‹ Archives de la BastilleChapitre 8 sur 137 · U. DE UORHB AD COMTE D ESTRADES · texte numérisé non relu

U. DE UORHB AD COMTE D ESTRADES

i Juta 16M.

J'ai lu au Roi tout ce que tous m'avez maudé sur le sujet de H. le comte de Ouicbe, et depuis à M. le maréchal de Grammont, qui m'a dit vous avoir les dernières obligations. Il s'attend que ses dernières dépêches auront détourné monsieur son fils de la résolution, qui vous faisait tant de peine, d'aller en Pologne, et quil reprendra sa première pensée de monter sur l'amiral de Hollande. Je vous supplie de me faire la grice d'assurer ledit sleiir comte qu'il n'a point de serviteur plus assuré ni plus zélé que moi. (B. I.)

M. nn BUÉ A COLBBET.

Monsieur, par la dernière lettre que j'ai en l'honneur de vous écrire de Romans, je vous ai mandé que la nouvelle que je venais de recevoir de l'assassinat commis en la personne du sieur Lancbenu, m'avait obligé de quitter la route de Grenoble pour reprendre celle de Lyon', où je croyais que ma présence n'y pour-

~ 1. AI«piiBiqaegéaératoeaati«pArleiUuifiiccAdAuiiBiiriUtuiitrè*-TiTQc)iei 1m flDudera; dkni le Midi, où lei puiioos loat eitrCioes, l«s reuTeura déldgute pu- U chambra fâlllirant eire UBuafné*, celai de I^n entre latrae, dont OR T« voir h tmglqtte m

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FOUCODET. la

mit peut-Être pas 6tre inutile, dans la poursuite et réclaircissequent d'une violence commise contre un homme chargé du recouvrement des deniers de S, H-, et qut était de conséquence pour les suites funestes que de pareUles entreprises peuvent quelquefois aroir. Sitôt que je fus arrivé, MM. le lieutenant général et le lieutenant-assesseur criminel me vinrent parler de cette affaire; je sus que trois juridictions en avaient pris connaissance; le prévAteo avait informé le premier, sur la plainte de Lanchenu; le lieutenant criminel assesseur, et le juge du comté de Saint-Jean et des terres de Saint-Just, d'office. Je demandai à M. Charrier, lieutenant et assesseur criminel, les infonnations qu'il avait faites, il me les donna; je demandai au prévAt les siennes, il me les apporta; j'ai aussi pris- communication de celles de Derascon, juge de Saint- Just. J'ai cru 6tre obligé d'user de cette diligence, et de voir toutes ces procédures, et même Lanchenu, pour savoir, par sa bouche, toute la vérité d'une action qui prenait diverses couleurs eî divers ses formes, selon la diversité des sentiments et des intérêts de ceux qui en parlaient, et que je ne pouvais pas vous en rendre an compte aussi fidèle que j'y étais teou, que je n'eusse lu les dépositions des témoins. Je trouvai Lanchenu dans un lit, qui ne pouvait se rassurer de l'appréhension qu'il avait que l'on ne le voulût achever; je lui dis qu'il n'avait rien à craindre, qu'il n'avait qu'& remettre son esprit en repos, pour donner la force aux médicaments de lui rendre sa santé ; que les procédures que la justice avait commencées contre ceux qui l'avaient voulu assassiner les avaient tellement écartés, qu'ils n'étaient plus en lieu ni en état de lui faire du mal, et je tâchai à dissiper de son esprit quelques soupçons qu'il avait. Au retour de chez lui, M. le prévAt des marchands et un échevin me vinrent voir; je leur remontrai la conséquence de cette action, qu'ils voyaient encore mieux que mol, et qu'il fallait prendre garde que le crime de sept ou huit particuliers ne devliit celui de toute une ville, dans lequel les plus innocents seraient ea> veloppés avec les plus coupables, ce qui arriverait sans doute s'il se faisait quelque désordre en la maison dudit Lanchena; ils me répondirent qu'ils avaient si prudemment pourvu à toutes clioses et étaient si assurés de l'obéissance du peuple, qu'ils répondûent à S. H. de la personne dudit Lanchenu, tant qu'il serait dans l'enceinte de leurs murs; je leur dis que je prenais cette parole et que je la ferais savoir au malade' : le sieur Falconnet, l'un des mé-

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M rOUCQUET.

decioB qui le voit, m'a dit ce malin qu'il en réchapperait, et que

ses plaies étaient belles.

