Y. BASES
Observation I
Le 16 février 1891, a été amené à l'hôpital Brancovan, au service de M. Kalindero, un individu présentant sur tout son corps de petites taches de purpura et qui succombe au bout de quelques heures.
Anatomie pathologique des organes respiratoires, — Les poumons sont adhérents aux côtes par des fausses membranes anciennes. Les sommets sont plus denses, iuGltrés d'un liquide spumeux sanguinolent trouble. D'ailleurs l'organe est en totalité plus résistant qu'à l'ordinaire. Le poumon droit est d'une couleur noirâtre. Les bronches dilatées renferment des mucosités abondantes mêlées de sang. La muqueuse épaissie est très injectée sur un fond gris et parsemée de petites ecchymoses.
Diagnostic anatomo-pathologique, — Bronchite chronique et hémorragique. Purpura hémorragique.
Dégénérescence parenchymateuse aiguë des organes.
Examen bactériologique, — Dans les mucosités des bronches colorées au violet de méthyle, on a trouvé de gros diplocoques effilés (0.9 ji) capsulés; des bacilles inégaux, un peu ondulés, pâles, à peine colorés et quelques leucocytes.
Cultures des bronches : sur agar-agar on voit au bout de deux jours : a) des colonies ponctiformes à la surface, 6) le long de la strie des colonies plates, blanchâtres, confluentes, humides, k périphérie diffuse, dentelées, transparentes. Sous le microscope : a) diplocoques on peu plus oblongs 0.5 p. col. 3^ Les colonies blanches sont formées de cocci en groupe comme des staphylocoques.
Sur gélatine dans la profondeur quelques petites colonies composées de diplocoques.
Cultures du sinus frontal : sur agar-agar, on distingue une créle brune à la lumière transmise, composée de diplococci et avec tendance à former des chaînes, des groupes ou des rangées parallèles, droites 0.5 fx, coL 3.
Cultures des méninges : A la surface de l'agar-agar une couche blanc jaunâtre, lisse, brillante, plate, à bords dentelés sous le microscope ; des bacilles courts, arrondis, uniformes 0.5 p., col. 4 et une masse de spores un peu plus petites.
Cultures du poumon : Dans la strie sur agar-agar apparaissent de petites colonies sous forme de points, composées de diplocoques et de courtes chaînettes de streptocoques 0,7 p. qui se colorent bien d'après la méthode de Gram.
Développement faible dans la profondeur de la gélatine. Le bouillon de culture se trouble et présente des flocons au fond du tube.
Un lapin inoculé avec 1/4 ce. de culture pure du streptocoque du pou-
1. Je note la colorabilité des microbes par le violet B. par les chifires 1-^ dont 4 signifie la colorabilité la plus intense.
ÉTI0L06IE DE CERTAINES FORMES d'iNFEGTION HÉMÛRRHAGIQUE. 493
mon présente le lendemain un petit abcès à l'endroit de l'inoculation. En déposant sur la muqueuse nasale scarifiée d'un lapin des mucosités provenant des bronches du cadavre, l'animal succombe et présente à l'autopsie : une injection très intense du péritoine viscéral; la surface des intestins de couleur rouge foncé; les vaisseaux mésentériques sont injectés. La substance médullaire des reins est injectée, la substance corticale plus pâle et friable. La rate de couleur foncée, plutôt noirâtre ; le foie un peu grossi brun noirâtre. La muqueuse nasale et la trachéo-bronchique injectées, les poumons légèrement congestionnés. Les cultures des organes du lapin ont donné sur agar-agar des plaques coniluentes, blanches, opaques, un peu saillantes au centre, saprogènes, présentant quelques cristaux aciformes dans la protondeur. Au microscope on voit des bacilles fins de 0.2 — 0.3 fi, col. 2.
Résumé. — Il est très probable que l'inflammation hémorragique des voies respiratoires suivie d'une éruption de purpura, survenues à la suite d'une bronchite chronique , ait causé la mort.
La bactériologie nous fait entrevoir assez clairement la nature de ces lésions. En effet, il est possible que le microbe, qui a été trouvé dans les bronches, ait un certain rapport avec les lésions des bronches mêmes, ce qui d'ailleurs devient probable par les expériences sur les animaux. En tout cas, nous croyons devoir signaler l'importance de cette forme de bronchite hémorragique qui peut entraîner une mort subite. L'expérience faite, en infectant un lapin par voie nasale avec la mucosité bronchique, avait montré la présence dans les bronches d'un autre microbe saprogène fin, pathogène pour les lapins.
