINT-MARS A LOUVOIS
Monseigneur, je uesais quevons dire de M. deLauzan; quoiqu'il me paraisse parrois 6tre devenu dévot, dans d'autres temps il me montre n'être rien moins que cela. D'avant-hier il me dit : Oserais-je prendre la liberté de vons demander comment se porte le Eoi ? Je lui répondis que, grftces au bon Dieu, il se portait bien. Pouvez-vous, me dit-il, me dire quand il part pour la campagne? Je lui dis que je n'en savais rien et qu'il ne venait aucune nouvelle en ce pays, et que l'homme le moins curieux de nouvelles c'était moi. Jti m'en aperçois bien, me dit-il, et vous n'en serez pas longtemps importuné par moi ; vous me traitez avec tant de rigueur que vous aurez contentement devant qu'il soit peu ; je n'ai pas la force de supporter une cruauté et dureté semblables à la v6tre ; vous me mettez tous les jours dans un désespoir qui n'est pas croyable, de ne vouloir pas dire la moindre petite chose du monde, de ce qui ne regarde ni moi ni mes affaires ; cela est inouï, à moins que vous n'en ayez un exprès commandement. Quoi qu'il dise et qu'il fasse, il n'en saura de sa vie par moi, à moins que vous n'ayez la bonté. Monseigneur, de me le commander; je le lûsserai dire tout ce qu'il voudra et m'en tiendrai rigidement au pîed de la lettre •.
M. Foucquet vit à présent avec tani de quiétude qa'il ne me donne d'autres peines que pour lui donner toutes ses nécessités. Je continuerai mes soins à les garder avec tant d'exactitude et de rigilitnce que je m'assure que vous aurez la bonté de les approuver. (A. G.) A Pignerol, ce 33 man 1673.
1. (I Vous ponvei lui dire, répond LcRmii,qae SaHRjesUa donod le goavenMment générsl dn Berry fc H. le princo de HanlUac, et la charge de caphafm itt gardes dn corpt A H. de Dura«. ■>
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Le même au mente.
Monseigneur, depuis qu'il tous a plu me commander de voir souvent M. le comte de Lauzun, il ne m'a dit aucune chose qui mérite tous 6tre mandée ; il est dans un abattement le plus gmnd du monde depuis le carâme, et je doute Tort qu'il puisse continuer de le faire comme il fait jusqu'à P&ques. Lorsque je Viiis lui rendre visite, notre entretien est tellement sec et stérile que nous faisons souvent cent tours de chambre sans nous dire l'un l'autre aucun mot; ÎI ne veut pas que je lui parle de sa santé ni du beau temps qu'il fait ; il dit que je l'ai mis dans un lieu où il n'a point ru encore ni lune ni soleil, et que pour sa santé, elle est inutile à tout le monde, et qu'il ne se portera toujours que trop bien. II voudrait des nouvelles de dessus le Pont-Neuf, de la basse-cour, du Vaudeville, car pour de ses affaires il n'en espère point et n'en vent rien apprendre que par vous. Je lui ai répondu que ce n'était que par ce canal qu'il en saurait, que je ne lui en dirais de ma vie aucunes, ni grandes ni petites, sans vos commandements. * Soyez aussi ferme là-^lessus, m'a-t-il dit, que je le serai it ne vous en point demander. » Je lui obéirai en cela de tout mon coetir. (A. 0.)
A Pigneml, ce 30 mtn 1671.
Le mime au même.
Monseigneur, je ne puis qui: tous mander de M. de Lauztm si ce n'est qu'il est devenu un peu plus doux qu'il n'était lorsqu'il est arrivé ici; il me semble qu'il se loume du c6té de la dévotion et qu'il veut prendre son mal en patience ; le jeûne fort austère qu'il fait continuellement, quoique beaucoup incommodé de fortes fluxions, me ^t préjuger qu'il déaire combattre ses passions et se tourner tout en Dieu et en dévotion. Quand je lui en parle, il veut me faire connaître qu'il n'est rien moins que cela et qu'il prendrait tout autre parti que celui-là, sans le lieu et l'état oîi il esl ; il ne demande à Dieu, à ce qu'il dit, autre grâce, que la tête ne lui tourne point, et qu'il puisse conserver son bon sens afin de ne point faire d'incartade pour se faire moquer de lui; il est résolu de se pass«r de tout et de ne me demander de savoir aucunes nouvelles de quelque nature qu'elles puissent être, ni pas môme me prier d'é*
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crlre à la cour quoi que ce soit pour lui, de crainte de doonersujet
aux gens de rire de ses faiblesses et demandes.
