‹ Archives de la BastilleChapitre 37 sur 137 · LE TSLUER À M. SE SAINT-MARS · texte numérisé non relu

LE TSLUER À M. SE SAINT-MARS

A ChiTilto, ce 19 m&I 1077.

Votre lettre du dernier du mois passé m'a élé rendue en l'abseDce de mon fils, qui est allé par ordre du Roi dans l'armée de Flandre; j'ai informé S. M. de ce qu'elle eontient, qui a loué l'application que TOUS avez pour découvrir ce que font et diseDt les prisonniers dont la garde est commise à vos soins; S. M. veut bieo que TOUS fassiez acheter les livres que le nommé Du Breuil de~ mande, et que vous les lui remettiez. (A. I.)

LOUVOIS A H. DE SAinr-HARS.

A Fonlaiuebleau, ce 6 septembre 1S77.

J'ai lu an Roi la lettre que vous m'avez écrite le 28" du mois passé; le Roi trouve bon que vous accordiez congé pour un mois au lieutenant de votre compagnie, qui a besoin d'aller aux eaux; et, comme vous ne sauriez prendre trop de précaution pour la sûreté des prisonniers que S. M. vous a conliés, il serait bon que vous vous lissiez informer des gens qui seront au lieu où cet officier T3 prendre des eaux, et des habitudes qu'il y aurait faites. (A. I.)

LE CAMVS A COLBBRT.

A Pirls, ce 7 Mptembte 1<IT7.

Dans un procès que H. de la Bazinière a contre M. Ronjault, auditeur de la chambre des comptes, la cours des aides a ordonné que, sous le bon plaisir du Roi, M, le Tellîer, conseiller rapporteur du procès, se transporterait à la Bastille et aux autres lieux oix sont en dépôt les papiers de la chambre de justice, pour eo tirer quelques extraits des registres de l'Épargne absolument nécessaires pour le jugement de ce procès. Mais , comme cet arrêt ne se peut exécuter sans les ordres de S. M., les parties me sont venues trouver pour me prier de me donner l'honneur. Monsieur, de vous en informer, et de vous supplier de savoir la rolonté,du Roi. Je crois. Monsieur, que vous n'y trouverez pas de difficulté , cela n'allant qu'au bien de la justice; je tous envoie autant (àe) do dispositif de l'arrêt. Il est nécessaire que vous ayez, Monsieur, une expéditioQ en forme pour dresser les lettres de cachet, ou un arrêt du conseil; je vous l'enverrai. (B. I.)

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FOnCQUET. 197

M. ISIBU ', AVOCAT, A

NOTembre IST?.

Noos arrivâmes à Pignerol *, un dimanche, à huit heures du matin; nous y trouyimes les portes fermées. M. le marquis d'Herleville, qui est gouverneur, faisait faire l'exercice aus troupes qu'il y a de* dans, lequel d'ailleurs fait faire une garde aussi exacte que s'il avait les ennemis à la porte. Il fut averti qu'on était lâ, et un moment après la porte étant ouverte, madame de Nogent alla droit à l'église, et M. le chevaher de Lauzun et mol fûmes voir le gouverneur, qui nous reçutavecbeaucoiip de témoignages de considération, et nous dît qu'ayant su depuis deux jours que nous devions arriver, il avait cru, comme les logis de h ville sont mauvais, devoir nous donner des logements; que madame serait logée chez un M. Delaville, ti. le chevalier chez le major et moi chez M. le commissaire du Roi. Ensuite madame la marquise d'Herleville, femme de M. le gouvei^ neur, fut à l'église prendre madame la comtesse de Nogent, et nous allâmes dîner chez M. le gouverneur, où M. de Saint-Mars, qui commande au donjon de la citadelle oîi est détenu M. le comte de LauzuQ, étant venu sur les quatre heures voir madame de Nogent, lui dit que M. son frère était malade de la fièvre et d'un rhume sur la poitrine, il y avait dix ou quatorze jours, mais qu'il en serait bientôt guéri, et qu'ainsi il ne pouvait pas sortir de sa chambre ni être en état d'entendre parler d'affaires ; il fallait donc attendre jusqu'au -vendredi suivant. Cependant, par précaution, madame de Nogent et M. son frère commandèrent à nos gens de ne voir ni s'enquérir d'aucun soldat ni habitant de la ville des prisonniers qui sont au donjon, et de ne sortir que peu de la maison.

