SECTION DE PSYCHOLOGIE
M. leD'SAXEsC. HowDEN Le traitement de l'aliénation mentale. — L'orateur y retrace les progrès faits depuis vingt ans dans le traitement des diverses affections mentales, dus en grande partie & la connaissance des lésiops cérébrales pour une partie d'entre elles :
Le système des aliénés pensioitnatref chez les habitants adopté en Angleterre est défendu par le D** Turnbull, et vigoureusement combattu par la plupart des médecins alîénistes, tels que MM. Hack- Tuke, Yellowlees, Ricbardson etc. Le nombre des malades qui peuvent être ainsi placés chez les paysans est relativement restreint et leur présence peut y être un danger. D*un autre côté ces malheureux sont parfois exploités par leur gardien. La plupart des médecins réclament la formation de colonies annexées aux grands asiles, pour y placer les aliénés tranquilles, colonies où la dépense occasionnée par les malades sera moindre que celle qu'ils entraîneraient dans les seconds. — Le U' J. Wiglesworth considère la monorftunie comme due à une lésion des plexus cérébraux chargés du contrôle et de la coordination. Ces lésions débuteraient par les régions inférieures de l'encéphale, se manifestant par des troubles des sens. L'orateur se base sur ce que laffection commence par des hallucinations puis des illusion savec conservation de la mémoire et des facultés de raisonnement. Ces phénomènes de monomanie accompagneraient fréquemment Tataxie locomotrice lorsque se produisent les lésions des centres optiques. Le D*" ConoUy Norman admet que la monomanie existe souvent sans hallucinations; pour lui c*est une affection des dégénéiéi, dont la lésion réside dans des malformations des circonvolutions cérébrales. Le D'* Campbell Clark amène la discussion sur les relations entre la folie et les fonctions sexuelles et de reproduction. Les principaux points de ces relations portent sur la menstruation, l'instinct sexuel et ses abus, la grossesse, la parturiton, la période puerpérale, la lactation, l'onanisme. Les questions suivantes sont discutées : folie de la masturbation, influence de celle-ci sur l'intelligence, troubles nerveux et mentaux de la grossesse, manie transitoire pendant le travail, éclampsie puerpérale et aliénation mentale, symptômes prémonitoires de la folie puerpérale. Dans le même ordre d'idées, le D*" U. Savage entretient le congrès des
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troubles mentaux associés atix engagements matrimoniaux : mélancolie, folie éroLique ou religieuse, se manifestant chez des individus nerveux, chez les dégénérés. Tous les troubles mentaux de l'adolescence et de la puberté, sont pour le D^ Clonston inséparables de la céphalalgie, de la chlorose, de la chorée etc., et sont sous la dépendance d'un manque de développement de l'encéphale. La masturbation ne peut engendrer la folie que chez un dégénéré. Pour le W^ Wiglesworth c'est la dernière qui est la cause de la première; il mentionne Tassociatiou de la folie puerpérale à la septicémie. Le D' À. Apelin u*a pas observé i'ozène chez les filles se livrant à la masturbation, comme on Tavait sifinalé précédemment, sauf dans le cas de lésions des os du nez. La paraldéhyde, la quinine, et l'acide saiicylique ont donné des résultats entre les mains de la plupart des médecins, dans ces cas de folie d'origine sexuelle.
