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ÉTUDE DE LA TUBERCULOSE AYLAIRE CHEZ LE LAPIN

après l'infection ; chez le troisième (36 jours) les tubercules mi* croscopiquessetrouvaientdanslescouchesmoyennesdelapartie postérieure de Tiris. Chez le premier les tubercules, siégeant dans les couches antérieures sous Tendothélium recouvrant l'iris et près du stratum pigmentosum de cette membrane se composaient de cellules épithélioïdes contenant des grains de pigment, fait qui prouve la provenance de ces cellules des cellules fixes pigmentées de l'iris. Dans les cellules où la quantité de grains de pigment est moins considérable, on peut distinguer les bacilles et le protoplasma finement granuleux. Quelques-uns des tubercules ont l'aspect assez singulier : une partie du tubercule consiste en cellules épithélioïdes dont les noyaux se colorent nettement par l'hématoxyline et dont le protoplasma est granuleux ; dans d'autres, les noyaux se distinguent à peine d'après leurs contours faiblement dessinés ; le protoplasma est clair, presque homogène. Autour des tubercules sont disposés des leucocytes mononucléaires en nombre restreint, quelquefois trois ou six.

La rate de ce lapin se distinguait par sa grandeur exceptionnelle (8 c. environ de longueur, 2 c. de diamètre); elle avait la forme d'une saucisse. L'examen microscopique a montré que les corpuscules de Malpighi étaient considérablement tuméfiés et contenaient du pigment hématogène ; dans la pulpe on voyait beaucoup de cellules épithélioïdes, de cellules lymphoïdes, de globules rouges, de pigment hématogène et de substance granuleuse ou homogène; on y trouvait en plus des cellules géantes^ dont le nombre était extrêmement grand; quelquefois, dans un champ visuel à un grossissement moyen (Zeiss, C, ocul. 3), on pouvait en compter jusqu'à quatorze. La forme de ces éléments multinucléaires est très variée; le plus souvent elle est ronde, mais on trouve aussi des cellules géantes d'une forme ovale, polyédrique ou irrégulièrement contournée, quelquefois avec des prolongements. Le protoplasma est quelquefois grossièrement granuleux et ne se distingue pas de la masse ambiante, dont il s'est probablement détaché à la suite de l'action des réactifs (fig. 3) ; dans d^autres cas le centre de la cellule est représenté par une masse granuleuse, tandis qu'à la périphérie, on voit un faisceau de

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fibrine (fig. 4) ou une masse homogène en forme d'un cadre. On observait des cellules, dont une partie des noyaux siégeaient à la périphérie de cette masse homogène; l'autre partie dans la substance granuleuse du centre de la cellule; quelquefois presque tous les noyaux se trouvaient dans la masse homogène périphérique, tandis que les bacilles occupaient le milieu (fig. 8). 11 est évident que cette masse homogène forme une partie essentielle de la cellule géante. Par endroits des fibrilles émergent de cette masse; il est difficile de décider si ces fibrilles sont des fibres gonflées de fibrine ou si elles appartiennent au tissu adénoïde (fig. 3, 4, a). On trouve quelquefois de minces fibrilles de provenance probablement fibrineuse dans le protoplasma de ces cellules (fig. 6).

Les noyaux se disposent dans les cellules géantes, tantôt à la périphérie en forme d'un anneau complètement fermé ou bien en demi-anneau; souvent ils sont dispersés ou agglomérés dans le protoplasma sans aucun ordre. Le nombre des noyaux renfermés dans une cellule varie entre 6 et 40 ; la quantité de bacilles englobés dans les cellules géantes est aussi très variable.

L'œil du lapin inoculé exclusivement dans le corps vitré et sacrifié au bout de 71 jours présente les altérations suivantes. DdiUslsL conjonctive bulbaire, à l'endroit de l'injection, s'est formé un nodule ; la partie périphérique de ce nodule consiste en une mince couche des fibres du tissu conjonctif, parmi lesquelles siègent des leucocytes mononucléaires et des cellules épithélioïdes isolées. Le reste du nodule se compose de cellules épithélioïdes et de leucocytes mononucléaires; le centre est occupé par une masse caséeuse, une partie de laquelle est pâle et presque homogène. Cette masse contenant beaucoup de bacilles se continue vers la membrane sclérotique et remplit la plaie par perforation en s'avançant légèrement dans le corps vitré. Parmi les cellules épithélioïdes du nodule, on voit des vaisseaux remplis tantôt d'une masse granuleuse fine et de globules rouges, tantôt de leucocytes mononucléaires. Par endroits, les amas de cellules sont en voie de désagrégation. En dehors du nodule les cellules épithélioïdes se continuent vers la cornée et occupent la partie périphérique

ÉTUDE DE LA TUBERCULOSE AVIAIRB CHEZ LE LAPLN. iSl

de cette membrane où les vaisseaux se sont déjà formés. Les cellules s'appliquent à la membrane sclérotique ou se séparent de cette dernière par le tendon du muscle droit supérieur.

