CLINIQUB NERVEUSE. — ACCIDENTS PAR LES SCAPHANDRES
rouges; pendant qu'il disait cela, il fut pris de vertiges, deTinl pêK perdit connaissafice, et en même tefops dé Técume sortait dé sa honehê, ^s compag&oûs f'ayânf déshabiller, tâchèrent d'afcdrd dcr lui otitrir la houtfhe, de tcftte pùtt \n\ ctonnér à «▼aler de rhoile, eomme d'habitude àÈn de pfmôqui^r lés tùmissèment» qu'ils eonsidèrenl comme vtiïies ; mth rff fSLff&OAni pas, ils lui firent les frietianrs ordlfiaèfes atec dtf rifraigre ehaod. Le malade parla trois heures après, en disant qu'il avait des doulears dans iœi son eorp», il t»ii>haâatfsleeclm«âofilil se fefint ^us. De temps en temps, il prononçait quelques mots ineohéreBis; qii«iquefois il remuait un peu seulement les membres supérieurs et avait de U dyspnée depuis le eomnieneenieni d« l'aeeèdeol Jusqu'à la fin de sa vie. Ses eompagnons lui applic^nèveoi eiiic|iraBte-ciA4 Teotouses sèches k k>ng de la eoloane tertèhrale^ f né la nalacks, par de petits mouvements, mentirait 9» H sentaili Paie to»lè su téie se gonlla, prit une couleur bleue ftoirAWe^ ses lètres et ses paapières s'enflèrent aussi, et la mort vint environ vingi-^iMAffO heures après son accident.
Obs. IIL -^ D. l..*,é*tlf<kfaif âgé de lrétffe*sfx ar»s, é^ier^irt la profession de plongeur à scaphandre depuis ^piatre ans, a été atteint Tannée dernière de petits accidents.
Lé SB joilM à9èif ayafifl ktH îfok itametikftis s^fifs accident, il descend pour la quatrième fois par aae profMidecir èé phns de dix-sept brasses, et après avoir demeuré dans le fond de la mer pendant uae demi-heure* il moata de l'ai-inème p'ar la petite échelle de la proue ; quand oa lai enleva le casque, il dtl qa'il se portait bien, et demanda qu'on le déshahillèt,» parce qa'il était midi et que la série de sea iiamer^aa était Ivaie ce jewr-là.
Mais après avoir déposé la tuai^ue immerstve, il seatii des douleurs et des engourdissements a»z membre» sopérieiirs et inférieurs, qu'il remuait difficilement, saae avoiir de Tétourdisse* ment ; le malade ne perdit point coAnaissaaee, et ii parlait bien pendant quelques minutes encore avant sa mort; il n'eut aucune hémorrhagie ettérieare, mais il avait seulement beaucoup de taclies livides au thorax ; ses membres supérieurs et inférieurs ne cessèrent pas de remofer jusqu'à la fin. IF se plaignait d'avoir une gène au thoraï et une oppression à la région précordiale, mais il ne semblait pas avoir de Ta dyspnée. Ses compagnons (Continuèrent de lui faire des frictions jusqu'à minuit, et avaient de l'espoir en voyant que sa tête n'était pas gonfiee et que ses membres remuaient, quoique avec une certaine difficulté. Hais tout à coup le malade fit un mouvement forcé de tout son corps pour embrasser son heau-frèrc, qui était assis près de lui, et ainsi, il expira immédiatement fe bras tendu. (A suivre.)
DbLIRB RBSTRBniT ATBC BXACBRBATIONS OBNBRALBS i LÉSIONS DB SBNSIBILITB8 ; TROUBLBS TABBTIQUB8 BT DB NUTRITIOX, par
H. BoNNBT, médecin en chef de Tasile de Chàlojis-sur-Harne.
La nommée Marie P..., Agée de trente-cinq ans, qui est entrée dans mon service, a toujours été, d'après les renseignements donnés, très impressionnable; elle a eu la fièvre typhoïde à quatorze ans. — Depuis quatre à cinq mois seulement, avant son entrée, sa famille s'est aperçue qu'elle avait des scrupules reli-> gieux, qu'elle était devenue 1res mélancolique. Si on lui demandait le sujet de son chagrin, elle répondait qu'elle était damnée et que ce motif l'avait empêché de faire ses pAques; plus tard, elle n'est plus damnée ; mais Dieu et la vierge, avec qui elle communiquait, qu'elle voyait et entendait souvent, l'appelaient à eux; elle eut, même, des idées de suicide.