Par le rapport des chirurgiens, il y a six contusions sur le corps et' d eux plaies à la tfile.

Il résulte des informations que, le jour de l'Ascension, Lancbenu et sa femme entendirent la messe en l'église Saint-Roch qui est hors les portes de la ville, et qu'étant rentrés en leur carrosse, il fut attaqué par sept ou huit personnes vêtues de couleur, ayant des manteaux noirs traînant jusqu'à terre et de fausses barbes, et qu'ils abordèrent le carrosse, l'épée à la main, et ayaat de gros b&tons dont ils ont frappé ledit Lancheno, qui s'était jeté hors du carrosse que l'un des hommes avait arrêté, ayant présenté le pistolet au cocher.

Trois témoins disent lui avoir vu donner des coups de b&ton et de sabre ou d'épée, dont il a été mis tout en sang.

Quelques témoins disent qu'ils ont entendu dire que ceux qui ont blessé ledit Lancheno étaient des soldats du guet.

Les témoins ont déposé que Martel, batelier, avait mené les sept ou huit hommes, sur les sept heures du matin, du cAEé de la Quarantaine, et qu'après cette violence et assassinat il les avait remenés de l'autre rivage du RhAne en Dauphiné; en vertu d'un décret de prise de corps, il avait été arrêté.

Martel ayant subi l'interrogatoire et avoué qu'il avait passé et repassé lesdits hommes, sans les connaître et sans savoir ce qu'ils avaient fait, a été élargi, en baillant caution, par sentence du présîdial et par ordonnance du lieutenant particulier, les cautions ont été reçues ; j'ai trouvé cette procédure un peu extraordinaire en une matière assez grave pour retenir un batelier plus longtemps prîconnier, qui ne pouvait pas méconnaître tous ceux qu'il avait passés, et qui, étant pressé, pouvait peut-être donner des lumières qui seront éteintes par son absence et par sa liberté.

Sur les réquisitions du lieutenant-assesseur criminel, l'on fl ajourné à trois jours les huit inconnus, et l'on a publié des monitoires.

J'attends vos commandements dont je vous supplie, Monsieur, de m'honorer.

06 LfOD, ce a Juin ie««.

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I> même ou m^mtf.

Monsieur, je reçus hier les deux lettres que vous m'a?ez fait 'hODDeur de m' écrire, en m'euTOyant la commission pour informer de l'assassinat commis en la personne de Laucheau; je me suis trnosporlé dès ce matin ensamaisonpourrecevoirsaplainte, et j'ai entendu deux de ses domestiques qui étaient présenta à cette nolence, dont les auteurs auront peine k être découverts par ie soin que l'on prend d'en détourner les preuves; je vous supplie d'être persuadé que je n'épargnerai aucune chose, et que, quand j'y devrais périr en exécutant les ordres du Roî, je ne reculerai jamais d'un pas, préférant le service de S. H. i toutes choses et i, ma propre vie. Comme particulier j'entends beaucoup de bruits, comme juge je ne puis les recevoir pour Téritables, et qui ne laissent pas de me faire regarder cette entreprise avec les mêmes yeux que je regarderais une très-considérable et dont la conséquence pourrait être très-dangereuse.

J'ai vu une lettre par laquelle on écrit que trois hommes masqués ont passé en Vivarais ; mais cette nouvelle m'est très -suspecte, et je crains qu'elle n'ait été répandue pour faire prendre le change.