A propos de la construction des asiles^ le D'' Clonston expose les qualités qu'on doit chercher à obtenir dans ces édiflces. — Le D» Francis Warner émet le désir que des médecins soient désignées, pour examiner les enfants des écoles, au point de vue du développement de leur cerveau et de leur état intellectuel. Cet examen se déduirait de la conformation du crâne, des déformalions ou malformations des membres, enfîn des différents signes de troubles nerveux ou de dégénérescence. Ces recherches élimineraient de Técole un certain nombre d'enfants faibles d'esprit qu'on pourrait instruire dans des écoles spéciales. — Le D*" Flktchkr BEACH reconnaît que le cerveau des imbéciles présente plus souvent des circonvolutions d'un volume réduit, que de l'hydrocéphalie, des tumeurs, de la sclérose, etc. L'hydrocéphalie peut être congénitale ou acquise. L'hypertrophie cérébrale, affection rare est due d'après Rokitansky à une augmentation de la substance intercelluiaire; elle est congénitale et se manifeste par des maux de tête intenses, pouvant entraîner le coma, de la paresse intellectuelle, de la difOculté à marcher et des convulsions. L'atrophie cérébrale est due à un développement incomplet ou à une destruction des éléments nerveux. Dans la microcéphalie, les nerfs des sens, les ganglions de la base sont normaux ou presque normaux, le cervelet est relativement plus développé que normalement. Une autre forme d'atrophie est celle qui siège sur un hémisphère avec atrophie des membres du côté opposé ; celte lésion aurait pour l'auteur comme cause primitive, une intlammalion des méninges pendant la vie fœtale ou l'enfance. Le 0^ Beneoikt oppose ses résultats cliniques obtenus par la craniométrie et la cépkaloscopie dans les maladies mentales et cérébrales.
Le D^ Hack-Tuke admet que dans la production d'une idée sensorielle assez forte pour produire une haUucintlion non cjslério-
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risée, l'excitalion peut ue pas dépasser Técorce cérébrale. Si elle s'extériorise, les organes des seus et leurs nerfs peuvent ne pas être impressionnés, mais alors il peut se produire un courant rétrograde vers Je sensorium. Pour le D** Robertson le siège de rhallucinalion peut être au niveau des organes des sens, des ganglions cérébraux et de i'écorce cérébrale; le point (le départ peut être extérieur ; le voisinage des centres auditif et visuel explique la combinaison des hallucinations combinées dans la folie. Le D'Ireland rappelle qu'on peut au moyen du prisme dédoubler les hallucinations des hypnotisés, ce à quoi n'ajoutent pas foi les D^D*^ Balty Tuke et Yellowlees.
Le Qu'Oscar T. Woods lit un travail sur la folie à deux dans la même famille^ dont il cile quatre cas. — Le D'' W. JuliusMickle lit un travail sur Tantifébrine. A. Raoult.
XVlll» CONGRÈS DES ALlÉiMSTES DE L'ALLEMAGNE DU SUD-OUEST.
session de xarlsruhe 1887*.
Séance du 29 octobre, — Phésidence de M. Ludwig.
M. Ludwig (de Heppeiiheim). Quelques propositions destinées à servir de fU d Ariane dans la question en suspens : Qu'a-t-on fait jusqu'ici dans les asiles allemands et que pourrait-on faire encore pour augmenter le nombre des admissions en temps opportun dans les établissements publics! — i^ Dans l'immense majorité des cas, l'admission opportune d'un aliéné est synonyme d'admission de bonne heure après le prononcé du diagnostic; car en augmentant les admissions opportunes, on fait croître le nombre des malades guéris ou assez améliorés pour pouvoir être renvoyés. — 2^ Un aliéné a-t-il besoin d'être transporté dans un asile? Quand a-l-il besoin d'y êlre transporté ? Ce sont là deux questions qu'a le premier à décider le médecin traitant. C'est dire que celui-ci a besoin d'être psychiatre, de connaître le fonctionnement scientifique et administratif des asiles publics. — 3® Insuffisance de l'enseignement.— 4^ Par suite, insuffisances de connaissances psychiatriques des médecins qui se trouvent rarement en relation avec