Lors de l'admission, le délire partiel est de toute évidence; se roule sur des conceptions fanatiques religieuses et se complique d'hallucinations de la vue et de Toule. Mais, au milieu d'idées erronées^ d'autres sont saines; bien des réflexions sont judicieuses sur beaucoup de stgets, mais à l'exception de ce qui se rapporte au délire principal qui, néanmoins, subjugue les pensées raisonnables qui surnagent et met obstacle aux déterminations des termes d'un jugement normal. — Souvent, la malade s'endort sur son travail pour devenir rêveuse. Les facultés passent alors au service de fausses conceptions;, elles sont suspendues pour le monde réel ; il y a, en un mot, stupeur.
Le même état existe plus tard, mais avec cette diflférence que la dissimulation s'en mêle. — Gomment donner le change avec un air si triste, une irrésolution continuelle sur les choses les plus simples et les plus naturelles, l'insouciance du travail et cette attention toujours fixée sur un objet inconnu, cette profonde méditation? ^— Gomment se tromper, du reste, quand, la nuit, alors que toute surveillance semble éteinte, Téréthisme cérébral contenu pendant le jour éclate en gestes et en prières, quand on divague toujours et qu'on ne dort jamais. — Quel aveu plus complet peut-on faire de ses erreurs qu'en se privant de manger et faire pénitence pour aller à Dieu! — Même état plus tard; la malade prétend que les prières et les privations qu'elle s'impose ont fini par la guérir de l'iniquité et qu'elle était agréable & Dieu. Elle réclame instamment sa sortie, disant qu'elle n'est plus folle, ce qu'elle justifie par la cessation de tout travail, un isolement complet de tout ce qui
AacBiYBs, t. IVU. 28
434 RBCUBIL DE FAITS.
n'est pas son délire, toutes les errean du passé et un refus obstiné de manger, qui nécessite remploi de la sonde œsophagienne. Ne devons-nous pas la croire, puisque c'est Dieu, lui-même, qui lui fait des révélations? - II n'est donc pas possible de donner de preuves plus certaines d'aliénation mentale.
Nous ne voyons aucune amélioration avantageuse se produire ultérieurement. Au contraire, les facultés s'altèrent dans leur ensemble et sont visiblement entraînées sur la mauvaise pente. Le somatisme, lui-môme, suit ce travail de déchéance ; l'usure organique commence à apparaître par le fait d'une alimentation incomplète et un état nerveux toujours en émoi, toujours en éréthisme.
Enfin, ces deux facteurs de destruction vitale, qu'aucune force compensatrice n'a pu enrayer dans leur marche, qui n'ont pas un moment de rémission, la dénutrition par refus de manger et réréthisme nerveux ont pour couronnement de leur effort incessant un état général qu'on peut caractériser par ces mots : destruction des facultés intellectuelles et affectives, diminution ou perte de l'instinctivité elle-même, vie végétative, gêtisme.
Ces progrès incessants d'un délire qui était borné, il y a un an, à quelques scrupules religieux, sont donc faciles à expliquer. On comprend que ce tourbillon d'activité cérébrale morbide ait en* traîné les forces de Tactivité normale et fini par empêcher tonte manifestation volontaire consciente. Mais, dans ce deliquium où est tombé le synergisme mental, il surnage un élément dont la rareté lui crée une place spéciale à la fin de cette observation avec l'explication plus ou moins exacte de sa pathogénie.
C'est un tremblement partiel ou général qui ne se manifeste que dans des circonstances déterminées. — Disons, d'abord, que ce tremblement occupe les bras, les jambes, les lèvres, les yeux, tout le corps quelquefois ou, du moins, les parties du corps qui sont sous l'empire de la volonté. — La malade est dans an état d'inertie complète par elle-même; elle ne manifeste aucun auto* matisme spontané, bien que les fonctions végétatives soient remplies d'une manière presque normale. Mais, vient-on à la faire manger & la sondé ou à ouvrir la bouche avec une cuiller, elle exécute quelques mouvements de latéralité pour éviter Tinstrument; et, aussitêt, commencent des mouvements précipités, des tremblements des bras, des jambes, des lèvres, des paupières... qui ne cessent que lorsque la malade se sent toute seule, isolée, non excitée. Pareille chose advient quand on provoque chez elle une action volontaire quelconque, quand on veut, par exemple, la faire parier. Mais, de même que les bras restent pendants, de même les lèvres remuent convulsivement ; mais aucun mot ne sort de la bouche, aucun son n'est articulé.
