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nentcs, elles avaient un aspect particulier comparable à ce que Ton obtient avec un liquide filant et rapidement solidifiable qui tombe en mince filet d*une certaine hauteur sur un point fixe ; Texamen les montra composées de staphylocoques associés aux éléments des colonies de troisième espèce.
Les colonies de troisième ordre, plus nombreuses que les autressur lepremiertube d'agar, et seulessurle second, étaient d'un blanc éclatant, parfaitement arrondies et bien limitées, un peu proéminentes. Une parcelle de culture étendue sur une lamelle, desséchée, fixée rapidement à la flamme et colorée par le violet de gentiane, donna Taspect d'éléments volumineux, de 3 à 5{i,5 et plus, que la dessiccation et la pression réciproque ont rendus légèrement polygonaux.
Étude morphologique. — Ces colonies, réensemencées sur agar et sur gélatine, se sont toujours montrées aussi blanches, quoique devenant un peu moins larges. Sur pomme de terre les cultures n'ont pas d'aspect particulier, mais sur carotte elles deviennent caractéristiques ; leur blanc éclatant tranche plus nettement, et les colonies vigoureuses, proéminentes, confluentes, forment une masse semblable à celle donnée par une certaine quantité de gouttes de cire fondue tombées les unes sur ou près des autres.
L'ensemencement dans un bouillon alcalin simple donne^ au bout de quarante-huit heures, sur le fond du vase, un semis de petits points blancs qui se résolvent en poussière si l'on agite le liquide, et le troublent ; les jours suivants, le dépôt est uniforme, et vers le quatrième ou cinquième jour, on voit apparaître des filaments. Dans les cultures jeunes, jamais ces filaments ne se rassemblent en un vélum à la surface, mais ils forment un dépôt au fond du vase.
Toutes ces cultures restent vivantes pendant longtemps, car des tubes et des bouillons surtout, réensemencés plusieurs mois après, donnent encore de vigoureuses colonies.
Sur les milieux solides la vitalité est limitée par le dessèchement des terrains; mais du bouillon fertile, conservé, du mois de septembre 1891 au mois de janvier 1893, dans un ballon Pasteur mis dans une bibliothèque située dans une chambre subissant des variations de température assez éten-
dues et exposée aux rayons du soleil, a parfaitement recultivé. Ces cultures vieilles ont d'ailleurs présenté des caractères particuliers, il s'est formé à la surface : un voile par enchevêtrement du mycélium; vélum d'autant plus prononcé, dans trois bouillons successifs, que Tensemencement était plus tardif. Les cultures vieilles, réensemencées sur agar puis ensuite dans le bouillon, donnent des cultures rajeunies quant au mode décroissance.
Il convient maintenant d'examiner microscopiquement les éléments formateurs des colonies : 1^ sur les milieux solides; ¥ dans les bouillons.
Sur les milieux solides, on se trouve en présence d'une levure formée par des éléments ronds ou ovoïdes plus ou moins réguliers et dont les dimensions varient de 3 à 6 {<environ, en moyenne, mais peuvent atteindre davantage. Le mode d'examen couramment employé en bactériologie, fixation légère par la flamme, coloration par les couleurs d'aniline, séchage, passage au xylol et montage au baume, ne donne pas de brillants résultats, car l'élément se teinte fortement et ne présente pas de détails. Cependant, avec le bleu de Kûhne ou la fuchsine de Ziehl, après lavage à l'alcool faible, on arrive à mettre en relief ce fait que l'élément n'a pas une structure uniforme, car la partie centrale, qui, dans un élément sphérique, devrait être la plus colorée comme présentant l'épaisseur la plus grande, est au contraire peu teintée; il semble y avoir une cavité vide au milieu du globule.
Pour cette étude morphologique, il est de beaucoup préférable d'étudier sans coloration. Sur une lamelle, on laisse sécher une parcelle de culture, on laisse tomber dessus une goutte d'eau, on renverse sur une lame et on observe à de forts grossissements. Je me suis servi soit des objectifs apochromatiques à immersion homogène et oculaires compensateurs de Zeiss,soit de l'immersion homogène ^ de Leitz, soit enfin des immersions à eau de Verick, et les résultats ont été concordants; je dois dire cependant que pour un œil peu exercé aux forts grossissements, qui demandent une lumière bien réglée par le jeu du condensateur Abbe et du diaphragme-
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iris, il est préférable d'employer Timmersion à eau n* 10 et Toculaire 4 de Verick, car les détails sautent pour ainsi dire
Fig. 1. — Bouillon de culture &gé.
