‹ Archives de la BastilleChapitre 30 sur 137 · LOUVOIS A H. DE SAINT-HABS · texte numérisé non relu

LOUVOIS A H. DE SAINT-HABS

N*nc)r, l«4wùt 1S73.

Monsieur, je vois par votre lettre du 20' de ce mois ' qu'étant forl incommodé et hors d'état de servir, vous étea obligé de demander congé; je vous prie de me faire savoir si c'est pour vous retirer entièrement du service du Roi et vous défaire de votrecharge, ou si c'est seulement pour aller vous faire traiter, afin que je puisse parler au Roi en conformité de ce que vous me manderez. (A. 0.)

M. na SAINT-KABS A L0DV0I8.

B uAt 1«73, Monseigneur, depuis celle que je me suis donné l'honneur de rendre compte le mois passé, il n'est venu à ma connaissance aucune chose de considération digne de vous être mandée. J'ai prié

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M. de SaÏDt-Léon de faire mettre en prison un bomme qui tient cabaret à la ville, pour ne m'6tre pas venu donner avis d'une valise qu'il tenait entre ses mains du nommé Plassot, laquelle était remplie de poisons bien connus et avérés ; mais comme cela ne pouvait regarder que moi seul, je n'en ai fait aucun compte, ne craignant non plus ce genre de mort-l& que tous les autres. J'ai fait mettre ce . boui^eoîs en prison seulement pour l'exemple, a&n qu'à l'avenir l'on me vienne dire tout ce qu'on pourrait avoir en ses mains cîes prisonniers que j'aurai en ma garde. Je crois que M. de Saint-Léon vous aura mandé comme j'ai mis en liberté le bourgeois. Tout ce que je le prie de faire pour le service, il le fait avec tant de promptitude et d'attachement que je suis obligé, Monseigneur, à vous dire qu'il n'y a pas un meilleur officier commandant en France que lui. Je pourrais bien vous répondre que tous les curieux qui pourraient venir en cette ville pour savoir des nouvelles de mes prisonniers que ledit sieur de Saint-Léon le saura, et les fera arrêter sur la supplication que je lui en ai faile ; si vous avez la bonté. Monseigneur, de lui en témoigner gré, cela l'obligera à faire l'impossible toute sa vie.

Je vous ai donné i.vis comme M. Foucquet était un peu malade ; de depuis, la dyssenlerie loi est venue de telle manière avec la lièvre continue, qu'il a failli en mourir; présentement il est bors d'affaire de l'un et de l'autre mal, il est sur pied et se porte de mieux en mieux tous les jours. Ce qui m'a bien donné de la peine, c'est que ses deux valets avaient le même mal que lui; ils en sont gaéris aussi, à la réserve de grandes faiblesses qu'ils ont.

Pour M. de Lauzun, il se tient toujours réservé avec moi, de même que je me suis donné l'honneur de vous le mander. Lorsque l'on a fait le feu de joie de la prise deMaestricbt', il me dit : Je vous prie de me dire si c'est la famille royale qui est augmentée, ou la prise de quelque prorince de Hollande. Je lui dis franchement que je lui avais dit lant de nouvelles l'année passée par mégarde, que je n'oserais plus lui en apprendre aucune. Il me dit là-dessus que je lui ferais plaisir de lui jeter dessus lui la dernière pelletée de terre pour parachever de l'enterrer, que je l'avais mis in pacê sans m'afoir jamais donné aucun sujet. Quant à tout cela, ce lui ai-je dit, je ne vous répondrai rien du tout; si vous avez besoin de quelque chose pour vos nécessités corporelles, je vous les donnerai prompte-

L Lmii XIV •tait pritHwtlricht leSJulUel-

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meot et avec plaisir. Quelques jours après cette conversatiOD, il me dit qu'il n'avait plus de cheveus et qu'il désirait fort d'avoir deux perruques de Paris, d'un baigneur qu'il me nomma. Je lui promis que je lui en ferais avoir. Comme l'on ne saurait y rien mettre sans que je le puisse voir, je le ferai avec votre permission, Monsei^eur. ainsi que pour ses vêtements et autres choses qui lui feront besoin. 11 m'a encore demandé une grAcc, qui est de faire conper les brandies des arbres qui sont devant ses fenêtres, qui lui empêchent, à ce qu'il dit, de voir le soleil, ni de recevoir aucun air dans sa chambre. Je lui ai dit que je ne le pouvais faire sans faire mourir tout entièrement les arbres '. C'est à vous, Monseigneur, à lui accorder des grâces, et à moi de vous rendre compte de tout ce que je fais et dis ici en la garde de mes prisonniers. Il a voulu savoir de moi fort adroitement si Mademoiselle était cillée cette année prendre des eanx comme elle le faisait autrefois pour des rougeurs et chaleurs de foie. Je lui at dit de bonne foi ce que j'en savais, qui est que Je n'en savais rien, et que je n'avais aucune connaissance ncc qui que ce soit à elle, si ce n'est Lebret, avec lequel j'ai servi en Hollande, mais que nous n'avions point de commerce. H me fait une mine, en croisant les bras, ou en se déboutoonaot, qui me fait de la peine à me retenir de sourire; il me dit avoir toutes les nuits un peu de fièvre, mais comme je ne m'; connais point, je lui ai demandé s'il veut voir le médecin; souvent il me répond que le médecin et moi nous avons si grand peur quand on s'approche de lui, qu'il aime mieux se passer de tout et souffrir jusqu'à la mort que de nous faire la inoindre peine du monde ; je lui ai dit que je prenais mes précautions de telle manière que je n'appréhende nullement que lui ni aucun ne me pût attraper sans m'en apercevoir très-bien. Vous faites un si beau et si bon métier que vous gagnez tout le monde. Aussi les regardai-je comme vos espions très-soumis et obéissants,... ». (A. G.)

Ia même au même.

Monseigneur, j'ai reçu celle qu'il vous a plu me faire l'hoonear

de m'écrirele 20 du mois passé, par laquelle vous me permettez de

1. « Vous poQTei lui dire, répond Louvota, qae vou» Teret couper peniUni M hiter tel touicbes de« irbre* qal l'iacommodeni, et voua pouvet kosii toi lûn venir le» perruques, n

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