Le vendredi étant venu, nous moat&mes à la citadelle avec H. te commissaire, où nous dtnâmes, et, avant dîner, H. de Saint- Mars me fit la faveur de me mener seul dans sa chambre, où il me

1. Itmra Grctei; Il dUtt satrefols coddd dsni le monde its précieaHS foni le nom d'Iuneniai. a C'est un homiiie qui viilia plusieura préciouMi illiuira, à qui Il montre lontei 1rs ulouleriefl qu'il fait chaque jour. 11 réussit biea on prose et en Tera, «t poar cette nïtoon il est esllmt d'ellsa, ■ dit le Dictionnaire des précieiuei. Il moarot en 1W9.

2. En 1677 Lauiuh perdit son I^re tlai; 11 deriat pu lï le chef de la Tkaiille, et madame de NoEerit, sa fldële gceur, obtint la permiasion d'aller avec an avocat k Plgner») décider le parti I prandre eur le« affaires de la saccessioa.

Le fiiads Clérambaut, de la fiiOliotbéquo impériale, reolenne la copie d'une de cee eonHreaces, écrite par Isariii dou* afons cra devoir la reproduire.

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198 fOUOUUËT.

moDlra l'ordre du Roi que je lus, et me pria de m'j coDfurmer; ce que je lai promis sans peine, non-seulement par le respect et la soumission que je dois aux ordres du Roi. mais encore parce qoe je n'av&is point reconnu en madame de Nogent rien qui me pitt seulement donner un soupçon contraire. Hais pour montrer de mon chef un désir d'obéissance exacte, je dis à M. de Saint-Man tout ce que j'avais à dire, et le priai d'agréer de l'entendre lire; il le trouva boa, et je lui lus d'un bout à l'autre; il me dît en me flattant que cela était très-bien , et loua ma précaution. II m'eo demanda une copie; M. le commissaire, qui l'avait déjà vu, le Bt transcrire par son secrétaire, et je la lui donnai.

L'heure de deux heures étant venue, M. de Saint-Mars, ayant fait retirer tout le monde, nous pria d'entrer dans sa chambre, oh l'on rangea sis chaises autour d'une table, et M. de Saint-Mars étantsorti, revint un moment après, menant H. le comte de Lauzun, le soutenant sous le bras, car il ne pouvait guère bien se soutenir, soit à cause du grand air, de la grande clarté, ou de la faiblesse de sa maladie. A cette vue, j'avoue. Monsieur, que nous fûmes touchés de pitié, car nous remarquâmes en lui une contenance si abattue, un visage si pAle autant qu'il nous put paraître sous une barbe et une moustaches fort longues, des yeux si remplis de tristesse et âelan* gueur, qu'il serait impossible de n'être pas ému de compassion; je ne saurais vous exprimer la douleur de madame sa sœur et de monsieur son frère. On lui présenta une chaise' près du feu, devant le jour, mais il la retira, disant d'une voix basse et en toussant que le trop grand jour lui donnait dans les yeux et le feu dans la lète. M. de Saint-Mars le plaça contre le jour, il se mit & son cAté et M. le commissaire à l'autre, moi à côté de M. de Saint-Mars, ayant mon écrit devant lui sur la table. Madame de Nogent ne pouvait contenir ses larmes et nous fûmes quelque lemps sans parier, après quoi je dis à M. le comte de Lauzun ce que vous verres dans l'écrit que je vous envoie et dont je .donnai copie & H. de Sainl- Hars,

M, le comte de Lauzun m'écouta assez attentivement, et, après, me dit qu'il ne savait pas qui était celui qui lui parlait, ni de la part de qui il lui parlait. Je lui dis ce que j'avais déjà dit, qu'à la prière de madame sa soeur et comme son serviteur et d'elle, ayant consulté ses affïiires, j'étais venu exprès pour le servir et que le Roi l'avait agréé. Il me répondit pour lors que je pouvais continuer i