Observation H
11 s'agit d*un individu qui succombe après avoir présenté pendant quelques jours une bronchite, suivie de purpura (mort le 27 février 1890 quelques heures après son entrée à l'hôpital Brancovan).
Anatomie pathologique des organes respiratoires. — La muqueuse du larynx, de la trachée et des bronches, épaissie, très injectée, d'un rouge brunâtre, est recouverte d'une mucosité spumeuse sanguinolente. A la surface de section du pouinon les lobules plus rouges, plus consistants, proéminent davantage.
Le lobe supérieur est infiltré de beaucoup de liquide spumeux, sanguinolent, les parties inférieures en sont hyperémiques ; le poumon
494 V. BABES.
spiénisé en quelques endroits nage sous Teau. Cerlaines parties mal limitées plus saillantes sont granuleuses, hépatisées, rougeâtres, plus uniformes, plus rigides. La muqueuse des petites bronches est toméfiée et recouverte de muco-pus rougeâtre. Autour de ces bronchioles on trouve souvent une zone mince hémorragique.
Diagnostic anatomo-paihologique, — Bronchite et bronchiolite aiguë^ hémorragiques, purpura et dégénérescence parenchymateuse des organes. Pyélite hémorragique granuleuse.
Examen bactériologique, — Dans les mucosités des bronches on voit de gros microbes ovales de grosseurs différentes (0.8 — 1 |i). Cultures des bronches : sur agar-agar, une couche muqueuse abondante, a?ec un précipité blanc au fond. Sous le microscope : des bactéries ou des bacilles courts ou diplo de i|i; formes rondes, très distanciées, uniformes, avec une substance intermédiaire finement réticulée. Entre les bacilles courts, des filaments très longs, très ondulés de grosseur différente. Sur la gélatine, apparaît une grosse plaque avec l'apparence de mucus. La gélatine est liquéfiée ; sous le microscope on voit des formes ovales ou rondes très pâles à noyau central et à prolongements, à la façon des microbes dénommés par moi « mycogènes ». (Voir Inflok.nz.k Centr, f. BakterioL 1890.) Sur pomme de terre un enduit muqueux abondant. Les ensemencements des autres organes étaient stériles.
Un lapin, infecté par voie trachéale avec une culture de mycogène, succombe au bout de dix jours et à l'autopsie on constate une injection des muqueuses de la trachée et des bronches, les poumons sont gonflés et portent à leur surface des taches ecchymotiques.
Les pyramides des reins sont d'un rouge brun. Le sang du cœur et la rate renferment en culture pure le même microbe, qui pousse sur agar-agar toujours sous la forme d'une couche abondante muqueuse.
Résumé. — Dans ce cas aigu, Tinfection ainsi que la mort ont eu leur point de départ dans les voies aériennes et les lésions hémorragiques des muqueuses des bronches et des bassinets peuvent être expliquées par l'action des microbes ou des substances solubles engendrées par eux.
L'examen bactériologique a démontré l'existence dans les mucosités bronchiques d'un microbe caractéristique, un mycogène en culture pure, pathogène pour le lapin, qui succombe d'une affection hémorragique avec généralisation du microbe inoculé.
Il semble donc que ce microbe ait un rôle non seulement dans la production abondante de mucus, mais aussi de Tiafection hémorragique mortelle.
ÉTIOLOGIE DE CERTAINES FORMES d'iNFECTION HÉMORRHAGIQUE. 495
Observahon III
J. V... est reçue le 29 septembre i890 dans le service de M. le D' Clément à Thôpital Golentina, avec les symptômes d'une bronchite intense, urines légèrement albumineuses et métrite purulente.
Anatomie pathologique des organes respiratoires. — Quelques taches ecchymotiques à la partie postérieure des plèvres. Dans le lobe inférieur du poumon droit existe une zone violacée, qui s'étend dans la profondeur sous forme conique, mal limitée, à surface de section uniforme rouge noirâtre. Les petites bronches laissent sortir des bouchons muqueux blancs jaunâtres, presque purulents. La muqueuse des bronches est injectée, avec des points hémorragiques et recouverte d'une couche épaisse d'une mucosité opaque, jaunâtre, bien liée, granuleuse, sanguinolente par places.
