PATHOLOGIE DE LÀ FORME INTRAMTÉLITIQUE OU INTRA8PINALE UNILATÉRALE
La forme iatramyélitîqueouiotraspinaleumlatérale est très fréqaeote; mais pour ne pas trop fatiguer Tatteûtioa de notre lecteur, nous n'avons publié que quatre observations que nous avons cru suffisantes, afin d'esquisser les grandes lignes de la pathologie de cette forme.
La symptomatologie et leur évolution ultérieure nous oblige à diviser en trois périodes la pathologie de cette forme : 1^ la période des symptômes du début ou extrinsèques; 2^ la période monoplégique et 3^ la période du syndrome spasmodique.
^^ Période de symptômes du début. L'invasion des symptômes du début chez quelques malades (Obs. XXIV et XXVII) a eu lieu sans intervalle^ immédiatement après la décompression et l'enlèvement du casque, tandis que chez d'autres un espace de temps s'écoule entre le moment de la décompression et l'invasion des symptômes du début : cinq minutes pour I'Observation XXVI, une heure et demie pour I'Observation XXV. Les symptômes du début de ces quatre cas ont consisté eu des symptômes : a), Géphaliques; b), Symptômes gastriques; c), douloureux sensitifs; rf). Symptômes céphaliques. — Ces symptômes présentés par les malades des Observations XXIV et XXV étaient les suivants :
a). Perte de connaissance chez le malade de I'Observation XXIV, laquelle a duré quatre heures, lema-
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ladè n'ayant conscience de rien; pas de convulsions. Ce symptôme^ qui n'était accompagné d'aucun autre symptôme cépbalique, était précédé de douleurs à l'épaule gauche et suivi de douleurs aux autres articulations.
b. Troubles de la parole. — Ces troubles qui ont existé chez le malade de l'OBSERVATfoif XXY ont consisté en aphasie motrice et en surdité psychique ; le malade ne pouvait articuler un seul mot et ne comprenait pas non plus ce qu'il entendait. « C'est curieux, dit-il, j'entendais qu'on me parlait, mais je ne comprenais pas. n Le malade ne savait ni lire ni écrire. Ces espèces d'aphasie n'ont pas duré plus de trois heures, au bout desquelles elles ont disparu presque brusquement et complètement.
c). Etourdissements. — Ce symptôme céphaliquea figuré, associé aux troubles de la parole chez le malade de I'Observation XXV, qui était pris d'une incommodité de telle nature que tous les objets environnants lui paraissaient se mouvoir, la durée a été la même que celle des troubles de la parole. . d). Symptômes gastriques. — Comme symptômes appartenant à ce genre symptomatologique, nous avons les douleurs violentes à l'estomac, lesquelles s'irradiaient aux côtes sans gonflement au moius apparent de l'estomac, ou autre symptôme gastrique concomitant. La durée de ces douleurs a été très courte, pas plus de dix minutes (Obs. XXVII) environ.
e). Diverses douleurs et autres symptômes sensiti/s. — En matière de douleurs, il faut noter ces douleurs violentes à l'épaule gauche qui ont précédé de cinq minutes la perte de connaissance du malade de VOb-
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SBRVATiON XXIV, et les douleurs aux diverses articulations^ qui ont suivi celte perte de conscience du malade et qui Tout fait énormément souffrir pendant quelques heures.
Au genre de symptômes sensilifs, nous devons rattacher la sensation de pression à la nuque, comme si une main le saisissait et le serrait fortement, les engourdissements des membres supérieurs qui partaient des doigts pour arriver en remontant aux épaules^ et peut-être l'anéantissement des forces.