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FOUCQUKT. 190

lui parier, etaprds que j'eus exposé la qualité d'bériliersubstitué, il me dit assez froidement qu'étant depuis six ans, et commençaDt la septième, dam une prison fort étroite, n'ayant ouï parler d'afikires depuis un si long espace de temps et n'ayant jamais vu qu'une seule personne, il avait l'esprit si bouché et l'intelligence si obscure qu'il lui était impossible de comprendre rien à tout ce que je lui disais, qu'il n'avait été occupé depuis tant d'années qu'à songer h déplorr'r son propre malheur, sans avoir jamais fait aucune réfleiiion sur ses affaires parliculiëres ni sur celles de sa maison; que tout lui avait si fort échappé de la mémoire qu'à moins qu'il ne pût conférer privémeot et particulièrement avec sasoaur, quelque art que j'y apportasse pour lui faire comprendre et pour l'obliger à prendre une qualité dans ses affaires, il m'avoua avec ingénuité qu'il ne comprendrait jamais rien à tout ce que je disais, que cela venait de sa faute et non de la mienne; qu'il avait une extrQme obligation d'avoir obtenu de la bonté du Roi la gr&ce de la voir, qu'il avait une sensible joie de sa vue, qu'elle était la persoime du monde qu'il aimait le plus et en laquelle il avait le plus de conflaoce, qu'il lui était bien obligé d'avoir voulu entreprendre un si long et si pénible voyage pour l'amour de lui; qu'il souffrait une extrême douleur, non de la dureté de la prison, mais d'avoir déplu au Roi, qu'il espérait pour* tant en sa grâce et eu sa miséricorde, et là-dessus étant attendri et les larmes lui étant venues aux yeux, il y porta son moucboiretl'y laissa longtemps. Madames.isœurfutsi touchée et attendrie qu'elle fondit aussi en larmes ; il fallut pardonner ces premiers mouvements . à leur juste douleur et donner le reste de l'heure à ce triste office. M. le comte, étant revenu le premier, demanda si l'heure marquée jiar l'ordre était passée, et M. te commissaire lui ayant dit qu'il restait encore un demi-quart d'heure, il dit qu'il valait mieux le pren dre sur lui que manquer d'obéir aux ordres du Roi, et en même temps s'étant levé, il se retira, sans rien dire, avec M. de Saint-Mars. Madame de Nogent, ne pouvant plus se contenir, éclata en pleurs et en gémissements avec tant de violence qu'elle perdit tout sentiment et tomba évanouie ; et après une heure, à furce de tirailler el de lui verser de l'eau et du vinaigre, elle revint un peu; nous la mîmes dans une chaise à porteurs, et, étant chez elle, on la coucha dans le lit, n'ayant voulu voir personne jusqu'au lendemain, H. le chevalier son frère, aussi affligé qu'elle, alla chez lui et se coucha malade; moi qui n'étais pas moins touché qu'eux, je fus avec M. le

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SOO FOUCQUET.

commissaire dans ma chambre, d'où M. legou?erDeurmetirapoiir

aller souper chez lui.