* II n'y a pas eu de séance en 1885. — Le rapport du XVII* Ck>ngi*ès (1886) n'a pas été publié en Allemagne. Voyez donc Archives de Neurologie (XVI« Congrès), t. X, p. 2i5. A ce propos, rectifions une erreur : au lieu lie la Société psf/chiatrique lisez des aUénistes,
Sbi^iKtés sAVAlitEâ. iio
les asiles publics. C'est pourquoi toutes les mesures prises jusqu'ici pour augmenter le nombre d'admissions en temps utile sont demeurées infructueuses. G*est surtout dans Tintérôt du public qu'on séquestre les aliénés, quand il y a danger public, et non dans rintérêt du malade. — 5<> Ou a bien fait certaines faveurs pour le rerobourseroent à rétablissement des frais de séjour, notamment aux sociétés de bienfaisance. — 6^ Mais ces sociétés ont été moins favorisées dans TAtlemagne du Sud-Ouest que dans la province du Rhin et dans le district gouvernemental de Kassel. En effet dans rÂliemagne du Sud-Ouest, il s'agit .«surtout d'asiles d'Etat et non d'établissements communaux ou départementaux; l'Etat peut donc renvoyer pour une raison ou pour une autre aux sociétés en question leurs malades. H faudrait plutôt pratiquer la facUiiation systématique et Vallégement du remboursement du prix de séjour aux particuliers peu aisés. 7® Sans doute assez souvent le règlement des asiles contient un paragraphe qui se montre à cet égard libéral envers les sociétés de bienfaisance et exceptionnellement envers les particuliers, mais à la condition que le malade ait été séquestré dans un délai déterminé à la suite de l'explosion de la maladie. Ce sont là des exceptions fâcheuses, illégitimes, propres simplement à introduire ou à multiplier, à grossir certaines défectuosités dans la statistique officielle des établissements. Ce qu'il faut, c'est abaisser progressivement les prix de journée, proportionnellement aux ressources des individus, à la durée de la séquestration nécessitée par le traitement. — 8« Il faut encore simplifier les formalités d'admission et se prêter surtout à Vadmission temporairef préventive, prophylactique. Au lieu de cela que fait-on? On a besoin de l'intervention préalable de MM. les médecins fonctionnaires pour séquestrer, c'est-à-dire soigner. 9^ Il est avantageux de conserver la division en asiles de traitement et hospitalisation, et asiles hospices, car dans les premiers on peut réunir aux malades curables ceux des incurables qui ne nuisent à aucun des intérêts des autres, réservant pour les seconds tous les incurables de la catégorie inverse. 11 y a donc lieu de semer dans le pays autour d'un grand établissement formant un asile-hospice central, plusieurs petits asiles d'hospitalisation et traitement. Dans Tasile-hospice, on aura plusieurs classes de pensions groupées à côté d'un régime commun formant loi ; dans l'asile de traitement et hospitalisation on conservera le bénéfice médico-administratif d'autant de régimes que d'individus, selon les nécessités de l'état mental. lO^' La dépense générale se multiplie quand, en présence d'un encombrement imminent d'un asile d'aliénés, on tarde à y remédier: de même TEtat dépense d'autant plus pour l'assistance des aliénés qui lui incombent, que l'on néglige, par les moyens convenables, d'augmenter l'admission en temps voulu opportun, dans un asile d hospitalisation et de traitement. — 11<> La réunion des
H6 SOCIÉTÉS SAVANTKS.
sociétés de bienfaisance locales à la société départementale favorise les admissions dont nous parlons, tandis qu'une société locale combat, et cela d'autant plus qu'elle est plus petite, la sortie à litre d'essai d'un malheureux non encore guéri (il faudrait en effet payer). Or ces sorties sont utiles non seulement aux malades, mais encore à l'admission opportune des nouveaux; il y a donc ifitérét à ce que des sociétés de secours bien organisées s'occupent des aliénés congédiés de Tasilc. Les agents de ces sociétés p.)urraient aussi recueillir les aliénés récemment atteints et justement faciliter leur admission rapide.
Discussion :
MM. FUERST.VKH, JOLLY, EmMINGHAUS, ScHUBLK, KaRRER, DlTTliANN.