Je pense que l'on ne doit pas confier le secret de cette aOatre, ni les procédures, à Vino, prévAt de Forez, ni à d'Allier, prévOt général en Lyonnais, qui a commencé les informations et qu'on prétend avoir un peu biaisé ; il y a des raisons pour lesquelles ils peuvent être déchargés du soin de ce procès, et j'estime que si S. M. veut envoyer une commission au nommé Marquet, lieutenant du prévêt de Roanne, qu'il s'en acquittera dignement ; j'ai retenu jusqu'à nouvel ordre les dépêches qui s'adressaient à MM. les ducs de Vemeuil et de Lesdiguières, d'Oppède, premier président au parlement de Provence, au comte de Merinville, lieutenant général audit gonvernement, et Bezons et Tubeuf, intendants en Languedoc, h cause qu'elles étaient remplies du nom dudit Vino, que par votre seconde lettre vous remarquez ne devoir pas être employé & la poursuite des assassins dudit Lanchenu, qui ne se porte pas si bien que l'on voulait me persuader. Il est dans une si grande appréhension que l'on ne le vienne assassiner qu'il n'osait presque me faire sa plainte; ayant découvert que celui qui avait cauUoané Martel le batelier, qui avait passé et repassé sur le Rbftne les assas-

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it FOCCQUET.

BÎns, méditait sa retraite et se préparait à sortir demain de cette Tille au point dn jour, je l'ai envoyé quérir par les deux bocquelons qui servent auprès de moi; s'il vient, je vous rendrai compte de ce que j'en aurai pu tirer ; si le batelier ne s'était point évadé il pourrait nous éclaircir de bien des choses; mais ayant été élargi par le présidial, à la caution de deux personnes qui n'ont aucun bien, il s'est dérobé à la justice : je n'oublierai nen de ce qui sera de mon devoir en cette occasion, et en toutes celles oîi je pourrai donner des preuves de ma fidélité et de mon obéissance pour les commandements de S. M., et pourvu qu'elle sott satisfaite de ma conduite, je serai au comble de mes souhaits.

J'achevais cette lettre lorsque ta caution dudit Martel est arrivée; je l'ai interrogé, et après avoir reconnu qu'il ne savait oh il était, qu'il ne pouvait le représenter, et qu'il avait été induit par des personnes qu'il ne connaissait pas à le cautionner, et qu'il avait reçu de l'argent d'un homme de la ville pour signer le cautionnement, je l'ai envoyé en prison ; j'ai cru qu'eu une affaire de cette conséquence il fallait s'assurer de tous ceux qui en pouvaient parler, et que c'était le seul moyen d'en découvrir les auteurs,

(B. I.) A loron, co 11 Juin lUS.

l D£ CHIBHOT A COIBGBT.

Monseigneur, l'on a mis garnison chez moi ce matin, quoique

j'eusse toujours promis d'exécuter entièrement ce qui me serait

ordonné ; je vous supplie très-humblemeut d'avoir la bonté de jeter

les yeux sur le mémoire ci-joint: il n'y a rien qui ne soit dans la

vérité, comme il n'y a personne qui souhaite avec plus de passion

que moi l'honneur et le moyen d'acquérir votre estime et de rece*

voir vos ordres en quelque occasion, afin de vous témoigner, etc.

A PwU, ce 13 Juin IBSO.

L A COLBEBT.

LhUijuiniem.

