‹ Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologiqueChapitre 57 sur 298 · LE BAGTERIUM COU COMMUNE · texte numérisé non relu

LE BAGTERIUM COU COMMUNE

plèvre. Une goutte de ce liquide virulent, inoculé sous la peau d'une souris blanche, a déterminé la mort en 24 heures, avec production d'arthrites purulentes multiples. Ce pus contenait, à l'état de pureté, le B. coll.

L'atténuation de la virulence se fait simplement par l'action du temps; il n'y a d'ailleurs rien de fixe à cet égard. Pour M. Macaigne, les cultures sur agar perdraient plus vite leur virulence que celles dans le bouillon.

Cette atténuation se manifeste d'abord par une survie plus longue des animaux, qui ne meurent qu'au bout du 3«, 4« ou 5* jour. Plus tard il n'y aura qu'une lésion locale, de la suppuration. Le B. coli devient alors pyogène.

MM. Lesage et Macaigne, se basant sur ces faits, ont distingué deux sortes de B. coli : le B. coli normal, et le B. coli pathologique, suivant que les cultures sont isolées de selles normales ou de selles provenant de diarrhées infectieuses. Le B. coli des diarrhées graves a, pour eux, le maximum de virulence; le B. coli des suppurations a des caractères de virulence également variables. Elle peut se conserver pendant longtemps (7 mois).

En résumé, d'après MM. Lesage et Macaigne, la virulence du B. coli pathologique a deux formes, l'une très forte, produisant la septicémie aiguë; l'autre, moindre, appartient au B. coli des suppurations.

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE DU B. COLI

Les caractères morphologiques du B. coli, la variçté des formes que cet organisme présente quand on en examine une culture au microscope, aussi bien que les aspects différents des colonies dans la culture sur plaques, ont donné lieu à d'assez nombreuses confusions. Ou a décrit en effet un certain nombre de bactéries qui sont, ou absolument identiques au B. coli, ou qui s'en rapprochent beaucoup. Sont identiques au B. coli :

L — Le bacille virgule de Buchner.

Le bacilles des fèces de Brieger.

Le bacillus neapolitanus d'Emmerich.

Le bacillus pyogenes fœtidus de Passet/.

La bactérie septique de la vessie.

IL — Gomme se rapprochant beaucoup du B. coli, et n'en difTérant que par des caractères de peu d'importance, il faut citer :

Le bacille de l'endocardite de Gilbert et Léon.

Le bacillus enteritidis de Gartner.

Le bacille de la dysenterie épidémiquedeChantemesse et Widal.

Le bacillus endocarditis grisous deWeichselbaum.

L — Si l'on se reporte aux descriptions de ces différents microbes, d'une part, et à celle du B. coli, on na trouve aucun caractère qui puisse

!. Vendrickx, La Cellule, t. VII, 189!.

les distiaguer. Ces études ont été faites, entre autres, par Weisser pour le B. d'Ëmmerich, le bacille G. de Buchner et le bacille de Brieger; pa- Vendriokx pour le B. pyogenes fœtidus de Pnsset, par KrogiusS Achard et Renault' pour la bactérie pyogène de la vessie. Ces derniers auteurs concluent en effet à Tidentité absolue de cette bactérie avec le B. coli.

Si Ton se reporte k la thèse de Clado, on voit en etfet que la description qu'il a donnée de la B. septique isolée par lui dans la vessie est une excellente description du B. coli, surtout en ce qui regarde les ca* ractères de culture sur gélatine et les inoculations aux animaux. Pourtant, d'après Clado, la bactérie septique se colorait par le Grarn.

Reblaud',tout en croyant possible l'identité de la B. pyogône avec le B. coli trouve quelques différences dans les cultures sur gélatine par piqûre. Cette différence ne semble pas suffisante pour mettre l'esprit en doute, étant données les nombreuses similitudes constatées entre ces deux microbes.

M. Rodet^ croit également à l'identité de ces deux bacilles.

II. — Il existe d'autres bactéries qui n'ont pas été précisément identifiées avec le B. coli, mais qui s'en rapprochent beaucoup.

Le B. de l'endocardite de Gilbert et Lion s'en distingue par une action pathogène spéciale, la production de méningites ; de plus il est toujours immobile, et ses produits solubles sont extrêmement toxiques.

Le B. de la dysenterie épidémique de Chantemesse et Widal a des caractères de culture sur gélatine un peu différents.

Lesage a comparé le B. endocarditis griseus de Weichselbaum avec le B. coli. Il a constaté, qu'il ressemblait au bacille typhique par sa culture sur gélatine, au B. coli par sa culture sur pomme de terre. Le B. griseus est plus gréle que le B. coli.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ENTRE LE R. COLI ET LE B. d'eBERTU

Le B. d'Eberth a été considéré universellement comme le véritable agent pathogène de la fièvre typhoïde jusqu'en novembre 1889. MM. Gabriel Roux et Rodet (de Lyon) présentèrent alors à la Société des sciences médicales de Lyon une série d'analyses bactériologiques qui les amenèrent à soupçonner, « au moins comme hypothèse séduisante », un rapprochement spécifique du B. coli et du B. d'Eberth.

Dans un mémoire présenté à la Société de biologie^, ils adoptèrent franchement cette interprétation.

Ils se basèrent sur deux ordres d'observations.

I. — Ils firent l'examen comparatif du sang, de la rate et des matières

Page 1