— En ce qui concerne la conclusion 6, Illenau a déjà proposé la fondation pour les familles peu aisées de sociétés acquittant à Taide de ses derniers, partiellement ou totalement, le prix de journée de ses membres (secours mutuels). Il en existe d'ailleurs à Fuerth et à Nuremberg ; à Fuerth, elle fonctionne depuis des années avec grand succès.
Sur la conclusion 9, M. Ludwig donne les explications complémentaires suivantes. Il existe dans le public une opinion erronée très répandue, d'après laquelle, au moment où Ton admet un malade dans un asile de traitement et hospitalisation, la personne qui paie la pension de la classe fixée contracte un engagement, un traité avec le directeur. En vertu de ce traité, l'asile s'engagerait, en retour du prix de pension, à fournir, sous forme d'habitation, de mobilier, d'alimentation, de boissons etc., des marchandises absolument précises et de prime abord nettement stipulées, détaillées. Or, il est évident que l'économie du traitement matériel, intellectuel, moral incombe tout entière au médecin seul» selon sa manière de voir à chacun des moments de la maladie. C'est ce qu'il importe de publier à son de trompe, il faut rapprocher le plus possible l'asile d'un hôpital. C'est le seul moyen de gagner la confiance et l'estime du public. Tout ce qui s'effectue à l'intérieur de l'établissement n'a que la valeur d'une prescription médicale formulée selon l'indication psychopathiquo.
M. FuKRSTNER (d'Heidelberg). De fétat actuel de nos connaissances en matière de la simulation des troubles psychiques, — Conclusions : Les cas de simulation de l'aliénation mentale ne sont pas aussi excessivement rares qu'on veut bien le dire, surtout dans les grandes villes. M... F. en a observé 12 cas frappants, ultérieure* ment contrôlés. Les conditions actuelles lui permettent de penser que les tentatives de ce genre ont augmenté, surtout dans les Jurandes villes; ce sont les inculpés dont Tatfaire s'instruit qui forment le principal contingent des simulateurs et, aussi bien les criminels par habitude que les inculpés pour la première fois. Les
individus en question étaient presque toujours absolument sains d'esprit avant leur tentative de simulation. 11 est vrai qu'une fraction d*entre eux comportait aussi des personnes atteintes d'anomalies psychiques, mais qui. néanmoins n'étaient que des simulateurs; une troisième fraction plus petite est relative à des individus ayant jadis été aliénés une fois, mais franchement et exclusivement simulateurs à l'époque de Tobservation. En somme les tentatives de simulation se montrent rares chez les individus frappé» par des pénalités. H faut en outre se défier des commémoratifs. Ce qu'on essaie le plus de représenter c'est la démence avec complète apathie. On joue le mutisme; on agit« on parle, on écrit avec l'absurdité la plus parfaite. Puis vient la simulation des troubles de la connaissance ou d'inconscience totale, Tacle incriminé correspondant soi-disant avec une période de ce genre. En troisième ligne sont esquissés les compiexus symptomatiques les plus différents. EnHn, les sujets paraissent agités, maniaques et se font violents. La première catégorie n*e$t difficile à diagnostiquer que quand il y a mutisme obstiné. Les premier, second et quatrième groupes sont faciles à percer à jour. Le troisième genre est difficile à cause de la combinaison fréquente de réelles anomalies psychiques avec la simulation. La qualité de l'acte incriminé ne peut servir à l'appui, sans plus ample informé, ni de la simulation^ ni de l'existence de la folie. Le rapport doit se baser sur une observation suffisamment prolongée (surtout à l'asile en commun avec d'autres malades), sur des commémoratifs pris avec soin, sur