MADAME FOUCQUET A LOUVOIS
Avril t67S.
J'ai cru qu'il était autant «le mon devoir que de mon inté> rët de me donner l'honneur de vous dire que j'adresse au révérend père de la Chaise la lettre que je prends la liberté d'écrire au Roi pour demander qu'un confesseur soît enfermé avec H. Foucquet. Cette prière, aussi juste qu'elle est chrétienne, est de sa compétence , et aura, sans doute, un succès favorable, si vous avet l'occasion et la bonté de l'appuyer de votre protection.
Si Dieu promet, Monsieur, de récompenser au centuple la moindre charité corporelle, quelle sera votre récompense d'ane charité telle que celle-ci, qui, dans ces circonstances, eu renferme de toute nature. -
Mon fils aura ces jours-ci l'honneur de vous faire ^à révérence i Paris; vous n'avez point de créature dont vous puissiez plus absolument disposer que de lui; je vous supplie d'en élre bien persuadé. (A. G.)
LOUVOIS A HADAVE FOUCODST.
A VerwillM, le 10 avril 1675.
Madame, j'ai lu au Roi la lettre que vous m'avez fait l'honneur
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de {n'écrire, maïs je suis bien Rkché d'être obligé de vous dire que S. M. ne juge pas à propos de laisser toujours un confessenr avec M. Foucquet. Je vous assure que je voudrais bien pouvoir contribuer en quelque chose à votre satisfaction, et qn'en ce qui dépendra de moi je vous témoignerai en toule occasion que je suis trësvérilablement, etc. (A. G.)
H. DE LA BAZtNIÈRE A GOIBEBT.
Monseigneur, ue trouvez pas mauvais si de temps en temps je prends la liberté de vous faire souvenir d'un malheureux qui souffre depuis tant d'années, et qui ne laisse pas d'espérer toujours dans votre bonté et dans votre justice. Je n'ai jamais eu toute ma vie une plus forle ambition, Monseigneur, que celle de servir sons vous, et je suis assuré que parmi tous ceux qui ont l'honneur de vous approcher, TOUS n'en trouverez aucun qui soil plus attaché que moi h votre service, ni avec plus de soumission et plus de fidélité; mais si mou destin s'oppose à un si grand bouheur, je ne demande pas mieux que de me soumettre & tout ce qu'il tous plaira m'ordouner.
O » Juin 1975.
LOUTOIS A MADAME FOQCOnBT.
A .VeiuillM, M S UQl 1079.
Madame, la lettre que tous m'avez fait l'bonaeur de m'écrire m'a été rendue; je souhaite si véritablement de pouvoir contribuer à votre satisfaction, que vous devez être persuadée que j'aurais beaucoup de plaisir de faire agréer au Roi la permission que vous demandez d'être auprès de H. FoucqueL, mais j'ai ordre si positif du Hoi de ne lui en point parier que je suis hors d'état de m'ei;nployer pour TOUS ; il faut que vous preniez soin de faire solliciter sur cela S. M. par quelqu'un qui ait la liberté de le faire ; je vous elssui'c que je souhaite de tout mon cœur que vous puissiez oblenii' Ki\Utgrice, et qu'on ne peut être avec plus de passion que je ne suis, etc. ^___ (A- *^-)
LOUVOIS A a. DE SAINT-HAHS.
A Vanaillei, lo 8 octobre 1679.
Votre lettre du 25* du mois passé m'a appris votre guérison aussitôt que votre maladie, dont je me réjouis avec voua. Je suis bien
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in POUCQUBT.
aise que vos prisonniers soient tranquilles, et qu'il ne se passe rien de nouveau à leur égard ; je vous prie de continner à me donner de leurs nouvelles et des autres choses dont vous croirez que je doive être informé. (A. 0.)
Le même au méiite,
A VeruillM, tu S Mceinbr» 1S7».