Pour M. Foucquet, il est toujours dans la même tranquillité que j'ai eu l'honneur de vous mander; il se porte fort bien, quoiqu'il jeûne bien exactement. J'aurai l'avantage, Monseigneur, de vous mander fort pODCtuellement toutes les semaines tout ce qui viendra à ma connaissance de r,e que tait et dit («te) mes prisonniers; je vous rendrai aussi bon compte de leurs personnes que de leurs artions. (A. G.)
A Pignerol, ce S avril 16T3.
LOnVOIS A H, D8 SAIHT-IUBS.
A Salnt-CenuftlQ, le 11 avril ISTI.
Monsieur, votre letb% du 30* de ce mois passé m'a été rendue; je n'ai rien à répondre sur ce qu'elle contient, mais je dois vons dire que, comme le Roi partira le premier jour pour aller en caotpagne <, je laisserai des ordres ici pour que l'on vous envoie le fonds de subsistance de votre compagnie et de vos prisonoiers, de deux mois en deux mois et par avance; ainsi vous ne manquerez de rien; il suffira pendant ce temps-l& que vous m'écriviez tous les mois une grande lettre par laquelle vous me manderez ce qui se sera passé dans vos prisons , sans me donner plus souvent de vos nouvelles, à moins qu'il n'arriv&t quelque chose de considérable. (A. I.)
H. DB SAIIfT-HABS A LOtTVOIS.
Monseigneur, depuis que j'ai dit à M. de Lauzun que le Roi avait donné ses charges, je l'ai trouvé si tellement triste que personne ne le peut être davantage; il se néglige tellement qu'il y a près de trois semaines qu'il porte un mouchoir cordelé autour de son cou en façon de cravate. Pour moi, je le crois dans le dernier désespoir, et si cela continue, j'appréhende qu'il ne se fasse mourir; il ne s'est point confessé à Pâques, ni ne veut en entendre parler, quoique je lui aie dit qu'il y a excommunication pour tous ceux qui ne font pas leurs bons jours * dans la huitaine. Un valet fait la même chose touchant cela, et c'est un méchant garçon qui
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s'est laissé déjà gagner à M. de Lauzan. Je ne penz tronver encore personne qui voulût s'enfermer avec lui ; quand il s'en présentera quelqu'un qui soit comme il faut, je lui donnerai pour second valet, ainsi qu'il vous a plu, Monseigneur, de me commander. Je TOUS supplierù très-humblement d'avoir la bonté de tous souvenir de mes cadets pour leur donner des lieutenauces d'infanterie ainsi que vous avez eu la générosité de m'en faire espérer. (A. G.) A Pigoerol, ce 30 aTiil leTS.
JOURNAL d'un COMIIIS DO GHBFrlEH GAUDIOIf.
D« Parti, le 3Ï STril 1673.
H. Languet, procureur général du parlement de Boui^ogne, sortit mercredi du Ch&telet où il avait demeuré quatre ans pour n'avoir pas voulu payer au Roi les sommes auxquelles it avait été taxé par la chambre de justice; S. M. l'a remis en ses biens et sa charge. (B. I.)
H. DE CHÉQUI A COLBERT.
Une de mes principales afTaires était de vous rendre mes devoirs, mais les circonstances d'une méchante fortune à laquelle je ne m'attendais pas ' m'ont empêché de vous aller entretenir de, mes aventures, qui se sont malheureusement tournées en un exil à Marines dans le temps que S. H. marche vers la frontière. Je n'ai pas besoin de vous dire, Monsieur, que j'ai une douleur bien vive de n'avoir pu me conformer à une ordonnance qui pouvait avec peu de cliangement mettre toutes choses dans les règles, et quand je songe qu'une chose de celte qualité m'a détaché du service du Roi, je suis inconsolable; j'espère toujours que S. M., qui a connu le fond de mon cœur, aura la bonté de me tirer du malheureux état où je suis, et J'ose croire que vous ne me dénierez pas vos suffrages, puisque je suis, etc.
