‹ Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologiqueChapitre 218 sur 298 · RECHERCHES SUR L*IMMUNISATION CONTRE LA DIPHTÉRIE · texte numérisé non relu

RECHERCHES SUR L*IMMUNISATION CONTRE LA DIPHTÉRIE

cin, comme cela a lieu pour quelques autres maladies infectieuses. On connaît, par exemple, le procédé de vaccination des lapins contre la septicémie pneumonique, proposé en 1888 par Foà et Bonome, et consistant à se servir des organes broyés d'un lapin ayant succombé à l'inoculation intra-veineuse ou sous-cutanée d'une culture virulente de pneumocoque*. Un autre exemple du même genre est fourni par ce fait que du sang charbonneux, de la pulpe de rate charbonneuse confèrent aux moutons et aux lapins l'immunité contre le charbon '.

En second lieu on pouvait supposer [que dans l'organisme intoxiqué par le poison diphtéritique, à la suite de la lutte pour l'existence, il se forme, comme moyen de défense, des antitoxines et en quantité tellement considérable — avec certaines doses de poison — qu'on pourrait les utiliser pour l'immunisation d'autres animaux.

Les expériences se rapportant à cette partie de mon travail ont été conduites de la façon suivante : À des chiens ou des lapins — ceux-ci du reste en petit nombre — on injectait dans une veine une forte quantité de poison diphtéritique ; au bout de 20 à 40 heures, pendant lesquelles l'animal est manifestement malade, on le tue parla saignée. Le sang est recueilli dans un ballon stérilisé, à l'aide d'une canule placée dans la carotide. On prépare ensuite les extraits d^organes. A cet eflFet, ils sont coupés en petits morceaux et mélangés avec une solution de chlorure de sodium à 0,5 p. 100 et contenant 0,73 p. 100 d acide phénique, ou avec de la glycérine pure ou diluée; on les laisse ensuite macérer pendant 24 heures à la température de la chambre. Le lendemain, le tout est exprimé, avec une presse à main, à travers une toile fine. La filtration sur porcelaine, à l'aide de l'appareil de Kitasaio avec la pompe à eau ordinaire, marche si lentement que j'ai été obligé d'y renoncer. La filtraiion n'est du reste pas tout à fait indispensable. En prenant toutes les précautions pour ne pas souiller le liquide, et en s'y prenant de façon à ce que les extraits contiennent près de 0,5 p. 100 d'acide phénique, on arrive à

1. Voir le travail do Mosny dans Arck. de méd, expér.f 1893, n» 2-2.

Page 1