RECHERCHES SUR LA NATURE DES
Par M. le ly OUGHINSKT (de Saint- Pétersbourg)
(TRAVAIL DU LABORATOIRE DB M. LR PR0FB8S RUR STRAUS)
La tendance actuelle de la bactériologie, tendance éminemment toxicologique et qui fait dépendre les propriétés pathogènes des bactéries de leur pouvoir d'élaborer des toxines, a apporté un nouvel intérêt à Tétude détaillée de ces poisons. Les travaux faits dans cette direction et les recherches sur Faction physiologique des toxines microbiennes nous ont tout d abord appris qu'il faut renoncer à Topinion d'après laquelle ces poisons rentreraient dans la catégorie des ptomaînes, comme on le croyait il y a encore quelques années. Actuellement on est porté à considérer les poisons microbiens comme des corps albuminoïdes. C'est là, sans doute, un progrès, mais un progrès qui ne facilite pas beaucoup l'étude de ces poisons. La classification des corps albuminoïdes euxmêmes est encore imparfaite et incomplète, et les signes caractéristiques propres à chacun de ces groupes ne sont pas rigoureusement déterminés et ne reposent peut-être pas sur
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des bases bien solides ^ Et pourtant tous les auteurs qui ont étudié expérimentalement cette question se sont efforcés de les placer dans tel ou tel groupe de substances albuminoïdes.
Ainsi Roux et Yersin', qui ont étudié le poison de la diphtérie, le regardent comme une enzyme, tandis que Brieger et Frânkel ' le considèrent comme une albumine, en admettant en même temps que le poison du choléra et celui de la fièvre typhoïde, de même que celui fabriqué par des staphylocoques, sont des globulines. Pour Wassermann et Proskauer* le poison de la diphtérie serait une albumose. Pfeiffer* et SchoU * placent le poison du choléra dans la catégorie des peptones. Ajoutons encore que Gamaléia' considère tous ces poisons comme des nucléo-albumines, qu'on les divise encore en primitifs et secondaires, qu'à côté des toxines on trouve des antitoxines, etc.
L'étude des poisons bactériens présente encore des difficultés d'un autre ordre. On cultive actuellement les microbes dans des milieux contenant des substances albuminoïdes sans posséder de méthode permettant de séparer les poisons bactériens des substances albuminoïdes dans lesquelles ils ont été formés. De sorte que, lorsqu'on veut, par un procédé quelconque, isoler le poison, les substances albuminoïdes des milieux nutritifs sont entraînées en même temps. Il était donc très important d'arriver à cultiver les microbes pathogènes sur des milieux dépourvus de substances protéiques.
Le premier qui est parvenu à ce résultat fut Fermi*. Dans un travail publié en 1891, il dit notamment avoir réussi à cultiver quelques micro-organismes pathogènes dans le liquide