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CAS DB POLIOMYÉLITE INFECTIEUSE AIGUË

minuées de Tolume. Mais la prolifération des noyaux du sarcolemme est générale.

Tel est le cas expérimental de paralysie atrophique d'origine infectieuse qu'il nous a été donné d'observer. Nous avons tenté, à plusieurs reprises, de le réaliser sur d'autres lapins Taide des mêmes cultures inoculées dans des conditions sem blables ; mais ces essais ont été infructueux. La plupart des animaux mouraient rapidement, emportés par une septicémie suraiguë ; les autres ont fini par guérir, mais sans présenter de symptômes paralytiques. Nous ne saurions dire, en conséquence, pourquoi l'action des virus inoculés s'est exercée ici tout spécialement sur le système nerveux; tant il est vrai que, dans la lutte de l'organisme vivant contre Tassant des bactéries pathogènes ou contre l'intoxication résultant des poisons solubles qu'elles sécrètent, il intervient des éléments complexes dont la nature et la valeur peuvent nous échapper fréquemment.

Quoi qu'il en soit, on ne saurait méconnaître les analogies étroites qui rapprochent cette maladie expérimentale du syndrome que Landry a décrit sous le nom Ae paralysie ascendante ou centripète aiguë\ Par son étiologie, son début, ses sjrmptômes, l'extension rapide et progressive de la paralysie du train postérieur aux membres antérieurs, elle lui est tout à fait comparable. Et, de fait, cette même affection peut se pré* senter, chez l'homme, comme complication mortelle dans la convalescence du typhus abdominal. Sur les dix observations de Landry, deux reconnaissent ce processus infectieux pour origine, et d'autres exemples de ce genre ont été publiés ^

Mais si ces divers cas de paralysie ascendante peuvent offrir une étiologie et une symptomatologie communes, il est singulier de voir, par contre, qu'ils ne procèdent pas toujours d'une seule et même altération anatomique du système nerveux. Â cet égard, le fait expérimental que nous venons d'étudier s'écarte, par les lésions si notables constatées dans

i. G. Landry, Note sur la parai, ascend, aigûe {Gaz. hebdom., 1859). 2. Canf. A. Pitres et L. Vaillard, Contrià. à l'élude de la parai, ascend. aigûe (Areh. de physioL, 15 févr. 1887).

l'axe médullaire, delà plupart des observations recueillies en pathologie humaine. On sait, en effet, que Tempoisonnement typhoïdique respecte, le plus souvent, la moelle épinière et qu'il s'adresse, de préférence, aux nerfs périphériques dont îl altère profondément la structure.

Dans l'observation citée de MM. Pitres et Vaillard, la moelle était intacte et la paralysie ascendante aiguë ne pouvait être rapportée qu'à la névrite périphérique. Enfin, l'examen histologique de cet axe pratiqué dans la paralysie de Landry par Eisenlohr, Leyden, Rosenthal, Bernhardt, Déjerine, etc., n'y a pas davantage révélé de lésions probantes.

Il ne semble''pas, cependant, que l'on doive dénier une origine centrale à toute manifestation paralytique analogue. Il existe, en effet, un certain nombre d'exemples dans lesquels la maladie relevait d'une myélite transverse ou d'une myélite diffuse. Beau, Leudet, Nothnagel, Vulpian et, plus récemment, Mitchell, Nauwerck, Curschmann, etc., ont signalé des faits de myélite ascendante consécutive à l'empoisonnement typhoïdique. De plus, certaines paralysies de Landry produites par des infections non typhoïdiques, et souvent cryptogénétiques, ont également présenté des altérations manifestes de la moelle (Impiermann, Klebs, Eisenlohr). Les recherches expérimentales de H. Roger, Bourges, Gilbert et Lion, plaident encore dans le même sens. Enfin, ce qui témoigne que l'action des bactéries pathogènes peut s'appesantir aussi bien sur le système nerveux central que sûr l'ensemble des nerfs périphériques, c'est que l'un et l'autre systèmes peuvent être simultanément atteints chez le même individu atteint de paralysie aiguë. Dans un cas d'Eisenlohr*, il existait à la fois des lésions névritiques et une myélite aiguë au niveau des ^V et 12° dorsales. Rappelons que, dans notre cas expérimental, la même dualité de lésions a été observée sous le microscope.

11 serait, sans doute, difficile de dire si les deux altérations nerveuses, centrale et périphérique, trouvées chez le lapin qui fait l'objet de cette observation, ont été contemporaines ou si

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