P. S. J'ai appris depuis peu que Languet a été élargi de prison, quoiqu'il fût détenu pour plusieurs petites choses que j'ai à prétendre contre lui et dont ses associés aux mêmes affaires sont déjà
1. Au momeiit de iiuiir ponr !• «unptjiDe de Bolbmde, le Roi aiilt déclaré qac 1m marfcliftDx de France obéirtîent 11 Turenne, maréchal géùén]. Sar laur rafni, le Roi lea exila. > U. de CrdquI e«t alla à la umpagno pbnier dna choax, dit madame de Mvigné. a
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lae FOUCQUET.
sortis. Obligez-maii.Monaieur, de me donner ce que M. Louis tous demandera pour terminer mon affaire pleine de justice et de raison, je vous en serais lout il l^it obligé. De HarioM, ce » atril 1«11.
H. DE SAINT-HARS A LOUTOIS.
Monseigneur, par celle qu'il vous a plu me faire l'bonneurde m'écrire le IS du courant, vous me commandez de ne tous plus donner des nouvelles de mes prisonniers qu'une fois le mois, i moins qu'il n'arrivAt quelque chose de considérable. Je vous obéirai toute ma vie, Monseigneur, avec tant d'exactitude et de soumission que j'espère que tous serez content de votre trës-bumble et trës-Qdèle créature. Depuis que H. de Lauznn est sous ma garde, je l'ai assez bien étudié pour le connaître , je crois qu'il me veut faire peur en ne me parlant jamais que de désespoir, et que de mettre une piompte fin à tous ses maux; je lui fais entendre autant que je puis que je ne suis pas chargé de l'empêcher de se faire du mal , que comme ce serait une chose trop malaisée à faire, attendu que tous les hommes sont maîtres de leur vie, malgré bon gré tout le monde, l'on les laisse sur leur bonne foi, ainsi que je - le laibserai faire tant et si longtemps qu'il sera sous ma garde. Il n'a point voulu se confesser à P&ques, quoique je lui aie dit qu'il y a excommunication pour tous ceux qui ne le feront pas; il s'en est moqué, disant qu'il ne lui pouvait arriver pire que la dureté avec laquelle il était gardé; son valet a voulu faire comme lui; je sais qu'ils s'entendent assez bien pour n'en litre point surpris. Je crois que la nouvelle que j'ai dite à M. de Lauzun la veille de Piques, qui est que le Roi avait donné ses deux charges, lui'a pu donner un mal de cœur assez amer pour l'empêcher de songer à f^re ses dévotions. Je le laisserai dans une grande tranquillité là-dessos, et ne m'alarmerai que de bonne sorte sur le désespoir dont il nu parle souvent.
Je ne vous puis rien dire, Monseigneur, touchant M. Foucquet; il esl autant tranquille que l'autre est furibond.
J'ai pris la liberté de vous demander pour lieutenant un sommé La Coste à la place de du Fresne , que vous avez eu la bonté de lui donner une compagnie dans le régiment de Picardie; comme vous
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ne m'aviez point fait l'honneur de me mander si vous l'agréeriez, je ne l'ai point fait venir; les trois qni me restent vont 6tre fatigués, d'autant qu'il y en a un des trois qui est presque toujours incommodé; il faut pour le guérir, à ce que disent les médecins, qu'il aille prendre les eani à six journées d'ici; il vous demande. Monseigneur, la permission pour s'y en nller pour nn mois, après que vous m'aurez fait la grflce de m'en envoyer no quatrième, ainsi que j'ai eu jusqnes à présent; ils me seront tous nécessaires dans trois mois, qui est la saison où l'on devient ici tous malades.
(A. G.) A PIgneral, ce 80 «vril 1073.
