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sensible aux toxines chauffées à 58*. A ce point de vue nos recherches sont incomplètes ; toutefois il nous a semblé que cette influence était à peu près nulle, ainsi qu'il résulte de Texpérience suivante. Un lapin pesant 2 250 grammes, ayant 38°,3 de température, reçoit une première injection de \ 8 centimètres cubes de culture chauffée à 120*; la température s'élève d'abord à 39%2 pour tomber le lendemain à 37%6; l'animal est souffrant pendant quelques jours; il maigrit, son poids tombe à 1 900 grammes. Le quatrième jour, deuxième injection de 10 centimètres cubes du même bouillon; on n'observe ni diarrhée ni phénomènes nerveux. Le lendemain l'animal se remet; la température est redevenue normale (38*,8). Trois jours après la seconde injection, on injecte 10 centimètres cubes d'une culture chauffée à 55*. Une heure après, miction, défécation, puis diarrhée abondante; abaissement de la température à 37*,9. Mort dix-huit heures après l'injection (on n'a pas pris la température avant la mort). A l'autopsie nous retrouvons toutes les lésions que nous avons énumérées plus haut.

En variant nos expériences de différentes manières, nous avons pu nous rendre compte que l'injection de faibles doses de cultures stérilisées soit à 85*, soit à 120* dans le système circulatoire, n'incommodaient guère le lapin. Ainsi nous avons pu injecter de deux en deux jours, pendant une quinzaine de jours, à un lapin 2 et même 2 centimètres cubes et demi; l'animal supporta bientôt des doses progressivement croissantes jusqu'à 10 centimètres cubes, dose que nous savons ne pas être mortelle : ce lapin avait ainsi reçu environ 35 centimètres cubes de culture stérilisée. L'animal ainsi préparé a bien résisté à l'injection intra- veineuse de 10 centimètres cubes d'une culture très virulente, dose qui a rapidement tué le lapin témoin.

Cet animal était ainsi vacciné contre le vibrio ; pour fortifier son immunité, nous avons continué à lui injecter de temps en temps des vaccins chimiques. Le lapin a fini par se remettre complètement et a repris son poids primitif.

Ce fait est intéressant, car, on le sait, M. Gamaleïa n'avait pas réussi à conférer au lapin l'immunité par les vaccins chi-

CONTRIBUTION A l'ÉTDDE DU VIBRION AVICIDE. 57

miques. Cette vaccination du lapin trouvera son application dans le chapitre suivant où nous nous proposons d'étudier les propriétés vaccinales et curatives du sérum d'animal immunisé. Il faut toutefois reconnaître que cette vaccination du lapin est loin d'être chose facile ; nous n'avons pas toujours réussi à Tobtenir. Un certain nombre de lapins ont succombé lors du contrôle; il existait dans ces cas fort peu de microbes dans le sang. Nous avons d'ailleurs cherché à vacciner le lapin soit par de faibles doses de cultures vivantes, soit par nos vaccins chimiques diversement préparés. Injectées sous la peau, toutes ces substances déterminaient de graves lésions locales ; elles amenaient souvent une cachexie à marche lente et progressive entraînant la mort. Pour arriver à vacciner le lapin, il convient de procéder de préférence par l'injection de faibles doses (2 centimètres cubes) répétées souvent et à des intervalles assez éloignés.

Avant de terminer cette étude sur les effets des poisons vibrioniens, nous devons dire quelques mots sur les cultures du vibrio dans le bouillon de thymus. MM. Brieger, Kitasato et Wassermann avaient été amenés à se servir de ce milieu dans le but d'atténuer la toxicité de leurs cultures, et ils auraient réussi pour un certain nombre d'eux.

Lorsqu'on sème dans du bouillon de thymus le vibrion avicide, on obtient une culture extrêmement abondante, dans laquelle le microbe, ainsi que nous l'avons dit, revêt la forme filamenteuse. Si Ton injecte trois ou quatre gouttes de cette culture sous la peau d'un cobaye, celui-ci meurt de septicémie en dix-huit à vingt heures et à l'autopsie on trouve, en dehors des lésions classiques, une hypertrophie de la rate, une congestion des poumons et des capsules surrénales. Dans le sang les microbessont plus gros et plus trapusque d'ordinaire. Cetteculture dans le bouillon de thymus vaccine à coup sûr; mais elle est toxique et amène une cachexie à marche rapide. L'injection intra- veineuse de 5 centimètres cubes de cette culture chauffée à 88® à un lapin pesant 1 960 grammes a amené au bout de onze jours la mort du lapin qui ne pesait plus que 1 388 grammes. La même dose de la culture chauffée à 120*

tuait le lapin en vingt jours; son poids était tombé de 3 060 à 1 368 grammes.

Ainsi dans le bouillon du thymus, les cultures du vibrio ne perdent rien de leur toxicité; celle-ci semble peut-être même s*ètre plutôt accrue.

Nous nous proposons d'étudier ici les effets du sérum sanguin sur la marche de Tinfection vibrionienne, en comparant Faction du sérum d'animaux normaux à celle du sérum d'animaux rendus réfractaires. Nous ne reviendrons pas ici sur la valeur du sérum comme milieu de culture. MM. Behring et Nissen * ont montré, en effet, que tandis que le microbe se développe bien dans du sérum normal, il ne pousse pas dans le sérum d'animal immunisé. Nous nous bornerons à rechercher le pouvoir vaccinal et curatif du sérum ; rappelons encore une fois que nous n^avons jamais obtenu la guérison au moyen des vaccins chimiques.

Nous nous sommes servi du sérum de sang de cobayes et de lapins ; voici nos résultats qui ont déjà été communiqués à la Société <le biologie *.

Le sérum de cobayes ne nous a jamais donné des résultats positifs, que nous nous soyons servi de cobayes normaux ou vaccinés ; mais il est difficile de se procurer une quantité notable de sérum et celui que nous avions recueilli était teinté en rouge par l'hémoglobine, circonstance défavorable à l'étude de son pouvoir curateur. Nous nous sommes donc surtout attaché à étudier Faction du sérum du lapin sur le cobaye ; cet animal, nous le rappelons, est très sensible au vibrion avicide; avec une injection sous-cutanée de trois gouttes de la culture dont nous nous servions, l'animal succombe constamment à la septicémie vibrionienne en douze à vingt heures.

Pour nous rendre compte à la fois du pouvoir vaccinal et

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