J'ai reçu avec votre lettre du 23* du mois passé les papiers qui ; étaient joints ; j'ai lu ce qui était écrit dans le billet séparé de votre lettre. Ce qu'il contient n'est pas une chose qui mérite de réponse, le Roi ne désirant point se servir des expédients qui j sont msi^ qués; vous pouvez néanmoins répondre à celui qui vous a parié que vous n'osez m'écrire de pareilles choses, cependant je vous prie de ne pas laisser de m'averlir de tout ce qu'il vous dira. (A, 6.)
». DE SllKT-MÀRS A LODTOIS.
Monseigneur, j'ai reçu celle qu'il vous a plu me faire l'honneur de m'écrire le i du courant, par laquelle vous- me marquez avoir fait lecture d'un billet que j'avais pris la liberté de vous envoyer séparé de ma lettre. Vous me commandez, Monseigneur, que Je dise à messieurs mes prisonniers comme je ne me charge de rien de vous mander ce qu'ils me parlent de leurs affaires; quoique je leur aie dit cela plusieurs fois, ils ne laissent pas de me redire toujours la mfime chose, par la pensée qu'ils ont que je vous donne avis de tout re qu'ils font et disent. Je vous avouerai. Monseigneur, que M. Foucquet m'a pris par mon faible, en me faisant entendre les grands services qu'il pouvait rendre au Roi et à vous, s'il avait la liberté de pouvoir voir madame sa femme ou quelqu'un de ces deux messieurs que je me suis donné l'honneur de vous mander. Mais puisque S. H. ne désire point se servir de ces expédients, cela finira là, puisque je leur ai dit, une fols pour toutes, que je n'oserais vous entretenir de telles choses sans permission.
Pour M. de Lauzun, il me demande toujours s'il n'; aura pas moyen de recevoir quelque grftce au bout de quatre années, retenu prisonnier dans une basse voûte, et si Je ne lui dirai pas des nouvelles de sa famille, ainsi que j'ai fait de ses amis qui sont morts. Je lui ai dit que si j'en savais quelques-unea, je lui aorais pu dire
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sans penser, comme j'ai fait par le passé, mais qne de bonne foi je n'eDlends non plus parler de ses proches que s'ils n'avaient jamais été au monde, et cela est aussi vrai -que je lui dis. Il me dit sourent s'il oserait me demander comme se porte la famille royale, et si Mademoiselle n'est point mariée ', et que ce sont là des choses que toutes les lavandières savent; je lui dis que gr&ce au bon Dieu S. H. se por{e bien et que c'est tout ce que je puis assurer de véritable ; il me demande à quoi il se divertit présentement; je lui réponds, à faire des conquêtes, et il me dit que toutes sortes de saisons sont bonnes an Roi pour cela, el qu'il a l'honneur de le connaître mieux que moi, et qne la saison d'ordinaire l'occupe à autre chose; puis après il me dit : Ne parlons plus de cela, si telle chose vous donne de la peine. Nous nous promenons, puis, après assez longtemps sans nous rien dire, et désirant me retirer, je lui demande s'il n'a rien à m'ordonner, et cela finit en nous faisant de grandes révérences. Voil^, Monseigneur, rous rendre compte au vrai delà manière que j'en use envers ces messieurs les prisonniers. Si je puis être assez heureux pour que ma conduite voua agrée, je continuerai toute ma vie volontiers, pourvu que vous me fassiez la grâce de me faire entendre que mes petits services ne vous dé* sagréeront point dans ce poste ici ; car, pour le service du Roi seulement, je ne fais point de doute que tout autre que moi ne fil encore mieux que je n'ai fait depuis quatorze années que je fais ce métier ici, tant sous défunt M. d'Arlagnan qu'ici oi> je suis depuis onze années. Comme ce temps-l& m'a empêché de m'avancer dans lesarmées, ainsi qu'a fait lout ce qui était moins en passe que moi, je TOUS demande en gr&ce. Monseigneur, de me donner quelque honneur ou la permission de me. faire casser la tête aux armées, oii j'ai toujours servi depuis l'âge de douze ans; je ne demande point de biens ni de revenus, mais seulement un peu d'honneur, on que TOUS me disiez que mes services vous agréent ici. En ce cas-là, je ne vous demanderai de ma vie de sortir d'ici, ni aucune autre chose, et je m'estimerai trop heureux de me sacrifier de tonte manière pour vous plaire et de me pouvoir dire votre créature trèsrespectueuse et très-soumise. (A. G.) A Pignanil, ce 18 décembre 1679,
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LOUVOIS A tt. DE SAIIfT-HAItS.
