n M Doauult PlMuu
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appréhension. Je fais prendre garde à mon soldat, et quand ce qu'il a un ne se trouverait un rien du Lout, je le chasserai vilainement. Il est constant que ce misérable prisonnier n'est venu ici que pour essayer à corrompre quelqu'un, et qu'il cherchait tous les moyens pour cela. Je crois que si l'on lui donne la gfiae il avouera tout, parce que je le trouve craintif. Quand je l'ai menacé de lui donner de la canne, il s'est mis en devoir de parler, et puis après il dit ce qu'on Teut qu'il dise, et qu'il ne sait rien '. Ce misérable, qui s'est désespéré, avait bien résolu en lui-mfime de Taire ce qu'il a Tait; il me dit : Je me sens obligé de vous avouer que j'ai de l'argent dans ma chambre; mais il est en dépôt et il n'est pas à moi, et personne ne pourra voir à qui il sera. L'on lui a trouvé un clou dans sod haut-de-chausses qui est tellement pointu qu'on en pourrait saigner avec, h ce que disent les chirurgiens.
Pour M. de Lauzun, je l'ai toujours trouvé chagrin à son ordinaire jusqu'au soir que je lui ai appris la aouvelle de la mort de HH. de Nogent* et de Guitry; tout d'abord Je crois qu'il ne me croyait pas, il m'a regardé comme s'il eût envie de me dire que je me moquais de lui ; mais à la fin il n'a pu s'empêcher de verser des larmes, et de se mettre sur un siège, me parlant de la vertu de l'un et de l'autre, et me demandant comme ils étaient morts, et ce qu'est devenue sa sœur. Je lui ai dit que je n'en savais pas tant. Voilà, ce m'a-t-il dit, les deux seuls et uniques de mes amis qui pouvaient parler au Roi pour moi, présentement chacun me jettera des pierres pour m'accahler davantage que je ne suis. Enfin, comme il se faisait tard, j'ai pris congé de lui, le suppliant de m'escuser si j'étais cause de son arOiction. En vérité, il m'a paru en avoir autant qu'on saurait en avoir; pourvu qu'il ne fasse pas quelque tragédie, comme son bon valet Heurtant, tout ira bien.
Pour M. Foucquet, il est toujours en garde pour s'empêcher de devenir malade à présent; parce que tous les ans il a quelques incommodités en celte saison ici. 11 se porte bien et est du reste fort tranquille, et ne s'informe plus de rien. J'ai prié M. Nallot dé vous informer, Monseigneur, de force petites choses qui vous seraient
1. s II fkut ftlre puler Pluut, de quelque minièra qae ce pofHe être, et tirer la Térlié de tout, répand LoutoIs. »
3. Arniuld de Biutru, comte de ^'oge[)t, capitalae de* gardes de la porte, maliie de la garde-robe. Il a?Blt été tué au païaage du Rhio. C'était le beaa-Mre de
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FOUOQUET. , 137
ennuyeuses à tous donner la peine de les lire; il -me maade que TOUS lui avez dit que tous trouviez boo que je lui donnasse connaissance des bagatelles; je lui en dis lorsqu'il a passé, et dont je m'assure que tous aurez la bonté de faire quelque chose pour ceux dont je tous en prie Irès-bumblement; ayez encore, Monseigneur, celle d'être persuadé qu'il n'arrivera aucune chose à mes prisonniers que tous ne me le commandiez, et qu'il est du tout impossible de me pouvoir attraper là-dessus, etc. (A. 0.) A PJgnerol, ce 30 Mût 1573.
LOOTOIS 1 HADAUS FOUCQUET.
A Salnt-Germ&lii, le IS octobre 10T3.
Madame , soÎTant ce que vous Avez désiré j'ai tait voir au Roi le mémoire qui accompagne la lettre que tous m'aTez fait l'honneur de m'écrire. S. M. ayant trouvé bon qu'il fat euToyéàM. Foucquetj je t'adresse présentement avec Totre lettre à M. de Saint- Mars, pour le lui remettre et en tirer réponse, laquelle je ne manquerai pas de vous faire tenir aussiUtqueje l'aurai reçue'. (A. G.)
LK MAHéCHAL DE CRÉQDI À COLBSBT.
Vous agréerez, Monsieur, que je Vous réitère les instances que je me suis donné l'honneur de vous faire touchant l'aS^ire de Lan- guet qui m'est redevable d'une somme que je puis dire assez considérable pour moi, et qu'il se défend de payer, quoiqu'un arrftt de la chambre de justice et un du conseil l'obligent et le nécessitent à le faire. Je n'entrerai point dans un détail ennuyant de mes raisons qui sont inconlestables, je tous conjurerai seulement de les écouter quaud le sieur Louis vous eu rendra compte, et pour obtenir cette faveur de TOUS, je TOUS ferai ressooTenîr de toutes* vos honnêtetés dans tous les temps, qui m'ont laissé un fort grand désir de lus reconnaître par mes très-humbles et très-obéissants services *. {B. I.)
De HariiMa, ce 30 ociobra ISTl.
