‹ Archives de la BastilleChapitre 7 sur 137 · La tmts de cetu Isttre eit prMqne IDiiIble · texte numérisé non relu

La tmts de cetu Isttre eit prMqne IDiiIble

S. Lkuna ëtait sorti de I* Bwtllle «a moli de décembre (DOS. Le Roi, qol H m ■onciait plu de DUdmne dé Hoduo, pirdooiift ricilement à loa ravori oa ii>aiK(n

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FOUCQDET. »

qu'il poisse se rendre auprès de toqs anat que le prince de Monaco', qui partit hier de Paris en poste pour aller à La Haye, y paisse être arrivé. Le sqjet qui m'y ot>lige n'est autre que la seule amitié et bonté que j'ai pour le maréchal de Orammont, et pour toute sa maison, et vous remarquerez aisément vous-même qu'en ce rencoDtrc j'agis comme un particulier et non pas comme roi. Car, en cette dernière qualité, je n'aurais qu'à laisser aller les choses sans m'en mêler, et ch&lier ensuite sévèrement ceux qui m'auraient offensé moi-même en contrevenant à mes édits, ou aux lois du royaume. Pour vous expliquer tout cela, il me faut reprendre les choses de plus haut, vous raconter un fait, comme il s'est passé, et TOUS apprendre les suites qu'il a eues, mais qu'il peut encore avoir bien plus f&cbeuses, si on continue à prendre les choses de travers autant qu'on a fait jusqu'ici.

Vous saurez donc que lundi dernier, étant & Versailles, on jouait dans le salon un bijou de douze cents pistoles, et que les dames étaient toutes assiseâ à terre sur un plancher fort net pour y être plus fraîchement. J'étais debout et regardais le jeu avec quelque application pour voir qui le gagnerait. II arriva que m'étant retiré de deux pas pour mieux voir, ceux qui se trouvèrent entre moi et le mur furent obligés de quitter ce poste, et entre autres Puyguilhem, lequel, sortant de ce lieu-là avec quelque b&te pour me faire place, marcha malheureusement, par hasard, sur une main de madame la princesse de Monaco, qu'elle avait, comme j'ai dit, sur le plancher, pour s'appuyer, mais qui était couverte de sa jupe en sorte qu'on ne pouvait pas même la voir, circonstance fort remarquable pour tout ce que vous apprendrez dans la suite. Ladite princesse Alt quelque temps à regarder ses doigts et & les montrer aux dames qui étaient près d'elle, se plaignant qu'on lui avait fait mal; et tout d'un coup, ayant haussé la voix, cl remarqué que c'était Puyguilhem qui lui avait marché sur la main, elle se prit à pleurer, se leva de là, jeta par terre avec colère un livre qu'elle tenait, et se

de mpect, uwi eienaable; mati Lkiunn ftvilt coaienrd u» ruieaae eiutaifl tODtn rinfldèle qai l'sTftit abandoDDé et felt meure en priWD ; il élmlt braUl, et M Tenges.

1. Louis G rimai di, prtnce deHonsco, duc de Valeuiiaoii, maïquit de B»ui, etc., colonel dei perdes, né le 15 Juillet 1691, ambassadeur 1 Rome ea lew); il j mournt le 3 Jaofier 1701.

■ U. de Monaco, dit Saint-Simon, lïtait nn Italien, glorieux, fantuque, avare, fort boD nomme, msii qui n'était pas faU pour les affaires; avec cela, gros comme dd mnid, et ne fofani paa Jusqu'il la poluLo de wn Teatre. ■

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ie FOUCOUET.

retira daos une autre chambre où elle fondit longtemps en larmes, en présence de phiKicurs prrsonnes qui ne purent jamais l'apaiser ni lui faire considérer que .c'avait élu un pur malheur sans aucun dessein imaginable de la f&cbcr, et bien moins de l'offenser. Puyguilhem, de l'anlre côté, n'oublia rien pour témoigner le désespoir où il était de ce qui lui était arrivé, et offrit non-seulement de faire toutes les salisfactions qu'on voudrait, quoique ce n'eût été qu'une pure disgrâce, mais de se jeter lui-mCme par les fenêtres, sur-le-chiimp, si cela pouvait contenter ladite princesse, et lui faire mieux connaître qu'il avait été bien éloigné d'avoir aucune intention (le la fâeher <. fendant ce temps, le maréchal de Grammout fut averti, par CiiAtelIan, de ce qui se passait; mais avant qu'il lui eût pu bien dire les circonstances, il s'emporta beaucoup, témoignant qu'il y avait certaines occasions où l'honneur obligeait de sortir des termes de la prudence, et qu'il fallait nécessairement se venger, qnoi qu'il en put arriver, et quand on devrait périr, et toute une l^mille. Je parlai aux uns et aux autres en termes de bonne amitié, pour leur faire entendre raison, et selon que je crus devoir le faire pour empêcher qu'une bagatelle, où il a'y avait eu ni oQense, ni dessein de la faire, ne produisit un grand malheur, qui m'engageAt moi-môme, par nécessité, h venger contre une famille que j'aime et que je considère, les violences qu'elle aurait pu commettre par trop de précipitation et d'emportement; et il me parut que l'esprit du maréchal se remit assez sur ce que je lui en dis, de sorte que je crus que la chose en pourrait au moins demeurer là, sans faire d'autre éclat que celui qui avait déjà été fait, et qui n'était déjà que trop grand par tous les raisonnements qu'il a donné lieu de faire, ce qu'il eût été bon d'éviter; mais je vieiis d'apprendre que, contre mon opinion et mon espérance, on a conseillé, à Paris, au prince de Monaco, d'aller consulter, à la Haye, les comtes de Guiche et Louvigny ', sur ce qu'il y aurait à faire en ce rencontre, pour ne laisser pas impuni l'affront qu'où prétend que Puyguilhem lui a fait en la personne de sa femme. Voilà la narration de tout le fait, sur quoi je vous dirai maintenant qu'il me semble que jamais conseil n'a été plus mal digéré que

