Arch, de méd.yexp
CONTRIBUTION A l'ÉTUDE DU VIBRION AVIGIDE. 53
et acquérant peut-être par Tac tien de cette température élevée un certain nombre de ses propriétés.
Ces deux poisons à effets souvent différents peuvent-ils être mis en évidence dans les cultures du vibrion avicide? C'est ce que nous montreront les expériences dont nous allons ici consigner les résultats.
Pour l'étude de cette toxicité, nous avons eu recours au lapin et nous avons injecté dans les veines les substances dont nous voulions constater les effets. Nous n'avons pas tardé à nous apercevoir que le poison le plus intéressant était celui qui se détruisait à une température peu élevée (60® par exemple). Comme le vibrion avicide résiste mal à la chaleur, il est facile de stériliser une culture sans dépasser la température de 55°.
Nous avons pris une culture âgée de trois semaines, ayant par conséquent déjà acquis un haut degré de toxicité, et nous l'avons plongée pendant une heure dans un bain-marie chauffé à SS"" ou 60"", sans jamais dépasser cette température. Le lendemain nous l'avons encore soumise pendant une heure à la même température et nous nous sommes assuré par l'ensemencement que la culture était stérilisée.
Nous en avons injecté dans les veines de l'oreille des lapins des doses massives variant entre 10 et 20 centimètres cubes. Dans ces conditions l'animal succombe dans un temps qui varie entre dix-huit et trente-six heures et qui rarement atteint quarante-huit heures.
Tous les animaux ont présenté les symptômes suivants. La diarrhée a été constante, dans plusieurs cas elle s'est montrée extrêmement abondante ; elle s'installe une heure ou deux après l'injection, augmente progressivement d'intensité et persiste jusqu'à la mort. Cette diarrhée s'accompagne parfois au début de polyurie ; l'examen de l'urine ne nous a pas permis d'y déceler l'existence ni d'albumine ni de sucre; par contre, il y avait excès de sels (carbonates et phosphates). D'autre part, les phénomènes nerveux d'intoxication ont été des plus manifestes : l'animal est prostré, immobile, se blottit dans un coin, indifférent aux excitations, ne fuyant pas quand on le pince. Peu de temps avant la mort.