‹ Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologiqueChapitre 21 sur 298 · BRUHL · texte numérisé non relu

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nous avons dans plusieurs cas noté un état parétique du train postérieur. Jamais nous n'avons observé de convulsions, ni relevé de troubles oculo-pupillaires. Les phénomènes d'excitation manquaient constamment; au contraire, il était de règle de constater un état apathique, soporeux, une tendance à la somnolence. La dyspnée a été fréquemment notée. L'influence des toxines vibrioniennes sur la marche de la température est intéressante à étudier. Presque constamment il y a eu abaissement et même abaissement notable de la température; celle-ci tombait de 38%8 ou 39° à 37% 36°,6 et même à 35*',2. La chute de la température est graduelle ; elle suit une marche parallèle aux progrès de l'intoxication ; elle s'accentue jusqu'à la mort.

Une seule fois nous avons observé une hyperthermie considérable; la température est montée à il^^^S, et cela pendant les deux premières heures qui ont suivi une injection de vingt centimètres cubes. Malheureusement cette observation est incomplète, car l'animal n'a pas été suivi pendant la nuit ; il est mort le lendemain matin, dix-huit heures après l'injection; il nous est donc impossible d'affirmer si l'hyperthermie a persisté ou si la mort a été précédée d'un abaissement de la température, fait qui parait être la règle. D'ailleurs dans aucun cas nous n'avons noté d'hyperthermie passagère, même pas pendant les premières heures après l'injection.

Il faut encore signaler la perte rapide de poids qu'entraîne la diarrhée ; nos lapins ont maigri dans ce court laps de temps de 350 grammes à 600 grammes.

Quant aux lésions que nous avons relevées en faisant l'autopsie, elles ont porté sur le système vasculaire et surtout sur l'intestin. Nous avons noté, en effet, une dilatation considérable des vaisseaux superficiels et divers foyers hémorrhagiques, ecchymoses sous-péricardiqnes et d'une façon presque constante des Ilots d'apoplexie pulmonaire et un épanchement sanguin dans la gaine des psoas.

Les lésions intestinales n'ont jamais fait défaut; mais elles se sont montrées à des degrés très variables, depuis la simple congestion jusqu'à la teinte hortensia de l'intestin des cholériques ; l'hyperémie allait parfois jusqu'à l'hémorrhagie*

CONTRIBUTION A l'ÉTUDB DU VIBRION AVICIDE. 55

Dans aucun cas il n'y avait d'altérations des plaques de Peyer ni de lésions ulcéreuses. Le contenu intestinal était ou séreux ou muqueux, souvent visqueux, de couleur blanchâtre ou jaunâtre. Le gros intestin était distendu par une purée diarrhéique, d'ordinaire très abondante; mais il n'existait pas de lésions de la muqueuse.

Les viscères abdominaux (foie, rate, reins) ne nous ont pas paru présenter d'altérations macroscopiques.

Toute différente, moins intéressante, moins spécifique en quelque sorte est Taction des toxines du vibrio qui ont été soumises à une température de 120**. Tout d'abord ce poison est beaucoup moins toxique et la dose de 15 à 30 centimètres cubes qui a été constamment mortelle, lorsque les cultures avaient été chauffées à 85° seulement, est insuffisante à tuer le lapin, lorsque les cultures ont été chauffées à 120*. L'animal, dans ces conditions, est à peine malade; les phénomènes nerveux sont moins accusés; la diarrhée fait à peu près défaut; la température, loin de subir un abaissement, s'élève régulièrement d'un degré environ pendant les premiers jours après l'injection ; exceptionnellement elle tombe un peu audessous de la normale; l'animal maigrit de 200 grammes, mais ne tarde pas à se remettre ; au bout de trois ou quatre jours il peut être considéré comme guéri.

Ainsi il est manifeste que tandis que les toxines qui ont été soumises à une température de 120° sont relativement peu toxiques, les cultures chauffées à 55"* seulement reproduisent en grande partie le tableau clinique et les lésions nécroscopiques de la maladie vîbrionienne.

A ce point de vue le vibrio avicide prête aux mêmes considérations que celles qu'a développées M. Gamaleïa^ à propos du choléra et on ne saurait être trop frappé de l'analogie entre les effets physiologiques produits par les toxines de ces deux microbes.

Il nous a paru intéressant de nous demander si Tinjection préalable des cultures chauffées à 120"* rendait l'animal moins

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