Roux. Ann. de VlnsL Pasteur, t. V, p
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ce que les accidents septicémiques soient minimes. En même temps, en procédant d'une façon aussi simple, on ne risque pas de perdre certains éléments du liquide, ce qui pourrait arriver avec la filtration sur porcelaine. Les extraits des divers organes obtenus de cette façon et le sérum du sang m*ont servi pour les expériences faites presque exclusivement sur des cobayes.
Les résultats de ces expériences peuvent être résumés comme il suit :
1** Si l'animal, intoxiqué par une forte quantité de poison diphtéritique, est sacrifié peu de temps après l'injection, son sérum se montre toxique pour les cobayes qu'il tue en provoquant les mêmes phénomènes qui s'observent après l'injection depetites quantitésde poison diphtéritique. Par contre dansles extraits des organes (foie, rate, reins, poumons) il a été impossible, dans ces conditions, de constater une seule fois la présence du poison. Quant à l'action vaccinante du sérum ou des extraits d'organes de ces animaux, les expériences faites dans cette direction n'ont pas donné de résultats positifs.
2' Si l'animal (chien) empoisonné avec la môme dose de poison diphtéritique n'était tué qu'au bout de âO à 30 heures, son sérum n'était plus toxique, et, en second lieu, ce sérum, de même que les extraits d'organes incorporés à des cobayes communiquaient à ces animaux une résistance manifeste contre le poisson diphtéritique.
Les faits suivants nous montrent très nettement à quoi est due cette dernière action des liquides.
à) Si l'injection de contrôle était faite même le lendemain de l'injection de sérum ou d'extraits d'organes, la résistance des cobayes envers le poison diphtéritique était déjà manifeste ;
b) Si de deux cobayes injectés avec la même quantité du même sérum, l'un recevait l'injection de contrôle au bout de quelques jours et l'autre au bout de quelques semaines, on trouvait que le premier résistait mieux au poison diphtéritique que le second. Ce fait acquiert une grande importance quand on le compare à un fait identique que j'ai trouvé dans mes expériences avec le sérum du sang de la chèvre : j'ai pu
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notamment constater que l'immunité conférée au cobaye par l'injection du sérum antitoxique s'aiTaiblit avec le temps.
c) Quand on procédait de la manière usitée communément dans l'immunisation par une vaccine quelconque, par les toxines additionnées de trichlonire d'iode par exemple, c'est-à-dire quand on faisait pendant un long temps des injections répétées de petites doses, les résultats étaient moins bons.
Tous ces faits montrent que le sérum et les extraits d'organes dont il est question, en communiquant aux col)ayes une certaine résistance, agissent non pas comme un vaccin, qui, en exerçant son action lentement, ne confère à Torganisine le pouvoir de résister qu'au bout d'un certain temps, mais par le contre-poison qu'ils renferment tout comme le sérum antitoxique, et qui paralyse l'action du poison.
3" Il est évident que la quantité de ce contrepoison dans les liquides en question était très petite, ce qui explique le degré peu élevé de résistance contre le poison diphléritique que j'arrivais à communiquer aux cobayes. Il est vrai qu'après l'injection de doses mortelles du poison, ces cobayes ne succombaient pas en deux ou trois jours, comme les cobayes témoins, avec des phénomènes d'empoisonnement aigu; mais ils devenaient malades, et, sauf quelques-uns, tombaient dans une cachexie progressive, pour succomber enfin en quelques semaines.
Après toutes ces expériences faites sur des chiens, il était intéressant de refaire les mêmes expériences sur un animal connu par son immunité naturelle contre la diphtérie, le rat par exemple. Comme cet animal peut supporter des quantités considérables de poison diphtéritique, sans trop en souffrir, on pouvait s'attendre à trouver dans son organisme une grande quantité d'antitoxines formées pendant la période d'empoisonnement. Mais deux expériences faites dans cette direction n'ont pas confirmé cette hypothèse. En effet, dans les extraits d'organes des rats intoxiqués avec des quantités considérables de poison diphtéritique (ou de cultures), il a été impossible de constater la présence des antitoxines (par la voie d'immunisation des cobayes) ni celle du poison diph^ téritique.