à l'œil. Si j'insiste sur cet examen, c'est qu'on setrouve absolument dans le même cas pour celui du muguet, que Ton peut faire souvent en clinique.
Si le champ du microscope est moyennement éclairé, on se trouve en présence de cellules ovoïdes ou rondes, assez régulières, d'apparence homogène, mais dans lesquelles se trouvent un ou plusieurs corpuscules mobiles^ fortement réfringents; de plus, la cellule tout entière est animée d'un mouvement oscillatoire très net (v. fig. 1 et 2).
Par un éclairage approprié , peu intense, on distingue les détails suivants : la cellule a une en-
ÉlémenU isolés ;
Les parties claires représentent le protoplasma réfringent.
Los portions ombrées indiquent la 1 ^ . « 1 iir if partie centrale occupée par le liquide
veioppe fane qui est doublée d un cellulaire. protoplasma réfringent d'épaisseur
variable et généralement irrégulière, dans lequel circulent les granulations et des corpuscules mobiles beaucoup plus réfringents; le reste de la cellule, la partie centrale, a une
teinte plus sombre, comme violacée ou lilas faible; c'est une portion liquide répondant au suc cellulaire des cellules végétales, comme nous le prouverons plus loin (v. fig. 2).
Quelle est la nature des granulations mobiles?
Tout d*abord, elles ne se montrent que dans le protoplasma et non dans la partie moins réfringente ; à un examen rapide, elles peuvent apparaître vers le centre, mais en réalité elles sont au-dessus dans le protoplasma qui n'est pas au point, ou au-dessous, toujours dans la zone périphérique. L'action de divers réactifs, alcool, xylol, éther, teinture d'iode, acide osmique, etc., fait éliminer de suite la matière graisseuse ou amylacée. De plus, ces corpuscules sont solides, car la destruction de la cellule par une solution étendue d'acide sulfurique les laisse libres avec leur réfringence et une légère coloration brune ; on remarque alors qu^ils sont assez irréguliers, sphériques, en bâtonnets ronds ou pointus, etc. Ils prennent les matières colorantes comme le protoplasma, et ne peuvent plus se distinguer des granulations ordinaires, sauf par l'acide nitrique très dilué qui jaunit le protoplasma et ses granulations, et qui laisse ces corpuscules incolores et plus fortement réfringents. On a donc affaire à une matière protéique spéciale plus résistante que le protoplasma. Sont-ce des spores? sont-ce des leucites particuliers?
11 est facile d'acquérir des notions plus précises sur la nature de la partie centrale. Si l'on examine les cellules vivantes dans de l'eau faiblement teintée par le bleu de méthylène, on voit que seule la partie centrale, qui correspond à la portion moins réfringente, se colore fortement. De plus, par l'action de l'eau sucrée, de l'alcool, de la teinture d'iode, le protoplasma se ratatine, la partie centrale diminue de plus en plus et disparaît enfin. Donc il est logique d'admettre que l'on a affaire à une vacuole liquide centrale sans corps organiques, car Facide osmique ne la met pas en relief; des réactions analogues se passent dans les cellules végétales, que l'on différencie en protoplasma et suc cellulaire.
Avant de quitter l'étude des cellules sur milieux solides, il faut ajouter que, sur carotte, les éléments sont plus volu-
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mineuXy plus granuleux, et que beaucoup ont de la tendance & prendre la forme cylindrique que nous allons trouver dans les bouillons.
Dans les bouillons, la meilleure méthode d'examen consiste & prendre une goutte de culture sur une lamelle et examiner directement sans coloration. Le liquide agité, troublé uniformément, contient des levures et des cellules cylindriques; les filaments sont formés par un enchevêtrement de longs tubes représentant le mycélium, entre lesquels sont des globules ordinaires (v. fig. 1).