La chambre antérieure est remplie de grains d'exsudat. Dans Viris on ne voit les cellules épithélioïdes que près de l'insertion de cette membrane, le reste ne présente rien de particulier.

Le corps vitré s'est rétracté et s'est déplacé en avant en restant en même temps réuni avec la papille du nerf optique. Le corps vitré est pénétré par des fibrilles de fibrine. Derrière le cristal lin se voit une traînée assez large composée de détritus abondant en leucocytes polynucléaires et en grains de chromatine; ces derniers sont dispersés dans toute l'étendue du corps vitré. Dans ce détritus, on voit des bacilles; autour du détritus se disposent quelques leucocytes mononucléaires dont le protoplasma est un peu gonflé. Entre le corps vitré rétracté et la rétine décollée se trouve une masse granuleuse. Dans la moitié postérieure de l'œil, sur la surface interne de la rétine, on voit entre les fibres de fibrine des amas de leucocytes polynucléaires, parmi lesquels s'en trouvent aussi de mononucléaires. La culture introduite dans le corps vitré a été retenue en partie derrière le cristallin, en partie elle a atteint la surface a^^térieure de la rétine dans la moitié inférieure de l'œil, où s'est formé un petit foyer caséeux, entouré par une grande quantité de leucocytes polynucléaires ; ce foyer se continue dans la traînée de détritus dont nous venons de parler et se réunit en bas avec une portion de la rétine qui a subi la dégénérescence caséeuse. Dans ces deux endroits se trouvent les bacilles.

Le reste de la rétine de la moitié inférieure de l'œil se présente par endroits atrophié ou nécrotisé ; près de la partie dégénérée toute l'épaisseur de cette membrane ne consiste qu'en de longues cellules fusiformes tuméfiées. L'épithélium de la portion ciliaire de la rétine de la môme partie de Tœil a proliféré ; on y voit des cellules épithélioïdes et des tubercules s'implantant dans le corps vitré. Dans la moitié supérieure de l'œil, les couches des grains de la rétine sont devenues friables et leurs éléments se colorent faiblement à

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rhématoxyline. La couche des bâtonnets est modifiée : à sa place on voit de grands grains de masse albuminoïde.

La papille du nerf optique est tuméfiée et s'avance dans le corps vitré en forme de champignon. Elle se compose de masse caséeuse contenant des bacilles et des foyers tout à fait clairs et homogènes; autour de cette masse on voit encore çà et làdes cellules épithélioïdes/surtout dans la portioninfé* rieure du nerf optique. Les faisceaux des fibres nerveuses ne se distinguent pas. Près de la masse caséeuse et autour des groupes de cellules épithélioïdes, on voit des leucocytes mononucléaires ; près de la masse se trouvent aussi des leucocytes polynucléaires en nombre minime.

La membrane choroïde autour du nerf optique et dans la région de la rétine dégénérée consiste entièrement en cellules épithélioïdes qui s'avancent dansFespace sous-rétinal. La plupart de ces cellules contiennent des grains et des bâtonnets de pigment. Là où les cellules épithélioïdes font défaut dans la membrane choroïde, ces dernières se trouvent quelquefois dans l'espace sous-rétinal et contiennent des bâtonnets de pigment; parmi ces cellules on observe des cellules géantes de type de Langhans, avec de 7 à 9 noyaux. Les cellules épithélioïdes proviennent évidemment de Tépithélium pigmenté de la rétine, parce qu'elles contiennent des bâtonnets de pigment et qu'à l'endroit coixespondant la choroïde n'est pas atteinte par la tuberculose. Près des cellules épithélioïdes se trouvent toujours des leucocytes mononucléaires dont le protoplasma est souvent un peu gonflé.

\J espace sous-rétinal est rempli d'une masse albuminoïde finement granuleuse, qui est déplacée par endroits par des cellules épithélioïdes s'implantant sur la membrane choroïde ; quelquefois elle remplit les intervalles entre ces cellules.

Dans le rein du lapin mort trente-six jours après l'injection directe dans cet organe, nous avons trouvé un grand foyer de tissu tuberculeux; ce foyer présentait plusieurs endroits ayant subi la transformation caséeuse. Les ilôts dégénérés avaient une forme irrégulière, mais étaient en général plus ou moins nettement dessinés et quelque peu séparés du tissu

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