JOUHHÀL D'UNK PEBSORNB HE LA KAISOH DE KOTK.
M. Heurtaut', Béarnais, qui s'étaii donné à M. de (Auzun, a été surpris près de Pignerol avec des lettres écrites en chiffres; se voyant arrêté, il s'est ouvert les veines avec un bistouri qu'il avait en sa poche. (B. I.)
LODVOIS A H. DE SAIHT-1UBS,
An camp, Tl»4-vi> de l^iel, ce 17 nul 107S.
Monsieur, vos lettres des 20 et 30 du mois passé m'ont été rendues, sur lesquelles je vous dirai seulement que vous pouvez prendre le sieur de La Coste pour un de vos lieulenants, et permettre à celui qui est malade d'aller prendre des eaux si les médecins jugent que cela soit nécessaire pour le rétablissement de sa santé.
11 faut que vous envoyiez à M. de Sainl-Pouenges les noms des cadets de votre compagnie pour lesquels vous demandez des charges, et lorsqu'il en vaquera j'aurai soin d'en demander au Roi pour eux. (A. I.)
I. ■ C'était une manière d'homme eitraordfnalre, dit HademolBelle; od parla quelque temps de ta pertoaue qui l'avait envoyé; Je n'en fil» pai de ck>, ei Je aui* penaadée que H. du Lautuo ne l'eatiine pai plua qae mol; ]s crois qee u ^oire di'vrail être ble&»âB si le la nommai*. Alul Je ne donne uavealr de ce qu'elle a fait que pour en avoir de la bonté et de ta douleur pour H. de Lauinn. n
Cette penonne était mademoiselle de La Motte, retirée au couvent de Cbiillot, »piè« avoir fait de vaines tentailvea poar fiier le «sur du Roi. On prâlendait qu'elle avait ti6 la maliream de Laaiun, et Mulemolselin do Hontpeniler en était Jaloiup, comme on voit.
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FoncotTET, irtaoL d'agdb, a golbekt.
ËUnt venu faire un tour auprès de ma mère, par la permission que le Roi m'en accorda, il y a quelque temps , j'en rendis d'abord compte à la cour en la personne de M. le Tellier, qui me l'avail fait tenir, et comme il m'a répondu que (a Reine * désirait savoir le jour que je retournerais à Villefranche, et que je n'ignore pas les ordres publics que le Roi a laissés pour faire passer les affaires parvoB mains, j'ni cru. Monsieur, tous dtivoir dire aussi que ce sera domain, S" jour de juin; bien que je n'aie séjourné au delà du temps qui m'a été accordé, sans quelque petite incommodité et une promenade à Dornées, qui est de ce diocèse, je serais en chemin pour mon reldur. En m'approchant de Yart, je me flatlaîs de l'espémnce que M. d'Auxerre, dont la bienveillance console an peu mes malheurs, y serait et qu'il soulfrirait mes très-humbles devoirs. H'est-il permis encore, Monsieur, devons dire que si M. le Tellier avait donné le mCme ordre à qui dans le m£me état que moi, et en ayant eu les mêmes permissions, les attend des années entières pour courir agir contre moi, j'aurais été moins toui^ mente ; si l'adoucissemenl et le traitement avait été égal dans des caractères dilîérents, ou que l'on eût trouvé sa résistance propre à ma persécution, je n'aurais rien à dire. Hais, Monsieur, je vous importune au lieu de satisfaire uniquement à l'exactitude que je dois ; il est difficile de souffrir sans le dire A qui pourrait y remédier. (B. I.) A Honlini, CB 1" d« Juin 1071.
H. DE SAII(T>HA&S A LOttTOIS.
Monseigneur, j'ai reçu celle qu'il vous a plu m'boDOrer du camp près Ulrecht, le 6 du précédent mois, où vous me marquez avoir eu la boulé de donner la lettre que j'ai pris la liberté d'écrire aa Roi, et que S. M. vous a paru disposée à songer à m'établir. Comme étant l'ouvrage de vos mains , je ferai tout ce qu'il vous plaira, comme une créature tout k fait soumise à vos volontés. Je serai content si ma bonne fortune me peut faire trouver les moyens de
1. Pendant U campagne que Loali XIV était allé faire en Holtonde, il arait remli la régence k Ja Reine, et tont m TaiMit en son nom, quoiqu'elle n'eût aucone part
k l'admlniitration.
