I. -— HISTORIQUE
Après la découverte par M. Talamon du microbe de la pneumonie franche, A. Fraenkel, Netter confirmèrent cette découverte, complétèrent la description que M. Talamon avait donnée du pneumocoque lancéolé, et précisèrent quelques-uns de ces caractères morphologiques et certaines de ses propriétés biologiques. Dans le cours de leurs recherches, il leur arriva souvent de constater que l'inoculation expérimentale de cultures atténuées ou de doses insuffisantes de cultures virulentes laissait survivre les animaux inoculés et les prémunissait contre l'inoculation ultérieure des cultures virulentes. Ces premiers faits démontrant la possibilité de la vaccination des lapins contre l'infection pneumonique ne furent donc que des constatations purement fortuites ; mais ils n'en eurent pas moins le mérite d'ouvrir la voie aux recherches.
La notion, récente à cette époque et fort discutée, des vaccinations par les produits solubles sécrétés par les microbes, et l'introduction dans la technique bactériologique de la stérilisation par la ûltration au moyen des bougies de M, Chamberland firent faire à cette question de rapides progrès.
Et pourtant, MM. Foà et Bonome qui, les premiers, étudièrent l'action des cultures filtrées du pneumocoque, n'obtinrent que des résultats
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variables, inconstants, ne répondant souvent pas à lenr attente* Cest alors que MM. P. Foà et Carbone s'efforcèrent de précipiter, k l'aide dn sulfate d'ammoniaque ou de l'alcool absolu une substance albuminoîde qui se trouvait dans ces mêmes cultures filtrées et dont la solution aqueuse injectée dans les veines du lapin conféra à cet animal l'immunité contre l'action des pneumocoques les plus virulents.
Bientôt, les travaux de Koch sur la tuberculine provoquèrent les intéressantes recberches de Behring et de Kitasato sur la diphtérie et le tétanos, et les notions nouvelles qu'ils apportèrent sur la vaccination et sur les propriétés cui^tives des humeurs des animaux vaccinés furent confirmées pour la septicémie pneumonique expérimentale du lapin par MM. EmmerichetFowitzky, et en même temps par MM. G. et F. Klemperer.
Depuis les travaux tout à fait prépondérants de ces derniers auteurs, les recherches se sont multipliées, les unes confirmant, les autres infirmant les résultats qu'ils avaient obtenus; on a discuté les théories pathogéniques qu'ils avaient édifiées, et l'on s'est hâté d'appliquer à l'homme la thérapeutique appliquée chez le lapin avec des résultats très variables.
Si hâtives qu'aient été ces applications humaines de méthodes thérapeutiques reposant sur des données expérimentales insuffisantes, si peu connues que soient les substances qu'on emploie, et leur mode d'action, il n'en reste pas moins acquis qu'on a obtenu expérimentalement une série de faits bien établis, et que les essais cliniques qu'on en a faits, sans être absolument concluants, sont suffisamment encourageants pour justifier les applications humaines de cette méthode thérapeutique expérimentale de la pneumonie franche.