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RECHERCHES SUR L*IMMUNISAT10N CONTRE XA DIPHTÉRIE

Je tiens, en terminant, à rapporter encore trois expériences, qui, tout en étant isolées, n'en sont pas moins intéressantes.

I. Comme Font montré les recherches de Gamaléia ', la pepsine et la trypsine détruisent en quelques heures le poison diphtéritique (bien qu' « elles laissent intacte la substance qui amène la cachexie chez les animaux »). J'ai utilisé ce fait pour voir si dans le bouillon diphtéritique traité par la trypsine et privé ainsi de sa toxicité il ne resterait pas de substances immunisantes. Gomme avec la pancréaiine du commerce j'avais perdu plusieurs animaux, grâce à l'action destructive que cette pancréatine exerçait sur les tissus de l'animal, j'ai essayé de la remplacer par l'extrait aqueux de pancréas du chien, préparé en prenant toutes les précautions contre la souillure. 10 à 15 ce. de cultures diphté ri tiques filtrées étaient additionnés de quelques gouttes d'extrait, et le mélange laissé pendant quelques heures à Tétuve à 37°. Le liquide perdait dans ces conditions sa toxicité, et j'ai pu injecter jusqu'à 5 ce. de ce liquide sous la peau d'un cobaye sans que l'animal en fût incommodé. En plusieurs fois le cobaye avait ainsi reçu 16 ce. de ce liquide et restait toujours bien portant. Soumis ensuite à l'injection de contrôle, ce cobaye a montré une résistance considérable envers le poison diphtéritique, et, tandis que le cobaye témoin et un autre cobaye ont succombé au bout de trente heures, le cobaye préparé a encore vécu un mois.

II. Nous avons déjà vu que Behring avait, entre autres résultats, signalé les propriétés immunisantes de l'exsudat pleurétique des cobayes ayant succombé à la diphtérie. Zimmer, en se basant sur les expériences de Fraenkel et les siennes, a nié ce fait.

L'expérience que je vais rapporter vient à l'appui de l'opinion de Behring. J'ai introduit sous la peau d'un cobaye, en plusieurs fois, 12 ce. d'exsudat pleurétique d'un chien ayant succombé à l'injection d'une forte quantité de poison diphtéritique. Tout le poumon droit de ce chien était tuberculeux,

(1) Comptes rendus de la Soc, de biologie, séance du 20 février 1892.

634 B. KOUDREVETZKY.

ce qui expliquait la présence d'une pleurésie qu'on n'observe ordinairement pas chez ces animaux quand ils succombent à l'empoisonnement diphtéritique. Ce cobaye, chez lequel il s'était formé au point d'inoculation une ulcération tuberculeuse, a très bien supporté l'injection d'une dose mortelle de poison diphtéritique qui a tué le cobaye témoin et deux autres, et a succombé deux mois après de tuberculose généralisée.

III. La troisième expérience se rapporte à la tentative d'immunisation par la voie stomacale. D'après Behring, ce procédé donne quelquefois de bons résultats chez le lapin. Pour cette expérience j'ai pris un lapin, et un cobaye que j'ai nourris pendant un mois avec du son qu'on avait additionné avec du poison diphtéritique. Le cobaye prenait ainsi tous les jours environ 25 ce. de poison; le lapin, une dose double, c'est-à-dire 50 ce. La santé de ces animaux ne paraissait pas se ressentir de cette nourriture. Au bout de deux mois, les deux animaux furent soumis aux injections de contrôle. Le cobaye s'est montré tellement résistant, qu'il a survécu un mois à rinjection d'une dose mortelle de poison diphtéritique qui a tué un cobaye témoin en trente heures. Par contre, le lapin s'était montré aussi sensible au poison que le lapin témoin. Parmi les lésions trouvées à l'autopsie il est intéressant de noter en premier lieu une néphrite hémorragique des plus accusées.

Il me reste à mentionner encore quelques tentatives d'immunisation du cobaye par l'injection sous-cutanée de très petites doses de cultures virulentes ou filtrées. Ces tentatives se sont terminées par un complet échec : après deux ou trois injections, les animaux tombaient dans un amaigrissement progressif et succombaient avec des phénomènes de cachexie extrême. Ce fait confirme donc l'expérience faite antérieurement par un certain nombre d'auteurs que nous avons cités, à savoir qu'il est impossible de conférer par ce procédé l'immunité aux cobayes.

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