H. Pinette de Charmoy vient de m'apprendre qu'on a mis présentement garnison chez lui pour une taxe de la chambre de justice. Si je n'étais engagé à rae baigner, je me rendrais auprès de

oyGooi^ll^

FOUCQUÈT. tS

TOUS et Je prendrais U liberté de tous représenter qne c'est celui pour lequel mademoiselle d'Alençon toub a écrit et tous a &it prier par mademoiselle votre fille ; il est taxé poar aToir été trésorier au sceau deux ans seulemeut. Quand j'ai eu l'honneur de tous en parler par l'ordre de mademoiselle d'AIençon, je tous témoignai qu'il exécuterait absolument ce que tous lui ordonneriez, et qu'après qu'il TOUS aurait plu de peser les raisons particuUëres qu'il croit aToir pour une entière décharge, et la recommandatico de mademoiselle d'AIençou, si tous lui ordonniez de payer la taxe ft proportion de ses compagnons d'office, il tous supplierait seule* ment que ce fût en mettant an commerce, comme tous l'aTes agréé à l'égard de quelques autres; j'ai pria la liberté de tous parler, et continué de tous écrire pour loi, parce que j'ai traTaillé aTeo lui dans tontes les affaires de la succesùon de feu Honneur. 11 était intendant de ses finances, et je peux dire le seul du conseil de ce prince qui traTaiUflt avec capacité et application, et sans lui il m'aurait été impossible d'éclaircir les-aCTaires de cette maison; il a soin présentement de toute la dépense et des affaires de mademoiselle d'Alencon pour le détail de son domestique; et je n'aurai garde en tout autre cas de tous charger pour autrui, après toutes les obligations que je vous ai pour ma famille. Je l'ai tu si touohé de l'affront que lui fait cette garnison que, connaissant TOtre bonté et Totre justice, comme je fais, je n'ai pas douté que tous ne trou- Tassiez bon qne je tous en écriTisse. Sa femme, fille de H. Haie, conseiller au parlement, est nouvellement accouchée et était à la mort il n'y a que quatre jours. 11 est maître des comptes, et trés' bon serviteur du Roi, et le TÔtre. Il est de bonne famille et a toujours Técu aTec honneur ; malheureusement il a été trésorier du sceau deux ans seulement, aupararant que d'être intendant de feu Monsieur, Il a toi^ours dit qu'il subirait la loi que tous lui donneriez sur sa taxe, et lorsque j'eus l'honneur de vous en parler, tous me parûtes, en considération de mademoiselle d'AleoQOn, vouloir avoir de la bonté pour lui. II a eu l'honneur de tous Toir depuis, et se remet entièrement à votre ordre, à ce qu'il m'a dit ; je ne sais si après tout cela il n'y aurait point quelque malentendu dans le procédé qu'on tient à son égard, car assurément, sans contrainte, il a toujours été prêt à faire ce qu'il tous plairait ordonner. Pardonnez-moi la liberté que je prends; je serais incapable de vous importuner en toute autre occasion, où je ne croirais pas répondre à .

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21 FOUGQUET.

votre inclinatioa et & votre justice; je me renfermerai toujours dans la reeonnaiasaace que je vous dois des obligations que je vous ai, ne souhaitant rien plus que les occasions de vous témoi* gner, etc. (B. I.)

H. DK SAINT-IUAS A COLBUT,

A la PéroDM, ce 13 Joio l«6«.

Monseigneur, je n'aurais pas osé prendre la liberté de vous écrire ni de TOUS divertir de vos importantes occupations par la lecture d'une de mes lettresi sans que j'aie cru qu'il était de mou devoir que j'eusse l'honneur de vous faire savoir comme quoi le sieur Levé est tombé malade; il estes très-grand danger de mourir', je l'ai été voir et l'ai trouvé en un pitoyable état et sans aucune raison, ce qui m'a obligé, Monseignear, k retirer vers moi les serrures et clefs qu'il a fait venir de Paris pour les portes du prisonnier, de peur d'accident, et que l'oa ne m'; fit quelque tromperie. J'ai aussi remarqué qu'il n'était pas & propos que 12,000 francs, qtU ont été délivrés depuis deux jours à un jeune homme qui travaillait scHis lui, demeurassent entre ses mains ; c'est pourquoi, Mon> seigneur, je lui ai dit de les remettre entre celles de M. le procureur général du pays, lequel loi en donnera k mesure qu'il faudra payer les semaines des ouvriers. J'espère, Monseigneur, que vous n'aurez pas désagréable mon procédé en ce rencontre, puisqu'il ne vient que d'une véritable passion de vous rendre mes très-humbles services. I.es logements que l'on destine à la citadelle pour M. Foucquet sont tout prêts et de la manière que je l'ai souhaité. Tout est S) calme en ce lieu ici que je n'ai aucune chose qui soit digne de vous être mandée, et il ne me reste qu'à vous supplier très-humblement de croire que la profession si particulière que je fais d'être votre créature étant beaucoup plus dans mon cœur que . sur mes lèvres, il n'y a que les grandes occasions de vous rendre mes trës-humhles services, si j'avais le bonheur d'en rencontrer, qui vous pussent témoigner, etc. (B. L).

