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ETUDE DE LÉTIOLOGIE DU TABES

dence avec uotre cas\ Enfin, dans le cas XXVI, on retrouve le même affaiblissement de la sensibilité à la douleur dans tout le corps, avec état tout à fait normal des yeux et de la sensibilité tactile.

Notre sujet présente donc des analogies frappantes avec ceux de M. Fuczek, soit par les symptômes concernant la moelle épinière, soit par Tétiologie; en même temps, grâce à l'abondance des symptômes d'un côté et à Tabsence complète d'autres symptômes (concernant le cerveau^ par exemple) d'un autre côté, notre cas présente un tableau si pur et si net que, par cela même, il peut être, sinon identifié en tabès vulgaire, du moins placé tout près de celui-ci.

Si l'on considère ainsi notre cas, il acquiert de l'importance dans la question de l'étiologie du tabès; grâce à ce cas, on est disposé à considérer le tabès ordinaire, avec la syphilis dans l'anamnèse, comme une maladie toxique. Sous ce rapport, l'intoxication saturnine chronique convient fort pour servir de point de comparaison avec l'influence de la syphilis; l'intoxication saturnine, comme on le sait, développe dans la plupart des cas, ses effets meurtriers d'une façon très lente; de même que la syphilis, elle n'épargne aucun organe du sujet qu'elle frappe et, même après la disparition du plomb dans l'organisme, elle laisse dans ce dernier une prédisposition singulière à de graves affections nerveuses qui portent en elles des signes caractéristiques grâce auxquels il est possible de reconnaître leur cause fondamentale.

* Puisque là sensibilité tactile a été trouvée (dans notre cas) anormale seulement à Texamen au moyen du compas de Weber; les contacts simples étaient sentis presque partout par le malade.

390 PATHOLOOIB NERVEUSE.

Un fait qui est très intéressant, c'est que les diverses intoxications de l'organisme se manifestent en général dans le système nerveux soit par une lésion des nerfs périphériques, soit, sinon aussi fréquemment, du moins plus souvent quon ne le croit en général^ ou bien encore par une lésion des faisceaux postérieurs, de la moelle épinière ou bien encore par ces deux lésions à la fois.

Sans parler de toutes les névrites si connues maintenant (alcooliques, plombiques, diphtbéritiques, etc.), je ne puis pas ne pas indiquer la grande part qu'y prennent justement les cordons postérieurs de la moelle épinière ; ainsi Fuczek cite déjà des cas de lésion de ces faisceaux post-puerperium, après f empoisonnement par V absinthe, à la suite de la lèpre, de la pellagre^ après la scarlatine^ la diphthérie; puis, nous avons la description faite ces temps derniers par M. Vierordt de troubles dans les faisceaux postérieurs de la moelle épinière dans \xxïc^% à' intoxication alcoolique; il m'est arrivé à moi-même d'observer deux cas de paralysie alcoolique (l'un est cité dans la thèse de M. Korsakoff, et tous les deux ont été communiqués par moi dans une séance de la société physico-médicale de Moscou) ou, à côté d'autres altérations (dans un des cas, forte dégénération des nerfs périphériques), il y avait des troubles dans les cordons postérieurs de la moelle épinière sans foyers diffus. Depuis, il y a quelques années, j'ai eu à examiner très en détail dans la clinique de M. le professeur Kojewnikoff en cas de paralysie arsenicale dans lequel outre la dégénération excessivement prononcée des nerfs périphériques et des muscles, il y avait dégéné-

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ration très marquée et, sans doute poss>ih\e^ primitive dans toute la longueur de faisceaux de Goll (la queue de cheval était intacte). J'ai eu l'honneur de présenter des préparations anatomiques de ce cas à MM. les professeurs Charcot, Westphal, Merziejewsky, Fuczek, etc. Il y a fort peu de temps, j'ai examiné, le plus minutieusement possible, la moelle épinière d'un garçon mort du diabète et là aussi ^ dans les cordons postérieurs, j'ai trouvé (la moelle était durcie au bichromate de potasse) des taches plus claires que les parties saines environnantes ; sur des coupes teintes au carmin, elles se dessinaient comme des dégénérations légères et sur des préparations dissociées et d'autres faites à l'hydrate de potasse et pratiquées dans ces endroits, il y avait, en petit nombre, il est vrai, des corps graisseux (surtout le long des parois des vaisseaux).

Enfin, il y a peu de temps, ou a indiqué, dans la littérature, l'existence des troubles pathologiques des faisceaux postérieurs dans Y anémie.

Tous ces faits font ressortir d'une manière toute spéciale, le rôle des fibres des cordons postérieurs de la moelle épinière; elles semblent être une place du système nerveux central tout particulièrement prédisposée à subir Vinfluence des affections toxiques et épuisantes de l'organisme et, par cela même, elles ont une grande analogie^ en ce qui concerne cette réaction, avec les nei^f s périphériques.

Moscou, mai 1888.

CLINIQUE NEUVEUSE

RECHERCHAS CLINIQUES ET EXPÉRIMENTALES SUR LES ACCI- DENTS SURVENANT PAR L'EMPLOI DES SCAPHANDRES»;

Par M. le D^ Michel CATSARAS,

Professeur agrégé de la Facnlté d'Athènes: Médecin de l'asile de DromocallM; Membre de la Société Mèdico-psycbologiquc de Paris.

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