Diagnostic anatomo-pathologique.—' Bronchite et bronchiolite hémorragiques avec pneumonie lobulaire autour des petites bronches du lobe inférieur droit. Quelques hémorragies infarctiformes dans la direction des bronches enflammées. Ecchymoses pleurales et péritonéales. Ulcère du vagin en voie de cicatrisation. Endométrite chronique putride. Salpingite catarrhale. Phlegmon de la glande sous-maxillaire. OËdème avec hyperémie des ovaires. Dégénérescence parenchymateuse peu prononcée du foie, de la rate et des reins. Hyperémie avec un peu d'oedème cérébral.
Histologie. — La plèvre épaissie renferme des vaisseaux dilatés et gorgés de sang. Les cloisons alvéolaires sont infiltrées de cellules rondes, tandis que les alvéoles renferment des cellules endothéliales desquamées, des leucocytes et des globules rouges.
Les petites bronches sont entourées de vaisseaux dQatés et gorgés de sang, leurs parois sont infiltrées, l'épithélium en partie desquamé. Le tissu interstitiel est infiltré de cellules embryonnaires.
Examen bactériologique. — Les mucosités des bronches renferment des diplococci ovales ou sphériques de 0.8 — 1 p.. Cultures des bronches : sur agar-agar glycérine de petites colonies (1 millimètre) assez plates, nacrées, avec des points blancs superposés. Sous le microscope : des bacilles très courts, bien colorés, arrondis, un peu effilés, parallèles de 0.5 (JL ou bien des diplo-bactéries un peu plus grosses, parfois plus courtes et disposées en chaînettes, ressemblant à des streptocoques comprimés, avec un espace intermédiaire clair, 0,7 p.. La première dilution en gélatine produit une liquéfaction sacciforme assez mince; liquide trouble avec un peu de précipité grumeleux jaunâtre. De petits diplocoques à membres parfois incolores, brillants, avec zone 0.6 p..
Cultures des parties infarctiformes des poumons : sur agar-agar glycérine pousse le staphylocoque doré 1 p..
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Cultures des amygdales : sur agar-agar glycérine : a) colonies presque miliaires, formant une bandç mince le long de la strie, blanches, saillantes, brillantes; 6] en bas des plaques larges coniluentes; ces dernières sont formées par des formes dégénérées gonflées de bacilles diffus, pâles, saprogènes; staphylocoque doré. La bande est composée de bacilles à extrémités renflées ou diplo, ressemblant à ceux de la diphtérie. Première dilution sur gélatine : a) liquéfaction transversale un peu trouble, précipité blanc en bas; h) à la surface, des colonies blanches sphériques, saillantes, transparentes un peu irrégulières. Sous le microscope : a) des bacilles un peu courbes, parallèles, à extrémités renflées, piriformes parfois, en groupes radiés comme ceux de la diphtérie mais plus uniformes et plus gros 0.6-0.7 col. 4. Seconde dilution sur agar-agar : staphylocoques et diplo, parallèles ou en rangées.
Culture de la glandé sous-maxillaire : sur agar-agar le staphylocoque doré.
Cultures de l'infarctus pulmonaire : h) sur agar-agar de petites colonies sphériques, blanches, plates ou jaunâtres renfermant : a) des bacilles courts, arrondis, parallèles ou diplo, aigus ou à extrémités renflées 0.7 (x col. 4; b) des staphylococci 0.8 jx. Dilulion en gélatine : liquéfaction globuleuse, trouble à la surface avec un précipité blanc jaunâtre. Diplo et staphylocoques en rangées courtes mais denses; bacilles parfois comprimés.
Cultures de la muqueuse utérine : sur gélose une couche mate, chagrinée, saprogène. Sous le microscope : bacilles, parfois des filaments arrondis, un peu courbes, avec des endroits incolores au milieu, parfois jusqu'à 1,2 |x col. 4. Dilution en gélatine .-liquéfaction transversale, en bas, des petits flocons, ensuite une couche claire, puis viennent des flocons plus gi-os et enfin une couche pulvérulente. Sous le microscope : des bacilles à filaments. La même chose dans la seconde dilution sur agar-agar.
