Arch, deméd. expérim., 1892, n» v., p
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voir immunisant est très faible et inconstant. Sur douze cobayes traités de cette façon, trois seulement ont plus ou moins résisté au poison diphtéritique, et encore le degré d'immunité qulls ont acquis était extrêmement faible. Ainsi, le sérum d'un de ces cobayes pris un mois après l'intoxication diphtéritique et injecté à un autre cobaye à la dose de 1 ce. pour 100 gr. de poids, n'a exercé sur le second aucune action vaccinante.
Si Ton compare ces résultats à ceux fournis par les cultures chauffées à 66** ou traitées par le trichlorure d'iode, qui, à la dose de 1 0 à 20 ce, confèrent, dans la majorité des cas, aux cobayes l'immunité contre la diphtérie (Fraenkel , Behring), on voit que l'opinion de Brieger, Kitasato et Wassermann, d'après lesquels la substance immunisante doit être cherchée dans la cellule bactérienne et non pas dans ses produits de sécrétion, ne peut être acceptée pour ce qui est de la diphtérie.
Dans une troisième série d'expériences je me suis proposé d'étudier l'action sur les bacilles diphtéritiqiies et leurs toxines de quelques corps chimiques connus par leur pouvoir désinfectant. J'avais principalement en vue de trouver un corps qui, comme le trichlorure d'iode, aurait pu être utilisé pour la préparation des vaccins.
Iode. — Gomme l'iode, sous forme d'eau iodée ou de liquide de Gram, employé à la place du trichlorure d'iode, aurait donné àRouxet Vaillarddes résultats excellents dans l'immunisation contre le tétanos^ j'ai expérimenté cette substance dans l'immunisation contre la diphtérie. Les résultats que j'ai obtenus ont été tout différents. L'eau iodée additionnée en proportion de 1 : 1 ou de 2 : 1 au poison diphtéritique n'a en rien atténué l'action destructive de ce dernier. Ainsi, 3 cobayes sont injectés sous la peau avec un mélange à parties égales d'eau d'iodée et de poison diphtéritique : le premier reçoit i ce. de cette solution et meurt au bout de 48 heures; le second, qui a reçu 0,8 ce, succombe au bout de 3 jours, et le troisième, chez lequel la dose a été de 0,5 ce, survit
i. Annales de Vlnst. Pasteur, yi et id. 1893, 2
RECHERCHES SUR l'iMMUNISATION CONTRE LA DIPHTÉRIE. 631
5 jours. Â Tautopsie on a trouvé le tableau typique de Tintoxication diphtéritique aiguë : œdème du tissu cellulaire souscutané au point d'injection, pleurésie, hyperémie des poumons, des capsules surrénales et de l'intestin grêle. J'ai donc renoncé à l'iode, après avoir perdu de cette façon plusieurs cobayes.
Les expériences avec le liquide de Gram ont donné des résultats qui n'étaient guère meilleurs. Le poison diphtéritique était à la vérité notablement atténué, de sorte que l'adjonction de liquide de Gram permettait d'introduire 0,5 à 1 ce. de poison diphtéritique à une dose fort supérieure à la dose mortelle ; mais après trois ou quatre de ces injections, les cobayes commençaient souvent à maigrir et finissaient par succomber quelques semaines après dans un état de cachexie extrême. Quant aux cobayes qui avaient bien supporté une série de ces injections, ils ne montraient pas la moindre résistance à l'égard des injections ou de l'infection de contrôle.
Ozone. — L'action intense que ce gaz exerce sur les combinaisons organiques et les micro-organismes m'a conduit à étudier son influence sur les cultures diphtéritiques, les cultures filtrées et les bacilles filtrés à travers la bougie Chamberland et lavés à l'eau stérilisée. Pour préparer l'ozone, j'avais recours au procédé d'Houzeau, un des meilleurs d'après Wurtz\ Le liquide soumis à l'action de l'ozone, était placé dans une éprouvette stérilisée, dont le bouchon d'ouate était traversé par un tube en verre qui amenait le gaz en question. L'extrémité du tube arrivait jusqu'au fond de l'éprouvette, de sorte que pendant tout le temps que le gaz se dégageait le liquide se trouvait constamment traversé par des bulles d'ozone qui barbotaient à travers. L'ozonisation du liquide était continuée pendant une à deux heures jusqu'à ce qu'on ait fait passer un demi à un litre de gaz. Les résultats obtenus étaient les suivants :
1^ Les cultures diphtéritiques filtrées, traitées de la façon qui vient d'être décrite, perdaient très peu de leur toxicité, comme le montrent les exemples suivants. Trois cobayes
1, WuRTZ, Dict. de chimie, t. T., p. 719. ,
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reçoivent sous la peau : le premier, 0,5 ce. de poison diphtéritique en nature; le second, 0,5 ce, le troisième, i ce. de poison diph téritique préalablement ozonisé. Le premier cobaye meurt au bout de six jours; le second après être resté longtemps malade (il se déclara même, au point d'injection, une nécrose qui aboutit à l'ulcération), finit par se rétablir, mais très lentement; le troisième succombe au bout de vingt-quatre heures.
2® Les émulsions des bacilles lavés qui, ensemencés sur du bouillon, donneront des cultures virulentes, ne contiennent après ozonisation que des bacilles morts. Les cobayes supportaient des quantités considérables de ces émulsions avec la même indifférence que lorsqu'on leur injectait ces émulsions chauffées à 65-70*.
3® Les cultures virulentes sur bouillon étaient, après ozonisation faite suivant notre procédé, aussi toxiques que les cultures filtrées également soumises à Tozonisation.
Quant aux résultats fournis par les expériences sur l'immunisation parles cultures virulentes ou les cultures filtrées, ozonisées, dans les deux cas ils étaient aussi négatifs que ceux d'immunisation par de petites quantités des mêmes liquides en nature.
Permanganate de potasse. — Les mêmes considérations qui m'ont fait essayer l'ozone m'ont aussi conduit à faire, dans la même direction, quelques expériences avec le permanganate de potasse. Quand on mélange une solution de ce sel avec des cultures diphtéritiques dans le bouillon ou avec des cultures filtrées, on obtient une masse épaisse qu'on peut introduire en quantités considérables sous la peau des cobayes, sans que les animaux en soient sérieusement incommodés. Toute la réaction se limite à la formation, au point d'inoculation, d'un empâtement qui disparait peu à peu sans laisser de traces. Ces injections ont été faites à quatre cobayes, auxquels à plusieurs reprises on a introduit sous la peau jusqu'à iO ce. de ce mélange. Soumis ensuite aux injections de contrôle de cultures diphtéritiques très virulentes, ces cobayes ont succombé quatre à sept jours plus tard que les cobayes témoins. C'est à ce résultat insignifiant qu'ont abouti nos expériences.