]. Le niAniB Jour LoqtoU reDTOj* ft Sdnt-H*n, ■ tfln, dll-ll, qn'aprte que fODi lai BDKi fiit lire ea TOtre présence. Ton* loi en doiialei Ik copie, écrite de TOtre mûn, t'Il lodâtire, et noe rsnllle de pkpier met de l'eacre et one plume, «Ad qa'kprèi jr avoir peiifté qaelquM heere* il puiue mettre deMoi MO iiii«atioD, ta totre prdteaee.B
1. Languet Bit, «prfe* kToir fut quatre un de prieoti pour □« pai •'Kquîtter eiiTen le Roi, ne devtlt put être plu» tntit«ble rie-à-vls d'un simple particulier,
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IM FWOQUBT.
LDUVOIS A KAIIAIU FOUCOUST.
A VerMlllM, le 10 Hveoibn IDTl.
Madame, je tous envoie la réponse qne H. de Saint-Mars m'a adressée de M. Foooqaet à la première lettre que tous lui avei écrite; s'il en fait une à la seconde, comme je n'en doute pas, j'aurai l'honneur de vods la faire tenir aussitôt que je l'aurai reçue, et en toute occasion je tous témoignerai avec joie que je suis ventablement, etc. (A. G.]
H. DS SAHra-KAHS A UQUTOIS.
Monseigneur, je prendrai la liberté de tous dire mon étonnement sur le changement de M. de Lauzun ; il s'est mis en tSte que je lui ai attiré la dernière lettre qu'il a reçue de vous ■, et le lendemain qu'il y eut fait réponse il me Tint demander à la porte de aa chambre, lorsque je lui faisais donner à manger, pour me dire qu'il ne comprenait pas le pourquoi vous lui avez écrit de la sorte, et comme il croyait fermement que je lui avais attiré cela par quelque chose que je vous ai mandé de lui, il était résolu de ne me plus rien demander, pas même un verre d'eau, s'il lui devait sauver la Tie. Il me dit cela eo pleurant à grosse» larmes, et disant, ' en joignant les mains et levant les yeux au ciel : Je suis résolu de prendre patience et d'avoir recours à Dieu, que j'espère qui ne m'abandonnera pas, et pour cet effet je vuus prie, dit-tl, de me donner ce soir un confesseur pour que demain, jour de NoBi, je paisse fidre mon faon jour. Après l'avoir regardé comme un saint Pwil, je lui dis qu'il ne pouvait pas mieux faire que de faire et pratiquer ses bonnes intentions, mais qu'il ne faudrait pas qu'il crût que' je lut eusse atliré. Monseigneur, la lettre qu'il a reçue de vous. ■Après tout cet entretien, je me retirai, lui promettant de loi amener un confesseur à trois heures après midi. Je lui donnai celui de M. Foucquet, oil ils demeurèrent trois beures ensemble. Le lendemain il communia, et après s'être retiré dans sa chambre il me demanda; c'était pour me prier de tous dire qu'il jurait sor son Créateur, qu'il venait de reeeroir, qa'ii n'avait pont ta d'autre
1. MgDetay Ktalt écrit fcLMiM pMr lui iOMisdm, u Dom dQ Roi, laMmit- •ioo de M charge de capitaine des garde* du corpa. Au lien d'y acqoletccr, LautdB rfpMidh en m plaignant dei ligucun de aa priM»i( li-detana Lonvoii loi tcririt da Un GODndere «m aujota de-^aliin.
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FOUCQUbT. 139
iateatioD qne de donner sa démission au Roi suivant sa voloolé et que, s'il ne s'étâil pas bien expliqué, c'était le trouble et l'incommodité qu'il avait journellement. Je lui dis que j'écouterais tout ce qu'il me dirait, mais que je ne me chargeais pas de tous le' mander; je lui Ils une grande révérence et me retirai, et oncques depuis il ne m'a rien dit, quoique nous nous soyons promenés plus de deux heures ensemble en diverses fois '.
M. Foucquet ne m'a parlé d'aucunes choses que desesiocommodilés, il ne se porte pas bien , depuis un mois qu'il a été enrhumé; mais comme il sait se gouveroer admirablement bien et prendre ses précautions, je ne fais pas grand cas de sa maladie, il n'a pas tenu le lit et a bon appétit, c'est pourquoi je puis dire qu'il sortira bientôt ses incommodités d'aupr^ de lui et reprendra ses forces comme auparavant. Il ne me reste plus rien. Monseigneur, qu'à vous assurer que j'exécuterai ponctuellement vos commandements, et qu'il ne se pnssera quoi que ce soit dans mes prisons que je ne vous en informe autant exactement que je garderai mes prisonniers. (A. G.)-
A Pignerol, m 31 Mçambrc 1011.
Lt mAiw au mime.
