E. XOSRT
sang une grande quantité de leucocytes, mais aucun pneumocoque, ni dans les leucocytes ni dans les cellules de la rate.
Au bout de vingtrquatre heures après l'inoculation, tout était revenu à l'état normal : il n'y avait plus dans le sang ni pneumocoques ni leucocytes en nombre anormal.
On est assez surpris de voir MM. Klemperer conclure de ces recher- ■ches que le sérum sanguin des lapins vaccinés ne détruit pas les pneumocoques, mais détruit la toxine : il n'est pas bactéricide, il est antitoxique. Les pneumocoques désarmés, réduits à l'état de saprophytes, -sont rapidement détruits par les cellules de l'organisme et principalement par les leucocytes surtout dans la rate.
L'observation si curieuse de MM. Klemperer sur le sort du pneumocoque introduit dans le système circulatoire des lapins vaccinés faisait évidemment prévoir une tout autre conclusion, et l'on ne s'attendait guère à voir les auteurs nier le pouvoir bactéricide du sérum, alors que la phagocytose ne semble jouer qu*un rôle fort effacé, puisque MM. Klemperer eux-mêmes n'accordent aux leucocytes qu'une action destructive sur des microbes rendus inoffensifs par la destruction de leurs toxines.
MM. Klemperer ont également étudié m vitro l'action de ce sérum des lapins vaccinés sur le pneumocoque. Ce microbe ensemencé dans jdes tubes de ce sérum placés à l'ëtuve à 37<> s'y développait autant que dans le bouillon nutritif ordinaire ou dans le sérum des lapins sains. Ces cultures donneraient encore des cultures positives, quand on les réensemence dans le bouillon. De plus, non seulement le sérum des lapins vaccinés ne serait pas bactéricide, mais même il n'atténuerait pas le pneumocoque, puisque les cultures de vingt-quatre heures dans le bouillon, filles de cultures de quatre jours dans le sérum du lapin vacciné seraient mortelles pour le lapin.
Ce pouvoir bactéricide du sérum des lapins vaccinés pour le pneumocoque avait été déjà nié, avant le mémoire de MM. Klemperer, par MM. Foà et Carbone (10); il le fut, depuis, par M. Arkharow (1). D*après ce dernier auteur, le pneumocoque se développe, mais il dégénère et s'atténue dans le sérum des animaux vaccinés et dans leur organisme même : on l'y retrouverait alors à l'état de formes involutives, des plus variables, souvent bacillaires : ces soi-disant pneumocoques dégénérés et atténués pourraient donner au lapin une maladie chronique (diarrhée, amaigrissement, température normale) qui les tuerait en deux à trois semaines ou les laisserait guérir, et les lapins auraient alors acquis une immunité incomplète contre le pneumocoque.
Les expériences nombreuses que j'ai faites (19 et 20), et que j'ai répétées depuis, m'ont constamment donné des résultats contraires à ceux obtenus par ces divers auteurs.
En ensemençant [comparativement une même culture de pneumo-
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coqae Tiraient dans du sérum de lapin sain et dans du sérum de lapin racciné, et en exposant ces cultures à une température de 35» à 37S à l'abri de la lumière, je vis constamment les premières former dès le lendemain un dépôt considérable, épais, laiteux : de très alcalin qu'il était, le sérum était devenu extrêmement acide; de plus, cette culture si abondante et d'un développement si rapide avait perdu dès le deuxième jour sa végétabilité, et dès le troisième ou quatrième sa virulence, au point qu'une injection de 1 ce. à la souris était absolument inoCTensive.
La culture dans le sérum des lapins vaccinés conserve au contraire son alcalinité initiale et une limpidité parfaite qui pourrait faire croire à une destruction complète des pneumocoques, si le rëensemencement ne démontrait qu'il s'y trouve encore, doué de toute sa vitalité et de sa virulence. Puis, au bout d'une quinzaine de jours, peu à peu le liquide se trouble lentement, son alcalinité diminue, et vers la cinquième ou sixième semaine présente le dépôt abondant, laiteux et la forte acidité des cultures dans le sérum des lapins sains : le pneumocoque s'y montre encore vivant et virulent comme au premier jour, soit qu'on injecte directement cette culture, soit qu'on inocule des cultures filles. Ce n^est que dans le courant de la sixième ou de la septième semaine que ces cultures dans le sérum des lapins vaccinés ont perdu leur végétabilité et leur virulence.
J'avais, dans mes premiers mémoires (19 et 20), interprété ces expériences dans le sens de l'absence de pouvoir bactéricide du sérum des lapins vaccinés.
De récentes recherches ne me permettent plus de pouvoir actuellement conclure de cette longévité anormale du pneumocoque dans ce sérum à la négation de son pouvoir bactéricide.