Le lendemain je fus voir madame de Nogent, qui se portait assez bien, et M. le chevalier qui était aussi remis; nous montâmes en* semble avec M. le commissaire à la citadelle, et à deux heures M. de Saint-Mars, ayant observé le même ordre du jour précédent, mena le comte de Lauzun dans la même chambre. Je le troarai moins entrepris que le jour d'auparavant, et nous étant assis, je lai exposai la 2* partie de mon discours et la qualité de donataire. Après m'avoir écouté il me dit les mêmes mots du jour précédent, qu'il ne pouvait rien comprendre à mon discours, et que, ne pouvant pas privément et famihèremenl conférer avec sa fcenr, il n'a< vait point de choix à faire, ayant oublié toutes ses affaires, qui ne lui pouvaient revenir dans l'esprit s'il n'en conférait avec sa sœur. 11 me dit pourtant avec beaucoup de jugement et de clarté d'espnl, car, si son corps est abattu, son esprit ni son jugement ne le sont pas, et on voit bien à son raisonnement et à ses expressions propres et précises qu'il n'a rien perdu de sa vivacité et de ses lumières ordinaires, il nous ût, dis-je, comprendre qu'il n'était peut-être pas à propos de poursuivre ses affaires dans un temps, où ses créanciers étant puissants en créditetpouvant poursuivre personnellement leurs affaires, les juges pourraient peut-être leur &tre plus favorables qu'à lui, qui est un misérable disgracié dont les affaires sont abandonnées ; qu'il se souvient que M. de Roquelaure a feint de consigner 60,000 livres, n'ayant baillé qu'un billet de la Brilfe, que le receveur le lui avait autrefois avoué; que moi qui l'instruis des affaires de sa maison ne lui dis pas les créanciers ni les sommes qui sont dues, ni où trouver des effets pour les payer; qu'il avouait que cela était d'une grande discussion et que, ne pouvant conférer privément avec sa sœur et son conseil, il ne pouvait juger quel parti serait le meilleur à prendre, n'entendant pas tout ce que je disais; qu'à l'égard de ses elîets particuliers il ne savait ce qu'ils étaient devenus, que sa charge lui avait coûté 500,000 livres, et Ût un détail d'où il avait tiré cette somme; qu'on lui avait dit que le Roi avait fait consigner 400,000 livres; qu'il n'avait rien à dire à cela, qu'il avait de l'argent dans sa cassette et des billets des trésoriers de ses appointements; qu'il ne savait pas qui l'avait, ni qui se mêlait de ses affaires. Et sur cela, madame sa sœur ayant demandé tout bas à M. de Saint-Mars si elle pouvait lui nommer M. Rollinde, et le lui ayant permis, elle lui dit

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que M. Kollinde avait sa cassette, M. le marquis de LouTOis, de l'ordre du Roi, la lui ayant donnée, et qu'il avait soin de ses affaires, ayant payé à des tnarchaads quelque cliose qu'il leur devait. Il répondit : Ua SŒur, ne pouvant prendre aucun parti, j'aurai plutftt fait de vous donner mes blancs signés ou une procuration générale, ayant une entière con&ance en vous, et ne voulant Taire du bien à mes frères ni à personne des miens que par votre conseil, et ayant intention d'en faire à votre famille et surtout à mademoiselle de Bautru, ma filleule, que j'aime fort; qu'& l'égard du revenu de ses biens il fallait en mettre une partie à réparer la maison de Lauzun ou en bailler à sa mère, si elle était vivante, ce qu'elle voudrait, un peu à ses frères et à ses sœurs religieuses; que pour sa portion il n'avait besoin de rien et qu'on la donnât aux pauvres; que ne pouvant plus rien faire à ses affaires il les fallait abandonner à la divine providence, qu'il nous priait pourtant tous de ne prendre pas ni d'expliquer ce mot d'abandonnemcnt à mauvaise part ni dans un sens contraire à ce qu'il entendait, parce que ce n'était ni par chagrin, ni par désespoir, ni par inquiétude qu'il le disait, qu'il voulait assister sa famille et n'y manquer pas, mais que, ne pouvant conférer privément, car ce sont ses mots, qu'il fallait qu'il abandonnât ses affaires, qu'il nous priait de le faire entendre ainsi. Il dit, après, que cet abandonnement était de nécessité et non de volonté, et ayant fort toussé, il dit que pour sa santé il ne fallait pas s'en mettre en peine, qu'il avait contracté un si mauvais air dans sa prison, qui était si froide el humide que même tout y pourrissait, jusqu'au pain si on l'y laissait vingt-quali^e beures, qu'il n'espérait pas d'en revenir jamais, mais que c'était sa moindre peine, ayant de plus cuisantes douleurs à soutenir; qu'il avait obligation à M. de Saint- Mars, lequel lui avait sauvé la vie trois fois, et qu'il ne pouvait pas le blftmer puisqu'il faisait son devoir; et ayant mis son mouchoir devant les yeux il demanda si son heure était passée, et lui ayant été dit qu'il restait quelques moments encore, il se leva et se retira sans rien dire. Madame sa sœur, couverte de pleurs, revint à son évanouissement,- d'où étant revenue une heure après, on l'emporta dans un lit jusqu'au lendemaio.