). Lauian oe penatda personne, ei partit ï'Ëire vanté lui-mâme de cette méclianceié.

2. Anroloe-Chftrl*», dacde Graiumonl, vice-roi d? NckvarrPrtdeB^am, clieT*li<>r des ordrea, imbusudeur en Espagne en 1704, uiort le 3S octobre 1730.

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celui qu'on a donné aa prince, de faire ce voyage qni le met (ai Toos n'y pouvez remédier à temps par votre prudence) dans une espèce d'engagement ponr un rien, oii l'offense est imaginaire, d'en faire de grands l^ssentioients et peut-être de commettre des violences qui me nécessiteraient moi-même, bien contre mon gré, à les venger très-sévèrement contre ledit prince, et contre tous ceux qui y auraient eu quelque part. Représentez tout cela an prince , faites-lui entendre la raison mieux qu'on ne la loi a liiît connaître. Représentez-le au comte de Guiche, et dites-lui, de ma part, qu'encore que je n'aie pas sujet d'èlre satisfait de sa conduite passée, j'ai assez d'affecUon pour son père, et qu'il m'en reste assez pour lui-même, pour ne vouloir pas qu'il se mette sur le doi une très-mauvaise affaire, qui pourrait le perdre sans ressource et tous ceux qui s'en mêleront, sans que je pusse m'en dispenser. Dites les mêmes cboses au comte de Louvigny, et n'abandonnes pas cette jeunesse i leurs propres conseils. Je considère bien qu'après l'éclat qu'aura fait le prince de Monaco, ils auront tous de la peine à revenir à des sentiments raisonnables, croyant que leur honneur, par celte démarche, est déjà trop avant engagé à faire quelque cbose; mais, par un même elTet de ma bonté, j'ai encore songé à un moyen que vous aurez de les tirer tous de cette espèce d'engagement, sans qn'il leur puisse rester le moindre scrupule du cAlé de l'honneur; et pour cela, après leur avoir parlé comme autait pu le Ikire un vrai ami, vous leur devez dire à tous, de ma part et par mon ordre, comme Roi, que j'ai pris soin d'examiner moimême l'affdire pour m'éclaircir, tant de Puygnilbem même que de tous les assistants, s'il pouvait avoir en quelque dessein de foire une injure ou de Kcher la princesse de Monaco, à ce qu'il a foit, et que j'ai trouvé à n'en pouvoir douter, que non-seulement il n'a pas eu le dessein, mais qu'il fut sur-'le-cbamp, et l'est encore, véritablement au désesjftoir de ce qui est arrivé par un pur malheur. Vous ajouterez que je les assure tous de celte vérité en foi et parole de Roi, et leur ferez remarquer ensuite que cette déclaration que je fais sera, auprès de toutes les personnes bien sensées, une plus grande satisfaction que toutes les autres qu'ils pourraient tirer par d'autres voies, car elle abolît même et détruit tout le fondement de la prétendue offense ; et comme cette déclaration que je fais aojourd'bui est un nouveau fait qui n'était point quand le prince de Monaco est parti d'ici, il n'y a aucune difficulté qu'il ne puisse,

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Il FOOCODBT.

avec tout hoQDeQr, dire qu'elle a arrêté tout court les ressentimenU qu'il aurait faits de l'injure qu'il pensait avoir reçue, si ua aussi grand témoignage qu'est le mieo ne l'avait pleinemenl assuré du coDtraire. Cependant comme l'eavoi de ce courrier exprès, et celte lettre toute pleine des effets de ma bouté, qui veut, par prévenu tion, sauver deux familles qui se pourraient perdre mal & propos, elle se pourrait aussi servir un jour d'une plus grande couvictioa pour aggraver les fautes et les imprudences de ceux qui auraient voulu abuser de la m4m& bonté.

Additien de la main du Roi :

J'oubliais de vous dire que, si dans la recherobe que j'ai f^ile, j'eusse pu avoir le moindre soupçon que Puyguilhepi eût été asses impertinent pour foire une cbose comme celle-Ut k dessein, je l'aurais cb&tjé sévèremept, parce que l'iqjure aurait été faite h ma persoDue plus qu'à aucune antre, et puisque je suis content, avec GonDaissance, tout le monde le doit être. (B. 1.)

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