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PODCQUET. 133
TOUS iïiire paraître jasqa'à quel point est ma reconnaissance, et de poQToir périr ponr votre trës-bumble service. Je crois, Monseigneur, que le sieur de Cacbal, lieutenant de M. de Navailles, capitaine au régiment de Piémont, vous agréera pour servir à ce poste ici. Quand il sera arrivé, je le Terai recevoir pour mon lieutenant, ainsi que vous me le commandez, et me donnerai l'honneur de TOUS faire ressouvenir de mes cadets lorsque vous serez de retourà Paris,
Je vous rendrai compte. Monseigneur, de ce que mes prisonniers ont dit et fait depuis un mois que je n'ai eu l'avantage de vous écrire. Je commencerai par M. de Lanzun, qui se plaint incessamment d'être enfermé dans une basse voûte qui n'a ni air ni jour. Toutes ses plaintes, avec mille incommodités qu'il dit qu'il a, ne sont que ponr vous faire avoir pitié de lui; sacbambrea deux grandes croisées qui sont au soleil levant, mais il tient toujours ses fenêtres fermées et les rideaux tirés; à six heures du soir, qui est l'heure que je lui porte à souper, les chandelles sont déjà dans sa chambre, et tout y est fermé comme à minuit, avec un grand feu, de même que si l'on était en hiver. Sa chambre est la meilleure et la plus saine de tout le donjon. Un officier a toujours demeuré dedans et n'y a jamais été malade. Pour la rendre encore plus saine et moins humide je l'ai fait planchéier et j mettre un plafond de bois de noyer. Vous voyez bien. Monseigneur, que ce n'est pas le méchant lieu où il est qui le peut incommoder par l'humidité qu'il dit y recevoir, coais il le trouve plus mauvais pour s'y voir enfermé sans espérance d'aucun secours ; s'il était dans un moins bon que celui-^à, il est d'humeur à entreprendre et à risquer toutes choses pour venir h bout de ses desseins. Il a mis le feu à S8 cheminée , il y a douze jours; comme j'en connais la bonté, je ne fus point dans ses appartements aQn de lui faire connaître qu'il pourrait rfttir et être en cendres devant que de l'aller secourir ; j'envoyai dans les greniers pour prendre garde au Teu et lui laisser faire tout son ménage. Je vous ai mandé. Monseigneur, comme il ne s'était point voulu faire faire un habit d'été; celui qu'il porte est de dmp ; il 6te le jour, lorsque je n'y suis point, son haut-de-cbausses et justaucorps , et est ainsi avec un caleçon et une camisole de toile de Hollande, et son valet de même. Il n'a point encore fait balayer sa chambre , non plus que rincer son verre; il est extrêmement négligé, il dit toujours qu'il a perdu un
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134 FOUCÛDET.
œil, et que l'autre il ne voit pas gu&res, et qu'il croit avoir un abcès dans la tête, et qu'il a toutes les nuits la fièvre. Il me demande quelquefois des nouvelles des progrès du Roi, comme ansd de la santé de Mademoiselle , de sa sœur , et de HH. de Nogent et de Guitry, et d'un nommé Barail, et si c'est M. le duc de Duras qui exerce sa charge. A tout cela je lui répoD4s que je ne sais pas plus de nouvelles que lorsqu'il est venu en cette ville; et que je lui dirai toujours la même chose. Il fait des mines et des contorsions enragées, mais je m'en délivre par une grande révérence dont il me fait une de même '.
Pour H. Foucquet, il songe à prier Dieu et à se conserver la santé pendant celte canicule oti il a accoutumé tous les ans d'y être un peu malade; tant que je n'ai pas eu H. de Lausun, je croyais que M. Foucquet était un des plus méchants prisonniers à ' garder qu'on pût trouver, mais à présent je dis qu'il est un agneau auprès de l'autre. Je me précautionnerai si bien contre l'un et l'autre que je m'assure que vous serez content de mes petits services et vous aurez la bonté de les approuver. . (A. G.) A l>lcn«T<il, ce 30 InilJat 1473.
