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CAS DE POUOMYÉUTE INFECTIEUSE AIGUË

Il n'a pas été observé de secousses ûbriliaires spontanées des muscles; leur percussion ne détermine pas davantage de contractions appréciables.

L'électrisation par les courants faradiques amène, dans les muscles des cuisses, des mouvements flbrillaires assez nets ; mais la contraction musculaire proprement dite exigeait Je maximum d'excitation fourni par un petit appareil clinique de Gaiife au bisulfate de mercure. L'excitation galvanique des muscles de la cuisse amène, au contraire, leur contraction. Il y avait donc réaction partielle de dégénérescence.

Le 14 novembre, l'animal commença à avoir de rincontinence des matières fécales, cessa de manger, présenta de la diarrhée et mourut le 16, moins de deux semaines après le début de ses symptômes paraplégiques. 11 pesait, la veille de sa mort, 1 895 grammes.

Autopsie. — Celle-ci a été faite quatre heures après la mort. Il n'existait aucune lésion des viscères abdominaux ou thoraciques.

Le système nerveux central parait sain dans toute son étendue, sauf dans la région lombaire de la moelle qui est ramollie. A la coupe, la moelle semble un peu rosée. Les membranes sont saines.

Les nerfs périphériques ne présentent aucune vascularisation anor« maie.

Les muscles des membres postérieurs et des régions fessières sont atrophiés, gris et pâles. Ceux des membres antérieurs sont un peu moins grêles.

Examen microscopique. — Si l'examen macroscopique du système nerveux n'a montré aucune lésion bien appréciable, l'étude histologique dee nerfs, de l'axe médullaire et des muscles de cet animal n'a pas laissé de révéler des lésions très intéressantes.

Moelle. — La moelle a été d'abord immergée dans le liquide de MûUer pendant quinze jours, puis durcie dans l'acide chromique à 2 p. iOOO. Un petit fragment de la moelle lombaire a été durci directement dans l'alcool absolu pour être réservé à l'examen bactériologique.

Les coupes nombreuses de la moelle, faites dans les trois régions lombaire, dorsale et cervicale, ont été colorées au picro-carmin ou à l'hématoxyline de Ranvier, lavées et déshydratées, puis éclaircies dans Fessence de girolle et montées dans le baume du Canada.

Examinées à un faible grossissement (oc. 1, obj. 2, Vér.), les coupes de la moelle lombaire montrent une disparition presque complète des cellules des cornes antérieures. On n'aperçoit, à la place des cellules ganglionnaires, qu'un certain nombre d'espaces arrondis ou ovales, les uns incolores, les autres teintés en rose clair et tranchant sur le fond plus coloré de la préparation. Quelques cellules, mieux conservées, sont néanmoins très pâlies. Les cellules des cornes postérieures semblent moins atteintes que les cellules des cornes antérieures; un certain nombre d'entre elles sont absolument normales.

Dans les coupes colorées à l'hématoxyline, on observe, particulièrement dans la substance grise, une prolifération assez marquée des cel* Iules de la névroglie.

A un plus fort ^grossissement (oc. 1, obj. 7), on voit que les cellules ganglionnaires dégénérées ne sont plus représentées que par de larges vacuoles, les unes incolores, les autres de teinte rose pâle. Dans chaque coupe il n'existe qu'une ou deux cellules à peu près normales; encore ont-elles perdu, le plus souvent, soit leur nucléole, soit leurs prolongements. Les autres éléments ont plus ou moins disparu. Le degré le plus faible de l'altération cellulaire consiste dans la pâleur du protoplasma et Ta disparition du nucléole. Dans un état plus avancé, les cellules nerveuses ne sont plus représentées que par un noyau rose, entouré d'un protoplasma rétracté, à peine visible, tantôt amorphe, tantôt irrégulièrement réticulé, et sans contours défmis. Enfm on peut observer des cadavres de cellules nerveuses qui ne sont plus figurées que par un reliquat vaguement arrondi, très faiblement teinté par le picro*carmin, dernier vestige d'un noyau en voie de disparition. Le groupe des cellules antéro-in ternes a été trouvé plus particulièrement dégénéré.

Les prolongements radiculaires antérieurs sont souvent hypertrophiés, creusés de vacuoles parfois volumineuses et sont accompagnés, pendant leur trajet, d'un nombre assez grand de noyaux petits et fortement colorés. En outre, les cylindres-axes des cordons antérieurs, postérieurs ou latéraux, sont manifestement altérés en quelques points; çà et là, ces cylindres sont pâlis, très tuméfiés, inclus dans des gaines élargies. Quelques-unes de ces gaines sont vides. Bien que cette dernière lésion soit peu prononcée et diffuse, elle est plus marquée dans les cordons antéro-latéraux.

Les coupes colorées à l'hématoxyline montrent, de la manière la plus apparente, la multiplication des cellules [de la névroglie. 'La substance grise y présente une assez grande profusion de cellules petites, arrondies, vivement colorées, confluentes surtout au voisinage de l'épendyme et à l'extrémité des cornes postérieures oii elles sont plus nombreuses qu'à l'état normal. Ces cellules de formation nouvelle, qui traduisent les phénomènes d'irritation exercée par les poisons microbiens sur le système nerveux médullaire, se rencontrent encore le long des prolongements cylindraxiles et sur les tronçons de gaines myéliniques visibles dans la substance grise. La substance blanche est beaucoup moins riche que la substance grise en cellules jeunes ; mais cellesci sont encore assez nombreuses le long des filets radiculaires antérieurs ou postérieurs dont elles escortent le trajet.

L'endothélium des capillaires sanguins est marqué par une prolifération inaccoutumée de ses noyaux. Les vaisseaux sont un peu dilatés et il a été trouvé, dans une des coupes de la moelle dorsale, un petit raptus hémorrhagique. microscopique. Les gaines lymphatiques péri-

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