A Stlnt-Germaln, le 31 lUeembre itni.
J'ai reçu votre lettre du 18* de ce mois; l'on ne peut qu'approuver la conduite que vous tenez avec vos prisonniers, et vous me ferez plaisir de conlinner à me faire savoir ce qui se passera à leur égard. Pour ce qui est de vos services, le Roi en est bien informé, et S. M. connaît votre exactitude ; vous devez 6lre persuadé que dans les occasions elle vous en donnera des niarques, et j'y contribuerai, eu mon particulier, avec plaisir. (A. I.]
Le même au même.
A Saint -GflrmMn, le a iD*n lOTS.
Monsieur, j'ai reçu, par le courrier que vous m'avez dépëcbé, votre lettre du 24 du mois passé, par laquelle te Roi a appris, avec toute la surprise que vous pouvez vous- imaginer, que M. deLauzun ait été aussi près de se sauver qu'il l'a été <. S, M. ne vous sait aucun mauvais gré de ce qui s'est passé, étant tout aussi persuadée de voire exactitude et de vos soins pour l'exécution de ses ordres que vous pouvez le souhaiter; mais comme il est très-important à son service que les prisonniers qui sont entre vos mains soient gardés avec la sûreté qui vous a été prescrite, elle désire que vous trouviez moyen qu'à l'avenir pareille chose ne puisse plus arriver. Elle donné ordçe pour cela au sieur de Loyauté de faire faire à vos prisons les choses que vous croirez nécessaires pour vous mettre à couvert d'un pareil accident, et m'a commandé de vous recommander de veiller dorénavant avec tant de soin aux actions de vos prisoDuiers qu'ils ne puissent pas entreprendre aucun travail dans leur prison que vous ne le découvriez en même temps. Le plus sûr moyen pour cela est de faire des visites très-fréquentes, toujours à différentes heures, en sorte qu'ils puissent toujours appréhender d'être surpris en travaillant, au lieu que, de ta manière que vous en avez usé par le passé avec eux, ils étaient assurés que depuis qu'on leur avait porté le soir leur souper jusqu'au lendemain au matin ils pouvaient travailler en toute sûreté, sans appréhender qu'on entrât dans -leur chambre pendant ce temps-lù. Vous pouvez, de plus, faire au-dessus de toutes leurs chambres, même de leurs pri-
1. n M. Hr Lauiun itnh >on\ de Uciiadel'e,!! n'&vkit plus qu'a ne porte à puaer dit Htdeuioiwille dkna ms Hémolrea, la aeutiaelle d'on miigutD l'arrAta. *
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vés, des ouvertures par lesquelles vous puissiez voira quoi ils s'occuperoDt, afin de remédier aux cboses qu'ils feront, dans les premiers moments de leur travail.
S. M. m'a commandé de demander au sieur de la Motle-Lamire un plan du donjon par lequel l'on puisse comprendre de quelle manière M. deLauzun avait fait ce travail pour parvenir^ sortir du lieu ob il était; vous prendrez soin de vous éclaircir tout autant que vous pourrez de la manière dont il en était venu à bout, n'étant point croyable qu'il puisse sans outils avoir percé de gros murs ni miné des terres. Elle ne comprend pas non plus comment, après avoir percé la muraille du donjon, il a pu passer au travers du fossé dudit donjon et repercer sous la muraille qui sert d'enceinte au fossé, sans que quelqu'un de ceux qui vont et viennent ait pu s'apercevoir du décombre des matériaux qui sont sortis desdits murs et des terres qu'il a fallu tirer pour faire sa galerie.
