Roux et Yersin, ibid., 1889 et
3. Brieoer und Fr-«nckel, Untersuch, ùher Bakteriengifte (Berlin, klin. Wochensch, 1892).
4. Wassermann und Proskauer, Ueb. die von Diphlheriehacillen erzeugten Toxalbumine [Deustch. méd. Wochensch.^ 1891.
5. Pfeiffrr, Unters, Uberd. Choleragift Zeùtch. f. Hyg., 1892, BdXI, H.H.
6. ScHOLL, Vntermck. ueb., choleduxine. {Berlin, klin. Wochemch^ 1890, no 41), et lleber Choleragift (Prager med. Wochensch., 1890, n«> 44).
- 7. Gamalêia, Les poisons bactériens et Recherches expérimentales sur le poison du choléra. Arch. de méd. expèrim., 1891.
8. Fermi, Weiler Untersuch. ii. die tryptischc Enzyme der Micro-organismen. CentrabL fur Physiol., 1891, p. 481.
nonnal de Nftgeli additionné de 1 à 5 p. 100 de glycérine. Dans ces cultures, quelques-uns de ces micro-organismes pathogènes (le bacille pyocyanique et le micrococcus prodigiosus en particulier) ont pu élaborer des ferments agissant à la façon de la trypsine et liquéfiant la gélatine. Mais la toxicité de ces cultures n'a pas été étudiée.
Arnaud et Charrin, dans une communication faite à la Société de biologie\ ont aussi constaté la présence d'un ferment dans les cultures du bacille pyocyanique ensemencé sur un milieu ne contenant pas de substances aibumiiioïdes. Mais, comme Fermi, ils n'ont pas recherché si ces cultures contenaient ou non des substances toxiques.
Ce fut surtout M. Guinochet qui, dans un travail fait au laboratoire et sous l'inspiration de M. Straus, contribua beaucoup à Fétude de cette question. Pour étudier le poison du bacille diphtérique, il eut Tidée de le cultiver sur un milieu naturel dépourvu d'albumine, sur Furine. Il obtint ainsi des cultures qui, à la vérité, n'étaient pas très toxiques, mais dont la toxicité était assez grande pour tuer des cobayes, une fois qu'elles étaient débarrassées des bacilles par iiltration sur papierou à travers le filtre Chamberland. Gomme ces cultures ne contenaient pas trace de substances protéiques, M. Guinochet croit que la classification définitive du poison diphtérique n'est pas encore possible à Fheure actuelle.
M. Guinochet a encore essayé de faire pousser le bacille diphtérique sur des milieux autres que l'urine, notamment sur des liquides artificiels, ne contenant pas de substances albuminoïdes. Il n'y parvint pas, et son échec me semble tenir à la composition de ses liquides, dont les uns (n^' 1^ ^, 3) ne contenaient pas de matières nécessaires à la vie des micro-organismes (les phosphates par exemple), et dont les autres avaient leur azote sous une forme difficilement abordable par les microbes.
Dans son travail sur les poisons bactériens (/. c, p. 86), M. Gamaléia dit que les microbes pathogènes se développent fort bien sur des milieux contenant- 0, S p. 100 d'extrait de
1. Séance du 20 juin 1892. Cette communication était provoquée parcelle du travail de M. Guinochet.
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Liebigy 4 p. 100 de glycérine et 0,5 p. 100 de sel de cuisine. La composition de ce liquide n'est pourtant pas à Fabri de tout reproche, en ce sens qu'il peut contenir des dérivés des corps albuminoïdes, des substances collagènes, etc. C'est pour cette raison que, sur le conseil de M. Gamaléia, j'ai essayé de préparer un milieu composé de liquide normal de Nâgeli un peu modifié et additionné de 4 à 5 p. 100 de glycérine. Je suis parvenu ainsi à cultiver, sur des milieux artificiels absolument dépourvus de substances albuminoïdes, des micro-organismes dont les cultures étaient toxiques pour les animaux. Voici la composition du milieu dont je me servais :
Eau 1000
Glycérine 40 à 50
Chlorure de sodium 5à7
Lactate d'ammoniaque 10
Chlorure de calcium 0,1
Sulfate de magnésie 0,2
Bi-phosphate de potasse 1
Gomme source d'azote, avant de m'arrèter au lactate d'ammoniaque, j'avais essayé Tasparagine, le tartrate et le citrate d'ammoniaque. Les meilleurs résultats m'ontété fournis par le lactate d'ammoniaque. Pour certains micro-organismes, il m'a paru utile d'ajouter 0,S p. 100 d'urée, 0,02 à 0,03 p. 100 d'acide urique, 0,8 à 1,5 p. 100 de sucre. Pendant la neutralisation de ce liquide, il se formait quelquefois un précipité : je l'abandonnais toujours dans le liquide, et peu à peu il s'usait pendant le développement de la culture.