M. SKRVIUI, AHBlSRAnKDB, A L0UVOI8.
Monseigneur, le sieur de Loyauté arrivera jeudi matin en cette ville avec le sieur de Blainvilliers, et le lendemain, k la pointe du jour, ils partiront pour Pignerol avec les deux prisonniers que M. le duc de Savoie leur a accordés. Je ne vous dirai rien, Monseigneur, du détail de celte alTaire, ne doutant pas que le sieur de Loyauté, à qui j'ai ofTert tout ce qui pouvait dépendre de moi, ue vous en rende un compte tort exacl *. (A. G.)
A Turin, 1e 13 koftt 1C7>.
LE H&RÉCBAL DB CaËQUÏ A COLBBRT.
Je me sens obligé par toutes les honnêtetés que vous avez eues pour moi dans tons les temps de vous rendre compte de la sup-
I. ■ Veut iturei vu, lut écrit Lounii, lu foodcmenu d'un wiupcan qoe l'ont voulu donner que H. de Lautun donnilt et rece* ait iet DOUTellra. ■
1. Ce* prlMunien loni uns douto H. Hatbonnet, aide-m^or de Pigoirol, ei b dkme Carrière, qre l'on soupçonnait de campUciU avec Heurtant, tnnjti Pignerol par madeiuoiielle de La Motte. Madame Carrière tut exilée É dii ItaM de Pignerol, et H. Hathonnet obligé de h démettre de m cbarge.
D.qitizeabyG00l^lc
FODCOUET. tas
plicatioa très-humble que je Ma h S. H. par une des miennes de m'acoorder moa retour auprès de sa personae, comme l'unique chose à laquelle je prétends sans 6lre inqaiet de me voir destitué de toutes sortes d'emplois. J'espère, si l'occasion s'en présente, que TOUS ne dénierez pas vos assistances à un homme qoi fait profession d'être votre trës-humble serviteur.
Si par les ordres de S. M. je suis destiné à être éloigné de la cour, je soubailerat extrêmement d'avoir la liberté d'aller sur l'armée navale du Roi, où il se présentera peut-être des occasions de rendre quelque service & S. H.; la pire condition de toutes c'est de M trouver inutile. Cependant je me résigne aux volontés du maître arec beaucoup de soumission. • (B. I.)
De Huines, e« 30 Mât 107).
M. DE SAIHT-HIRS A LOUVOIS.
Monseigneur, depuis que votre courrier est parti d'ici pour s'en retourner auprès de vous, il ne m'a paru ici à la garde de mes prisonniers aucune chose qui mérite de vous être mandée. Je vous informerai, Monseigneur, des diligences que j'ai faites tant dans nia compagnie que parmi mes domestiques pour découvrir si aucun n'avait point d'habitude avec les misérables traîtres qu'on m'a amenés de Turin ; j'ai trouvé un de mes soldats qui a bu deux fois avec ce prisonnier qui est encore en vie ' ; il m'assure fort qu'il oe lui a parlé de quoi que ce soit. Quand l'on interrogera le coupable, je le ferai fort presser là-dessus de dire la vérité, car, pour vous dire ta vérité, je voudrais fort trouver la moindre chose du monde contre un soldat ou un domestique, aBn de les faire pendre. Je sais fort alerte pour découvrir quelque chose, tant à la citadelle qu'à la ville. M. de la Motte-Lamyre s'est chargé de voir si pe> sonne ne s'en est enfui, et ici je fais la même chose, parce que cela nous ferait soupçonner qu'ils auraient peur. La dame Cartiëre !>'est trouvée mal, il m'a fallu descendre à la ville pour obliger les médecins à la voir, avec M. le major, encore ne le voulaient-ils pas foire, il est très-nécessaire que la crainte soit ainsi établie, et j'aime mîenx qu'ils se poignardent par la crainte qu'ils pourraient avoir que l'on les ferait mourir honteusement, que d'être sans