ÉTUDE HISTOLOGIQUE SUR LES ALTÉRATIONS SÉNILES DE LA RATE
ordres principaux avec ceux qui sont accessoires ou consécutifs.
La rate présente à considérer trois parties différentes que nous énumérons selon leur importance relative : l"" les corpuscules de Malpighi ; 2*" la pulpe rouge ; ^^ la charpente conjonctive et la capsule.
1^ Les corpuscules de Malpighi se développent,comme il résulte des recherches récentes, et en particulier de celles de M. Laguesse {Développement de la rate chez les paissons. Thèse de doctorat sciences, 1890), à une époque très précoce. La rate étant une émanation des veines intestinales, le tissu conjonctif qui sert à former ces veines est composé d'abord de cellules volumineuses, à prolongements membraniformes soudés les uns aux autres, et laissant entre elles des intervalles lacunaires. Dans le réseau ainsi constitué se développent des éléments volumineux, nucléés, d'un aspect tout spécial, et qu'à cause de l'étendue de leurs noyaux on appelle des noyaux d'origine ; bien que ce terme soit impropre puisqu'il s'agit de véritables cellules. Quand l'éponge lacunaire d'origine veineuse qu'il s'est ainsi formée est pénétrée par la circulation artérielle, un grand nombre de ces noyaux d'origine sont balayés dans le système veineux, et les portions de la rate qu'ils occupaient restent à l'état de lacunes que remplit le sang rouge. Mais beaucoup restent groupés autour des artérioles, remplissant les lacunes et formant de petits amas blancs, qui ne sont autre chose que les futurs corpuscules de Malpighi. Ainsi se trouvent formées la pulpe blanche et la pulpe rouge. Mais les corpuscules de Malpighi sont en contact à leur périphérie avec la pulpe rouge, et leurs éléments cellulaires continuent peu à peu, pendant toute la vie, à passer dans la circulation veineuse, puis dans la grande circulation par un essaimage continu. Ces cellules ressemblent beaucoup aux éléments lymphoïdes, ce qui explique la prédominance de ces derniers dans le sang de la veine splénique, constatée par Donné en 1844, et depuis par Hyrtl, Vierordt, Malassez, etc.
D'après les recherches modernes, ces éléments sont, directement ou indirectement, des cellules formatrices de glo-
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bules rouges (Lagaesse). Ils ne sont inclus dans la pulpe splé* nique qu'en nombre limité ; il s'ensuit que leur diminution de nombre ou leur disparition amènera la suppression de la fonction hématopoiétique de la rate.
2^ La pulpe splénigue, dont nous venons de voir le développement, présente à considérer sa trame et son contenu. La trame, constituée par des cellules à prolongements membraniformes, ou même lamelleux chez les embryons de certaines espèces, subit un certain nombre de modifications chez l'adulte. Les cloisons protoplasmiques se rétractent, et passent à l'état de cordons, de filaments plus ou moins rigides. En même temps le nombre des noyaux de cette charpente dont les cellules étaient soudées diminue beaucoup, en sorte que le réseau devient de protoplasmique titullaire.
Le contenu de la pulpe est formé des éléments du sang, et de ceux qui sont sortis des corpuscules de Malpighi. Le sang y subit des modifications dégénératives manifestes; certains globules s'y fragmentent et leurs débris restent libres dans la pulpe, ou quelquefois pénètrent les cellules des travées. Ces débris globulaires se transforment souvent en pigment (Denys, Bull, de PAcad. de méd. belge, mars 1888).
Pour quelques auteurs Thémoglobine ainsi récupérée par la rate aux dépens des globules détruits servirait à charger les globules rouges nouvellement formés.
Ainsi la pulpe blanche créerait de nouveaux globules, la pulpe rouge détruirait les anciens. Ainsi se localiserait dans deux tissus de structure différente les deux fonctions contradictoires que la plupart des physiologistes accordent à la rate. Nous pouvons ajouter d'ailleurs, au point de vue histologique, que la régénération de la rate, telle que l'ont étudiée Feleti et Tizzoni, se fait par un processus tout à fait comparable à celui du développement tel que nous venons de V esquisser (Reale Acad. d. Lincei^ 1880-1881).
S*' La capsule fibreuse et la charpente ne jouent dans l'organe qu'un rôle accessoire. Les lésions de la capsule, très apparentes souvent, se propagent à une certaine distance de l'organe le long des traînées qui émanent de cette enveloppe; mais, en général, c'est la disparition de la pulpe qui met en