UDVOIS A L'ABb£ FODCOtIZI.

A FodI^imUmu, le le Juin ISBO.

Monsieur, je crois que le Roi vous aurait donné la liberté d'aller 1. n moarnt qadquet lonn epita.,

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FOUCQUBT. 2S

prendre les eaax à Saiote-Reioe, si M. l'archevêque de Narbonne' n'avait eu une semblable permission ; j'eusse en même temps proposé à S. M. votre abbaye de fiourgogae pour les j prendre, mais coaime vous ne m'expliquiez ni soa nom ni sa sitnalion, et que je ne les sais pas, je ne l'ai pu faire. Que si vous reconnaissez que votre santé ne puisse souffrir l'air de Tulle, vous pouvez en proposa une autre, et je me persuade que S. M. y donnera les mains. Il est sans doute que tout autre que vous chargerez de ce que vous avez à demander au Roi réussira beaucoup mieux que je ne saurais faire, mais je vous assure que personne ne s'emploiera pour vous avec plus de sincérité ni n'est plus véritablement, etc. (A. G.)

COLBXKT AU CHAKCEUEB SfCVIEH.

Ce 17 JuIb lOM.

Je supplie très'humblement M. le chancelier de prendre, s'il lui plaît, la peine de signer l'arrêt qui commet H. de Bezons pour faire le procès, conjointement avec H. du Gué, aux assassins du nommé Laochenu, afin de l'envoyer par l'ordinaire qui part dans deux heures. (B. I.)

LB COHTB D'BimUIES A H. DB UOVIfB.

Ls Bije, 13 jalo lees.

Le comie de Guiche s'en va demeurer quelques jours avec H. l'Électeur qui a témoigné le désirer. Il lui a fait faire compliment sur son retour, et a témoigné avoir été for en peine du péril qu'il a couru. Je crains que, perdant espérance de rentrer dans les bonnes grices du Roi, il ne s'en aille en Pologne où nous le perdrons pour toujours, et je ne croîs pas que, s'il va en ce pays^à, il en revienne jamais. Je travaille autant qu'il m'est possible pour loi Ater ses chagrins, et comme celui qui l'accable le plus est l'opinion qu'il a que le Roi n'a pas d'amitié pour lui, je lui représente le contraire par les choses que S. M. a dites & M. le maréchal de Grammont sur son sujet, et par la dépêche qu'elle me fit pour empêcher qu'il ne tomb&t dans quelque faux pas lorsque le prince de Monaco sortit de France, ce qui marque le contraire de ce qu'il croit, les rois ne faisant pas ces avances pour les personnes qu'ils

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H PODOQnCT.

n'aiment et n'estiment point. Voilà oft nous en sommet. Je Totu protège qa'il me bit piUé, car, ajact autant d'etprit et de ralrar qu'il en a, il souOVe bien pins qne ceux qai en ont moins,

MM. de la Frette sont allés se promener par les villes. Ce sont des gens de qualité qui ont grand cœur et qui deviendraient avec le temps capables de rendre de grands services au Hoi, s'ils n'étaient pas si malbeureox d'être dans ses mauvaises grices. (B. I.)

