‹ Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologiqueChapitre 259 sur 298 · FAITS RELATIFS A LA PATHOGÉNIE DU DIABÈTE PANCRÉATIQUE · texte numérisé non relu

FAITS RELATIFS A LA PATHOGÉNIE DU DIABÈTE PANCRÉATIQUE

rience avec contre-épreuve qui maintes fois répétée a toujours donné le même résultat. M. de Dominicis ne peut*ii donc se ranger à l'évidence? Sa théorie n'est pas compatible avec ce fait. Dira-t-il, pour la soutenir, que le fragment conservé pouvait encore déverser son produit dans le duodénum, quand toute connexion avec cet intestin était rompue, quand le fragment conservé était séparé de la paroi duodénale par un intervalle de 6 à 7 centimètres et par une lame épaisse de tissu fibreux? Cela pourrait à peine se soutenir; mais cette sécrétion dans rintestin est rendue absolument impossible lorsque le fragment de pancréas a été amené sous la peau, la sécrétion s'opérant alors à la surface cutanée par une fistule. Or :

III. — La greffe sous cutanée du pancréas, telle que nous l'avons pratiquée avec Minkowski est toujours suivie du même résultat, lorsquele tissu du fragment transplanté ne s'altère pas. La glycosurie ne se montre pas après Fextirpation du pancréas intra-abdominal;pour le faire apparaître il faut déplus ex tir-per la greffe. Je donnerai plus tard le protocole de toutes mes expériences de greffe et renverrai, pour que le lecteur puisse vérifier dès maintenant notre assertion, au mémoire que j'ai publié dans les Archives de physiologie sur ce sujet et à l'important travail que Minkowski vient de faire paraître dans les ^rcA. fur exp. Pathologie und Pharmakologie, 1893. Ces expériences sont nettes, décisives et la négation pure et simple ne réussira pas à les ébranler. Pour tout lecteur qui se donnera la peine de parcourir les comptes rendus de ces expériences, le jugement sera facile; il verra ce qu'il faut penser des contradictions lancées à la légère, au courant de la plume.

J'ai imaginé cette expérience de greffe du pancréas après Minkowski, mais indépendamment de lui. Mais n'aurais-je fait que l'imiter encore dans ce cas, que je m'estimerais largement satisfait. Je me trouve en effet avec ce distingué expérimentateur sur un solide terrain ; ceux qui ont pris des voies latérales ont fait fausse route et ont dû revenir en arrière ; ceux qui y persistent encore, en dépit de l'évidence, ne feront aucun progrès.

Dans toute question scientifique il faut envisager séparé-

700 B. HÉDON.

ment les faits et l'interprétation des faits. Pour l'interpréta* tion, elle peut varier suivant la tournure d'esprit de l'expérimentateur et, pour la question des fonctions du pancréas en particulier, il est bien certain que les conséquences à tirer des expériences méritent d'être discutées froidement et sans idées préconçues, et que Ton ne saurait trop prendre en considération les objections et remarques venant de différents côtés. Mais quant aux faits, lorsqu'ils sont établis sur un grand nombred'expériencesbien exécutées, lorsqu'ils se reproduisent constamment sous les mêmes conditions expérimentales avec le caractère d'un rigoureux déterminisme, il faut les admettre nécessairement; et pour ma part, je déclare me refuser à engager désormais aucune discussion sur ce sujet. Si M. de Dominicis n'obtient pas les mêmes résultats que nous, c'est qu'il ne se place pas dans les mêmes conditions d'expérience.

Si les termes dont je me suis servi pour caractériser des expériences contraires aux nôtres ont paru outrées, je rectifierai volontiers et je dirai, en citant Cl. Bernard, que toutes les expériences sont bonnes dans le déterminisme de leurs conditions respectives. Seulement je nie que toutes aient la même valeur pour la solution du problème que l'on s'est proposé de résoudre. « Tous les jours on voit des discussions qui restent sans profit pour la science, parce que Ton n'est pas assez pénétré de ce principe que chaque fait ayant son déterminisme, un fait négatif ne prouve rien et ne saurait jamais détruire un fait positif. » (Cl. Bernard, Introd. à laméd. exp.^ p. 306.)

Sur la part des leuoocjrtes dans le pouToir bactéricide du sang de chien, par MM. Denys et Havet. (La Cellule, t. X, 1893, p. 7.)

Dans une première série d'expériences faites avec le bacille coli, le staphylocoque doré, et les spores du bacillus snbtilis, les auteurs trou* vent que les propriétés bactéricides du sérum de sang de chien dépouillé de ses leucocytes par la flltration sont très inférieures à celles du sang complet, non Ûltré, et ils en concluent que, chez le chien, la part principale de ce pouvoir bactéricide revient aux leucocytes agissant comme phagocytes. Ces phagocytes détruisent les microbes en les englobant, et non pas sous l'influence de la sécrétion, par ces éléments cellulaires, de substances bactéricides.