la critique analytique de chacun des symptômes morbides, la comparaison de l'ensemble du tableau pathologique avec ce que l'on sait en psychiatrie. (Ce mémoire sera publié m extenso plus tard.) M. Karrer (de Klingenmûnster). De la fièvre typhoïde chez les aliénés. Depuis que Tasile de Klingonmûnstor est ouvert, depuis le 30 décembre 1857, on y a observé presque chaque année des cas de fièvre typhoïde; seules les années 1869 et 1873 n'ont pas été marquées par l'apparition de cette maladie. Pendant les dix-huit premières années, ce furent plutôt des cas isolés, sévissant tantôt sur l'un, tantôt sur l'autre des quartiers du service des femmes, cas par-ci par-là mortels. En 1875, pour la première fois, apparut une sorte d'épidémie qui dura six mois, atteignant notamment quatre aliénées femmes, cinq gardiennes, deux ouvriers. En 1878, un gardien et deux gardiennes furent affectés. En 1881 , six aliénées femmes, un seul.aliénéo homme avaient été pris jusqu'ici. En 1883, de la fin de juillet au début de novembre, 28 typhiques, dont 16 aliénés hommes, 1 aliéné femme, trois gardiens. En 1884, atteinte d'une gardienne, d'un enfant du directeur. En 1885, 13 typhiques, dont 5 aliénés hommes, 2 aliénées femmes, 2 gardiens, 2 gardiennes. En 1886, 2 aliénés hommes, 10 aliénées femmes^ t buandières. En 1887, 1 aliéné homme. Somme toute,
iît^ SOClBtSs SAVÀfirfBâi
Bl aliénés (2o H., 26 F.). 32 individus non aliénés (dont 7 |!Àrdiens 14 gardiennes). Aucune des personnes saines d'esprit ne mourut. Parmi les aliénés 14 décès (5 H., 6 F.). Proportion de la mortalité pour des aliénées 21 ,56 0/0]20 0/0 pourles hommes, 23 0/0 pour Jes Temmes). Fièvre tvpholde grave chez les individus non aliénés, lescasles plus praves incombant au personnel secondaire. De 1883 à 1886, moururent 5 aliénés H., 1 aliénée F., parmi lesquels 3 individus très âgés (2 H., 1 F.). Dans les cinq dernières années, flèvre typhoïde non maligne; en 1886, cas pour la plupart légers. L'évolulion permettait de remarquer Tapyrexîe dès la troisième semaine la défervescence commençant chez le plus grand nombre des malades dès la seconde semaine; diarrhée modérée; rareté des 'hémorrhagies intestinales, pas d'autres complications; délire chez une seule aliénée; délire assez fréquent chez les typhiques sains d'esprit. Influence de la maladie sur l'aliénation mentale. On en relève 13 observations jusqa en 1882; 38 de 1883-18S7 ; dans la pluralité des cas, pendant et quelque temps après la fièvre typhoïde, amélioration mentale des plus notables, les symptômes de la psychopathie ayant tous presque disparu, mais Taliénation reparaissait à la suite d'un laps de temps plus ou moins long. La fièvre typhoïde n'eierça aucune influence sur la majorité des psychoses chroniques. Sur les 38 observations dernières, deux cas dans lesquels Taliénation mentale, guérie avant l'explosion de la maladie infectieuse, ne subit aucune rechute de par la fièvre typhoïde^ 6 cas de morts, 28 psychopathies chroniques duraient au moment où éclata la fièvre typhoïde depuis 8, 10, 2 ans (moyenne 2à 5 ans), depuis 18 mois chez un paralytique général; 5 subirent pendant l'évolution typhique une modification psychique; deux furent aggravées; toutes les autres furent améliorées, parmi lesquelles cinq demeurèrent améliorées longtemps encore après le décoars de la maladie infectieuse, soit 6 à 18 moin. Il est cinq aliénés qui éprouvèrent un bien être remarquable et manifestement dû à la fièvre typhoïde; ce sont :
1 maniaque dément de 20 ans, malade depuis 18 mois, qui guérit pendant la convalescence de la fièvre typhoïde.
1 stupide, suite de délire aigu dâ 18 ans, malade depuis 18 mois, qui guérit pendant la convalescence de la fièvre typhoïde.