Le dimaoche dernier d'octobre, à 10 heures du matin, nous retournâmes & la citadelle avec M. le commissaire, qui était toujours avec moi, et après dîner, à l'heure accoutumée, le même ordre des jours précédents ayant été observé, H. le comte de Lauzun étant

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202 KOUCQUET.

venu avec M. de Saint'^ars, je contiQuai à dire à H. de LauzuD qae c'était te troisième jour oii je devais loi expliquer la qualité d'hérilier au béoéflce d'inventaire, avec le bien et te mal qui pouraît se rencontrer dans cette qualité. Il écouta patiemment tout ce que j'avais à dire, en témoignant pourtant n'Atre pas de mon avis; et après répondant, il me dit comme il avait déjà fait, qu'il n'avait pu ni ne pouvait jamais rien comprendre à ce que je lui disais, qu'il m'en avait dit les raisons, et qu'enfin il ne pouvait pas.montrer plus de bonne volonté à sa famille que donner des blancs signés à sa seeur ou une procuration générale pour Taire tout ce qu'elle trouverait bon, et, s'adressant à elle : Je vous dirai demain, ma sœur, à fjuoi cela est bon ; et après quoi il demanda à H. de Saint-Mars et à H. le commissaire s'il pouvait s'informer des personnes de sa famille. Ce qui lui ayant été accordé, il demanda si sa mère était en vie et si ses frères servaient le Aoi, si madame de Nogent avait grande famille, qu'il souhaitait lui faire du bien s'il le pouvait, el surtout i safllleule;queponr$asœnrdeBelzunce, il n'avait en vue, en acceptant la succession de La Force, que délai donner des avantages qne H. le duc de La Force lui avait faits dans sa disposition ; el M. le cbe> valier son frère lui ayant appris l'état des personnes de sa maison, que sa mère était vivante, qu'il la devait aller voir après l'avoir quitté, que son frère el lui servaient le Roi avec beaucoup de zèle et de fidélité, que sa sœur de Nogunt avait deux fils et deux filles, et son autre sœur autant, que l'atnée de madame de Nogent était belle. 11 demanda alors si celle-ljt était sa Qlleule; on lui répondit que non. Il demanda aussi si son fils aîné était aussi bien fait ^e celui qu'elle avait perdu il y avait sept ans. Ha iame de Nogent lui dit que oui et qu'elle avait dessein de mettre ses filles en religion ; il l'a priée de n'en rien faire avant, que Dieu leur donnerait celle inspiration si c'était pour sa gloire et leur salut, qu'il voudrait leur faire du bien et principalement à sa filleule, et n'être pas un obstacle A la fortune de ses fibres. Revenant ensuite aux affaires, il dit qu'il fallait qu'on dressAt une procuration générale; on lui répondit s'il trouvait bon qu'on lui lût une minute que son conseil de Paris, composé de MM. Champion, RollindeetCboumfau, avaient trouvée raisonnable, et que madame sa sœur et moi avions consultée h Paris. Mais il dit, après l'avoir lue, qu'elle n'était pas selon son intention; et alors nous fîmes devant lui im brouillon d'une procuralion générale qu'il trouva bien, à l'exception des mots de : puissant

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FOUUIUET. S03

seigneur, et de : comte de Lauzun, qu'il fit rayer, et demaniia ensuite si l'heure était passée; et bien qu'elle ne le fût pas tout A fait, il ne laissa pas de se lever comme il avait fait tous les autres jours et de se retirer avec H. de Saiot^Mars. Madame de Nogent s'alla coucher à l'ordinaire, accablée de douleur.

