WuRTZ et Hbrman, Arch. de méd, expérim., 1891, n
ARCn. DB IIÉD. EXPÉR. — TOMB V. 10
tère presque pathoguomonique à la culture du B. d'Eberth, n'est même pas un bon caractère diCTérentieU D'une part, le glacé caractéristique de la fièvre typhoïde peut s'observer dans les cellules de B. coli. II faut pour cela ensemencer avec une vieille culture dans le bouillon.
D'autre part, MM. Vaillard, Rodet et Roux et nous-méme avons souvent vu une Vieille culture de bacille typhique sur pomme de terre prendre un aspect brun. Cette identité des caractères morphologiques et de culture du B. d'Escherich et du B. d'Eberth, nous avons donc été conduits, M. Herman et moi, à conclure qu'il était « absolument impossible, dans un grand nombre de cas, de différencier par les méthodes bactériologiques actuelles le B. coli commune du B. d'Eberth ».
MM. Chantemesse et Widal, quelques semaines après la rédaction de notre note, ajoutèrent à ces méthodes insuffisantes un procédé qui, adopté depuis d'une façon générale, donne un moyen sûr, facile et commode de distinguer ces deux bacilles. Il est basé sur ce fait que le B. coli fait fermenter le sucre de lait, tandis que le B. d'Eberth ne lefaitpointTermenter.
Ils employèrent, pour cela, le bouillon ordinaire additionné de 2 p. 100 de lactose. Le B. coli y détermine, déjà au bout de 12 heures, une fermentation extrêmement vive, se manifestant par le dégagement de nombreuses bulles de gaz extrêmement fines. Ces bulles s'assemblent à la surface de niveau du tube de bouillon et y forment une collerette blanche caractéristique. Le bacille d'Eberth, avec le sucre de lait pur, exempt de glucose, ne produit aucune fermentation.
Cette différence est constante, et des plus nettes. Elle a été, depuis, admise sans conteste par tous les auteurs qui se sont occupés de la question. On peut, à l'exemple de Chantemesse et Widal, additionner le bouillon lactose de carbonate de chaux, à la dose de 2 à 10 p. 100, pour neutraliser l'acide lactique formé, d'après le procédé employé par Pelouze et Gelis pour la fermentation lactique. La fermentation d'acide lactique gênerait, en effet, le développement ultérieur du B. coli. M. Malvoz avait déjà constaté que le B. coli coagule le lait, tandis que le B. d'Eberth ne le coagule pas.
Il est facile de mettre en évidence, non plus le dégagement de gaz, mais la formation ou la non-formation d'acide lactique, par dédoublement ou non-dédoublement du sucre de lait en additionnant les tubes de gélose lactosée à 2 p. 100 de teinture de tournesol neutre en qualité suffisante pour colorer ces tubes en violet améthyste. On sème, d'une part, le bacille d'Eberth, d'autre part le B. coli. On place les deux tubes à Tétuye à 37<» et au bout d'un temps variable, on constate une différence des plus nettes entre les deux tubes. Celui où l'on a semé le B. d'Eberth est resté bleu dans toute la partie qui corresponda à la strie d'ensemencement. Le tube ensemencé avec le B. coli est rouge vif et porte dans sa profondeur de nombreuses bulles de gaz qui parfois décollent la gélose des parois du verre.
Il vaut encore mieux toutefois ensemencer par strie sur une plaque
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de Pétri où Ton a coulé préalablement la gélose colorée. On évite ainsi la production d'une teinte lie de vin, qui se produit parfois an fond des tubes colorés, ensemencés avec le B. d*Eberth. Cette teinte tient à ce que le sucre de lait du commerce contient des traces de glucose. Or, ainsi que Brieger et Dubief, l'ont démontré, le B. d'Eberth dédouble le glucose et le fait fermenter.
Le procédé au tournesol est une variante commode du procédé de Ghantemesse et Widal. Il y a des échantillons de B. co(i qui rougissent très lentement le tournesol lactose. Dans ces cas le dégagement de gaz est très faible, la collerette peut disparaître, tandis que la nuance rouge ne disparaît sur la partie inclinée du tube où se trouve la strie d'ensemencement. Cette propriété fermenta tive s'exalte rapidement au bout de quelques passages dans le milieu lactose. On arrive à faire rougir le tube en 3 heures & l'étuve à 37^
J'ai indiqué un second caractère différentiel qui consiste en ceci. On sait (l'expérience est due k MM. Chantemesse et Widal) que si l'on sème du B. d'Eberth sur un tube incliné contenant un milieu solide (gélatine ou gélose) et qu'après un certain temps de séjour à l'étuve, on gratte avec un couteau de platine la culture qui s'est développée, la surface ainsi grattée ne donnera lieu à aucun développement. Celte particula-" rite n'est pas, d'ailleurs, spéciale à ce micro-organisme. On l'observe, entre autres, de la façon la plus nette, sur les cultures de morve. Si l'on gratte ainsi, après un séjour de 8 à 10 jours à l'étuve à 38® des cultures sur gélose inclinée de bacille d'Eberth et qu'on y ressème du B. coli, on verra que ce bacille s'y développe, moins abondamment il est vrai que sur un tube vierge, mais d'une façon très nette et très appréciable. Ce fait tient vraisemblablement à ce que l'alcalinité du milieu, due à la production abondante d'ammoniaque par le B. coli, est trop grande pour le B. typbique.
Le baclerium coli est en effet d'une nature saprophy tique ; il se développe et s'accommode, beaucoup mieux que le B. d'Eberth, de milieux nutritifs pauvres. De plus, la résistance à la chaleur des deux organismes est également différente.
MM. Rodet et Roux ont constaté qu'en chauffant environ à 80<^ les deux bacilles, le B. d'Eberth est tué plus tôt que le B. coli.
MM. Chantemesse et Widal ont constaté qu'une culture dans le bouillon de B. coli chauffée à 61-62<*, est tuée au bout de cinq minutes.
Le B. d'Eberth est détruit, après cinq minutes, dans les mêmes conditions, à la température de 56-57®.
L'action comparative des antiseptiques n'a pas encore été faite d'une façon complète. On a cependant étudié certains d'entre eux, à ce point de vue, l'acide phénique en particulier.
Dans les milieux phéniqués, M. Rodet * a vu que le B. coli présente