1 femme maniaque, 19 ans, malade depuis 4 mois, qui guérit dès le début de la fièvre typhoïde.
1 stiipide, suite de foliH systématique hallucinatoire aiguc, à la période de désordn;, avec incohérence dans les idéos^ 19 ans, malade depuis 2 mois, qui guérit pendant la convalescence de la fièvre typhoïde.
1 fpmme mélancolique chronique, 52 ans, malade depuis 2 mois, qui guérit pendant la convalescence de la fièvre typhoïde.
En réalité, la fièvre typhoïde agit en pareils ras par la fièvre *. i Voir Arch. de NeuroL. t. Xlî, p. 80;- X, p. lôO; — IV, p. 105.
Discussion :
M. JoLLY a vu la fièvre lyphoîde gaérîr une épilepsie avec trouble mental, et la scarlatine agir de même dans Tépilepsie.
M. ScHUBLB a vu la fièvre typhoïde déterminer une rémission dans la démence aiguë accompagnée de grande excitation. A Illeoau, le personnel eut aussi beaucoup à souffrir; la raison, c*est quil habitait près de latrines défectueuses. L'installation du système des fosses mobiles a fait disparaître la fièvre typhoïde. C'est en modifiant la circulation que la fièvre typhoïde agit sur l'état mental. La phtisie détermine souvent la résolution de la mélancolie stupide.
M. DiTTHAR signale dans une épidémie qu'il a vue la marche irrégulière de la fièvre.
Séance du 30 octobre, — PaisiDiiNce de M. Jou.y. Sont nommés curateurs-organisateurs pour l'an prochain :
MM. FUERSTNKR et FiSCBER. ^
M. Emminghaos se charge de faire un rapport sur les troubles des processus de la pensée.
M. Nadler (d'illenau). Observations et remarques sur le délire de jalousie. Depuis longtemps on est habitué à spécifier la folie .systématique d*après la direction principale des idées délirantes qu'on y rencontre, et, par suite, à regarder le délire de jalousie comme une modalité spéciale dont le texte a trait à l'infidélité conjugale, à des accusations erronée.^ immotivées, et qui se traduit par une désorganisation psychique de celui qui se plaint tant ses allégations deviennent opiniâtres, dominantes, excruciantes. L'auteur en a recueilli i6 cas. H en existe une genèse primitivej et une genèse secondaire, c'est-à-dire une forme primitive, une forme secondaire. — La forme primitive existe surtout chez les alcooliques, mais il y a aussi des cas dans lesquels on ne constate pas préalablement d'excès alcooliques. Chez Talcoolique, c'est graduellement, au milieu d'anomalies psychiques ci physiques bien connues, qu'apparaît une angoisse, une défiance, un scepticisme cruel à l'endroit de sa femme; d*abord caché, calme, le délire finit par prendre corps, par éclater un beau jour, s'emparant de lui, le préoccupant matin et soir; puis se manifestent des hallucinations du goût, de l'ouïe, de l'odorat, de la vue, de môme sujet; il en arrive aux menaces, aux mauvais traitements. Les uns guérissent, mais gare aux rechutes. Les autres s'apaisant deviennent utilisables dans Tasile et oublient en quelque sorte leur délire. D'aulres enfin arrivent au désordre avec in-