Lo lendemain lundi, premier novembre, nous remontâmes à la citadelle, où les mAmes cérémonirs ti ordre ayant été observés, M. de Saint-Mars mena M. de Lauzun dans la chambre accoutumée. Je lui dis que je l'avais assez informé pendant les trois dernières journées des affaires de sa maison, que nous u'avions plus qu'un jour pour prendre sa résolution, et que la procuration qu'il désirait donner étant dressée, qu'il n'avait plus qu'à nous témoigner ses intentions touchant ses affaires. Il me répondit comme il avait toujours fait, qu'il n'avait rien compris à tout ce que j'avais dit; que, ne pouvant conférer privément avec sa sœur, it faliaitqu'il abandonnAt ses affaires; cet abandonnemeut n'étant 'pourtant pas volontaire, ayant au contraire intention de donner tous ses soins à sa famille, aussitôt qu'il le pourrait faire, et que c'était avoir donné ordre A tout que de donner une procuration générale A sa sœur. Ensuite il s'adressa A elle et lui dit : Ma sœur, voici ce que j'avais h tous dire : Je TOUS supplie de Toir le Roi et de lut dire que je n'ai Jamais été ni ne serai contre son serTice, que je serai toujours un Irès-fldèle sujet, qu'on ne m'a jamais tu tailé dans aucune intrigue de cour, que j'ai et aurai toute ma vie une douleur trës-amère de lui avoir déplu ; que j'espère en sa bonté et en sa grâce et en sa miséricorde; qu'il m'avait comblé de biens et d'honneurs, que je n'ai plus besoin que de sa grAce, qu'il m'avait tout donné et qu'il est le maître de m'ûter tout. Je supplie trës-humblement S. M. d'avoir pitié de moi et d'agréer que je la serve en quelle qualité qu'il lui plaira, oe fût-ce qu'une pique à la main. Dites^lui que j'ai peine à croire qu'elle veuille accabler un pauvre gentilhomme dont les affaires ou celles de sa maison sont absolument ruinées, je suis pourtant dévoué A ses volontés et à ses ordres, que je vous ai baillé une procuration générale pour donner la démission de toutes mes charges en ses mains, que s'il en faut de plus expresses je les donnerai et obéirai toute ma vie avec respccr et humilité A ses commandements, et enfin , que je m'estimerai trop heureux ti'it avait la bonté de me laisser ma charge. Vous direz aussi au marquis de Louvois que je suis son très-humble serviteur, que si je l'ai offensé je lui en

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toi PoncQuer.

demande pardon, que j'espère de sa bonté qu'il me rendra ses bons offices anprès du Rcu, que je n'ai refusé autrefois la démission de mes charges que parce qu'il ne m'avait pas euvoyé une personne de confiance, qu'aujourd'hui que je vois la personne en qui j'en ai le plus je lui donne, mCme sans en être requis, une procuration générale pour faire mes démissions ; je vous prie de lui faire bien comprendre cela. Je vous supplie aussi de vouloir accomplir un vœu que j'ai fait de fonder trois lits pour les pauvres de l'hfipita] de Paris, ou à Paris ou ailleurs oîS vous jugerez que l'aumÔDe sera plus agréable à Dieu; prenez de mon argent le plus clair pour l'accomplir, et en quelque liru que vous le fondiez, employez-y la même somme que si vous le fondiez à Paris. Je prétends aussi que toutes mes dettes soient acquittées et qu'il n'y ait personne qui perde rien. Je vous ai tout dit; allez-vous-en demain. Dieu par sa gr&ce vous conduise. Je prie mon frère de vous accompagner, et lui et H. Isam d'avoir soin de votre santé. Ne m'écrivez point et ne m'envoyez point de mémoires, tout cela est inutile et ne sert de rien ; on ne fait que me les lire, et cela ne me reste pas dans l'esprit.

U ajouta encore : Ayez pitié de moi en vous conservant etmelteivous bien en mémoire tout ce que je vous ai dit; priez Dieu pour moi et espérons en la bonté et miséricorde de Dieu et du Roi.

Madame de Nogeot lui demanda à genoux de pouvoir lui baiser la main, mais il lui dit que cela ne lui était pas permis; et se len brusquement, et lui ayant encore dit que Dieu l'accompagnftt, il se retira nous ayant salués fort civilement ' .

Nous fîmes nos adieux à M. et & madame de Saint-Mars, et partîmes le lendemain, 2 novembre, de grand matin, M. le gouverneur étant venu lui-même Paire ouvrir les portes et les refermer après. Nous fûmes coucher i Broussarl, à neuf lieues de Pignerol.

LOOVOIS A M. OE SilHT-MAHS.

A SklDt-GennaiD, le 33 décembre tei7.

J'ai reçu votre lettre du 10* de ce mois. Vous pouvez faire donner à M. de Lauzun l'babit qu'il vous a demandé.

a Moue dans oetta «uimaf.