Ce retard apporté au développement du' pneumocoque qu'on y ensemence plaide au contraire formellement en faveur de ce pouvoir bacté-. ricide, qui est constant, mais qui s'y révèle à des dçgrés variables comme la solidité de l'immunité du lapin qui a fourni ce sérum, et persiste presque aussi longtemps que l'immunité même du lapin que des inoculations virulentes hebdomadaires ne viennent pas renforcer. Que le sérum des lapins vaccinés ne tue pas le pneumocoque qu'on y ensemence, pourvu qu'il entrave son développement et retarde sa croissance, sans même atténuer sa virulence, cela suffit, je pense, à démontrer la réalité de l'action nocive du sérum des lapins vaccinés sur le pneumocoque.
Quant à Vactioh antitoasique de ce sérum, MM. Klemperer (17) semblent l'avoir démontrée, car, si l'injection de cultures très toxiques filtrées sans chauffage préalable tue les lapins ou les rend très malades, le mélange à volume égal de ces mêmes cultures avec le sérum de lapins vaccinés ne tue pas cet animal, ou n'élève du moins que légèrement et pendant très peu de temps sa température. D'après MM. Klemperer
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celte même action anti toxique du sera m des lapins vaccinés s'exercerait sur les lapins préalablement infectés, et ce sérum détruirait les toxinesque les pneumocoques ont déjà sécrétées dans l'organisme, et les détruirait à mesure qu'elles se forment.
MM. Kiemperer déclarent enfin ne pouvoir résoudre la question de savoir si le sérum des lapins vaccinés empêche les pneumocoques de sécréter leur toxine, lorsqu'on les inocule au lapin vacciné. Les expériences que j'ai faites in vitro (19 et 20) démontrent qu'en effet celte sécrétion des toxines du pneumocoque ne se fait pas dans le sérum des lapins vaccinés, non que ce microbe y soit atténué, ni même vraisemblablement parce que la toxine y serait détruite au fur et à mesure de sa formation, mais uniquement parce que le pneumocoque s'y développe peu, n'y prolifère que peu ou pas, et que ceux qui y ont été transplantés par l'anse de platine au moment du réensemencement ne se trouvent pas en nombre suffisant pour sécréter une quantité appréciable de toxines. C'est du reste là chose fort difficile à juger, et des expériences que j'ai entreprises récemment ne me permettent pas encore de résoudre cette question.
Le sérum sanguin des lapins vaccinés vaccine contre la septicémie pneumimique les animaux (lapins et souris) auxquels on l'inocule; mais les résultats obtenus par les divers auteurs sont extrêmement variables. MM. il. et F. Kiemperer (17) ont déterminé, par ce procédé, une immunité solide, persistante et rapide : du sérum recueilli chez un lapin qui supporte sans fièvre l'injection intra- veineuse d'un demi-ce. d'une culture des plus virulentes, et, injecté dans la veine de l'oreille d'un lapin, préserverait sûrement cet animal contre les inoculations virulentes pratiquées un jour, quatorze jours et même quatre semaines après l'injection du sérum du lapin vacciné.
M. Arkharow (1) serait parvenu à vacciner les lapins en leur inoculant du sérum de lapins vaccinés; il est vrai d'ailleurs qu'il les infectait avec des cultures peu virulentes, puisque les témoins ne succombaient qu'en quatre ou cinq jours.
MM. Foà et Carbone (10, 11, 12) ont également pu rendre réfractaires à l'action de pneumocoques très virulents les souris auxquelles ils inoculaient deux à quatre gouttes de sérum de lapin vacciné prélevé le vingt-quatrième jour de la vaccination. L'inoculation sous-cutanée de petites doses répétées de ce même sérum pouvait aussi conférer l'immunité au lapin. Pourtant, dans des expériences reprises plus tard en collaboration avec M. Scabia, M. P. Foà (14) montra que le sérum sanguin des lapins vaccinés ne possède que des propriétés vaccinantes fort inconstantes. Son action immunisante dépend surtout du moment où on le recueille, c'est-à-dire du temps écoulé entre la dernière inoculation virulente d'épreuve et la saignée de l'animal. C'est le cinquième jour après cette inoculation virulente que le sérum des lapins vaccinés possède le degré maximum de son action vaccinante: c'est donc à cette
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époque qu'on doit le recneiHîr. L'inoculation de ce sérum rend le lapin réfractaire, mais le fait maigrir de 200 à 300 grammes en cinq jours, et souvent Tanimal succombe à la troisième ou quatrième injection virulente d'épreuve, sans qu*on puisse d'ailleurs constater la présence du pneumocoque dans ses organes, mais avec un affaiblissement progressif et rapide.
Comme M. Foà et Scabia, je pense, d'après quelques expériences que j'ai faites, qu'en effet le sérum des lapins vaccinés, alors même qu'on le recueille au moment où il est doué du maximum de ses propriétés vacci* nantes, n*est qu'un vaccin souvent inâdèle, en tous cas, toujours moins actif que les macérations de hachis d'organes de lapins morts de septir cémie pnenmonique.