E. MOSNY
nâtre , et dont la solution aqueuse, beaucoup moins toxique, vaccinait les lapins plus facilement, plus sûrement et sans fièvre.
MM. Foà et Carbone, qui tout récemment ont repris leurs premières recherches, ont en effet observé que le précipité obtenu par l'action de l'alcool, du sulfate de magnésie ou du sulfate d'ammoniaque sur les cultures non chauffées peut tuer en six jours les lapins par intoxication, et que c'est à cette toxine qu'on doit attribuer l'œdème sous-cutané provoqué par l'inoculation au lapin du pneumocoque vivant et virulent.
Ils ont en outre noté que l'ébullition de la solution aqueuse de ce précipité alcoolique lui faisait perdre ses propriétés vaccinantes.
Enfin, de leurs expériences, il résulte que le précipité alcoolique des cultures n'est pas doué de propriétés vaccinantes aussi actives que celui obtenu par le sulfate d'ammoniaque, et qu'il n'agit qu'à doses plus élevées, et après un temps plus long.
Lors même, d'ailleurs, qu'on s'adresse au sulfate d'ammoniaque pour précipiter cette substance vaccinante, il faut se servir toi^ours de cultures très virulentes et employer des doses élevées de la solution aqueuse du précipité, ou bien de petites doses injectées dans le sang pendant trois à quatre jours consécutifs. On obtient alors une immunité aussi solide et aussi persistante qu'avec le filtrat des cultures ou de la macération du hachis d'organes de lapins tués par le pneumocoque.
Le vaccin pneumonique peut encore être extrait des cultures du pneumocoque, non plus en l'y précipitant au moyen de l'alcool ou du sulfate d'ammoniaque, mais en l'y prenant par digestion de ces cultures avec de la glycérine stérilisée.
C'est ainsi que G. et F. Klemperer (17) laissaient digérer de la glycérine stérilisée avec une culture du pneumocoque sur gélose, pendant une à deux heures, à la température de 60*. Puis, ils filtraient et inoculaient ce filtrat au lapiu. L'immunité ainsi obtenue dépend de la concentration de la solution et de la dose de rii\jection. Ils l'ont obtenue deux fois, cinq jours après l'injection sous-cutanée au lapin de 12 ce. de cet extrait.
MM. Foà et Scabia (14) ont obtenu constamment une immunité très solide en se servant comme vaccin de sang de lapin mort de septicémie pneumonique. Ce sang, recueilli dans une éprouvette stérilisée, était d'abord exposé pendant vingt-quatre heures dans une étuve à 35«, puis conservé pendant ,dix jours au moins, un mois au plus, à l'obscurité, à la température de 16 à i%^ c. Au bout de ce temps, on mettait ce sang à digérer pendant vingt-quatre heures avec une solution aqueuse de glycérine à 5 p. 100; on filtrait, puis on injectait ce filtrat au lapin à doses faibles pendant quatre à cinq jours consécutifs. Ces auteurs ont noté que si l'on prenait ce sang frais, sans lui faire subir de séjour prolongé -à l'obscurité et au frais, et qu'on le traitât de même par la glycérine»
VACCINATION ET 6UÉRIS0N DB L*INFBGTION PNRUMONIQUE. 213
Finjection au lapin du filtrat obtenu non seulement ne le vaccinait pas» mais le faisait périr à la première inoculation Tiralente d'épreuve.