Aussi peut-on rendre au sang Ûltré, au sérum ou à un exsudât centrifugé, tout leur pouvoir bactéricide en y ajoutant des leucocytes provenant de cet exsudât.

Néanmoins on doit admettre qu'une partie du pouvoir bactéricide du sang de chien, la plus faible, il est vrai, revient au sérum.

On ne peut d'ailleurs émettre sur cette question des propositions générales et invariables, car le sang filtré et le sérum de l'homme et surtout ceux de la poule et du pigeon se montrent aussi bactéricides pour le bacille coli que leur sang complet et non filtré; quelquefois même les propriétés bactéricides du sérum sont plus énergiques et leur action plus rapide que celles du sang complet.

Le chauffage à 55 degrés pendant 1 heure dépouille le sérum de son pouvoir bactéricide que le passage d'un courant de GO' ne lui restitue pas.

L'immunité ne peut donc s'expliquer exclusivement ni par la théorie phagocytaire ni par la théorie humorale : humeurs et leucocytes y contribuent dans des proportions variables suivant les espèces, et probablement aussi suivant la nature de l'agent microbien.

E. MOSMY.

Étude sur racholie ou cholémie expérimentale, par MM. J. Denys et !.. Stubbe. {La CeUule, t. IX, 1893, p. 447.)

Les auteurs recherchent si le syndrome clinique par lequel se terminent souvent les maladies du foie (coma, convulsions, etc.), et que quelques auteurs attribuent à l'accumulation dans le sang des produits

702 ANALYSES ET BIBUOGRAPHIR.

. de la sécrétion biliaire (cholémie) n'est pas plutôt dû à Tarrèt du fonctionnemeDt du foie (acholie).

Ils ont donc détruit les cellules hépatiques, en injectant directement dans les voies biliaires du chien une solution d'acide acétique à 2 on 5 p. 100. Quelques heures après, ils observaient chez les chiens une soif vive, des vomissements, puis le coma interrompu par des convulsions» d'abord partielles, puis généralisées, enfin Tanimal mourait au bout d'un temps variant de six à vingt-six heures : ces phénomènes sont identiques à ceux obtenus par Minkowski au moyen de l'extirpation du foie.

L'examen du foie a montré aux expérimentateurs belges que le parenchynie hépatique était bien réellement détruit, et que la circulation sanguine était absolument libre.

Les phénomènes observés sont donc réellement dus à la destruction du parenchyme hépatique; une série de contre-expériences démontre qu'on ne peut les attribuer à une intoxication par l'acide acétique.

E. MOSNT.

Sur le mécanisme des symptômes gastro-intestinaux dans le choléra nostras, par IfM. J. Denys et Gh. Van dea Bergh.

(Extr. du BuU. de VAcad. r. de médecine de Belgique, 1893.)

Admettant que l'agent microbien du choléra nostras est le bacillns coli communis, hôte habituel de notre intestin normal, les auteurs recherchent quelles sont les conditions de résorption de sa toxine, et pour quelles causes l'intoxication se produit.

Une première série d'expériences leur démontre qu'une dose de bacilles très virulents ou de toxines, mortelle lorsqu'elle est injectée dans la plèvre, est complètement inofTensive quand on l'introduit dans le tube digestif par la bouche, ou directement dans l'intestin grêle, après laparotomie, ou même lorsqu'on l'emprisonne entre deux ligatures, dans une anse intestinale.

Cette tolérance du tube digestif pour la toxine du coli-bacille ne peut s'expliquer que par la destruction de la toxine par les sucs gastrique ou pancréatique, par sa rétention et sa destruction dans le foie, ou bien enfin par sa non-absorption par la muqueuse intestinale.

MM. Denys et van den Bergh démontrent que les deux premières hypothèses sont inadmissibles, et admettent, sans d'ailleurs pouvoir en fournir la preuve expérimentale, que l'innocuité des. toxines déposées à la surface du tube digestif est due à la barrière que leur oppose l'épithélium intestinal, ou peut-être & leur .destruction par ce même épithélium.

Les lésions intestinales (congestion, hémorrhagies, desquamation) consécutives à l'injection à distance, dans le sang, les tissus ou la plèvre, de cultures vivantes ou tuées du coli-bacille, ne sont pas dues à

rélimination par le foie ou le pancréas d'une substance agissant locale^ ment, mais à l'apport de cette substance toxique par les vaisseaux sanguins.

Il est donc probable que le syndrome clinique da choléra nostras est dû à une lésion même minime de Tépithélium intestinal permettant l'absorption des coli-bacilles et de leur toxine, et leur action ultérieure sur la muqueuse intestinale. lia lésion primordiale de l'épithélium intestinal serait due à l'action de produits irritants de fermentation.

