FORME ÉPILEPTIFORME
Celte forme cérébrale doit certaÎDemeat être rare pour que nous ne soyons en mesure de rapporter qu'une seule observation qui, au point de vue symptomatologique, est un très beau spécimen d'épilepsie jaksonnienne ou partielle. La voici :
Observation XLIV.
Sotiris Galaphas, âgé de trente ans. L'hérédité soigneusement interrogée n*a pas' montré le moindre accident nerveux dans Ja famille. Les antécédents personnels n'offrent non plus rien d'important ; pas d'accidents syphilitiques, ni paludéens, pas de maladies antérieures, pas d'excès d'aucune sorte ; il ne boit pas. 11 a commencé son métier de plongeur à scaphandre en 1882 et il a travaillé pendant deux ans, faisant régulièrement ses campagnes de Tannée pour la pèche des éponges, sans accidents sérieux. Une fois seulement au cours de Tété 1883, il aurait eu des douleurs au genou droit de quelques heures dans des conditions que le malade ne peut pas déOnir.
Le 3 août 1884, de retour de la grande campagne d'été, il fait sa première immersion près des côtes d'Egine, à une profondeur de 25 brasses et après avoir séjourné au fond de la mer 5 minutes, il ferme la soupape pour se faire instantanément remonter ; la décompression n'aurait pas duré plus de 3 à. 4 secondes. Ce plongeur aussi bien que ses compagnons affirment qu'il est déjà antérieurement descendu un grand nombre de fois à cette profondeur et avait séjourné au fond 5 et même 7 minutes sans accident, mais il ne s*est jamais décomprimé si brusquement.
Ce plongeur n'était pas refroidi, il ne toussait pas, il n'avait pas chargé son estomac avant l'immersion, il n'a pas été fatigué au fond. 2 à 3 minutes après la décompression et l'enlèvement du casque, c'était à 7 heures du matin, le scaphandrier a senti un malaise général indéflnissable ; un de ses compagnons lui demande si il souffre et où ; il répond qu'il ne se porte pas bien, mais il ne sait pas ce qu'il a. On se met & le déshabiller pour le
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frictionner. On u*avait paâ encore enlevé tons ses effets que cet homme tombe en proie à des convulsions qui se limitaient au edté droit du corps.
On le fait anssitdl transporter à Egine où j'étais à ce moment pour mes recherches, et on me fait appeler en toute hâte : jerae rendis aussitôt près de mon malade, et voici ce que nous avons constaté.
Etat actuel 3 août 1884, 3 heures du matin. Le malade est couché dans le lit en proie à des accès convulsifs ; l'accès commence par une fiexion excessive du membre supérieur gauche au niveau des articulations du poignet et du coude, qui prend en même temps l'attitude de la pronation forcée. Au bout de quelques secondes, ce membre s'agite dans tonte son étendue par des secousses rythmiques. Aussitôt après, la tête se tourne vers l'épaule geuche et est ébranlée, elle aussi, par ces mêmes secousses; simultanénàent ie côté gauche de la face est pris de grimaces qui se succèdent rapidement et rhythmiquement. Le membre inférieur gauche ne tarde pas à son tour à être envahi, il se raidit dans Textensibu forcée ; quelques secondes après, il est vibré de trépidation et Taccès finit.
Dans certains accès, à ce moment, une perte de connaissance survient en même temps que la rigidité et la vibration rhythmique gagnent le côté opposé du corps. Chaque accès est suivi d'une parésie assez marquée des extrémités de la moitié gauche du corps. » La température s'est élevée à midi à une grande hauteur : 41® ; pouls, 150.
Nous sommes resté près de notre malade jusqu'à la disparition complète et définitive de l'accident qui a eu lieu a midi 40 et qui a été suivi d'une parésie des membres supérieurs et inférieurs gauches. Cette parésie a duré trois heures environ, au bout desquels elle guérit complètement et définitivement. Le nombre total des accès qui ont eu lieu en ma présence s'est élevé au chiffre de 20, sans compter les accès de 2 heures qui se sont écoulés depuis le moment de leur invasion jusqu'à celui de notre consultation. — Pas d'autres symptômes céphaliques. Les autres organes paraissent fonctionner régulièrement.
Pour observer l'évolution naturelle de l'accident ; nous n'avons employé aucune médication ; un peu d'eau de menthe. Depuis ce moment, nous avons plusieurs fois vu ce malade et nous avons appris que depuis lors les accès n'ont jamais réapparu.