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FOUCQDET. SOS

n D'y a pas d'tacoDvéoient de dire & H. Poucquet la nouvelle de la promotion de H. le chancelier'; au surplus, tous lui donnerez toutes les choses nécessaires pour son soulagement. ' (A. I.)

LOirVOIS 1 MADAME FODCQUET.

A Ssint-Germain, le 37 décembre 1S7T.

Madame, j'ai reçu la lettre que tous m'aTez fait l'honneur de m'écrire le 18* de ce mois. La grâce que le Roi afoite h H. Poucquet, detrouTer bon qu'il prit l'air, vient de la bonté seule de S. M., mais j'ai exécuté avec beaucoup de joie l'ordre qu'elle m'a donné de la mander à M. de Saint-Mars, et je vous supplie d'être persuadée qu'en tout ce qui pourra dépendre de moi je tous témoignerai toujours combien je suis, etc. (A. 0.)

LOrVOIS A H. D£ SAINT-MARS.

A Silnt-Cerinain, le 39 d^einbK 1077.

J'ai votre lettre du 18* de.cc mois. Je pourvoirai incessamment à votre remboursement de la dépense contenue au mémoire qui y était joint. Il ne faut pas vous dispenser de me mander exactement tout ce que vous diront vos prisonniers, (A, 1.)

Le fàéme a» même.

A Nancy, ce M féTrler 1678.

Votre lettre du 12* de ce mois m'a été rendue avec celle de M. Poucquet qui y était jointe, quej'ai fait tenir à madame sa femme. Continuez à me faire savoir exactement tout ce que vos prisonniers vous diront. (A. I.)

I^ même au même.

Au camp, duvaat Gond, ce 5 mtn 167S, Votre lettre du IS* de ce mois passé m'a été rendue. Continuez à me faire savoir l'entretien que vous avez avec vos prisonniers ; je ne vous (lis rien sur la proposition du sieur Dubrcuil, parce que je suis bien

I. Le Tellirr iTail tti aimmi chancelier de France t la pl*ce de H. d'Aligre.

Le Bai tanaii d'uccorder k Lauiun ei h Foucquet la liberté de «e toir et de te promeuer lur les remparla de la ciladelle, et menie de Jouer irec lei orOcierai Laumn put recetoîr lu visite de sa saur et de son Trère. Tout ce détail a étâ pubUd par Delort.

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persuadé que tous n'avez g;arde de faire an pareil pu sans l'ordre

de S. H.

Dites à M. Foucquet qae le Roi est devant Oand et qu'apparent ment la ville et le château seront pris dans six jours. (A. I.]

Le tnéme au même.

An camp, aamGuid, le 11 man ISTB.

J'ai TU par votre leltre du 16* du mois passé le dernier entretien que vous avez ea avec vos prisonniers à la promenade que tous leur avez fait faire ; continuez à me donner part de tout ce qu'ils vous diront, et à ne leur faire "Savoir que les choses que je vous mande pour eux. (A. G.)

LOUVOIS A M. FOtCgUET FILS.

An camp d'Ypre*, le 30 m«n 1«T8.

J'ai lu au Koi la leltre que vous avez pris la peine de m'écrire le 1" de ce mois; S. M. m'a témoigné être surprise de la difHcullé que faisaient MM. les ofUciers généraux de soulTrir que vous servi siez auprès d'eux, parce qu'elle n'a point témoigné qu'elle l'cAt désagréable'. (A. G.)

LOUVOIS A H. Dl SAINT-MARS.

A Saint-GermalD, l« 11 ■nll isTS.

J'ai reçu votre lettre du 6* de ce mois. Je n'ai rien à ajouter à ce que jp vous ai mandé à l'égard du gouvernement de Thiouville, que S. M. persiste k désirer qu'il ne soit pas vendu. Cela ne vous doit pas empêcher de chercher à traiter d'un autre; vous observerez seulement, auparavant de conclure votre marché, de me Taire savoir les propositions que l'on vous aura faites, alin que vous ne tombiez pas dans un inconvénient pareil à celui oh vous vous êtes trouvé cette fois-cî. Au surplus, vous devez être persuadé que je vous servirai toujours en ce qui pourra dépendre de moi, et que S. M. est disijosée à vous donner des marques de la satisfaction qu'elle a de vos services. (A. G.)