L'intention de S. H. est que l'on essaye, tant en faisant discourir M. de Lauzun, s'il est d'humeur à le faire, qu'en interrogeant fréquemment ses valets, de découvrir la vente de tout ce que dessus. Vous m'enverrez par tous les ordinaires un détail fort ample de tout ce que vous aurez pu découvrir.
A. l'égard de la manière de garder H. de Lamun, l'intention de S. M. est qu'elle soit toujours la même qui vous a été prescrite, c'est-JL-dire qu'elle soit de manière que vous puissiez répondre h S. H. qu'il n'ait communication avec personne de vive voix ni par écrit ; que vous lui donniez un autre valet tel que vous le pourrez trouver, mais qui, étant une fois entré dans sa chambre, n'en sorte plus sous quelque prétexte que ce puisse être, sans un ordre de S. U. A l'égard du sien il mériterait une punition sévère, mais S. M. a bien voulu n'ordonner autre chose contre lui, si ce n'est qu'il soit mis dans un cachot pour y demeurer au pain et k l'eau jusqu'à nouvel ordre d'elle.
Je a'ai point trouvé dans votre paquet le morceau de corde dont vous me parlez , ainsi je ne puis savoir de quoi il est fait; mais, à moins qu'il ne l'eût du dehors, elle ne peut avoir été faite qu'avec son linge ; et afin qu'i l'avenir il ne puisse pas servir à un pareil usage, il ne faut lui en donner que pour ce qu'il en aura absolument besoin, et en le lui donnant en retirer autant de sale, en sorte qu'il n'en ait pas à l'avenir en quantité assez considérable pour pouvoir en faire des cordes, (A G.)
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me FOUCQOET.
L» mimt au m^fiw.
A Balot-Gennsln, la D inui iSTe.
J'ai i répondre à vos deux lettres des 36 et dernier du mois passé, avec la dernière desquelles étaient les plans et mémoires du sieur de la Motte-Lamire, qui ont Tort bien fait comprendre au Roi la manière dont H. de Lauzun a pensé se sauver. Je ne tous cèlerai point que S. M. en a été fort surprise, el A'y voir le long temps qu'il y avait qu'il ; travaillait et le peu de précautions que vous aviez prises pour prévoir an pareil accident, qu'il parait par ce que vous avez envoyé que H. de Lauzun a pu forcer un barreau et rompre
un ' d'une fenèlre, descendre dans un endroit plusieurs
toises plus bas que n'était la fenêtre par où il sortait avec une échelle de cordes, percer le mur, derrière lequel ayant trouvé quelques roches, il l'a percé en un autre endroit par lequel il est sorti, et qu'en tout ce travail il cachait les décombres dans une cour. Vous auriez pu prévenir cet accident en faisant des visites & diverses heures non réglées dans les appartements de M. de Lauzun et ne lui donaani que le linge absolument nécessaire pour son service journalier, et en allant visiter une fois toutes les semaines la cour sur laquelle ses fenêtres donnent.
Tout ce que je vous dis ne doit point vous faire de peur, S. M. voulant bien oublier tout ce qui s'est passé sur cela; mais vous avez un très-grand intérêt d'empêcher par toutes voies que pareille cbose n'arrive à l'avenir, et comme elle désire que M. Foucquet et H. de Lauzun soient gardés avec la même sévérité gui vous a été prescrite le jour qu'il vous ont été envoyés, vous vous appliquerez s'il vous plaît à le faire à l'avenir, qu'il ne vous eu puisse plus arriver aucua inconvénient. Rien n'est plus sûr pour cela que les fréquentes visites dans l'appartement de vos prisonniers à desheure!< non réglées, que de ne leur donner aucun linge que celui dont ils ont besoin, les obligeant de vous le rendre de jour en jour, et de ne sonffrir qu'ils aient dans leurs chambres aucune chose dont ils puissent travailler à perc«r quoi que ce soit, ne leur donnant que des couleauz si faibles qu'ils ne puissent s'en servir i autre usage qu'à couper leur manger, et quand ils en auront quelqu'un de rompu et qu'ils vous en demanderont d'autres, tes obliger toujours à vous rapporter les pièces de celui qu'ils vous diront n'être pins en état