‹ Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologiqueChapitre 58 sur 298 · Rodet cl G. Roux, Soc, de biol,, 1890, p · texte numérisé non relu

Rodet cl G. Roux, Soc, de biol,, 1890, p

LE BAGTEKIUM GOLI COMMUNE. 145

fécales de malades atteints de fièvre typhoïde. Cet examen les mena à la conclusion suivante : Étant donné l'énorme quantité de B. coli trouvé dans les matières fécales d'individus morts de fièvre typhoïde, dans la rate desquels on trouve, à Tautopsie, le B. d'Ëberth, on peut conclure, disent MM. Rodet et Roux, que le B. coli est l'agent de la fièvre typhoïde et que le hacille d'Ëberth est le résultat d'une modification qu'il traverse en passant dans l'organisme. De plus, dans les eaux suspectées d'avoir produit la fièvre typhoïde, ils ne purent jamais déceler le B. typhique. Ils ont toujours eu des cultures de B. coli.

II. — L'étude attentive des « soi-disant caractères différentiels » des deux bacilles les mena & la même conclusion.

C'est sur ces deux ordres d'arguments que l'opinion de MM. Rodet et Roux s'est basée.

Le premier est passible de certaines objections. MM. Bardet Aubert ont en effet démontré, dans un intéressant travail, que certains états pathologiques ou physiologiques, la diète lactée, les fièvres peuvent amener la pullulalion du B. coli dans l'intestin, à tel point qu'il se trouve dans les selles, à l'état de culture pure. Dans la pneumonie entre autres, ia même pullulalion du B. coli se produit, aussi bien que dans la fièvre typhoïde. Or le pneumocoque ne saurait être incriminé comme agent pathogène de la fièvre typhoïde.

Le second ordre de faits est d'une importance beaucoup plus grande.

11 est basé sur les très grandes analogies que présentent les deux bacilles au point de vue morphologique et sur les similitudes des divers milieux de culture ensemencés avec ces deux organismes. La rapidité de l'accroissement peut seule les différencier.

Dans un mémoire publié en collaboration avec M. Herman', j'ai insisté sur ces grandes ressemblances. En particulier, si l'on examine au microscope à l'état frais deux lamelles, l'une de B. d'Ëberth, l'autre de B. coli, il n'est pas possible, même à un bactériologiste exercé, de se prononcer. Il faut avoir recours à la coloration des cils. Le B. d'Ëberth a de nombreux flagella, le B. coli, trois on quatre seulement.

Les cultures sur bouillon se ressemblent presque trait pour trait, à la rapidité de croissance près. La ressemblance est encore plus frappante dans les culture sur gélatine, culture par piqûre ou culture sur plaques. La culture sur gélose est presque identique comme forme et comme aspect. Elle s'étale cependant infiniment moins avec le B. d'Ëberth qu'avec le B. coli. MM. Rodet et Roux en chauffant des cellules de B. coli, ou en les soumettant à l'action des antiseptiques, sont parvenus & donner à ces cultures un aspect qui les rapprochait de celui des cultures de B. d'Ëberth. Le B. coli était devenu eberthiforme. Mais au bout d'un on deux réensemencements, la différence est aussi accusée qu'avant.

La culture sur pomme de terre, qui avait longtemps servi de carac-

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