Honseignenr, quoique je n'aie rien cet wdinaire à me donner l'honneur de vous mander, je ne laisserai pas que de tous faire ces lignes pour obéir aux commandements qu'il vous a plu me faire de vous écrire une fois la semaine. Je vois que M. de Lauzun me veut tenir la parole qu'il m'a donnée de ne me plus rien dire ni demander quoi que ce soit; il est devenu si doux et paisible depuis la lettre que vous lui avez écrite que je-pourrais dire que ce ne serait plus le mfime qui a été par le passé si emporté et si curieux; l'on dirait à le voir et à l'entendre parler qu'il est devenu, depuis qu'il s'est confessé, lout confit en dévotion. Quand je lui vais don* ner le bonjour ou le bonsoir, et que je lui demande comme il se porte, il me fait de grandes révérences, me disant qu'il se porte très-bîen pour me rendre ses très-humb!es respects s'il en était capable; après l'avoir remercié, nous nous promenons quelque temps ensemble sans nous rien dire, et comme je me veux re- !■ ■ Je ae comprendi pu, rdpood IfOarob, ce <|al ^n*. ovu***» peine H. do
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tirer je lai demaade s'il n'a rien à me oommaDder, il me fait encore ane très-grande révérence et me reconduit jusqu'à la porte de sa chambre; voilà. Monseigneur, oh nous en sommes, loi et moi, et où je crois que nous en demeurerons.
Pour M. Foucquet, Je le vois soir et matin depuis quelque temps qu'il est indisposé; il n'a point de fièvre et ne garde pas le lit, il dit avoir des coliques qui le tourmentent et un dégoût de toutes choses avec un abattement si grand qu'il lui semble que nature défaille en lui; je lui fais voir le médecin toutes les fois qu'il le demande, avec toutes les précautions que j'ai accoutumé de faire. Je vous promets. Monseigneur, que je ne me relâcherai en rien de garder mes prisonniers avec la dernière exactitude, ainsi que j'ai fait depuis hait ans que je suis ici. (A. 0.)
A Plgneral, ce T JkDTieT IST3.
LOCTOIS A L'ARCHKvâOOE DE LTO».
Vous connaîtrez si clairement par la lettre du Roi qui sera cijointe le sujet du voyage du sieur Legrain queje n'ai rien à y ajouter que pour vous supplier de me croire, etc. (A. G.)
LE ROI A l'ASCBBV£QUE DK LYON.
A SBlnt-Genasiii,l«10jknf(arl67S.
Mons l'arcbev&que de Ljon, ajant été informé par mon cousin le comte d'Armagnac qu'il vous à envoyé un religieux jacobin ' qui prétend avoir des secrets fort considérables, je lui ai ordonné de vous mander que je vous permettais de le mettre dans mon ch&teau de Pierre-Cise, mais, depuis ayant jugé plus à propos de le faire venir ici , je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous le remettiez entre les mains du sieur Legrain, prévôt général de la connétablîe et maréchaussée de France, et que voua adressiez audit sieur marquis de Louvois une instruction bien «mple de tout ce qu'a fait et dit ledit religieux jacobin depuis qu'il est du côté de Lyon, et à présent, n'étant pas à autre fin, etc. (A. 0.)
1. Ce nligieni ett probablement le mËme qui fut envofé en lOlt k Pignenl , et enfenné plni tard avec Laoïun , qui le prit d'ibord pour nu eeplo ennita qa'U âtalt fou.
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.FOirCQDET. Itl
lODlFOia A H. DE SAINT-MAHS,
A SKlat-Gwmkin, leiO]«jivlBrie73.
HoDsieur, j'ai reçu votre lettre du 21 du mois passé. Le Roi TOUS a volontiers accordé les lettres de noblesse que tous demandez; je les ferai expédier et délivrer ensuite au siear Nallot.
Vous pouvez assurer M. Fouc^^uet que madame sa femme a reçu ses deux lettres, et s'il ne veut expliquer pas cette pensée qu'il a ou qu'il a eue, et qui serait si utile au service du Roi, sur l'insi- Dualion que je vous ai mandée de lui faire par une de mes précédentes lettres du mois passé, vous pouvez lui dire que vous lui donnerez du papier, quoique vous u'ayez pas d'ordre de lui en fournir, pour l'écrire, et que vous me l'enverrez, voulant bien courre le risque de recevoir une réprimande pour tAcher à lui rendre un service qui n'est pas contre votre devoir.
S. M. a bien voulu accorder la gr&ce au tambour de votre compagnie pour la faute qu'il a commise, et j'en expédierai le brevet.
Il faut que vous parliez à M. de Lauzun aussi souvent que vous pourrez, et toujours m'informer de tout ce qu'il vous dira, de quelque peu de conséquence que ce puisse 6tre, comme aussi de ses emportements. (A. 0.)
' M. DB SAIEIT-MABâ A
Monseigneur, tout est ici au m6me état que j'ai eu l'bonneur de TOUS mander l'ordinaire passé, c'est-à-dire que M. de Lauzun est fort quiet, et me paraît dans une grande tranquillité depuis qu'il s'est confessé et qu'il a reçu votre lettre ; il me dit tot^ouis qu'il De me demandera plus rien et qu'il ne se plaindra de quoi que ce soit. Je souhaite qu'il me tienne parole, afin de n'avoir d'autres peines et soins que de le garder suivant les intentions de S. M-, lesquelles je suivrai très-exactement au pied de U lettre.