M. BQ GUÉ A COUERT.

Monsieur, l'assassinat commis en la personne du sienr LancheDn est une action qui doit 6tre sévèrement punie. L'autorité du Boi j est blessée, la sArelé publique violée, et Je ne vous saurais assez exprimer le retardement qu'elle apporte aux alTaires de S. H., car, jusqu'à ce que l'apprébension qui a saisi les esprits de ceux qui sont employés A la recette de ses deniers extraordinaires soit dissipée par la punition des coupables, je ne pense pas qu'il se reocoolrean seul homme qui ose donner un exploit, et toutes choses demeureront ici en suspens. Mais je crois que la même justice, qui veut que ceux qui se trouveront chargés de ce crime soient chAtiés, doit travailler si soigneusement à la recherche de ces assassins, que les innocents ne soient pas enveloppés avec eux; cette violence n'est point un effet de l'aveuglement de toute une ville, ni de l'emportement d'un peuple penchant à la sédition, ce n'est point le résultat d'un conseil pris par un corps entier, et si quelques particuliers se sont si Tort oubliés que d'y avoir part, eux seuls doivent porter la peine de leur pernicieux dessein. J'ai vu le sieur Lanchenu ; il s'est ouvert à moi de ses soupçons, suivant la lettre que vous lui avez écrite ; il m'a assuré qu'il vous ferait rendre un compte exact de l'entretien que j'ai eu avec lui ; je ne suis pas assez hardi pour les admettre tous, je ne les voudrais pas aussi tous rejeter ; il ; en a qui sont fondés sur des apparences et des conjectures si fortes qu,'ils peuvent presque passer pour des demipreuves, et la difficulté ou pIutAt l'impossibilité de trouver des témoins qui parlent du complot et de l'exécution, jointe aux faveurs qui se sont faites dans la procédure à ceux de qui on pouvait tirer les lumières et la connaissance entière de ce crime, me font regarder autrement que je ne ferais, et me le font voir de plus grande conséquence dans toutes ses circonstances que si je le

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pouvais reofermer dans l'entreprise et ta coDSpiratioa des hommes d'une condition sans doule fort basse et sans nom, et qui ont trouvé néanmoins une protection extraordinaire.

Le prévôt général de la maréchaussée, qui avait reçu la plainte du sieur Lancheou, a informé et décrété prise de corps contre les assassins et Martel, batelier qui les avait passés et repassés sur le Rhdne ; cela était dans l'ordre ; mais l'adoucissement qu'il a apporté à la procédure est fort suspect, l'ayant élargi à sa caution ; il ne s'est pas contenté de cette grflce, le procureur du sieur Lanchenu lui ayant remontré que par bruit commua un nommé Blanchard était accusé d'Être complice dudit assassinat, et le fit mener entre les deux guichets, et sans l'écrouer il l'interrogea et le confronta à Martel, et puis le laissa aller.

Le lieutenant particulier assesseur informa d'offlce, et décréta contre les assassins et Martel ; le second avocat du Roi consentit qu'il fût élargi à sa caution juratoire, et, par ordonnance du président, il a été mij en liberté en baillant bonne et suffisante caution ; il ft présenté deux hommes qui n'ont aucuns biens, l'avocat du Roi les a approuvés, le lieutenant particulier les a reçus; le certificateur est en fuite, j'at fait arrêter la caution qui méditait sa retraite ; je l'ai interrogé, il a dit qu'il avait été prié par un cordonnier qu'il ne connaît point, et par un tailleur qui s'est absenté, de servir de caution à Martel de la part de MM. de la ville, et dans un antre interrogatoire il dit des chefs de la ville ; Je ne doute point que si Martel et les deux sergents de la compagnie des arquebusiers de la ville étaient pris, toute la trame ne fût découverte A l'avantage de ceux qui n'y ont pas trempé. Voyant que par les informations il n'était point parlé de Blanchard et de Lafontaine, sergents de ladite compagnie, et que néanmoins un bruit sourd les chargeait de n'avoir pas été les derniers à maltraiter le sieur Lanchenu, et tachant par tous moyens de développer cette affaire des ténèbres qui l'environnent, j'ai commandé de la part du Roi au sieur Trillon, leur capitaine, de me les représenter ; il m'a dit qu'ils s'étaient retirés en Languedoc sans son congé ; cette absence m'est une conviction contre eux. Je perds espérance de pouvoir trouver Harlet; ce n'est pas que je pense que lui ni ses complices soient trop éloi* gnés de cette ville : je suis après h en découvrir un que l'on m'est Tenu dire ce malin qui 7 était eaohé. Je vous supplie d'être per- ' Buadé, Monsieur, que je n'y épai^nerai aucune chose, et que les