Les éléments ovoïdes sont en général plus gros que sur les milieux solides, mais il en est aussi de beaucoup plus petits, et Ton peut suivre tous les intermédiaires entre des cellules de moins de 1 [i et d'autres allant à 10 {i et plus. Le liquide cellulaire est d'autant plus abondant que la cellule est grosse ; les plus petites des cellules semblent ne pas avoir de granulations mobiles; les cellules volumineuses ne contiennent au contraire qu'un protoplasma raréfié; certaines même sont vides, rupturées à une extrémité : il ne reste que l'enveloppe. Les granulations sont plus nombreuses que dans les globules des cultures solides, et d'autant que les bouillons sont plus âgés; les unes sont fixes, les autres mobiles.
On remarque tous les passages entre les cellules ovoïdes et les cylindriques. Ces dernières, plus longues, ont un diamètre moindre et varient de forme et de longueur jusqu'au filament ; leur protoplasma est peu dense et peut même se réduire à quelques granulations; dans un élément nettement cylindrique il n'y a plus de granulation mobile.
Le mycélium ou filament varie de longueur entre des limites très éloignées; son diamètre variable ne descend guère au-dessous de lii,5 à S{i. {1 est formé d'articles plus ou moins longs, distincts, soudés bout à bout, et ne renfermant que quelques rares granulations protoplasmiques ; cependant on peut voir, intercalées entre ces tubes, des cellules volumineuses un peu allongées, renfermant des granulations de différentes espèces et une vacuole centrale.
En faisant agir la teinture d'iode, on met le protoplasma en évidence et l'on peut suivre facilement sa condensation
OU sa raréfaction dans les différents éléments ; ceux-ci sont d'autant plus colorés et foncés qu'ils sont jeunes.
Les bouillons vieux sont préférables à l'examen et montrent mieux les formes intermédiaires; ils facilitent aussi l'étude de la reproduction des éléments. Elle se fait suivant deux modes différents : l"" le bourgeonnement ^ dont on peut suivre toutes les phases, se produisant soit sur une cellule ovoïde, soit sur une cylindrique, voire môme sur un filament ; 2"" \^ sporulation que l'on ne peut que soupçonner par un examen attentif dans les cultures vieilles.
• On trouve, dans les bouillons âgés,, des cellules petites, fortement réfringentes, approchant comme dimensions des plus grosses granulations mobiles, et à côté, des cellules de plus en plus différenciées, jusqu'aux petites cellules ovoïdes à granulations mobiles. On remarque aussi des cellules énormes avec peu de protoplasma et une grosse granulation semblant prête à s'échapper d'une enveloppe qui se ramollit et se flétrit. J'ai vu de ces granulations tellement proches d'enveloppes vides et ridées, qu'elles en semblaient sortir; malheureusement jamais je n'ai pu surprendre le moment de la déhiscence, car si on veut la provoquer en appuyant sur la lamelle, le point examiné iile bien vite en dehors du champ microscopique.
Ces cellules libres particulières sont rares, comparées à celles qui se forment soit à l'extrémité d'un filament, soit plus rarement entre deux filaments, et qui contiennent une grosse granulation entourée de plus petites et d'espèce différente. Gomme je n'ui jamais vu ces cellules se flétrir à l'extrémité des filaments, je suis porté à croire qu'elles se détachent et forment ces énormes globules libres qui laisseront échapper ensuite leur contenu après rupture de l'enveloppe. Je crois que les granulations mobiles sont des spores en évolution qui ne sont nettement caractérisées que dans certaines cellules où elles semblent fixer plus fortement la teinture d'iode.
Étude expérimentale. — Etant données les conditions dans lesquelles ce champignon avait été trouvé, il était indispensable de rechercher s'il n'avait pas quelque propriété pyogène. Des bouillons furent inoculés à des cobayes et des
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lapins, ceux-ci étant rasés, savonnés, puis lavés à l'alcool à 95'', à Téther, au sublimé; ensuite, le point choisi était légèrement cautérisé avec un agitateur de verre porté au rouge, puis protégé par une couche de collodion iodoformé. Les seringues à injection avaient été au moins une demi-heure dans l'eau bouillante. Donc toutes les précautions ont été prises pour empêcher Tintroduction de germes étrangers.
