VERIFICATION DES MESURES EMPLOYEES DANS LE COMMERCE
(F° 121, 1620.) — « Gejourd'huy, mercredy, 18^ no- » vembre 1620, sur la plaincte à nous faicte par le procu- » reur des affaires communes de ceste Ville, de ce que, au » préjudice de l'estallon du boisseau qui est en la Chambre D commune de la dicte Ville, tant les faiseurs de boisseaux » que l'adjusteur d'iceulx abusoient, en ce qu'il y en avoit » de diverses liaulleurs et largeurs, ce qui estoit au dom- » mage de ceulx qui achaptoient les denrées au boisseau )) comble, comme poix, febves, noix, chastaignes, farines, » recouppes et aultres telles marchandises qu'ils vendent à » telle hauteur de boisseau qu'il ne se trouve aulcun com- » ble, mon dict procureur, après avoir veu et visité l'es- » talion de la dicte Ville, qui se trouve de largeur de » 13 poulces et d'haulteur de 5 poulces, avons ordonné que » doresnavant les marchands vendant les dicts boisseaux » ne pourront les faire que des dictes largeur et haulteur, » faisant inhibitions et deffenses à Alexandre de Flandre, » maistre menuisier et adjusteur de la Ville, d'en marquer » d'aultres à peine de cent sols d'amende, et de suspension » et interdiction de sa charge. Ordonnons que les présentes » seront publiées et signifiées aux boullangers ou président » de leur commuuaulté, afin qu'ils n'en prétendent cause » d'ignorance et pour satisfaire à la présente dans la quin- » zaine. Enjoignons à ung chascun par y après, tant habi- » tants que aultres fréquentant en ceste Ville, de vendre » toutes denrées se vendant au comble qu'avec le boisseau
» susdict, à peine de confisc-ition de la marchandise et de » dix livres d'amende.
» Faict à Bourges, etc.
» Signé : Doulé, Maire, Durand, Crochet et Depardieu. »
LE PRINCE DE CONDÉ, GOUVERNEUR DU BERRY, REÇOIT EN OUTRE LE GOUVERNEMENT DE BOURBONNAIS
(F° 124.) — « LOUIS, par la grâce de Dieu, Roy de France » et de Navarre, à tous ceulx qui ces présentes lettres » verront, salut.
» Dès lors que nous avons pourveu Nostre très-cher et » très-amé Cousin le prince de Condé, premier prince de » Nostre sang et premier pair de France, en Testât et » charge de gouverneur et Nostre lieutenant général en » Nos païs de Berry, Nous résolvions en mesme temps de » joindre celle de lieutenant général au gouvernement, le » jugeant à propos, tant pour le peu d'estendue d'icelluy, » que pour la considération de la personne de Nostre Cou- » sin. Et bien que quelque temps après Nous y avons » apporté du changement et pourveu à la dicte charge » pendant la détention de Nostre Cousin, Nous avons » néantmoings, pour ne Nous départir de Nostre première » résolution, depuys icelle remis en ses mains, pour en » jouyr par luy ainsy qu'il faisait auparavant la dicte de- » tention, suyvant la déclaration que Nous en avons » depuys faict vériffier en Nostre Parlement de Paris en
novembre 1619, et parce que depuys peu de jours Nous avons encore, pour les mesmes considérations, pourveu Nostre Cousin de celle de gouverneur et Nostre lieutenant général en Nostre pais de Bourbonnoix, par la desmission volontaire que le S*" de Sainct-Géran en a faicte en Nos mains, avec la mesme intention de luy accorder la lieutenance du dict gouvernement, dont le S*" de La Pallisse, fils du dict sieur de Sainct-Géran, s'est aussy volontairement desmis en Nos mains par le consentement du dict S'" de Sainct-Géran, son père, afin que, estant les dictes deux charges réunies en sa personne, comme estoient auparavant celles de Berry, il soit pourveu par mesme ordre aux affaires de Tune et l'aultre province, et ne voullant qu'à l'advenir l'on puisse révocquer en doubte Nos intentions sur ce subiect, après avoir mis à cest effect en dellibération en Nostre Conseil et de l'advis d'icelluy, de Nostre pleine puissance et auctorité rovalle, Nous avons dict et desclaré, disons et desclarons par ces présentes, signées de Nostre main, Nous voulions et Nostre intention estre que la charge de lieutenant général au gouvernement de Bourbonnoix demeure unie à celle de gouverneur en la personne de Nostre dict Cousin et prince de Condé, comme aussy la lieutenance généralle de Berry au gouvernement de la dicte province, et qu'il en jouisse entièrement et des pouvoirs auctorisés et des fonctions ensemble, des estais et appointements qui y appartiennent tous, ainsy qu'ont cy-davant faict ceulx qui en estoient pourveus aupara-
» vaut luy.
)) Voulions et Nous plaist qu'en toutes les dictes qua-
» lités il soit employé dans les estais de l'extraordinaire de
» Nos guerres, sans que, par cy-après, pour quelque cause » et occasion que ce soit, sy ce n'est de son consentement » exprès, il puisse estre par Nous pourveu à aulcune » d'icelles.
» Cy donnons en mandement à nos amés et féaulx con- » seillers en la Court de Parlement et de Nos Comptes à » Paris ces présentes, afin qu'ils aient à les enregistrer, » et du contenu d'icelle faire jouyr et user Nostre Cousin » le prince de Condé pleinement et paisiblement, et faisant » cesser tous troubles et empeschements au contraire, car » tel est Nostre plaisir.
>y En tesmoignage de quoy Nous avons faict mettre Nostre » scel à ces dictes présentes.
» Donné à Paris, le 22* novembre de l'an de grâce 1620, » et de ce règne le onzième.
» Ainsy signé : LOUIS.
» Et contresigné : Potier.
» Scellé du grand sceau de cire jaune sur double queue. »
Suit l'extrait des registres du Parlement relatif à cette nomination :
(F° 125, r°.) — « Veu par la Court les lettres patentes du xxn novembre dernier, signées LOUIS, et sur le rescript, par le Roy : Potier, et scellé du grand scel sur double queue, d'union de la charge de lieutenant général au gouvernement de Bourbonnoix, que tenoit le S"^ de La Pallisse, et celle de gouverneur, en la personne de » M. Henry de Bourbon, prince de Condé, et pareille charge
» de lieutenance généralle de Berry et au gouvernement )) de cette province, pour en jouir ainsy qu'au long est » contenu aux dictes lettre et requeste par luy présentées » afin d'enthérinement, conclusions du procureur général » du Roy :
» Tout considéré, la dicte Court, enthérinant les dictes ^ lettres, ordonne que l'impétrant jouira du contenu en ») icelles selon les forme et teneur.
» Faict en Parlement, le 1" jour de décembre 1620.
» Ainsy signé : du Tillet. »
lettre de monseigneur le prince a la ml^icipalité de bourges a cette occasion
« Messieurs,
(F° 125, \°.) — » Le S"" de Sainct-Aoust, que j'envoie en « vostre Ville, vous fera scavoir le subiect de son voyage. Je ;) vous prie de le croire entièrement et de faire ce qu'il » vous dira de ma part, et vous asseurer que je suis tous- » iours, Messieurs, vostre très-affectionné amy.
» Henry de Bourbon.
» A Paris, ce 13 décembre 1620. »