E. MOSNY.

Sur les rapports du pneumo-bacille de Friedlœnder, du ferment lactique et de quelques antres organismes avec le Bacillas lactis aerogenes et le Bacillus typhosus, par MM. J. Denys et J. Martin. {La Cellule, IX, 1893, p. 261.)

Les auteurs qui ont étudié comparativement quatre échantilloni divers de pneumo-bacille de Friedlânder et un bacille lactique aérogène pris dans les selles d'un enfant sain concluent qu'il s'agit là, non pas de deux espèces différentes, mais de deux variétés d'une même espèce.

Leurs caractères morphologiques, et en particulier leur pléomorphisme, seraient identiques; les auteurs avouent ne s'être pas occupés de la motilité à laquelle ils refusent toute importance.

Les caractères de leur culture dans la gélatine et la gélose sont très analogues, et ne diffèrent que par la rapidité plus grande du développement, et l'exubérance plus considérable des cultures du B. lactis aerogenes.

Les cultures sur pomme de terre de l'un et de l'autre microbe se développent avec une rapidité et une abondance égales.

Tous deux font fermenter la glucose et la lactose, mais la fermentation est plus rapide et plus active avec le B. lactis aerogenes qu'avec le pneumo-bacille. Les réensemeacements successifs du pneumo-bacille dans le lait amènent cet organisme à faire coaguler le lait aussi rapidement que le B. lactis aerogenes. Le degré d'acidité de ces cultures, très variable, est en général plus forte pour le B. lactis aerogenes.

L'action pathogène de ces deux microbes sur le lapin, le cobaye et le chien, est absolument identique.

Les auteurs concluent de ces recherches que le pneumo-bacille n'est qu'un bacille aérogène doué d'une moindre vitalité.

Les transformations subies par leurs vieilles cultures de pneumobacille et leur ressemblance avec les cultures du bacille typhique, ont poussé MM. Denys et Martin à rechercher leurs analogies et leurs différences : leurs cultures sur pommes de terre sont identiques; les pneumobacilles ont perdu définitivement leur propriété de faire fermenter la glucose, ce qui est un des caractères du bacille typhique; seulement les pneumo-bacilles continuent toujours à faire coaguler le lait et à

rougir la gélose lactosée toumesolée, aussi les auteurs nous semblentils en déduire avec trop de précipitation Tidentité du bacille typhique et du bacille coli admise par MM. Rodet et G. Roux, et encore insuffisamment démontrée & l'heure actuelle.

Enfin, MM. Denys et Martin, confirmant les recherches de MM. Wurtx et Leudet, concluent, d'une série d'expériences sur le lapin et sur le chien, à l'identité du ferment lactique de Pasteur et du B. lactis aerogènes d'Escherich : l'action des cultures de ces deux organismes est i dentique, qu'il s'agisse des cultures vivantes ou des cultures chauffées à 100-120*.

Les mêmes auteurs pensent que ces trois bacilles et d'autres tels que le bacille du Rhinosclérome, Je bacille Pse udopneumonicus, le bacille Grassus Sputigenus, le bacille Enteriditis Gœrtner, et ceux de l'inflammation des glandes mammaires des vaches ne constituent que des variétés d'un même organisme.

E. MOSNT.

Un cas d'infection gènérallaée & streptocoques, & la soite d'vn érysipèle de la peau, par Pfblil. (Zeitschr, f. Hygiène, XII, 1892, p. 517.)

11 s'agit d'un érysipèle de la face chez un nouveau-né au sixième jour de la maladie : les cultures, les coupes et la coloration des exsudais étalés sur des lamelles mirent en évidence la présence à l'état de pureté, dans tous les organes et dans le sang du cœur, du streptocoque de l'érysipèle.

L'auteur signale ce fait comme une rareté et rappelle que, même dans les érysipèles mortels, le streptocoque ne dépasse guère les limites delà plaque érysipélateuse. C'est là, ditPfuhl, la seule observation qu'il connaisse où la présence de l'érysipélocoque soit notée dans tous les organes : c'est la seule preuve de l'existence d'une infection généralisée, à streptocoques, à la suite d'un érysipèle de la peau.

Je ferai pourtant remarquer que M. Achalme, dans une thèse parue au commencement de 1892, rapporte deux faits ayant beaucoup d'analogie avec celui de M. Pfuhl (Achalme, thèse de Paris, 1892, obs. n<» 2 et 9).

E. MosNT.

Le Gérant : G. Masson.

Pftiit — Typ. Cluunwot et Bcnouard, i9, rue det 8aInto-Pèr««. — SOtM

MÉMOIRES ORIGINAUX

Page 1