M. Poucquet dit être toujours incommodé de ses coliques ; l'on lui fait tous les remèdes nécessaires pour sa guérison. Comme il n'a point de fièvre, je crois que cela ne sera rien que son mal, et que cela se passera bientAt. M. Nallot m'a mandé comme vous aviez en la bonté. Monseigneur, de faire donner une commission de capitaine au sieur Dupleasis, l'un de mes lieutenants; si vous agréez que je prenne eu sa place le sieur de la Prade, dont j'ai eu l'avan-
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«1 FOUCQDBT.
tage de Tons demander, il y a quelque temps, je vous réponds de sa fidélité et de son application au service. Si vous me faites celte gr&ce, Monseigneur, je prendrai la hardiesse de vous en demander une antre, qui est un congé pour trois mois pour le chevalier de Saint-Martin, mon premier lieutenant', lequel n'apoînt parti d'ici, d'auprès de moi, depuis huit ans ; il a des affaires trèft-importaotes de famille ; je ne le laisserai point partir d'ici que tous ses autres trois camarades ne soient ici en état de servir et de bien faire notre devoir ; c'est ft quoi je m'attacherai toute ma vie avec rifàdité et vigilance.
A Ptgntnil, cv ta Juner 1673.
Le même au ni^s.
Honseignrur, par celle qu'il vous a plu me faire l'honneur de m'écrire le l du courant, vous me commandez que lorsque je retomberai sur les choses que M. Foiicquet m'a dîtes, concernant le bien et intérêt du Roi, que je lui propose de me les dire pour les mander. Comme il me donne lieu de cela toutes les fois que je lai parle, en me demandant si je ne vous ai rien fait savoir de tout ce qu'il m'a dit, je le ftis voir devant hier au soir, oîi nous vînmes à parler des inventions dont les gens d'esprit se servaient pour annr de la finance; il me dit ensuite qu'il n'était pas mal propre & cela, et qu'il avait trouvé des expédients pour en avoir où d'autres personnes seraient demeurées court Après force choses, il me dit : Comme je me vois tout moribond, je charge votre honneur et la fidélité que vous avez pour le Roi de faire savoir à M. le marquis de LouTois comme je m'occupe depuis longtemps à examiner les services les plus considérables qu'on pourrait rendre à S. M., et que Dieu lui a donné des lumières d'affaires si grandes et des desseins si importants, si faciles et si glorieux, que je lui ferais on sensible déplaisir qu'elles fussent perdues sans qu'on en eût connaissance. Sur cela je pris la parole, et lui dis qu'il ne tiendrait qu'à lui que le Roi ne sût ses grands desseins et bonnes intentions, et qu'assurément s'il les reconnaissait tels qu'il dit, que S. M. adoucirait ses peines ; il m'a fait excuse de ce qu'il ne pouvait pas me confier son secret, disant que j'aurais peine h entendre des
1. ■ Je ne paii m'eaipecher de toui dire, tépoad Loato^s, que J'ai de !■ peine à Toir Tenir id fos officier», parce que c'est les exponer ft de gruidei lenUtiou de !■ port de eeai qui prennent inUrît ani afTalrei de Toe'prliaDftlen. ■
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POOCQUBT. lU
nboses qui ne sont que de Is portée d'un aunistre vené en la connaissance de toutes natures d'afiaires.De la manière qu'il me parut 6tre sincère et véritabie en tout ce qn'îl disait, je lui offris du papier et de l'encre pour qu'il me dono&t par fcrit les choses importantes qu'il dit savoir pour le profit du Roi; mais il me dit franchement qu'il ne pouvail me déclarer le détail de ses pensées pour TOUS les mander, non pas par aucune raison de son intérêt, et bien moina manque de confiance en vous, mais par la nature des affaires que je n'entends pas; il a conclu son discours en me disant que si tous lui vouliez faire l'honneur de lui promellre votre protection, qu'il fera tout ce que tous voudrez et comme vous le voudrez, mais il m'a fait assez connaître qu'il ne voudrait point que personne que le Hoi et vous en eussent connaissance, et que l'afi'aire doit fitre secrète ; il m'a bien dit cent mille autres paroles, maïs voilà, Monseigneur, tout ce que j'en ai pu retenir ; il ne manquera pas de me parler incessamment de cela, mais comme vous ne me commandez pas de me charger d'aucune chose, je l'écoulerai sans lui répondre que très-peu de chose, comme m'élant indilférent. Pour vous parler & fond de cette affaire ici, afin de ne plus vous eu rompre la tète, je prendrai la liberté. Monseigneur, de vous dire mes petites pensées : l'une est que je crois que M. Foucquet dirait mieux la chose à un homme entendu et versé dans les affaires qu'à moi qui n'y entends rien du tout, mat!» auparavant de tout déclarer il serait bien aise que vous lui promissiez votre protection et assis* tance ; pour cet effet, si vous lui vouliez envoyer M. Nallot, qui est homme habile et entendu, je m'assure qu'il Ini dirait toutes ses pensées devant moi, et que vous seriez content de son voyage et du rapport qu'il vous ferait de toutes choses; d'autre cAté, je ne fais point de doute que si vous lui faites la moindre honnêteté poor qu'il TOUS donne tout par écrit, et que vous me commandiez de lui donner du papier par compte pour te laisser écrire plus commodément, je crois qu'il vous ferait un détail fort fidèle de tout son secret et ses pensées. En faisant cela de bonne grâce comme il le fera sans doute, il vous prierait à même temps de force choses pour ses intérêts et son élargissement ; il commence & se mieux porter et travaille autant qu'il peut pour se bien rétablir, afin de pouvoir faire le carême, ainsi qu'il a fait depuis sa détention '.