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On voit donc que toutes ces expériences m'ont permis d'observer un certain nombre de faits intéressants au point de vue théorique. Quant au côté pratique de la question — trouverun procédé d'immunisation contre la diphtérie — mes recherches m'ont donné des résultats négatifs.
Étude expérimentale sur les propriétés immunisantes des corps des bacilles diphtéritiques.
D'après les observations actuelles relatives à l'immunisation des animaux contre la diphtérie, on admet que les principes immunisants des vaccines employées sont constitués par les produits de sécrétion des bacilles diphtéritiques. Les uns admettent avec Behring qu'il s'agit du virus lui-même ; d'autres pensent avec Fraenkel, que c'est un autre corps différent du virus. Mais une question assez importante n'a pu encore être étudiée : c'est celle de savoir si les corps mêmes des bactéries se trouvant toujours en certaine quantité dans les vaccines ne peuvent revendiquer une certaine part dans les effets immunisants, ou si, d'une façon générale, le principe immunisateur n'est pas renfermé dans les corps mêmes des bactéries ?
Et pourtant les recherches faites dans cette direction sur la fièvre typhoïde el consignées dans un des chapitres du travail de Brieger, Kitasato et Wassermann déjà cité, montrent toute l'importance de cette question. Ces auteurs ont notamment trouvé que la substance immunisante des cultures typhiques est 1® un corps différent des toxines, et 2** que ce corps fait partie descellules des bacilles dont on peut l'extraire à un état de concentration telle qu'on pourrait même espérer s'en servir dans un but thérapeutique *. Bien que ces résultats ne soient pas définitivement établis, j'ai pensé néanmoins que l'étude de l'action des corps des bacilles diphtéritiques sur les animaux ne serait pas dépourvue de tout intérêt. C'est à cette étude qu'a été consacrée la seconde partie de mon travail.
Les corps des bacilles étaient obtenus des cultures diphté-
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ritiques vieilles de six à huit semaines, que je filtrais soit à travers la bougie de Chamberland arrangée dans ce but par Wolkow *, soit à travers un filtre ordinaire en papier, en prenant toutes les précautions pour ne pas souiller mes cultures. Dans les deux cas, le résidu, composé de bacilles, était lavé à l'eau stérilisée pour enlever autant que possible les produits de leur sécrétion et ensuite émulsionné soit avec de la glycérine à 25 p. iOO, soit avec de Teau alcaline contenant ou 0,5 p. 100 de bicarbonate de soude ou 0,05 p. 100 de soude; on laissait ensuite pendant quelques jours Témulsion épaisse ainsi préparée, en la chauffant tous les jours pendant 20 à 30 minutes à une température de 65^-70®. Sur les préparations microscopiques faites avec ces émulsions, on voyait une masse granuleuse épaisse et très peu de corps de bacilles ayant conservé leur forme. Dans quelques cas, les expériences ont été faites avec des bacilles émulsionnés dans Teau et non chauffés, et alors la filtration des cultures était faite exclusivement avec Tappareilde Wolkow, qui permet d'éviter toute souillure des cultures. Ces émulsions étaient ensuite additionnées de 0,5 p. 100 d'acide phénique, et les bacilles y succombaient ordinairement au bout de sept à dix jours.
Toutes ces émulsions étaient injectées sous la peau des cobayes à la dose de 1 à 5 ce. à des intervalles de huit à quinze jours entre chaque injection. Suivant la dose du liquide injecté, Tinjection provoquait une infiltration locale plus ou moins dure qui disparaissait au bout de quelques jours. Dans certains cas, Tinfiltration s'ulcérait, et Tulcération se cicatrisait ensuite lentement. L'état général de l'animal restait normal.
Quand le cobaye avait ainsi reçu 20 à 25 ce. d'émulsion, on étudiait sa résistance envers le poison diphtéritique injecté à dose mortelle.
Les résultats de ces expériences se résument en ceci :
Les corps des bacilles diphtéritiques, traités de la manière qui vient d'être décrite et injectés à la dose indiquée à des cobayes se montrent inoffensifs ; en même temps, leur pou-