1. Lra géoéraui craigDuenl de h eoinprometira ea accueillant les Dis da prÎMiioiiT, ei ils «Tiicnt raison ; celte lettre de Lonroh n'est qu'une Mpêdie olndalla, le Roi ne poiivuil MufTrircei malheureui Jaunea gent.

D.qilizMb,G00>^le

Le même au même.

s mai 1ST8.

Le gouveroemeot Ae Philippeville ne tous couTient pas, parce qu'il désirait une résidence actuelle; le Roi ne yous permettra pas d'en traiter. {A. 0.)

Le même au même.

A Saint-GoritiKiii, le B moi 16TB.

J'ai reçu votre lettre du 30 du mois passé, qui ne désire point ite réponse à l'égard de vos prisonniers, puisqu'il n'y a rien à changer aux précautions que vous prenez pour leur sûreté. (A..1.)

LOUVOIS Â MÀDÂMB rODCQVffT.

Samt-Gi>niiiin, le 31 juillet ICTB.

Madame, j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 24* de ce mois; je suis bien ^ché de vous dire que le Roi n'a pas voulu vous accorder la permission que vous demandez de vous rendre à Paris pour y solliciter le procès que vous avez contre M. le cardinal de Retz, mais S. M. a trouvé bon que vous TOUS servissiez de lettres d'Ëlat, si vous le jugez à propos. CA.O.)

L0UV01S A H. DE SAIHT-HARS.

A FonMlnPbleau, ce 29 août 1978. J'ai reçu votre lettre du 20" de ce mois, qui m'apprend que vos prisonniers sont en assez bonne santé et qu'ils ne vous ont rien dil de nouveau dans les entretiens que vous avez eus avec eux; l'on ne peut que louer voire exactitude, et je vous recommande de continuer à m'informer de ce qui se passera. (A. I.)

Le même au même.

A Foattiaebluu, ce 10 septembre 1078.

Votre lettre du dernier du mois passé m'a été rendue. L'on ne peut qu'approuver le soin que vous prenez de faire donner à vos prîsoDniers tous les soulagements dont ils ont besoin pendant leur maladie, et je vous prie de continuer à m'informer de l'état de leur santé, et de l'entretien que vous aurez eu avec eux. (A. i.)

D.qitizeabyG00l^lc

ÎOB FOUCQUET.

Le mime au mime.

A FoatuDebluu, le 3A KpMmbn 1A7S.

Votre lettre du 19* de ce mois m'a appris l'eDtiërc guérison de M. Poucquel, et la continuatioa de la maladie de M. de Lauzun. Je TOUS recommande de prendre grand soin de lui et de me faire tonjours savoir ce qui se passera. (A. G.)

LOnvOIS A FOUCQDXT.

A SiiDt-GeriDtin, le 33 décembre 1078.

Monsieur, c'est avec beaucoup de plaisir que je satisfais au com* mandement qu'il a plu au Roi de me faire de tous faire donner avis que S. M. est en disposition de donner dans peu de temps des adoucissements fort considérables à votre prison; mais, comme elle désire auparavant être informée si le nommé Eustache, que l'on TOUS a donné pour vous servir, n'a point parlé, devant l'autre valet qui TOUS sert, de ce à quoi il a été en^ployé auparavant que d'ëlre k Pignerol, S. M. m'a commandé de vous le demander, et de vous dire qu'elle s'attend que saos aucune considération vous me manderez la vérité de ce que dessus, afin qu'elle puisse prendre les mesures qu'elle trouvera plus k propos sur ce qu'elle apprendra par TOUS que le dit Eustache aura pu dire de sa Tie passée à son camarade. L'intention de S. M. est que vous fassiez réponse à cette lettre, eu votre particulier, sans rien témoigner tle ce qu'elle con* tient à U. de Saint-Mars, auquel je mande que le Roi désire qu'il

TOUS remette du papier et '. Je prends une part sincère à

la joie que te commencement de cette lettre vous doit donner. (A. G.)

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