I. ■ Vont ponvei, répond Louvolt, lui doorier cinq on tii feuilie* de papier, de l'cncn, ei tirer p«n>le de loi qu'il voai le» rendra écrite* ou Uincbee, et en effnt
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IW FOUCQUIOT.
Pour ce qui est de II. de Lauzuo, il dit aroir mis son manlean sur son nez, de mfime que Tont ceux qui se voient noyer; il ne me Tait plus de questions, il ne me demande plus rien ni ne m'en demandera de sa vie; enfin il a pris sa résolution du cdié de la patience, il prie Dieu incessamment et lève ses yeux au ciel de m£me; en un mot, je le crois dans la plus grande d^TOlion do monde, à le voir. Les révérences et les honnêtetés qne je fais k mes prisonniers n'empêchent pas que je ne me tienne au pied de la lettre et que je n'exécute ponctuellement, avec la dernière fidélité, ce qu'il vous a plu me prescrire. Je prendrai encore une Tois la liberté, Monseigneur, de vous dire comme je fais mon point d'honneur de traiter mes prisonniers avec toute l'honnêteté et bonne chère possibles; mnis pour empêcher qu'ils ne se sauvent ni qu'ils reçoivent de nouvelles, il n'y a rien que je ne fasse ni que j'invente pour les en empêcher; faites-moi l'honneur, s'il vous plalt. Monseigneur, de ne vous en mettre point en peine et de vous reposer sur moi de cela. Tous les jours je ne manque pas de lire et relire vos commandements, afin de ne manquer pas en la moindre petite chose du mo,nde de ce qu'il vous a plu m'ordonner.
La dame Carrière n'est plus en ce pays ; elle a décampé et s'en est allée à Paris, à ce qu'on dit, et a laissé pour gage d'amitié à ses bons amis, quatre enfants. Plassot, dont Je vous avais mandé la maladie, est maintenant guéri ; il se porte assez bien pour le pouvoir interroger. Vous m'aviez mandé, Monseigneur, que vous m'enverriez des ordres nécessaires pour un conseiller d'ici, afin dç voir si l'on en pourra tirer quelque chose ; j'attendrai l'honneur de vos commandements pour les exécuter avec tonle la rigidité et vigilance possibles.
A Pigoerol, ce 31 ]«nT)er 1613.
Le même au même.
Monseigneur, le 33 de ce mois, M. de Loyauté m'a remis entre
les mains une lettre du Roi pour recevoir et mettre en prison le
sieur Baticary, boargeois de cette ville, et de le tenir sous bonne
et sûre garde, sans qu'il puisse recevoir ni donner aucune nouvelle
ku bout de qnatre Jouri tou« 1m retirerex et m'etiTerrei ce qu'il y mn d'it^t, It ctcheuat en h préMQce, «'Il le ddatre; que a'il peralMe ft dira qu'il Twidralt lil enrôler quelqn'an, Il ne ftal pu lui en parler, u
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FOUCQUGT. 145
de vive voix Dt par écrit. H. le major de la ville me l'amena le soir môme, où je le logeai iocontinent dans l'appartement de la dame Carrière, qui est une cbambre d'an de mes officiers autant sûre qu'il se peut, pour vous répondre, Monseigneur^ qu'il j sera détenu confonpémeDt anx intentions de S. M.
Vous m'avez fait l'honneur de m'adresser un gros paquet oîi j'ai trouvé une lettre pour M. de Lauzun, laquelle je lui ai rendue dès le même soir. Après l'avoir lue et relue plusieurs fois, il me demanda comme je souhaitais Inî hire faire sa démission. Après lui avoir dit la manière qu'il fallait qu'elle fût, il me dit: C'est donc là comme vous la deviez avoir, et moi je ne le veux pas, j'aime Dveux que l'on me pende que si je me mettais la corde au cou moimême; je ne donne pas la démission de ma charge sans savoir à qui, ni comme l'on prétend faire. L'on m'a parlé dès le commencement de 400,000 Jr., et maintenant l'on ne m'en dit mot; ce n'est pas que je me soucie de l'argent, mais je veux être assuré qu'elle sera donnée au Roi par les mains de mes amis, qui lui demanderont ma liberté ; sans cela il n'y a rien à faire. Si l'on veut m'Ater la liberté pour toujours, je veux conserver ma vie avec tout l'honneur que je pourrai ; si j'étais dépouillé de toutes mes charges, l'on se moquerait de moi, et tout chacun croiraitque j'nurais voulu trahir ("Ëtat. Je ne suis point criminel; si j'ai failli en la moindre chose du monde, que l'on me fasse pendre; mais, de donner ma démission comme cela, je n'ai pas encore perdu l'esprit; quand quelqu'un de mes parents ou des domestiques du Roi viendront me la demander de sa part, alors je la leur donnerai, en les priant de dire à S. II. ce que j'ai à lui faire savoir. Je lui ai dit que l'on ne lui demandait sa démission que sur ce qu'il s'est offert de la donnersans aucune condition. 11 est vrai, ce m'a-t-il dit, que ce n'est pas & moi à en faire avec le Roi, aussi n'est-ce pas ma volonté ; mais que je sache s'il la vent et que ce ne soit pas quelque autre qui la désire pour me rendre un zéro en chiffre. Voulez-vous que je vous donne ma démission, mon blanc-seing, à vous que je ne connais pas? Je vous crois homme d'honneur, mais dans l'aveuglement oix je suis de mes affaires et de la manière dont vous me gardez, et de m'empècher d'écrire mes sentiments et volontés, me restreignant k ne faire que six lignes comme vous voulez, vous me permettrez de vous dire que je n'en ferai rien, et que je ne crains point tous vos supplices et cruautés, ni la mort même que vous me pouvez
