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Transactions of the Royal Society of Edinburgk

3. Lister, Nouveau traitement des fractures ouvertes et des abcès. — Oàser-' votions sur les causes de la suppuration. {The Lancet, 1867.) -— Le principe antiseptique dans la pratique chirurgicale. {The Lancet, 1876.)

4. LisTBR, Observations de ligatures artérielles faites d'après la méthode antiseptique (brochure publiée en 1870). — La ligature de catgut (discours prononcé à la Clinical Society of London, 1873).

échappaient difficilement les opérés n'est plus à redouter aujourd'hui. Lorsque notre grand Ambroise Paré imagina la ligature des vaisseaux, il réalisa, sans conteste, un immense progrès; mais l'obstacle opposé à l'hémorragie n'était souvent que temporaire : grâce aux découvertes de M. Lister, il est de nos jours devenu définitif.

Les premières études de M. Lister avaient eu pour résultat de montrer, à propos des fractures, que le mode de réparation était, pour tous les tissus, foncièrement le même. Plus tard, il devait prouver que le chirurgien peut désormais s'attaquer aussi bien aux 08 qu'aux articulations, autrefois si fort redoutées, aux cavités splanchniques et aux organes qu'elles renferment, fût-ce le cerveau lui-même -. Il lui est permis en effet maintenant de mesurer à l'avance, avec précision, la bénignité ou la gravité de son intervention. Il peut oser agir largement dans les limites que lui imposent les notions fournies par l'anatomie et la physiologie, car il sait conjurer à son gré les complications. Il n'a guère, lorsqu'il opère, qu'à se préoccuper de bien déterminer l'étendue de son intervention et de la correctement conduire : l'application rigoureuse de la méthode de Lister est là pour lui assurer le succès presque à coup sûr. Sur tous ces points, l'expérience a depuis longtemps prononcé, la preuve est faite, et l'on sait que des milliers d'existences autrefois gravement compromises sont maintenant chaque jour épargnées. C'est ainsi que, grâce à l'application des découvertes de M. Lister, et à la révolution qu'elles ont provoquée, la chirurgie active, brisant les entraves qui la contenaient dans des limites étroites, a pu sous nos yeux prendre le magnifique essor que Ton sait.

Un chirurgien éminent, qui a siégé dans cette assemblée et dont le souvenir a laissé parmi nous des traces profondes, Nélaton, avait coutume de dire que ce ne serait pas trop d'élever une « statue d'or '> en l'honneur de l'homme qui aurait appris à préserver

f. LisTBR, Discours sur la chirurgie (British med. Association, Plymouth, 1871). — Séances démonstratives de chirurgie antiseptique données en présence des membres du Brt7û^ médical Association à l'hôpital d'Edimbourg (août 1875)*

les blessés et les opérés de Tinfection purulente. Malgré son habileté proverbiale, malgré son expérience consommée et son dévouement aux malades, Nélaton, comme d'ailleurs tous les chirurgiens ayant exercé leur art avant la venue de Lister, avait subi les déplorables conditions qui faisaient échouer trop souvent les opérations les mieux conduites. Aujourd'hui ses vœux sont exaucés : Tinfection purulente, le fléau terrible entre tous, a disparu, on peut le dire sans emphase, de la scène chirurgicale, et, avec elle, tout le cortège sinistre des autres complications non moins redoutables qui suivaient les opérations et s'attachaient aux blessures. Pour la plupart, ces néfastes « complications » ne sont plus que des es* pèces morbides devenues rares, ou qui sont complètement perdues ; leur étude n'ofiTrira bientôt au nosographe qu'un intérêt purement historique; nos neveux ne les connaîtront que par tradition ; on les leur représentera dans l'enseignement théorique comme de curieux spécimens de pathologie rétrospective.

Ainsi ces souhaits qu'on a pu pendant longtemps reléguer au rang des chimères, les voici réalisés au delà de toute espérance! Ce résultat, d'une portée incalculable, on le doit à M. Lister ; c'est le fruit de ses recherches pénétrantes poursuivies pendant de longues années, sans cesse et sans trêve, avec la ténacité et la patience qui, suivant la maxime d'un illustre penseur, sont un des éléments du génie.

Il y a une dizaine d'années, exposant dans un discours d'apparât les merveilleux résultats qui montraient déjà le clnSte de b mortalité chirurgicale s'abaissant chaque jour dans des proportions énormes et se réduisant, pour certaines opérations, presque à néant, un physiologiste éminent, Donders, cédant à un mouvement d'enthousiasme certes bien légitime, saluait Lister du beau nom de « bienfaiteur de l'humanité ». Ce titre, M. Lister mérite au plus haut point de le porter: notre génération le lui décerne, sans restriction, par une acclamation unanime.

Au point de vue social et humanitaire, il a trouvé là, assurément, la plus belle et la plus noble des récompenses. Mais peutêtre une sanction manque-t-elle encore à sa gloire: celle-ci ne serait-elle pas rehaussée d'un nouvel éclat, ne grandirait-elle pas, AUX yeux de tous, si, dans la circonstance présente, l'Académie

voulait, par ses suilrages, consacrer définitivement la haute portée scientiâ(jue de son œuvre ?

Messieurs, en terminant cet exposé où j'ai, bien imparfaitement je le crains y essayé de dessiner les traits fondamentaux de la carrière de Fillustre chirurgien anglais, et désirant mettre en relief un sentiment qui chez lui honore le savant, je demande la permission d'évoquer devant vous le souvenir de Tun des épisodes à la fois les plus significatifs et les plus touchants qui se soient produits au cours d*une solennité inoubliable, célébrée non loin de cette enceinte il y a quelques semaines à peine.

Là, au miUeu d'une assistance innombrable, nous avons vu Lister, venu d'Angleterre et portant les insignes de membre du Collège royal des Chirurgiens, se lever et, d'une voix émue, glorifier sans réserve le grand initiateur français qu'il a toujours reconnu pour son inspirateur et son guide, aux applaudissements sans fin des représentants de toutes les nations.

Le Oérant : G. Masson.

Parii. -> Typ. Cbamerot et Reftouard, 1», rue des Seloli-Pèrei. - M87V.

MÉMOIRES ORIGINAUX

IMMUNISATION DES LAPINS

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