^^ série f exécutée en 1891.
ExpéRiENCR I. — Injection sous-cutanée, chez un cobaye, de 1 ce. 5 d'une culture de huit jours dans du bouillon ordinaire. Au bout de quatre jours, tumeur locale, fluctuante, sans réaction générale. Après antisepsie rigoureuse et limitation du champ opératoire, ouverture au bistouri. Il en sort une matière épaisse, blanche, caséeuse, d'aspect parfaitement homogène, rappelant presque, par sa couleur et sa consistance, le produit d'une culture sur carotte. La plaie, lavée et obturée au collodion iodoformé, guérit en deux jours; l'animal conservé plusieurs mois n*a rien présenté. Le pus semé sur agar et dans du bouillon a donné des cultures pures du champignon. Une petite portion de la paroi de l'abcès, fixée immédiatement par l'alcool absolu, a été mise de côté pour être étudiée ultérieurement.
Le pus a été examiné par dilTérenles méthodes de coloration, et il n'a pas été possible d'y discerner de micro-organismes étrangers. Le meilleur moyen de se rendre un compte exact de sa composition consiste à le colorer au picrocarmin (v. ûg. 3); les levures et le mycélium fixant peu l'acide picrique et pas le carmin, ont un aspect réfringent tel qii'ils sont facilement reconnaissables; le mycélium est rare, petit: ce sont les globules de levure qui l'emportent en nombre ; ils sont entourés d'une énorme quantité de globules blancs d'espèce différente, et çà et là on rencontre des débris de tissu conjonctif. D'ailleurs, dans un examen rapide dans l'eau d'une parcelle de pus préalablement desséchée, on reconnaît facilement les éléments du champignon, d'après leur forte réfringence.
Dans les autres expériences, soit sur le cobaye, soit sur le lapin, le , pus ayant toujours présenté les mêmes caractères objectifs et donné des résultats semblables en culture, je ne ferai que signaler sa produc* tion; de plus, les pièces anatomiques mises de côté seront analysées & la (in de ce travail.
Expérience IL — Inoculation sous-cutanée de 2 ce. d'un bouillon de quinze jours, sous la peau du dos d'un cobaye. Abcès local, qui s'ouvre spontanément six jours après, sous la simple pression occasionnée par
Texploration. Pus abondaat. La plaie, abandonnée à elle-même, se cicatrise rapidement, et quinze jours après on en retrouve à peine la trace.
Expérience III. — Culture de quinze jours; 2 ce. eu injection souscutanée sous la peau du dos d'un lapin. Un abcès se forme, s'ouvre spontanément au bout de cinq jours, après avoir ulcéré la peau en deux
Fig. 3. — Pus d'abcès.
endroits; puis une croûte se forme, la plaie se cicatrise, et vingt jours après on sent de nouveau la fluctuation : ce nouvel abcès se résorbe de lui-même en quelques jours. Quinze mois après, le lapin encore vivant a été sacrifié et n'a rien présenté d'anormal à l'autopsie.
Expérience IV. — Sur un lapin, essai d'injection d'une culture de huit jours dans une veine de la paroi abdominale. Impossibilité. La plaie superficielle lavée à l'eau phéniquée est obturée avec du collodion iodoformé.
On fait alors, dans une veine de l'oreille de ce lapin, une injection de 4 ce. de culture. Quelques jours après, il se forme à l'oreille un abcès local qui suppure et se guérit rapidement; ici encore la plaie avait été obturée avec du collodjon iodoformé.
Au point d'essai sur la paroi abdominale, il se fait dans la veine piquée une tumeur dure, kystique, fusiforme, qui fut enlevée au bistouri seize jours après. Lavée, la plaie guérit en quelques jours.
L'animal, sacrifié quinze mois après, n'a rien présenté d'anormal.
Expérience V. — Une femelle de cobaye, pleine, reçoit, dans une veine de la patte antérieure, une injection de 2 ce. d'un bouillon de culture de trois jours. Occlusion avec du collodion iodoformé après cautérisation.