Le 7 octobre, on a introduit sous la peau de Toreille d'un lapin l'émulsion faite avec le contenu des bronches du cadavre. L'animal succombe le 12 octobre. A l'autopsie on trouve une petite cicatrice à l'endroit de l'inoculation ; les poumons sont congestionnés, noirs , la rate beaucoup augmentée de volume. Les plaques de Peyer sont hypertrophiées. On a fait des cultures des organes : le sang du cœur a donné sur agar-agar une petite crête en bas, composée de diplocoques comprimés et parfois de streptocoques de 0.8 (x. La même chose a été observée dans les cultures faites des reins et de la rate.
Un cobaye infecté par voie péritonéale avec une culture de la muqueuse utérine succombe au bout d'une semaine avec péritonite et hypertrophie de la rate. Dans les cultures du sang et du péritoine ont poussé des bacilles saprogènes avec des spores au milieu.
ÊTIOLOGIE DE CERTAINES FORMES D'iNFBCTION UÉM0RRHA6IQUE. 497
Résumé. — Les appareils génital et respiratoire sont gravement atteints dans ce cas et il faut se demander lequel des deux a servi comme porte d'entrée à Tinfection générale et locale. Dans Tutérus on a trouvé des bacilles saprogënes, liquéfiants, pathogènes pour le cobaye et qui étaient en rap* port avec le caractère putride de raffection utérine, tandis que dans les bronches on trouve des streptocoques particuliers, courts, parfois des diplocoques, qui provoquent des inflammations hémorragiques chez les lapins; ils sont vraisemblablement la cause des lésions vasculaires des poumons et des bronches, qu'ils prédisposent aux hémorragies. On a trouvé en outre dans les bronches des staphylocoques; le slaphylococcus aureus se trouvait d'ailleurs répandu aussi dans d'autres organes ainsi que dans le sang.
Observation IV
L'enfant D. M..., âgé de 5 ans, est reçu le \S avril 1891 à la clinique de M. le professeur Sergiu, avec des phénomènes cardio-pulmonaires graves, dyspnée, sueurs froides, palpitations, purpura hémorragique, anasarque. Il avait souffert pendant longtemps de la fièvre paludéenne. On porte le diagnostic clinique : intoxication et cachexie palustres.
Anatomie pathologique des organes respiratoires. — Les poumons sont plus durs, les parties inférieures en sont atélectasiques. La muqueuse de la trachée et des bronches très injectée avec des taches ecchymotiques est recouverte d'une mucosité purulente, très abondante, très consistante et par places sanguinolente.
Diagnostic anatomo-pathologique. — Paludisme chronique, bronchite muco-purulente intense avec hyperémie et ecchymoses très prononcées de la muqueuse des bronches, de la plèvre et des ganglions médiastinaux. Ecchymoses sur le cou, le thorax et les membres supérieurs. Catarrhe folliculaire et ecchymotique du gros intestin. Hydropisie, ascite, hydro-thorax, surtout avec la compression partielle des poumons. — Hypertrophie excentrique du cœur.
Examen histologique des poumons. — Le tissu profond de la muqueuse des bronches, infiltré d'éléments migrateurs fragmentés, est tuméfié et se colore d'une manière plus intense. Autour des bronches on voit un tissu réticulé, infiltré de cellules et farci de bacilles droits, uniformes, parfois diplo ou bien ressemblant au bacillus subtiiis. Ces bacilles, en masses très denses, forment une couche assez épaisse
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à l'intérieur de certains espaces lymphatiques péri-bronchiques. Dans les régions envahies par ces micro-organismes les tissus sont plus pâles, plus uniformes. Les bacilles ne pénètrent pas dans les alvéoles et les vaisseaux, mais seulement dans le tissu interstitiel du poumon, autour des vaisseaux et & l'intérieur des espaces lymphatiques remplis d*endothéliums gonflés, à protoplasme uniforme et avec de gros noyaux bien colorés.
Examen bactériologique. — Les ensemencements de la surface des bronches sur agar-agar glycérine font pousser une colonie plate, opaque à la surface et dans la profondeur une strie blanche. On voit au microscope des filaments uniformes, bien colorés, de 1 p. de grosseur et de longueur variable, ressemblant à un Protée (mycogène) ; on voit encore une masse de granulations sphériques de grosseur différente.
Dans les cultures sur gélatine on voit des points blancs et des globules plus gros dans la profondeur, formés par des bacilles, différents comme grosseur, parallèles, denses, uniformes, disposés en groupes, dans une substance intermédiaire, un peu arrondis, à extrémités parfois gonflées un peu et plus pâles, de 1,3 — 1,5 p., col. 4.