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donoer par force et autrement Je lui ai demandé s'il me croyait homme à cela; il m'a dit que non, mais qu'il avait pris son parti et qu'il savait où s'en tenir, H me disait tout cela en plenrant à grosses larmes, et détestant ^t vie malheureuse ; il se récria encore fort sur l'hombie et affreuse prison à basse voûte que je lui ai donnée, où il a perdu les yeux et la santé, sans assistance de valet ni d'aucune personne an monde, me disant qu'il crèverait plutôt que de prendre devant moi le moindre remède. Je prendrai la liberté. Monseigneur, de vous dire ce que je puis connaître de ses sentiments ; je crois que quoi qu'il dise et fasse, il n'a pas dessein de donner ia démision, à moins que l'on ne lui donnât sa liberté, et que toutes ces belles paroles et soumissions ne sont autres quiun bonnéle refus. Quant à ce qu'il se plaint de sa prison, il pense, à mon avis, que s'il était dans une autre il pourrait en tirer quelque avantage autre que celle (ne) qu'il n'a pas dans le lieu où il est, qui assurément n'est point malsain ni humide comme il me dit qu'il esl. La résolution qu'il a prise de ne point prendre de remèdes est, à mon avis, qu'il voudrait fort être en liberté avec les médecins et chirurgiens toutes et quantes fois qu'il dirait en avoir besoin; il croirait par là se guérir avec le temps d'un mal qui cause toutes ses peines. Pour ce qui est de son valet, c'est un Iftche qui s'est donné tout è lui ; il ne manque point d'esprit pour bien faire tout ce qu'un chirurgien et apothicaire ferait à un malade, mats la vérité est qu'il voudrait avoir un de ses domestiques. Je souhaiterais qu'il en eût un, si faire se pouvait, afin qu'il n'eût rien à me dire làdessus ; il ne me ferait non plus de peine que celui qui le sert, et pour ce qu'il pourrait dire de moi, ce ne pourrait Ctre que sur mon exactitude et grande retenue que j'ai envers lui. Je suis sûr que quand il sortira d'ici, de dessous ma garde, il ne pourra pas dire autre chose que je ne l'ai pas gardé conformément aux intentions de S. H,, qu'il a vues par la lettre que vous lui avez écrite. Je ne sais pas pourquoi it s'en plaint, si ce n'est qu'il croît, à mon avis, que Je vous ai prié de faire cette lettre. Pour tous ses emportements et mauvaises humeurs, je les soufi're autant doucement que je puis; dans l'état où 11 est, je n'y prends pas garde, et cela ne m'empêche pas d'aller mon grand chemin, et de faire mon devoir avec la dernière fidélité et exactitude, m'en tenant au pied de la lettre avec toute la rigidité possible, comme aussi de lui rendre tout le respect et honneur qui lui est dû, et de lui Mre toute la
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meilleure chère que je puis. Je vous envoie. Monseigneur, ci-joint une lettre qu'il tous a écrite en cinq heures de temps ; après qu'il l'a eu parachevée, il m'en a fait la lecture, où j'ai trouvé aux cinq lignes d'en bas des prières et compliments qui ne me sont pas permis de souffrir qu'il écrive. Je lui ai dit que je ne pouvais envoyer sa lettre à moins qu'il ne ray&t entièrement ces cinq lignes. Après avoir dît mille raisons et s'être mis un peu en colère, il a pris le parti de faire les ratures que tous y verrez, me priant de vous en faire excuse, et de vous dire comme sa santé ne lui permettait pas d'en recommencer une autre, et qu'il était tout prêt de donner sa démission, pourvu qu'on lui donn&t sa liherté. II est vrai qu'il me l'a dit dès le commencement, mais il m'a dit depuis qu'il la donnerait sans aucune condition, et même il m'a dît, Monseigneur, de TOUS le mander, en sortant de la communion, et qu'il n'avait point d'autre volonté que celle d'obéir à S. M.; mais toutes ces belles paroles ne lui feront point donner sans qu'il se voie en liberté. De plus, par la lettre de M. le marquis de Seignela;, il a remarqué que le Roi lui fera faire un remboursement de 400,000 fr.; il m'a dit que, comme il pourrait bien mourir, il avait des parents pauvres auxquels il était obligé de laisser par conscience tout ce qu'il pouvait avoir eu des bienfaits de S. M., et que vous ne lui parliez de rien de tout cela dans cette dernière lettre que vous lui avez écrite. Voilà, Monseigneur, k peu près tout ce qu'il m'a dit depuis trois jours, comme aussi ce que j'ai pu connaître de ses sentiments'.