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28 FOUOQliET.

dirBcullés et lea périls ne feront qu'augmenter mon zile pour le serrice et l'exécution des ordres du Roi. Do tym, ce 18 Juin 1S«.

M. D'éFITA AD CHANCBUEB SÉauiBIl.

A Ljon, ce S Jalllet lOGO.

Monseigneur, j'ai cru qu'il était de mon devoir d'avoir l'houneur de vous rendre compte de l'état du procès du sieur Lauchenu, pour raison de l'assassinat commis en sa personne. Nous avons preuve que l'action a été entreprise par huit arquebusiers de la ville de Lyon, et que le prévAt des marchands* de la même ville est l'auteur qui les y a engagés. Cette dernière vérité ne peut pas être déniée, car il s'est absenté, et depuis sa retraite il nous a envoyé une déclaration écrite et signée de sa main, par laquelle il avoue sa faute et proleste qu'il en est seul coupable, aOn de disculper ceux que l'on pouvait prétendre y avoir quelque part. Vous jugerez sans doute, Monseigneur, qu'une déclamUon de cette qualité dans une affaire aussi importante que celle-d est une chose très-extraordiuaire, et qui doit produire contre lui tout l'effet qu'on en doit attendre ; mais pour les autres nous ne sommes pas obligés de l'en croire, et principalement quand il ^oute que le motif de son action a été quelque ressentiment d'une injure par lui reçue de la part de Lanchenu, dont il n'a pas voulu exercer la vengeance tandis qu'il l'a vu employé dans la recette des deniers du Hoi. Nous instruisons le procès aux coupables dans les formes ordinaires. Je ne manquera! pas, Monseigneur, d'avoir l'honneur de vous rendre compte ponctuellement de tout ce qui s'y passera. Je souhaiterais £tre assez heureux pour que vous voulussiez me commander quelque chose eu ce pays pour vous servir ; j'y obéirais avec autant de passion et de respect que je dois être, etc. , (B- 1.)

H. D'ÉniA AD CfiAHCEUBB SÉOUIEH.

A LfOD, c& lOloIllet IMO.

Monseigneur, depuis ma dernière écrite, par laquelle j'ai eu l'honneur de vous rendre compte de l'état de l'affaire du ^eur

