‹ Archives de la ville de Bourges avant 1790 (volume 2)Chapitre 35 sur 86 · RÉVEIL DE LA LUTTE ENTRE CATHOLIQUES ET PROTESTANTS · texte numérisé non relu

RÉVEIL DE LA LUTTE ENTRE CATHOLIQUES ET PROTESTANTS

(F° 127.) — A roccasion de l'entreprise par les Calvinistes contre la ville de Navarreins, ville de la Navarre, le Roi prescrit quelques mesures de précaution à certaines villes (lu royaume. Bourges est du nombre.

Voici la lettre qu'il adresse à la Ville : « De par le Roy,

» GhERS ET BIEN-AMÉS,

» Ayant esté adverty que Nostre ville de Navarreins a » failly à estre surprinse depuis peu de jours. Nous avons » jugé à propos de pourveoir à la seureté des aultres, et à » cette fin commandé aux habitants d'icelles de faire garde. » Et parce que Nostre ville de Bourges est l'une de celles » dont la conservation Nous est autant recommandée, » Nous vous escrivons cette lettre pour vous faire savoir y> Nos volontés, et vous ordonne d'y sattisfaire, suivant ce » que Nostre Cousin le prince de Condé, qui est plus par- » ticulièrement informé de Nos intentions, vous fera » entendre, à quoy ne ferez faulte, car tel est Nostre » plaisir.

» Donné à Amiens, le IS*" jour de décembre 1620.

» Signé : LOUIS. »

Suit la lettre du Prince à cette occasion : « Le Roy ayant eu advis par plusieurs fois qu'aulcuns de

» ses subiects de la religion prétendue réformée font des » gardes extraordinaires, des levées d'hommes et de » deniers, comme aussy de grandes fortiffications et pré- » paratifs de guerre en plusieurs endroicts de ce royaulme, » mesme de l'entreprinse qu'aucuns d'eulx ont faict contre X» sa ville de Navarreins, laquelle a esté descouverte un peu » auparavant le temps qui avoit esté arresté pour la sur- » prendre et s'en saisir par armes, Sa ^lajesté a trouvé à » propos de faire faire gardes dans les principalles villes » de son royaulme, afin de pourveoir à leur seureté et » conservation et d'empesclier qu'on ne puisse former » aucun dessein ny faire aucune entreprinse contre leur » repos.

» Je vous envoie la lettre de Sa Majesté avec coppie » de celle qu'elle m'a escript, afin que, suyvant ses com- » mandements, vous fassiez faire bonne garde en la vostre; » je vous prie de tenir la main à ce qu'il ne s'y fasse au- )) cunes praticques ny mesnées contre le service de Sa » Majesté et que toutes choses se passent doucement, sans » rien entreprandre les ungs contre les aultres, l'intention » de Sa Majesté n'estant autre que de conserver la paix et » tranquillité publicques et de faire vivre générallement » tous ses subiects en union et concorde par le moïen de » l'obéyssance qu'ils lui doibvent rendre et de Tobser- » vation de ses édicts; vous me donnerez advis de tout ce )) qui se passera.

» Je prie Dieu, Messieurs, qu'il vous tienne en sa garde.

» Escript à Paris, ce 2^ janvier 1621.

'> Vostre affectionné amv et à vostre service,

» Henry de Bourbon.

» Je VOUS prie de faire tenir les lettres du Roy et la » mienne en toutes les villes où elles s'adressent, ainsy » qu'une copie de la lettre que le Roy m'a escripte. »

Cette lettre, pleine de fermeté, et en même temps de calme et de modération, était de nature à faire une impression favorable sur les esprits, toujours plus disposés à embrasser la voie que leur trace une administration conciliante et juste à la fois.

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