Je TOUS ai donné avis, Monseigneur, il j a deux ordinaires, de tout ce que j'ai pu tirer de M. Poucquet; il me parait être bien assuré de sou bâton, et qu'il croit ses avis bons et fort utiles pour le bien de S. M. J'attends votre réponse là-dessus, et l'honneur de vos commandements pour en pouvoir reparler.
Je vous rends mes très-humbles actions de grâce. Monseigneur, de ce qu'il vous a plu me faire la faveur d'obtenir du Roi des lettres de noblesse ; ce n'est pas la moindre des grâces et bienfaits que j'ai reçus de sa bonté ordinaire. Cette dernière me touche si sensiblement que je ne puis assez toute ma vie prier le bon Dieu pour la conservation et prospérité de sa sacrée personne, que j'aurai
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l'honneur de servir toute ma TÎe avec la dernière fidélité, et de tou rendre un fidèle compte de tout ce qui se passera ici à la garde de mes prisonniers. (A. 6.)
A nEoerol, le 38 ]uTi«r 1071.
H. DE UDtUN A LOOVOIS.
Monsieur, la contrainte el le peu de paroles avec laquelle H. de Saint-Mars m'a fait répondre à ta précédente que j'ai eu l'honnenr de TOUS écrire, m'a empêché de demander, dans la résignation où je suis sur ma charge, les moyens et la liberté de les pouvoirefi'ectuer, ainsi que j'ai toujours prié M. de Saint-Mars de le faire pour moi; je ne dis pas cela pour me plaindre de lui, mais seulement pour m'escuser, si vous trouvez quelque chose qui ne se rapporte pas à ces deux lettres, n'ayant eu de liberté, depuis que je suis ici, que dans la réponse que j'ai faite à M. de Seïgoelay.
Présentement M. de Saint-Mars m'a voulu faire signer une démission contre mes intérêts, et qai même n'est pas conforme aui intentions et aux bontés du Roi, suivant la lettre de M. de Seignelay. S. M. est trop bonne et trop juste pour vouloir que je fasse une chose qui est autant contre moi , principalement quand elle saura que je suis entièrement résolu à faire tout ce qui lui plaira, DOD-seulement sur la démission de ma charge que je vous réitère encore, mais sur toutes les choses qui lui seront agréables, dès le moment que j'en aurai la connaissance et la liberté, et que les portes m'en seront ouvertes, je m'y jetterai la tête la première, et en ferai au delà de ce que le Roi sut penser, et je vous prie. Monsieur, d'en vouloir assurer S. M... {Lerette esteffacé*.) (A. G.)
Ce 97 jUTier 1073.
H. DE SAIITF-IUBS A LOUTOIS.
— KTrier 1673.
Monseigneur, je n'ai rien maintenant à me donner l'honneur de vous faire savoir de M. de I^uzun. Il est en retraite préscnleinent avec son chagrin el humeur noire, de telle manière qu'il ne m'a pas
1. Loatoii râpond à Salnt-Hen : (S'il tou demeode dee nouTeltes dslft i^poDte que }e *oiu tl faite, voua lui direi que S. 11., i^ut reconnu qu'il aT«ii chanff itilt (lepuii qu'il m'avait écrit louchant as démÎBaion, ne dâalrait plus qu'on toi
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dit DO senl mot depuis qu'il s'est donné l'honneur de tous écrire la semaine passée, n est fort fïché contre moi de ce que je lui ai fait rayer les cinq lignes que vous aurez vues dans sa lettre.
Pour M. Foucquet, il se porte maintenant assez bien; il me demande souvent si je n'ai poiat reçu de réponse de vous, Monseigneur, de ce que je vous ai mandé touchant lui ; il me dit toujours que ce sont des affaires de si grande importance que je serais blAmé un jour de ne vous en avoir pas mandé l'importance. De la manière que je l'écoute quand il me parle de cela, et les réponses que je lui fais là-dessus, lui font croire que je ne me donne pas l'honneur de vous rendre compte de tout ce qu'il me dit. Il m'a»- Bore fort que vous serez, Monseigneur, trës-aise de savoir les avis qu'il a à TOUS donner, et qui sont de très-grande conséquence pour le bien du service du Hoi, et trëa-glorieuz poarvous. (A. G.)
LODVOIS A M. nK UKOTTE-UMTHI, UAJOR DK PI&REKOL.
A SitDt-Gernikln, ts S Hiritr IBTS.
J'û reçu votre lettre du 28 du mois passé. L'extrait d'une partie de l'inventaire que le sieur de Loyauté m'a envoyé, des papiers qui ont été trouvés dans le cabinet de Buticari, me faisant assez connaître que celui-ci était espion, dans Pignerol, du général Trucbi, il n'est pas nécessaire que vous fassiez la traduction que vous proposez, ni que vous m'envoyiez le reste de l'inventaire, puisque, par la considération que le Roi a pour M. de Savoie, S. M. ne veut pas lui faire son procès, mais elle est résolue de le retenir longtemps dans une rude prison. {k. G.)