1. Lunat da !■ Vaohe, comts da Chevritm, baron do Cnry, pritM àm iMrcbuid* da Lfon en tOM. ■

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FOUCQVBT. 99

I^ncheou, nous aTons toujours conlinaj l'instraelîon du procfts contre les accusés, qui se trouve à présent presque achevé par contomace contre les principaux auteurs; mais ce qui est de plus important pour l'exemple est que le prévAt des marchands de Lyon, prisonnier, s'y rencontre impliqué par une étrange prévarication qu'il a laite à son devoir. On lui fait le procès, et quoiqu'il n'y ait point d'artiOce dont on ne se soit servi pour empêcher la conviction, néanmoins je croîs qu'il y aura des preuves sunisamment au procès pour ne pas laisser son action impunie. Nous avons trouvé entre les mains du receveur de la ville un état arrêté du prévit des marchands, suivi de plusieurs articles, qui se montent à 17,000 liv., qui lui ont été fournis saus déclarer l'emploi, et lesquels ont été employés etTectivement par lui k récompenser ceux qui l'ont voulu servir pour le mettre à couvert dans cette alTaire. Je crois, Monseigneur, que cette circonstance vous marque 'assez combien les officiers de ville abusent avec bcilité des deniers publics dont ils sont en possession de ne point rendre compte. L'on vient de me donner avis que le marquis de la Baulme, ayant su que nous avions un ordre du Roi pour l'arrêter, s'est rendu volonlairement prisonnier dans le cbAteau de Pierre-Cise. Je ne manquerai pas de dresser des faits incessamment pour le faire interroger par MH. les commissaires, et si, dans cet interrogatoire, il se passe quelque chose qui mérite que vous en soyez informé, j'aurai aussitôt l'honneur de vous en rendre compte. Je souhaiterais. Monseigneur, avec une extrême passion, que vous eussiez agréable de me commander quelque chose en celte province pour vous servir; j'y obéirais avec tout le respect possible. Je suis, ele. (B. I.)

H. ABHODt, IHTKHDANT DE HARIHE, 1 COLBERT.

M. Sanlger m'écrit que le Hoi prendra les livres de la biblio-' Ihèque de M. Foucquet. J'oserais vous prier, au cas que cela ne fût point, de prendre pour lui mon Bittoirê d'Italit. M. Carcavi sait ce que c'est; c'est le plus bel amas du monde; je ne le dis pas pour mon intérêt. Ce sera tout ce qu'il plaira à S. M. et à vous ; je ne puis souffrir voir dissiper une pièce dont l'amas a coûté tant de temps et tant de peine. (B. L)

A Hineillo, en 1» aoOt lUO.

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30 FODCQtTET.

H. d'éfita a colbbht.

A Lyon, ce 30 Jailltt lew.

Pour TOUS rendre compte de ce qui s'est passé depuis ma dernière, H. de Bezons retourna de Veraes en cette ville, mercredi au soir, avec MM. les commissaires de Nîmes. Hier, l'on commença a mettre le procès sur le bureau pour ne point perdre de temps, et l'on travailla à la visite depuis six heures du matin jusqu'à près d'une heure.

Il' était important pour le service du Roi, el pour imprimer le respect et la crainte dans l'esprit des peuples, qui me paraisseut assez violents et beaucoup séditieux en cette ville, que le procès ; fdt jugé; la pompe extérieure de la justice contribue beaucoup à l'un et à l'autre [sic). Nous nous assemblons chez M. du Gué, et de U nous marchons jusqu'au palais, précédés par nos gardes et autres

officiers de justice, et ' que nous j prenons font .connaître

au public que les officiers mêmes, dont nous occupons les places, ont trahi leur ministère dans la suite de celte alTairc,

Aujourd'hui, nous nous sommes assemblés à la même heure, et l'on a fini à une heure; j'espère que l'on finira demain et qu'il j aura jugement, à l'exécutiota duquel je ne manquerai pas de tenir la main. Je puis vous assurer, Monseigneur, que le procès est vu avec toute l'exactitude et l'application possibles, et les commissaires témoignent avoir intention de rendre une justice exemplaire qui rétablisse dans la ville l'autorité du Roi, et qui retienne les officiers de justice dans leur devoir.

Avant que de partir, je prendrai les mémoires que vous m'avez ordonné de faire sur toutes les choses qui m'ont été marquées par les lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire.

Si MM. du Oué et Bezons jugent aussi qu'il y ait quelque chose d'important pour le service du Roi à faire dans la ville ou à réfor- . mer, ils en dresseront leurs mémoires, que j'aurai l'honneur de vou» présenl«i à mon retour. (B, L)

a. DB BBEOKS A GOtSiaT.

Monsieur, nous partons demain, M. d'Efita et moi, pour reprendre chacun notre route, et comme j'appréhende qu'il ne soit pas

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