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CAS DE POLIOHTÉUTE INFECTIEUSE AIGUË

vasculaires ne renferment pas d'exsudat anormal ni de globules blancs.

Les lésions décrites ci-dessus présentent, dans leur ensemble, leur maximum d'intensité au niveau du renflement lombaire. Dans la région dorsale, le nombre des cellules dégénérées est un peu moindre. La région cervicale contraste, par son intégrité relative, avec la région inférieure de Taxe médullaire; mais on y observe néanmoins, dans les cornes antérieures, un certain nombre de cellules ganglionnaires à protuplasma un peu granuleux, pâle, mal teinté par le carmin ou Thématoxyline et à nucléole peu visible. Les capillaires y sont encore dilatés; leur endothélium est tuméfié. Le canal épendymaire semble élargi.

Nulle part la dissociation n'a fait trouver de corps granuleux ou de cellules graisseuses.

Racines antérieures. — Multiplication assez 'notable des noyaux du névrilemme. Dans les filets soumis à l'action du bichromate de potasse et colorés au picro-carmin, le cylindre-axe prend difficilement la coloration sur un certain nombre de tubes; quelques-uns sont môme vidés, comme atrophiés et réduits à une gaine colorée.

Ganglions spinaux. — Les cellules des ganglions spinaux ne présentent aucune altération. Elles sont bien colorées mais, dans presque toutes, on voit une multiplication manifeste des noyaux de l'épithélium sous-capsulaire. Ceux-ci forment, autour de chaque cellule, une couronne confluente où l'on en peut compter parfois jusqu'à 45, Les fibres nerveuses émanées de ces cellules offrent aussi un chiffre inaccoutumé des noyaux de la gaine de Schwann. La myéline est normale.

Ces lésions irritatives ont été trouvées aussi bien dans les cellules des ganglions dorsaux que daus celles d^s ganglions lombaires. Les ganglions cervicaux n'ont pu être examinés.

Nerfs périphériques. — Les nerfs sciatiques droit et gauche, les nerfs des deux segments inférieurs des membres antérieurs du lapin ont été recueillis et fixés aussitôt sur des tiges de bois, en extension physiologique. Une partie de chaque nerf a été soumise, pendant vingt-quatre heures, à l'action de l'acide osmique; l'autre partie a été placée directement dans la solution de bichromate de potasse à 2 p. iOO.

L'examen microscopique des filets nerveux préparés après dissociation dans le picro-carmin de Ranvier ou dans le carmin et l'hématoxyline, ne montre pas la multiplication des noyaux de la gaine de Schwann «qui a été observée dans les racines antérieures. Il n'existe pas, non plus, de gonflement ou de segmentation du noyau de la cellule du segment interannulaire.

Bien que le protoplasma n'ait pas végété et que les filets nerveux sains soient en grande majorité, il existe, cependant, chez un certain nombre d'entre eux, deux ordres de lésions diffuses : i^ dans quelques ûbres élémentaires, la myéline est festonnée, inégale, parfois frag-

montée en boules, mais cette altération est moins pi*ononcée que la suivante ; 2^ dans les nerfs traités par le bichromate de potasse, puis dissociés dans le picro-carmin, on observe une lésion analogue à celle qui a été décrite par M. Gombault i et qui a été retrouvée, du reste, par M. H. Roger dans les cas d'atrophie musculaire expérimentale due au streptocoque qu'il a décrits.

Dans un certain nombre de tabès nerveux, en effet, le cylindre-axe est tantôt dilaté et variqueux, tantôt et plus souvent très mal teinté, à peine visible, présentant, en un mot, cette pâleur protoplasmique qae nous avons déjà observée dans les cellules ganglionnaires de la moelle. En d'autres points, le cylindre-axe , tuméfié par places, étranglé ailleurs, est même interrompu de distance en distance. Certaines fibres nerveuses sont ou paraissent ainsi privées, sur une certaine étendue, de leur filament central. Celui-ci réapparaît au voisinage de Tétranglement sous forme d'une massue assez pâle qui cesse pour reprendre du côté opposé du même étranglement. Enfin on peut voir certains tubes plus rares dans lesquels il n'existe, à l'intérieur de la gaine de Schwann,qae l'amas jaunâtre et irrégulier de myéline, sans trace de cylindre-axe sur presque toute la continuité du nerf. 11 ne s'agit point là d'un vice de préparation, car les éléments altérés sont les moins nombreux et qu'on trouve, dans le produit de la même dissociation, la plupart des tubes nerveux normaux, pourvus d'un cylindre-axe fortement coloré par le carmin.

Muscles. — Les muscles ont été examinés, soit par dissociation après séjour dans l'alcool au tiers, soit dans des coupes pratiquées après durcissement.

Les fibres musculaires sont toutes très atrophiées, principalement dans les muscles de la cuisse, et montrent une prolifération considérable des noyaux du sarcolemme. En certains points, ceux-ci sont multipliés au point de masquer partiellement l'aspect de la fibre.

Outre l'altération précédente, les fibres musculaires présentent, à un degré plus ou moins grand selon le hasard des préparations, la perte de leur striation transversale. La striation longitudinale est, au contraire, dans quelques éléments, plus accentuée qu'à l'état normal. Enfin certaines fibrilles (ce sont les plus rares) ont perdu leur double striation transversale et longitudinale, et offrent un aspect presque homogène, mais se colorent néanmoins très bien par le carmin. 11 n'y a pas d'épaississement du périmysîum.

Ces lésions musculaires, analogues à celles que déterminent les sec* tions nerveuses, ne sont pas généralisées à la totalité des fibres musculaires. Au milieu des faisceaux dégénérés on rencontre, en effet, des fibres possédant leur striation normale, quoique plus ou moins di-

1. Gombault, État des nerfs périph, dans un cas de myopathie progressa [Aixh, de méd. expérim,, 1889, p. «33).

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