H. DE SAim-IURS A LOUVOIS.
Monseigneur, par celle qu'il vous a plu me faire l'bonneur de m'écrire te 33 du mois passé, vous me commandez de vous informer toujurs exactement de tout ce que me dira H. de Lauzun; jusqu'à, présent , je puis vous assurer. Monseigneur, que je n'ai rien oublié de vous mander tout ce qu'il m'a dit dans nos conversations; maintenant, il me semble qu'il est devenu plus réservé et modéré que jamais n'a été. Je ne sais si c'est par un principe de dévotion ou autrement, mais lorsque je lui veux dire quelque chose comme du beau et du mauvais temps qu'il fait, il me dit qu'il ne
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s'informe de rien, et que pour quoi qne ce soit au monde il ne me voudrait demander la moindre chose. Voilà, Monseigneur, l'étal oïl il est maintenant, et prie le bon Dieu qu'il y demeure tout le temps qu'il sera sous ma garde. Il se tient toujours malpropre à son ordinaire, tant sur lui que dans ses appartements; le tapis de sa table est tout pourri â force d'y laisser longtemps des citrons et orangCR dessus. Jt me demande de la poudre à canon pour pouvoir brûler de temps en temps, afin d'Ater le mauvais ait de sa cbambre, qu'il dit être très-mauvais ; je lui ai dit que je ne pouvais lui en donner que pour brûler devant moi ; je lui donne ce contentementlà deux fois la semaine. Son valet est en caleçon de toile comme au mois d'août, et fait tout ce qu'il peut pour se tenir malpropre ; je ne m'informe pas trop qui est sa pbilosopbie là-dessus, il a de quoi être autrement, et je lui ai dit que tout ce qu'il aurait de besoin je lui donnerais de bon cœur ; après cela, je le laisse là sanï lui dire la moindre cbose du monde.
Pour M. Poucquet, il se porte maintenant assez bien, il est toujours fort tranquille et altaché à la dévotion autant qu'homme le peut être. Je crois qu'il souhaiterait fort que vous lui envoyassiez quelqu'un pour écouter ses proposilions qu'il dit être les meil leures choses du monde; je ne fais nullement l'empressé de les savoir, et je l'écoute comme des choses qui me sont indifférentes; je me tiendrai toujours de même jusqu'à l'honneur de vos commandements.
Le sieur Buticari est devenu malade, lequel nous donne beaucoup d'occupation tous les jours, étant en danger de mourir, à ce que m'a dit le médecin. Si vous me vouliez permettre. Monseigneur, de lui donner un valet, cela le soulngerait bi aucoup et nous aussi; mais je ne veux rien faire sans votre permission.
J'ai eu l'avantage de vous mander comme j'avais promis an chevalier de Saint -Martin d'aller vaquer à ses affaire.^, sur ce que H. Nallot m'avait écrit de votre part que je le pouvais faire. Je croiï, Monseigneur, que mondit sieur Nallot vous aura pu dire ce que je lui ai mandé l'année passée de mes lieutenants. Ils ont tous bien servi ici avec attachement et fidélité, mais présentement il est temps de leur donuer quelque récompense pour obliger ceux qui seront à leur place de bien servir exactement. Les trois que j'ai présentement sont de vrais culs de plomb qui seront attachés ici au service comme les verrous des portes de mes prisonniers. Je sais
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oli il y en a uq aulre qui oe sera pas moindre que ceux-ci, en cas que vous ayez la bonté, Monseigneur, de vouloir bien placer le chevalieF de Saial-Martio. Si vous lui faîtes cette grftce,'VOus l'enverrez, d'abord qu'il sera arrivé, au lieu oîi il vous plaira le placer. Je prendrai encoie la liberté, Monseigneur, de vous supplier de le mettre k Campan ; ce me sera un soulagement d'esprit très-grand an poste oîi je suis, et pour éviter les tentations que pourraient avoir à l'avenir mes officiers en étant sollicités par des personnes de qualité de la cour. Si vous aviez agréable, Monseigneur, de me faire une lettre que je puisse montrer, où vous me commanderez de ne plus prendre la liberté de vous demanider aucun congé pour eux, et comme vous aurez la bonté de faire pour eux tous, suivant leurs services et fidélité et attachement. Je ne leur ai point voulu montrer ce que vous me mandez à cause du mot tentation; ils se piquent tous avec raison d'être inviolables. Je le crois de même, car si je les avais reconnus faisant la moindre démarcbe qui ne serait pas à faire, je vous les enverriiis tout aussitôt. Le chevalier de Saint-Martin n'a rien qui l'oblige de venir ici. Pour Duplessis, il a quelque argent dans un coO'rc qui le fera repasser les monts, et lorsqu'il sera ici, il n'entrera non plus dans les lieux oil sont mes prisonniers, que s'il était un étranger, et je l'observerai de même ; comme je dois êlre alerte sur toutes choses, c'est une nécessité que je me méfie de tout pour n'èti'e pas trompé ; chacun me le pardonneraj s'il lui plaît. (A. G.)
A Plguend, ce il Hnier 16T3.
Ordre dv roi. De par le Roi, S. M. étant mal satisfaite de la conduite du sieur comte de Lauzun, capitaine de l'une des compagnies des gardes du corps de S. M., et ne voulant pas qu'il fasse aucune fonction de sa charge, 5. M. a fait très -expresses inhibitions et défenses aux lieutenants, enseignes, exempts et gardes de ladîle compagnie de le reconnaître en ladite qualité, à peine de désobéissance. Fait à Saint-Germain-en-Laye, le ^^ février t673. (B. 1.)