Arcbivbs, t. XVII. 0
130 SOCIBTBS S AYANTES.
cohérence dans les idées, hallucinatoire aigu, et finissent à la démence. — La forme secondaire (7 observations de M. Nadier) arrive au cours du délire des persécutions, comme épisode ; il devient impossible à Tépouse de continuera subir la vie commune parce que soit qull conserve un ressentiment d'une première séquestration, soit qu'il soit poussé à ce délire par des malaises somatiques, le mari jaloux et querelleur maltraite sa femme ; en proie à des hallucinations de tous les sens, il passe graduellement à la phase du désordre dans les idées hallucinatoire aigu. — L'étiologie comporte : dans la forme primitive, outre Talcoolisme, des incidents occasionnels divers (2 observations) ; dans la forme secondaire, la séquestration antérieure (3 observations), des altérations du côté de l'appareil sexuel (4 observations), telles qu'un rétrécissement consécutif à la chaude-pisse, la diminution de l'instinct généstque après une fièvre typhoïde, une apoplexie cérébrale, un priapisme. Les hallucinations, rares dans la première forme (elles sont simplement rares et fugitives au début de la maladie), accompagnent constamment la seconde forme. — Conclusions : i^ Le délire de jalousie primitif est une forme de folie systématique fondamentale, propre aux buveurs aliénés; elle constitue une première étape dans le délire des persécutions; le délire de la jalousie secondaire est un épisode ajouté au délire des persécutions et tient généralement à des anomalies dans la sphère sexuelle. — 2^ Le délire de jalousie primitif présente rarement au début des hallucinations; celles-ci ne s'installent qu'avec la généralisation du délire; le délire de jalousie secondaire est précédé et accompagné d'hallucinations en masse. — 3<^ Le délire de jalousie primitif appartient à la verdeur de Tâge; le délire de jalousie secondaire apparaît à un âge plus avancé. — 4° La forme primitive hante plutôt les hommes; la forme secondaire, surtout les femmes. — 5^ Le pronostic est généralement défavorable pour les deux formes dans les deux sexes.
Discussion :
M. FoERSTNEa. — Le délire de jalousie contient de prime abord en soi d'autres idées délirantes. 11 n y a donc pas de pur délire systématique de ce genre. La forme dite originelle ne doit pas seulement être rapportée à l'alcool ; elle se produit aussi en l'absence de tout substratum alcoolique. Ce genre d'aliénés est très dangereux. Il existe aussi des cas dans lesquels il n'y avait aucune anomalie du côté de l'appareil sexuel. Chez bien des alcooliques l'instinct sexuel est non diminué, mais suractivé. Quanta la genèse, on peut en effet admettre deux formes de délire de jalousie.
M. ScHOELB rapporte un cas de délire de jalousie dans lequel i^ y avait anesthésie du vagin; celle-ci guérie, Taliénation mentale gujérit.
SOCIBTBS SAVANTES. 131
M. ËMMiNGBAUs.— Â-l-on trouvé ce délire chez les femmes après la ménopause, et chez les veures?
M. Naolbr. — Les obseryalions chez la femme sont trop peu nombreuses et de trop courte durée.
M. JoLLY. — Alcool et maladies de Tappareil sexuel ne conduisent pas forcément à cette forme de délire. Chez les veuves et les matrones on le rencontre très fréquemment.
M. BucHBOLz. — Nouvelles contributions à la connaissance de Fhypertrophie de la névroglie dans Vécorce cérébrale. Préparations empruntées à un cerveau présentant les mêmes altérations partout. Atrophie du lobe frontal, des ascendantes, des lobes paracentraux, des' gyri recti, des circonvolutions du corps calleux, particulièrement marquée dans le territoire des circonvolutions de rinsula. Toutes ces circonvolutions sont parsemées de petites protubérances, très nettes, surtout après durcissement, à la coupe. Multiplication des éléments granuleux et expansion de la première couche(ou des granulations corticales de Mevnert); transformation de cette couche en un fin réseau de fibrilles dans lequel s'enchevêtrent des cellules araignées, des cellules rondes; altérations vasculaires aboutissant à la raréfaction des vaisseaux, et formation de tubérosités, saillantes à la surface, issues de ce tissu modifié ; l'écorce est également constellée de petites cavités entourées de callosités de tissu conjonctif. Encéphalite tubéreuse de Bourneville, due à un processus inflammatoire chronique, d'origine inconnue, probablement congénitale.
