Frânkel, /. c
demment les résultats de Tautopsie dénotent un certain dédain des faits cliniques, car il est inadmissible que des embolies aussi répandues que celles qui ont été constatées par Virchow à la section, niaient amené des, troubles graves dans l'état dû malade !
Notre cas, il nous semble, rappelle celui de Virchow, non seulement par la structure pareille du tissu néoplasique et sa localisation, mais encore par les symptômes cliniques, notamment par les embolies réitérées qui, dans notre cas, ont été constatées du vivant de la malade. Ce sont ces embolies qui, parmi les autres symptômes, ont simulé un anévrysme et qui nous ont principalement guidé vers cette hypothèse; ces embolies constituent, selon moi, un indice important, pouvant servir au diagnostic des tumeurs intracavitaires du cœur. En nous tenant rigoureusement au principe, qui nous enseigne à diagnostiquer la maladie, dans sa forme la plus simple et la plus connue, sans aller chercher tes raretés, nous nous sommes arrêtés à supposer un anévrysme. Néanmoins, à présent, après Tautopsie, nous nous voyons obligés de reconnaître que le diagnostic, fort admissible du reste, n'était pas suffisamment fondé; et nous ne pouvons nous défendre de l'idée que si un cas pareil se représentait, nous nous serions du moins abstenus, après cette expérience, de préciser aussi nettement le diagnostic, et aurions peutêtre même soupçonné l'existence d'une tumeur cardiaque.
Loin de nous l'idée d'ériger les embolies en symptôme pathognomonique des tumeurs cardiaques (nous les reconnaissons parfaitement comme appartenant aussi à Tanévrysme et à l'endocardite), mais nous admettons néanmoins que, dans les cas où le tableau clinique de la maladie e>:t vague et présente des écarts inexplicables du type normal, ces embolies peuvent donner fidée d'une tumeur cardiaque, particulièrement d'une tumeur intracavitaire.
Cette valeur diagnostique des embolies dans les cas de tumeurs cardiaques n'est indiquée nulle part. Ely, dans sa thèse, ne les mentionne qu'en passante
i. Ely. Contribution à rétudo des tumeurs néoplasiqucs déycloppees dans le cœur. Thèse. Paris, 1874, p. 40.
398 L. BÊBTHBNSON.
A. Pic et J. Bref déclarent que « les embolies, qui ont parfois été signalées (Da Costa *), n'ont d'ailleurs rien de caractéristique ».
Eichhorst (/. c), le seul auteur ayant rassemblé dans son manuel tous les symptômes propres aux néoplasies du cœur, place les embolies dans leur nombre. En énumérant ces symptômes, il ajoute, entre autres, que les particules de la néoplasie se détachent et se transportent au cerveau, aux poumons, etc., en y provoquant des lésions emboliques '.
En comparant le cas rapporté par nous à d'autres cas semblables, nous trouvons, outre les embolies, une grande similitude du tableau clinique ; c'est surtout le cas du D'' Bodenheimer \ qui a pu également observer chez son malade un état de faiblesse, de dyspnée et d'oppression, ainsi que des syncopes et des pertes de connaissance momentanées, qui est semblable au nôtre.
Ce ne sont, il est vrai, que des symptômes bien vagues, qui appartiennent également à toute une série des maladies du cœur et des vaisseaux, et leur valeur de diagnostic est fort problématique; mais quand ces symptômes sont accompagnés d'embolies d'origine, pour ainsi dire, obscure, ils peuvent pareillement parler en faveur d une néoplasie. Considérant la rareté des tumeurs cardiaques et la diversité des phénomènes morbides qui les accompagnent, vagues, indéterminés et ayant rapport à toute une série de lésions cardiaques, toutes les indications sont d'un grand intérêt, même celles qui ne servent qu'indirectement au diagnostic. C'est précisément sous ce rapport que les observations suivantes d'Ely*, de Bodenheimer et de Frânkel ont une certaine valeur.
1. A. Pic et J. Brbt. Contribution à l'étude du cancer secondaire du cœur. Revue de médecine, 1891, p. 1025.
2. Da Costa. Cérébral emboUsm irilh cancei* of the heart. Philadeiphia médical Times, 1878.
3. U a Hé omis dans cette dernière indication le cas d'embolie le plus fivquent: celui où le caillot se détache des couches flhrineuses recouvrant la néoplasie.