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ANGINE PARASITAIRE CAUSÉE PAR UNE LEVURE

n'avons pu reconnaître le champignon du muguet, soit par Texamen microscopique, soit par les cultures. On ne pourrait donc pas nous objecter qu'il s'agissait là d'une infection secondaire greffée sur un exsudât produit par V oïdium albicans. L'angino crémeuse que nous avons constatée ne différait pas clioiquement du muguet habituel de la gorge ; mêmes caractères physiques, même pathogénie et même évolution, même efficacité du traitement par les alcalins. Le diagnostic différentiel serait donc impossible, ^dJis des cas semblables^ sans l'examen microscopique.

L'histoire de ce fait nous a semblé intéressante à rapporter non seulement par sa singularité, mais encore par les idées générales qui peuvent en découler. Notre levure, en effet, nous a semblé être une levure banale, absolument comparable aux levures industrielles. Or il est intéressant de constater que, dans certaines conditions, probablement rares, un micro-organisme naturellement inoffensif peut, ens'ensemençant sur un milieu]préparé, devenir pathogène et donner lieu à une affection morbide caractérisée.

D'autre part, c'est un nouvel exemple de la difficulté que Ton éprouve à superposer la pathologie à la bactériologie. En effet, si certains microbes peuvent par leur variation de virulence donner lieu à des affections cliniques [différentes, il en est qui sont absolument différents entre eux, et qui cependant engendrent le même complexus symptomatique.

CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DU VIBRION AVICIDE » (yibrio metsghnikovianus)

Par I. BRUHIi

(travail du LABORATOIRB DB m. LR professeur 8TRAU8)

Nous avoQs poursuivi depuis quelque temps, aidé des conseils bienveillants de M. Gamaleïa, des expériences sur le vibrion avicîde découvert par ce dernier. Notre but était surtout d'étudier la vaccination contre ce microbe; mais une série de circonstances nous a amené à élargir le plan de ce travail, dans lequel nous exposerons quelques faits relatifs à la morphologie du microbe, à différentes méthodes de vaccination, à ses toxines, enfin à la curabilité de la septicémie vibrionienne.

Dès le début de nos recherches nous avons été arrêté par une difficulté imprévue. La culture de vibrion avicide, que M. Straus avait bien voulu nous confier, était une culture sur gélose, sur laquelle le microbe avait poussé assez abondamment; mais ce tube datait de plus de trois mois; pendant ce laps de temps on n'avait transplanté le microbe sur aucun autre milieu, on ne l'avait fait passer par le corps d'aucun animal.

CONTRIBUTION A l'ÉTUDB DU VIBRION AViaDB. 39

Nous avons d'abord pu constater que la culture était encore vivante ; car tous les ensemencements que nous avions faits ont été fertiles; mais ce microbe paraissait avoir perdu une grande partie de sa virulence; inoculé aux animaux réceptifs en quantité relativement considérable, il ne les tuait pas à coup sûr; certains d'entre eux guérissaient; ceux qui succombaient ne présentaient dans leur sang qu'un petit nombre de vibrions, alors qu'il est établi que le vibrion virulent tue à coup sAr en moins de vingt-quatre heures et cela par une véritable septicémie.

Sans entrer ici dans le détail de ces tentatives préliminaires, nous tenons à dire que le pigeon, animal le plus sensible à cette infection, paraissait beaucoup plus réfractaire à notre microbe atténué que le cobaye.

On sait, d'autre part, qu'il est possible d'exalter la virulence du vibrion avicideS par l'inoculation dans la plèvre oy le péritoine du lapin, à un degré tel qu'aucune autre septicémie n'amène une mort aussi prompte. Or toutes nos tentatives pour obtenir l'exaltation de la virulence de ce microbe sont restées vaines : l'injection intra-pleurale tuait bien le cobaye ; mais la culture obtenue avec le sang ou l'exsudat pleural de l'animal qui venait de succomber ne donnait guère un microbe plus virulent.

Après de nombreux essais, nous avons dft reconnaître que nous nous trouvions en présence d'une espèce de vibrio à virulence définitivement atténuée ; nous étions ainsi amené à nous demander si cette variété de vibrion avicide possédait quelques propriétés biologiques qui permissent de la distinguer du microbe virulent.

Nous avons effectivement comparé des cultures de ce microbe faites par piqûre dans la gélatine avec celles d'un autre spécimen de vibrio très virulent quenousdevionsàl'obligeance de M. Gamaleïa, et nous avons pu constater qu'il y avait une différence considérable dans la rapidité avec laquelle se liquéfiait la gélatine. Le développement du microbe virulent se faisait beaucoup plus rapidement; et dans ce cas la liquéfac*

f . GamalbU. Annales de Finst Pasteur, 1889

tion de la gélatine était bien plus prompte. Dans un tube renfermant une culture de cinq ou six jours , la moitié du cylindre de gélatine était liquéfiée par le microbe virulent, tandis que le microbe atténué n'en avait liquéfié qu'uh mince anneau.

D'un autre c6té, la morphologie des colonies isolées, étudiées sur plaques de gélatine, nous a appris quelques faits intéressants. On sait que M. Pfeiffer *, en observant la forme des colonies, en a trouvé de très dissemblables, à tel point qu'il s'était demandé s'il avait bien eu affaire à une culture pure ; or, en ensemençant divers milieux avec une de ces colonies et en refaisant de nouvelles plaques, il retrouvait cependant ces différentes variétés de colonies.

Nous avons cultivé comparativement trois échantillons de vibrio, que, pour la commodité, nous proposons de désigner de la manière suivante :

Vibrio A : échantillon non virulent donné par le professeur Straus.

Vibrio B : même microbe que A. après plusieurs réensemencements et passages par le cobaye et le pigeon.

Vibrio C : vibrio virulent donné par M. Gamaleïa.

Le moment le plus favorable pour l'examen et l'étude des colonies isolées est du deuxième au quatrième jour; la colonie alors est complètement développée.

Voici ce que nous avons pu observer : Sur les plaques faites avec le vibrio A les colonies se présentent à l'œil nu sous forme de petits points arrondis, jaunâtres, opaques, apparaissant au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures ; dès ce moment on constate déjà un certain degré de liquéfaction de la gélatine. Examinées au microscope et à un faible grossissement, ces colonies, dès le deuxième jour, prennent une forme irrégulièrement arrondie, à bords déchiquetés, de couleur marron foncé. Le troisième jour, l'aspect

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