Pfbiffrr. Zeitschrifi f. Hygiène^ t. VIII
CONTRIBUTION A L*É;TtJDB DU VIBRION AVÏCIDE. **
devient plus caractéristique : la colonie complète semble formée par trois zones concentriques; au centre la colonie microbienne même, entourée d'une seconde zone limpide, transparente, régulière, formant un halo brillant; enfin une troisième zone, moins nettement délimitée, un peu trouble, représentant la gélatine liquéfiée. £n étudiant avec plus de détail la colonie microbienne, qui, dans son ensemble, est constituée par un amas de petites boules arrondies juxtaposées, donnant un peu l'aspect d'une fleur, on distingue un centre marron foncé, irrégulier, d'aspect granuleux, les granulations étant de dimensions assez considérables, et une périphérie brune, dessinait une ligne sinueuse, très irrégulière.
Les colonies obtenues avec le vibrio C se développent beaucoup plus rapidement, quoique la liquéfaction de la gélatine soit un peu plus tardive au début. Mies se présentent sous forme de sphères parfaitement régulières, abords nettement circulaires, à contenu plus homogène et finement granuleux et d*une couleur jaune pâle. Parfois les limites de la colonie sont dessinées par un bord à double contour. Le halo que nous avons constamment observé dans la variété précédente faisait le plus souvent défaut. De plus, la peptonisation de la gélatine était beaucoup plus rapide.
Enfin, dans les plaques faites avec le vibrio B nous avons trouvé des colonies de l'un et l'autre des types précédents.
Sans aller jusqu'à affirmer que toutes les colonies obte^ nues avec les vibrions A et C répondent uniquement aux types que nous avons décrits, nous tenons à faire remarquer qu'elles s'y sont montrées avec une prédominance incontestable. Il ne convient peut-être pas d'attacher une trop grande importance à ces caractères différentiels; mais il est légitime de se demander s'il n'existe pas ici un rapport entre la forme des colonies et la virulence du microbe. Le fait d'avoir trouvé réunies dans la variété B les deux formes de colonies vient à Tappui de cette hypothèse, car le microbe avait sans doute «ubi une exaltation, faible il est vrai, de la virulence par les passages successifs aux animaux.
D'autre part, ce fait démontre bien, ainsi que l'avait de
son côté VU M, Pfeiffer, que les différentes formes de colonies appartiennent bien au même microbe et qu'il ne serait pas exact de considérer comme impure une culture qui renfermerait ces diverses variétés de colonies.
Ainsi, en résumé, d'un côté colonies de couleur marron, à bords irréguliers, sinueux, à aspect granuleux, avec liqué*» faction lente de la gélatine, décrivant^un halo brillant autour de la colonie (vibrio A) ; — de Tautrc côté, colonies parfaitement arrondies, finement grenues, de couleur jaune clair avec liquéfaction rapide de la gélatine (vibrio C).
La première variété correspond au microbe non virulent, l'autre au vibrio virulent ; la perte, de la virulence tient probablement dans le cas particulier au vieillissement de la culture.
Nous pouvons encore, à propos de la morphologie du vibrion avicide, ajouter ce fait : le vibrio avicide se développe très abondamment dans le bouillon de thymus de veau ; mais il ne s'y développe pas uniquement sous la forme de zooglées, c^est-à-dire d'accumulation de microbes emprisonnés dans une gangue gélatineuse, amorphe, mais aussi sous la forme filamenteuse. Les filaments sont extrêmement longs, formant de véritables amas pelotonneux, ressemblant aux cultures du charbon. Il ne s'agit pas de spirilles juxtaposées, car le filament est uniforme et rectiligne sur une assez grande étendue; il ne présente aucun étranglement et on ne voit rien qui rappelle la soudure des germes.
L'objet principal de ce travail est l'étude de la vaccination chimique contre le vibrio avicide. Cette vaccination est possible par les vaccins chimiques, ainsi que M. Gamaleïa l'a le premier montré; elle est presque mathématique; enfin elle est facile à contrôler, car le cobaye témoin meurt infailliblement en douze à vingt-quatre heures après inoculation de quelques gouttes d'une culture virulente. Ajoutons qu'il est aisé de se procurer des cultures très abondantes, surtout en cultivant
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le vibrion dans le bouillon de pieds de veau, préparé suivant ta formule de M. Gamaleïa ^
Une culture ainsi préparée, chauffée à Tautoclave à 120^ pendant une demi-heure, vaccine à coup sûr le cobaye (Gamaleïa). Si Ton soumet la culture à la distillation à basse température dans le vide, les produits volatils vaccinent également (Hernandez) *. Nous avond, d'autre part, constaté que la stérilisation des cultures par les essences, l'essence d'ail en particulier, ne diminue en rien leur propriété vaccinale*
Il en est de même encore des cultures filtrées à la bougie Chamberland ; mais comme les cultures dans le bouillon de pieds de veau sont épaisses, visqueuses, nous avons d'abord dû les filtrer sur papier, puis à la bougie ; nous nous sonimes ensuite assuré par Tensemencement que le filtrat était stérile* Ce filtrat ressemble au bouillon ordinaire; il a cependant conservé Todeur caractéristique du vibrion avicide; il est très alcalin et ne donne de précipité ni par la chaleur ni par les acides minéraux. Tous les essais que nous avons faits nous ont montré que ce liquide filtré a conservé la propriété de vacciner. H est moins toxique que la culture stérilisée non filtrée; un cobaye à qui on injecte 6 centimètres cubes du filtrat sous la peau ne paridt pas malade, mais présente très rapidement une lésion, sorte d'eschare, au point de Finjection.
Nous avons aussi préparé un extrait glycérine, en appliquant le procédé de Koch à l'extraction des toxines, c'est-à-* dire que nous ayons ajouté à nos cultures 4 p. 400 de glycérine et réduit par évaporation au dixième du volume primitif. Nous avons ainsi obtenu un produit auquel nous proposons le nom de vibrionine.
Cette vibrionine est extrêmement toxique et elle est très difficile à manier précisément à cause de sa grande toxicité.
i. Les pieds de reau hachés 'sont chauffés avec trois fois leur poids d eau à raatoclave à llS» pendant deux heures. Puis on passe par le linge, on ajoute encore le même yolume d'eau, 1 p. 100 de peptone et i/2 p. 100 de sel marin; on alcalinise par là potasse; on chauffe une demi-heure à l'autoclaTe à 120» et on filtre sur le filtre de papier. On distribue alors ce bouillon dans dds ballons, qa*on stérilise définitivement à Tautoclave.