Dans les cultures des ganglions médiastinaux sur agar-agar on trouve, dans le précipité formé au fond du liquide de condensation» quelques groupes de gros cocci confluents, de 1-1,5 (i. Dans les cultures suivantes sur agar-agar glycérine, on voit à la surface une plaque à peine visible, blanc grisâtre, la strie dans la profondeur est peu prononcée, à bords un peu floconneux; développement abondant de gaz, saprogène. Au microscope on voit des bacilles assez gros, courts, portant des vésicules aux extrémités, diffus, de 1 (jl de grosseur.
Dans les cultures des reins sur sérum glycérine on voit des plaques blanches à la surface, diffuses, irrégulières, mais plus petites ; le liquide de condensation est trouble. Au microscope on y voit des bacilles courts, ondulés, formant des zooglées. de 0.7-1,3 (i, col. 3.
Dans les cultures du foie on trouve des bacilles arrondis, uniformes, parfois avec de petites vésicules aux extrémités, de 0.7 ja, col. 4. Ces bacilles se développent bien dans le liquide de condensation de l'agaragar qu'ils troublent, en produisant des bulles de gaz.
Cultures de la rate : sur agar-agar de grosses plaques brillantes, élevées, visqueuses; le liquide de condensation trouble, contient un précipité, à peine saprogène. Au microscope on y voit des bacilles courts, gonflés parfois, pâles, disposés en groupes parallèles, variables comme colorabilité et grosseur, jusqu'à 1 {i.
Les ensemencements de la culture des bronches donnent sur agaragar une couche muqueuse transparente à la surface et crête prononcée dans la profondeur. Le liquide de condensation trouble contient un peu de précipité muqueux. Au microscope : de gros bacilles un peu courbes, uniformes, avec de gros corpuscules chromatiques, ayant la
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tendance à former des spores, de 1,2-1,6 ja, col. 4. — Sur pommes de terre : une couche gélatineuse jaune.
Le cobaye infecté par voie trachéale avec le bouillon-culture des bronches, succombe au bout de dix jours. Â Tautopsie on trouve les bronches et la trachée injectées et ecchymosées; les poumons sont congestionnés, la rate gonflée ; les cavités pleurale et përicardique renferment un peu de liquide sanguinolent. Les cultures des poumons, de la rate et du sang renferment un bacille de 1 (a, à extrémités arrondies, parfois des filaments, formant des colonies blanches opaques sur agar-agar, avec un abondant précipité muqueux au fond du tube. Sur gélatine ces bacilles se développent très faiblement.
Résumé. — Dans ce cas la bronchite hémorragique s'est développée sur un terrain palustre. Les altérations du sang comptentaussidanslessuitesdecettemaladie^elles provoquent une prédisposition spéciale de l'organisme aux hémorragies. Uexamen bactériologique nous a montré, dans ce cas, l'existence dans les bronches et dans les autres organes de grands microbes appartenant au groupe des Protées et plus spécialement des bacilles mycogènes virulents, en état de produire des hémorragies, ainsi que le démontrent les expériences sur les animaux.
Obsbkvation V
Service du prof. Stoîcesco. — F..., 35 ans, commerçant, amené à l'hôpital avec délire furieux, meurt une heure après (4 mai 1891).
Anatomo-pathologie. — La muqueuse du larynx est injectée : le poumon droit adhérant au thorax et au diaphragme par des pseudo-membranes peu résistantes ; la partie inférieure et médiane en est recouverte d'une fausse membrane stratifiée, jaune, élastique, fragile, se détachant facilement à la surface, mais plus adhérente au voisinage de la plèvre. Celle-ci est injectée, terne. Le poumon est hyperémié et œdémateux. Le poumon droit adhère dans toute son étendue par de fausses membranes assez résistantes. A sa surface on voit une proéminence de 3-4 ccr. en diamètre, couverte d'une pseudo-membrane fibrineuse, correspondant à la section à un nodule dur, granuleux, fragile, d'un rouge noir, arrondi, mal limité, infiltré d'une sérosité dense sanguinolente. La muqueuse .des bronches tuméfiée est injectée et présente des points hémorragiques. Les bronches sont remplies d'un liquide trouble sanguinolent.
La muqueuse du duodénum est épaissie, rougeâtre, ecchymosée.