‹ Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologiqueChapitre 81 sur 298 · IB JUBILÉ DE M. PASTEUR · texte numérisé non relu

IB JUBILÉ DE M. PASTEUR

Pour moije connaissais trop bien la clarté de Totre génie, le soin scrupuleux de vos inductions et votre honnêteté absolue pour que j'aie pu partager pour un moment de tels sentiments ignobles. Ma confiance a été justifiée par l'événement. A Tezception insignifiante de quelques ignorants, tout le n^onde reconnaît maintenant la grandeur de ce que vous avez achevé contre cette maladie terrible. Vous avez fourni un diagnostic qui dissipe à coup sftr les angoisses d'incertitude qui hantaient autrefois celui qui avait été mordu par un chien sain, soupçonné de la rage.

Rien que cela aurait bien suffi pour vous assurer la gratitude éternelle de l'humanité. Mais par votre système merveilleux d'inoculations antirabiques, vous avez su poursuivre le poison après son entrée dans le système et l'y vaincre.

M. Pasteur, les maladies infectieuses constituent, vous le savez, la grande majorité des maladies qui affligent le genre humain. Vous pouvez donc bien comprendre que la médecine et la chirurgie s'empressent k cette occasion solennelle de vous apporter l'hommage profond de leur admiration et de leur reconnaissance.

M. Joseph Bertrand, secrétaire perpétuel de TAcadémie des sciences, donna connaissance des innombrables adresses émanant des Universités et des Sociétés savantes du monde entier.

M. Pasteur se leva pour remercier l'assemblée des honneurs qui venaient de lui être décernés, et, vaincu par l'émotion, il chargea M. J.-B. Pasteur, son fils, de lire le discours suivant :

Monsieur le Président de la République,

Votre présence transforme tout :

Une fête intime devient une grande fête et le simple anniversaire de la naissance d'un savant restera, grâce à vous, une date pour la science française.

Monsieur ls Ministre, Messieurs,

A travers cet éclat, ma première pensée se reporte avec mélancolie vers le souvenir de tant d'hommes de science qui n'ont connu que des épreuves. Dans le passé, ils eurent à lutter contre les préjugés qui étoufifaient leurs idées. Ces préjugés vaincus, ils se heurtèrent à des

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