Dans ce milieu poussent très bien, en conservant leur toxicité, les cultures du bacille pyocyanique, du bacille prodigiosus, du bacille du choléra, du vibrion avicide, du streptocoque. Le bacille diphtérique se développe mieux quand on ajoute au liquide de l'urée et de l'acide urique. Du reste, la toxicité de ce bacille varie avec la composition du milieu nutritif. Je n'ai pas réussi à faire pousser sur ce milieu ni le bacille de la fièvre typhoïde, qui se développe assez bien sur le liquide additionné d'extrait de Liebig, ni celui de la tuberculose.
Le développement que quelques microbes, le bacille de la
diphtérie par exemple, prennent sur ce milieu, n'est pas très sensible pendant les premiers jours. Mais une fois ce développement commencé, il s'accuse bien vite, et la culture pousse comme sur du bouillon ordinaire, peut-être moins abondante que dans ce dernier milieu.
Sous le microscope les microbes développés dans ce milieu artificiel ne se distinguent en rien des micro-organismes cultivés sur du bouillon.
Jusqu'à présent, je ne me suis occupé que des cultures du choléra et de la diphtérie, dont les poisons ont été le mieux étudiés : celui de la diphtérie par Roux et Yersin, Fraenkel et Brieger, Guinochet; ceux du choléra, par Gamaléia etpar Wolkoff, qui a consacré tout un travail h la toxicité du vibrion avicide, si semblable à celui du choléra.
Ces deux poisons, poison diphtérique et poison cholérique, appartiennent chacun à des groupes qui diffèrent entre eux et par leur origine, et par leurs propriétés'physiologiques, et, peut-être aussi, parleur composition chimique.
Les poisons du premier groupe, poison de la diphtérie comme celui du tétanos, sont beaucoup moins stables que ceux du choléra. Chauffés à 65"*, à 70*, ils se décomposent et perdent leurs propriétés toxiques; Tair et la lumière exercent sur eux la même action que la température élevée. Certaines substances, le phosphate de chaux, l'oxyde d'alumine, en se précipitant, les entraînent. Quant à leur toxicité, ils sont extrêmement toxiques, même à dose minime.
Les poisons du groupe choléra sont plus stables. On peut les chauffer à 115-120** sans les détruire; peut-être sont-ils modifiés dans, ces conditions, mais ils n*en conservent pas moins leur toxicité. Quand la culture virulente, contenant les microbes, est chauffée à 1 15°, elle devient même plus toxique. Ces poisons ne se décomposent pas sous l'influence de l'air ou de la lumière et ne sont pas entraînés avec les précipités. Leur toxicité, à dose égale, est moindre que celle des poisons du premier groupe.
Cette division est encore justifiée par certains faits d'ordre clinique. On sait notamment que les bacilles de la diphtérie et du tétanos provoquent des maladies toxiques par excel-
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lence, sans se disséminer dans l'organisme malade; au contraire, ils se cantonnent dans un point limité où ils élaborent les produits qui intoxiquent l'organisme. Si Ton considère au même point de vue le bacille du choléra, on trouve que, chez l'homme, il se développe dans l'intestin sur une surface très étendue et que chez les animaux (choléra expérimental) il envahit même tout l'oi^anisme. En plus, dans le choléra, le poison est localisé dans les corps mêmes des bacilles, et les corps des bacilles morts sont encore actifs, phénomène qui est aussi propre au bacille tuberculeux, comme l'ont montré Straus et Gamaléia.
Le caractère commun à tous les poisons bactériens est d'être précipités de leurs solutions respectives par l'alcool absolu, l'acétate neutre de plomb, le sulfate de cuivre, le sublimé et les réactifs des alcaloïdes.
Après ces quelques remarques préliminaires, je puis passer à l'exposé de la partie expérimentale.