FAITS RELATIFS A LA PATHOQÉNIE DU DIABÈTB PANCRÉATIQUE
la glycosurie de se montrer après rextirpation du pancréas? D'abord une extirpation incomplète; en second lieu, Tinflammation péritonéale généralisée et , dans ce cas , l'animal meurt peu après l'opération, ou limitée, et alors l'animal peut survivre plus ou moins longtemps. Si ces conditions n'existent pas, et si l'animal que l'on met en expérience est bien portant, la glycosurie ne manqMe jamais après l'extirpation du pancréas.
Il est temps maintenant de faire cesser un malentendu. On cherche à me mettre en désaccord avec moi-même en prenant dans mes expériences les cas dans lesquel la glycosurie ne se montrait que si l'animal recevait une pâtée renfermant du pain et manquait totalement ou à peu près sous l'influence du régime camé exclusif. Ces cas très rares se sont produits malgré une extirpation que je considérais comme totale et c'est là-dessus qu'une discussion sérieuse devrait être engagée avec Minkowski. Mais quelle contradiction y a-t-il, je le demande, entre ces deux propositions :
1® La glycosurie apparaît toujours après l'extirpation du pancréas.
2"^ Dans quelques cas elle n'apparaît que si l'animal mange la pâtée commune renfermant une proportion normale d'hydrates de carbone.
De cette dernière proposition à celle-ci que la glycosurie peut manquer totalement après l'extirpation du pancréas, il y a loin.
On admire mon attitude expérimentale , mais on ne comprend pas ma façon de raisonner. Pour ce qui est du raisonnement je le crois conforme aux règles de la plus stricte logique. Un diabétique se présente à un clinicien ; celui-ci, après avoir reconnu l'existence de la glycosurie, soumet son malade au régime azoté et exclut sévèrement tout féculent de l'alimentation. Je suppose que la glycosurie cesse sous l'influence de ce régime. Le malade n'en est pas moins diabétique, que je sache. Veut-on donner seulement le nom de diabète sucré à la maladie dans laquelle la glycosurie se montre indépendante du régime alimentaire? Alors nous discuterions sur des mots. Un chien n'est pas un animal exclusivement
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carnassier. Que la glycosurie manque lorsqu'on ne lui donne que de la viande à manger, cela prouve-t-il qu'il ne peut pas présenter les symptômes du diabète sucré? Évidemment non, puisque cette glycosurie apparaît avec intensité lorsqu'on le nourrit comme un chien normal. Ne voit-on pas qu'entre le diabète à forme légère dans lequel la glycosurie est sous la dépendance de l'ingestion d'hydrates de carbone et le diabète grave dans lequel la glycosurie existe malgré la diète carnée, il n'y a qu'une question de degré ?
M. de Dominicis, pour se donner raison, prend dans mes expériences des cas dans lesquels la glycosurie était quasi nulle ou même nulle et il omet de dire que l'animal était soumis au régime carné exclusif. Cela peut lui servir pour appuyer ses affirmations, mais ce n'est qu'en dénaturant les expériences. Je ne possède point d'observations dans lesquelles la glycosurie, ayant manqué sous l'influence du régime azoté, ne se soit aussitôt élevée à un très fort chiffre quand l'animal recevait la pâtée commune renfermant du pain.
Voici donc la ligne de démarcation. M. de Dominicis a observé des cas d'absence totale de la glycosurie malgré Fextirpation du pancréas. Or il n'en existe point quand l'extirpation est bien complète. Les cas négatifs doivent recevoir leur explication par les considérations que je viens d'exposer.
L'argumentation de M. de Dominicis n'est par conséquent pas fondée. Il devrait seulement me demander pourquoi je n'ai pas toujours obtenu la même glycosurie intense et indépendante du mode d'alimentation. C'est une question que je me suis posée à moi-même sans la résoudre. Il y a encore des explications à trouver. Pour Minkowski ces cas relèvent d'une extirpation incomplète. J'envisagerai plus tard cette opinion.
II. — V ablation de la tête du pancréas faite de manière à empêcher toute sécrétion digestive n'est pas suivie de glycosurie ou seulement d'une glycosurie passagère comme celle que provoque tout traumatisme portant sur le pancréas; r extirpation ultérieure de la queue de la glande amène aussitôt Fapparition dune glycosurie intense et durable. Voilà une expé-