Il y a de Tanesthésie jusqu'à un certain point qu'il est dilBoiie
DÉLIRB RBSTRBiliT AVEC BXÀCBRBATI0N8 OÉNÊRALBS 435
d'apprécier bien au juste;; cependaut, s'il faut pincer assez fort la peau pour provoquer des mouvements, un mot suffît quelque-^ fois pour donner lieu à un courant centripète qui sera bientôt réÛécbi par Je môme phénomène, un tremblement plus ou moins général. — L'électricité agit très efficacement sur la contraction des muscles qui se tendent et font saillie sous Ja peau, à peu près comme chez tout le monde ; et, d'un autre c6té, la sensation électrique est vivement sentie^ car tout le corps devient presque tremblant. Je dois noter ici, en passant, que la sécrétion c sueur » apparaît assez abondamment sous Tinfluence d'un courant môme faible mis en contact quelques minutes avec le corps; je tirerai bientôt une conclusion de ce fait et de quelques autres exposés plus haut à propos des lésions du grand sympathique.
Tout ce qui vient d'ôtre exposé a pu se convertir en névrose, mais dépend certainement de lésions de nutrition qui ont peu frappé les centres psychiques d'abord, comme on a vu le froid frapper les éléments des plaques motrices de certaines régions dans un cas rapporté par M. Yulpian où les centres excito-moteurs et sensitifs ainsi que les éléments de conduction étaient intacts, mais où les plaques seules avaient subi rinfluence du froid, agissant, comme le curare, à la façon d'un véritable poison. En e£fet, l'électricité n'amenait aucun eflfet^ elle était impuissante ; les plaques étaient paralysées. — Ici, au contraire, le travail de dénutrition a commencé par les centres psychiques. Plus tard, il a envahi les centres moteurs qui sont peu à peu^ devenus incapables d'extérioriser les incitations de la volonté. — L'harmonie des forces musculaires avec les incitations internes est détruite ; l'influx nerveux s'est altéré par dénutrition ; le sens musculaire est pre&que aboli. — De là, des mouvements nullement en harmonie avec l'efiFort à vaincre, un tremblement qui n'est que la réflexion avortée des centres moteurs malades.
On ne saurait expliquer autrement un tremblement qui relève directement de la volonté dont ils ne sont qu'une manifestation avortée.
La dénutrition peut bien avoir déterminé des troubles périphériques, comme nous le voyons dans un certain degré de maigreur, dans la flaccidité des muscles à l'état de repos et dans une diminution de la chaleur animale, ainsi que dans un ralentissement des sécrétions ; mais, c'est dans les centres principalement, que ce travail a commencé, et a fait jusqu'à présent, les plus grands ravages.
436 REVUS STÂTUTIQrB.
En résnméy e^est probable qae : 1® les centres psychointelleetaels ont, les premiers éprouvé des lésions de nutrition par surcroit d'activité, ou par une dépense nouvelle exagérée, et par alimentation incomplète. Ceci est démontré par le défaut absolu d'automatisme spontané; 2* les centres moteurs, privés de cet excitant avec lequel ils sont en rapport constant, ont subi, en second lieu, une régression vitale, et cela au point qu'ils sont incapables d'élaborer Tinflux nerveux nécessaire à toute manifestation énergique ; que leur décharge est incomplète et se résout en extériorisation avortée; 3^ la décadence des centres nerveux périphériques en rapports direct avec les centres psycho-moteurs est moins avancée que celle des centres dont ils émanent ou auxquels ils aboutissent puisque sensibilités spéciale et générale et contraction musculaire sont encore faciles à mettre en évidence par des excitants extérieurs ; 4^ enfin, le grand sympathique semble plus respecté que les autres parties du système nerveux puisque, sous l'influence de l'électricité, la sueur apparaît abondamment, puisque les fonctions de la vie végétative jouissent encore d'une certaine r^larité; l'intégrité relative de ce vaste système s'explique, du reste, malgré les connexions intimes avec les centres, par son indépendance et son autonomie spéciale.