Discussion :
M. Ko&pPEN. Ces cavités ne seraient-elles pas des kystes issus d'apoplexies ?
M. BucBBOLz. Il n'y a nulle part d'hémorrhagies dans l'écorce; ce processus anatomo-palhologique n'entrai ne jamais d'hémorrhagie. Les parois des cavités sont trop épaisses et l'on constate tous les intermédiaires anatomiques entre les altérations générales et la formation spéciale des cavités.
M. Zacher insiste sur la réfutation de M. Buchholz. (Le mémoire sera publié in extenso.)
M. Zacukr (deStephansfeld). Surdeuxcas de paralysie progressive. Deux observations dans lesquelles il y eut complication d'un foyer dans la capsule interne. DansTune, il s'agit d'un foyer de ramollissement assez étendu, ayant détruit, dans l'hémisphère droit, une partie du noyau caudé, la partie antérieure du noyau lenticulaire, et la portion intermédiaire de la capsule interne; il s'étendait, en arrière, à peu près jusqu'au genou de la capsule. — La seconde observation concerne un foyer apoplectique dans la partie postérieure du noyau lenticulaire gauche ; il en partait deux raies d'un brun rouillé allant jusqu'à la queue du noyau caudé et traversant
i32 SOCIÉTÉS SAVANTES.
totalement la capsule interne dans son segment postérieur. — Dans la première, absence de dégénérescence secondaire du faisceau pyramidal. Dans la seconde, dégénérescence secondaire partant de l^endroit détruit pour gagner la partie la plus inférieure de la moelle. — Dans les deux cas, paralysies simplement transitoires. (Le mémoire sera publié in extenso ailleurs.) Discussion :
M. JoLLT. Les opinions relatives à la théorie de l'importance de la capsule interne ont bien varié. La portion antérieure en est actuellement principalement considérée comme non motrice.
M. Kœppen (de Strasbourg). De la chorée et de l^aliénation mentale. Six cas de folie simple (tous d'agitation maniaque) avec chorée, la psychose occupant le premier plan du tableau morbide par son intensité et sa durée, la chorée constituant au contraire un épiphénomène accessoire. 11 en résulte qu'une observation attentive permet assez souvent de trouver, avec les mouvements dus à Tagitation de la manie, des mouvements choréiques. Voici ce qui les différencie. Les mouvements choréiques se traduisent : i^^par Tatteintede groupes musculaires qui, dans diverses partiesdu corps, concourent à une fonction motrice définie (synergie), et aussi, par celle de groupes d'une partie du corps exécutant une tout autre fonction ici que ià. 2^ par une activité continue, même pendant le repos ; leur activité qui augmente avec l'exercice d'un déplacement fonctionnel, partiel ou total, d'un organe, à l'occasion d'un mouvement voulu dans un but déterminé, sous TinQuence d'une émotion. 3^ Ils sont involontaires. — Les mouvements de Vagitation maniaque, volontaires, se distinguent en deux espèces : i^ Les uns correspondent au texte d'une conception quelconque, bien que le fonds même de l'idée se montre, en l'espèce^ tout accessoire; du mouvement lui-môme la connaissance n'éprouve quedeschocs, car elle ignore de quels muscles nous nous servons. La conception du mouvement est par suite bien rudimentaire (Meynert). 2^ Tous ces mouvements se répètent fréquemment, ils sont stéréotypés. Au début, une conception les accompagne. Puis^ plus tard, ils sont presque détachés de la connaissance. On peut les comparer aux mouvements par habitude, souvent complexes, que rhomme sain qui s'y est exercé flnit par exécuter mécaniquement. 3® )1 y a encore quelques états convulsifs par lesquels peut débuter la maladie, qui paraissent de nature hystérique^ et, par suite, se rattachent au groupe précédent. Il va de soi d'ailleurs que les mouvements choréiques sont convulsifs. L'influence de l'activité psychique appert du reste. {Âllg, Zeitschr. f, PsycAtaC, XLIV, 4, 5.)