Il suffit de rappeler que la symptomatologie du début de TObservâtion XXIV a été représentée par la perte de connaissance précédée de douleurs à l'épaule gauche et suivie de douleurs aux diverses articulations; celle de TObservation XXV par l'aphasie motrice, la surdité psychique et les étourdissements; celle de TObservâtion XXVI par la sensation de pression à la nuque, les engourdissements et l'anéantissement des forces; enfin celle de I'Observation XXVII par les douleurs violentes à l'estomac s'irradiaut aux côtes, en d'autres termes, il suffit de se rappeler que ces quatre cas ont eu quatre débuts dont la symptomatologie était tout à fait différente, constater une fois de plus le polymorphisme du début qui constitue un des grands caractères de toutes les formes d'accidents spinaux provenant de l'emploi des scaphandres.
iP Période monoplégique. — L'invasion de cette période chez les malades des Observations XXIV, XXVI et XXVII a eu lieu immédiatement après la disparition des symptômes du début, tandis que chez le malade de TObservation XXV, quelques minutes se sont écoulées entre la disparition des symptômes du début
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et Tinvasion de la roonoplégie. Etudions maintenant brièvement la monoplégie elle-même, c*est-à-dire son mode d'invasion, ses symptômes associés et sa marche.
a). Mode cT invasion. — La monoplégie du membre inférieur soit le gauche, soit le droite survient presque toujours brusquement. Deux fois, Observations XXV et XXVI, la monoplégie était complète dès le premier moment de son invasion; deux fois, par contre, il a fallu à la monoplégie un certain temps, toutefois assez court, deux heures, pour le malade de TObseryation XXIV et plus de six heures pour TObseryation XXVI afin d'arriver à son maximum d'intensité.
b). Symptômes associés. — Les symptômes qui sont associés à la monoplégie de ces quatre malades sont l'altération de la sensibilité et les troubles vésicaux.
a). Altération de la sensibilité. — Elle n'a jamais manqué dans ces quatre observations. Deux fois elle a consisté en une diminution notable. Observation XXV et XXVII et deux fois en une abolition complète, Observation XXIV et XXVI. La paralysie de la sensibilité parait, dans la majorité des cas^ exister du même côté que celle de la motilité, comme dans les Observations XXV, XXVI et XXVII. Elle peut toutefois siéger au membre opposé^ à preuve I'Observation XXIV où la monoplégie siégeait au membre inférieur droit et l'anesthésie, au membre inférieur gauche.
b). Troubles vésicaux. — La vessie qui est presque constamment troublée à cette période dans les autres formes spinales, parmi les quatre cas de la forme intramyélitique unilatérale, n'a été rencontrée altérée qu'une seule fois, Observation XXVI et encore incom-
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plètement, le malade étant forcé de pousser pour uriner.
c). Marche. — Appuyé non seulement sur les quatre observations rapportées , mais sur bien d'autres encore que j'ai omises à dessein pour ne pas encombrer nos travaux d'observations plus ou moins analogues entre elles et qui n'ajouteraient rien de nouveau, je puis affirmer que, dans l'immense majorité des cas, la marche de la monoplégie est essentiellement rétrogressive.
La rétrogression de la monoplégie se montre toujours quelque temps après son invasion, quand le malade peut se tenir debout et faire quelques pas. Ce temps varie considérablement, c'est ainsi que chez le malade de I'Observation XXV il a été de deux jours, chez celui de I'Observation XXIV de six jours, chez celui de TObservation XXVI de treize jours, et enfin chez celui de I'Observation XXVII de deux mois.
La marche rétrogressive de la monoplégie une fois arrivée à ce point, à savoir la possibilité de se tenir debout et de marcher à l'aide d'un appui, ne s'arrête certes pas; au contraire, elle continue ses progrès et avec rapidité. Ainsi, au malade de I'Observation XXV, il a suffi de onze jours, à celui de I'Observation XXIV de treize jours, à celui de I'Observation XXVI de douze jours et enfin à celai de I'Observation XXVII de dix jours pour pouvoir marcher sans appui. Nous reviendrons dans la suite en décrivant la période du syndrome spasmodique sur l'évolution ultérieure de cette moiM)plégie et de ses terminaisons.